Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › n° 31

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F. Charlier et P. F. · Quatrième Internationale, n° 31 · juillet 1967 (3e trimestre) · p. 74-79 · 3 787 mots

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De la N.E.P. au socialisme

Ouvrage de fiction scientifique, « De la N.E.P. au socialisme » se présente comme un ensemble de conférences, données en 1970 par un ajusteur-professeur d'histoire, Minaev, dans l'amphithéâtre du musée polytechnique de Moscou. Il y donne des cours traitant de l'histoire de la Révolution qui sont suivis par les ouvriers d'autres régions au moyen de la radio. Ce fait suggère qu'en 1970 nous nous trouvons dans une période proche du stade supérieur de la société socialiste, caractérisée par la disparition de la différence entre le travail manuel et le travail intellectuel. L'auteur de cet ouvrage d'anticipation, Eugène Préobrajensky, dirigeant bolchevik et un des principaux économistes du parti, y projette un an après le début de la N.E.P. adoptée en 1921, sa vision d'avenir concernant le passage de la Russie soviétique, d'une société de transition entre le capitalisme et le socialisme au stade socialiste.

Il permet donc de comparer ce qui s'est réellement passé avec la vision d'avenir de Préobrajensky, élaborée sur la base de la politique économique de la plupart des dirigeants bolcheviks. Il faut, en effet, remarquer qu'il ne s'agit pas seulement d'un pronostic quant à l'avenir, mais aussi d'une anticipation basée sur la projection des options politiques et économiques fondamentales de la direction du Parti Communiste soviétique.

L'ouvrage commence par décrire I'U.R.S.S. du début de la N.E.P. et le modeste développement industriel qui en résulta, et qui était déjà apparent en 1922. Un danger que Préobrajensky remarque très nettement est représenté par la différenciation sociale qui s'établit dans le village. Mais ce danger sera combattu

(1) E. Preobrajensky : « De la NEP au Socialisme », préface de P. Naville. Edité par le C.N.R.S., Paris, 1966.

d'Eugène PREOBRAJENSKY (1) dès l'abord et consciemment par la direction du Parti et celle de l'Etat (ce qui en réalité ne fut pas le cas). Si l'industrie légère réussit à se développer dès le début, au contraire l'industrie lourde reste encore dans une situation difficile. Mais, peu à peu, l'Etat peut lui venir en aide avec les ressources qui lui sont fournies par l'impôt en nature et par les contributions levées sur la partie non-socialisée de l'économie (le phénomène que Préobrajensky appellera plus tard « accumulation socialiste primitive »).

Nous n'analyserons pas en détail tous les aspects du développement industriel et agricole de la Russie. Nous montrerons simplement ici un aspect actuel à cause des discussions qui ont lieu dans la plupart des Etats ouvriers) de la politique économique et sociale expliquée par Préobrajensky : la question des stimulants matériels.

Au sortir du communisme de guerre, les travailleurs soviétiques bénéficiaient d'une série de services gratuits, du moins en théorie (logement, eau, éclairage, déplacements, instruction, journaux, livres et en partie loisirs). Par la suite, tous ces services redeviennent payants. D'autres part, l'égalitarisme, en fait le « rationnement égalitaire » du communisme de guerre fut remplacé par une inégalité des rémunérations en fonction du rendement et entre les entreprises. Cette inégalité était fonction de l'introduction de la rémunération au rendement et du relèvement du traitement des spécialistes. De plus, l'inégalité devint criante entre les ouvriers célibataire et ceux chargés de famille, à la suite de la disparition de la gratuité des services, mentionné plus haut. Cette inégalité était une méthode bourgeoise de répartition, elle avait pour but d'obtenir un rendement supérieur et une augmentation immédiate de la production. Pour reprendre les termes employés par Lénine, il n'était pas possible d'encourager l'émulation, c'est-à-dire, l'in- égalité dans la production, sans inégalité la consommation. Mais, ajoute Préobrajensky, les succès de la production créent les conditions de la résorption de cette inégalité, résorption dont les « contours essentiels apparurent déjà nettement » ai cours des dix années qui suivent l'instauration de la N.E.P. (d'après cette anticipation la N.E.P. dure en effet une décennie). Les salaires des catégories les plus mal payées sont relevés dans une plus forte proportion, le niveau de qualification commence à s'égaliser, les spécialistes d'origine bourgeoise sont remplacés peu à peu par des « ouvriersingénieurs rouges » et l'inégalité entre les diverses entreprises est progressivement liquidée grâce à un développement équilibré des diverses branches de la production. En outre, une part croissante du budget peut être affectée aux services. Mais ce qui est plus important, c'est qu'un changement dans la psychologie, surtout des jeunes travailleurs communistes, s'établit, avec une sorte de morale de production obligatoire pour tous, grâce à l'instauration progressive de primes collectives accompagnant l'évolution technique des entreprises où une place toujours moins importante est attribuée au rendement individuel. Nous remarquons, par ailleurs, que dès la deuxième moitié de la période de la N.E.P., donc vers la fin des années 20, les salaires réels atteignent les salaires des ouvriers européens (p. 46). Ainsi l'exécution « d'un certain minimum moyen de travail se transforme en une sorte d'instinct de travail qui devient habituel et pour lequel on ne donne plus de gratification spéciale ».

La fin de la N.E.P. coïncide avec une exacerbation de la lutte de classe en Europe où la crise économique pousse la classe ouvrière à lutter pour la nationalisation de la grande industrie et le gou-

NALE 75 phrases le rôle du fascisme qui venait à peine de prendre le pouvoir en Italie). En Autriche et en Allemagne des gouvernements ouvriers se forment. En France une insurrection est écrasée et la réaction franco-polonaise auxquelles se joint la contre-révolution bavaroise tente d'intervenir contre l'Allemagne soviétique. Mais cette intervention est un échec grâce à l'aide de la Russie à l'Allemagne et grâce au prolétariat anglais qui réussit à empêcher un gouvernement opportuniste travailliste d'intervenir aux côtés de 12 France bourgeoise. Ainsi la perspective des Etats-Unis soviétiques d'Europe devient réalité pendant les années 1930.

L'ensemble de ces développements politiques sont donc la suite d'un décalque fidèle de la vague révolutionnaire européenne de 1918-1923. Préobrajensky (comme le remarque Pierre Naville dans sa préface) ne prévoyait pas que son conférencier dut exposer la façon dont le monde capitaliste allait se tirer d'affaire pour un bon moment encore, grâce entre autre à la politique de la bureaucratie soviétique. La politique des bolchéviks se réalise comme une projection linéaire de celle qui était appliquée par Lénine pendant la première vague de 1a révolution européenne. Seule l'Europe est examinée et la révolution en Orient qui est présentée comme perspective par Lénine en 1923 (dans « Mieux vaut moins mais mieux »). n'est pas encore considérée comme une perspective réaliste. De même que les conflits qui allaient permettre à la bureaucratie d'usurper le pouvoir à la faveur de l'isolement soviétique, les conflits entre les Etats ouvriers bureaucratisés, un des problèmes essentiels de notre temps ne pouvaient être prophétisés par Préobrajensky, bien que celui-ci avait été, à l'époque où il écrivait ce livre (1922), le seul parmi les oravernement ouvrier. Dans d'Europe, des organisations petite-bourgeoise tentent contre-révolutionnaires de certains pays à base sociale des solutions type fasciste teurs du onzième congrès du Parti communiste à se demander comment un seul homme, Staline, pouvait concentrer entre ses mains tous les pouvoirs qui déjà

(remarquons ici que Préobrajensky analyse correctement quoiqu'en quelques lul avaient été donnés.

F. Charlier.

Ironies of history

(ESSAYS ON CONTEMPORARY COMMUNISM)

L'ouvrage récemment paru sous ce titre rassemble un certain nombre d'études publiées par I. Deutscher de 1953 à

(1) Oxford University Press, Londres

1966.

DE ISAAC DEUTSCHER (1) DE ISAAC DEUTSCHER (1) 1965. Ceux qui suivent ses articles ne trouveront pas d'inédits ; cependant, le recueil de textes écrits au fur et à mesure des événements permet de procéder à un examen rétrospectif qui est loin d'être sans intérêt. On sait combien le

RNATIONALE phénomène du stalinisme a été déroutant au cours de son ascension, non seulement pour ceux qui ne disposaient d'aucun critère correct d'appréciation de la bureaucratie, mais aussi pour ceux qui s'orientaient grâce aux critères mis en avant par Trotsky sur la bureaucratie et l'Etat ouvrier isolé bureaucratiquement dégénéré. Il en est aujourd'hui de ces critères comme du marxisme en général : même ceux qui les dénient ne peuvent empêcher leur pensée de tourner autour d'eux quand ils traitent de l'Union soviétique. Mais, à présent, la décomposition du stalinisme tant en U.R.S.S. que dans le mouvement communiste officiel présente non moins d'aspects imprévus, souvent déroutants. On ne peut parvenir à leur compréhension profonde que par « approximations successives » et dans ce sens un retour comme celui auquel le livre de Deutscher oblige à procéder est instructif. Nous dirons même que ce sont précisément les points sur lesquels les événements obligent la pensée à se modifier qui sont les plus intéressants (2).

Les plus anciens articles de Deutscher dans ce recueil se situent à la mort de Staline. A ce moment là, très peu nombreux étaient ceux qui, comme Deutscher, avaient compris que le régime bureaucratique ne pouvait plus, avec ou sans Staline, continuer à recourir seulement à des méthodes de répression et de terreur sans dangers d'explosions graves. Mais ce qui frappe dans ces articles, ce sont les grands espoirs qu'avait alors Deutscher tant sur les rythmes de la déstalinisation que sur ses résultats. Cette constatation est d'autant plus sensible que, plus tard, notamment après l'éviction de Khrouchtchev et à propos des causes de celle-ci, Deutscher, serrant de très près la réalité soviétique se trouve loin de ses espoirs. Ce que fut et ce qu'est la « déstalinisation » sous Khrouchtchev, voici ce

(2) Ce recueil s'étend au-delà même des termes du sous-titre. On y trouvera entre autre la remarquable et courageuse intervention faite par l'auteur dans le « teachin » de Washington en 1965, contre l'agression américaine au Vietnam. On trouvera aussi une discussion de la philosophie de l'histoire de E.H. Carr, l'auteur d'une remarquable histoire de l'Union soviétique.

Nous ne commenterons pas non plus d'autres essais, notamment ces portraits ou ces esquisses de Lénine, de Trotsky, de Plekhanov, et aussi de ces personnages de l'histoire de la révolution russe. les mencheviks, si largement dépassés par les événements. On trouvera aussi des pages sur Pasternak montrant que Le Docteur Jivago n'est ni la grande œuvre que le monde occidental a voulu mettre en vedette ni l'infâmie qu'ont voulu y voir tant de bureaucrates qui, tout comme Pasternak, mais d'une facon différente n'ont pas compris la révolution russe.

qu'il en dit en quelques phrases essentielles:

« Ils dénoncent après les événements l? règne d'un seul chef, mais ne voient rien d'erroné dans le règne d'une seule fraction, qui à son tour a son origine dans le règne d'un seul parti. (page 10).

« Si l'on se retourne sur l'ère post-Staline, on peut voir qu'elle entre dans deux chapitres distincts : le premier, s'étendant de 1953 à 1959, fut rempli d'une activité réformiste intense et vivant de déstalinisation ; le deuxième, s'étendant sur reste des années du gouvernement de Khrouchtchev, fut dans son ensemble caractérisé par la stagnation et même la régression. » (page 128).

« En général, les réorganisations ont changé les modalités au moyen desquelles le contrôle était exercé d'en haut sur Ir bureaucratie ; elles n'ont guère créé d'amorçage pour un contrôle d'en bas. » page 128).

Sur les successeurs immédiats de Khrouchtchev, Deutscher n'a pas la moindre illusion, il ne voit en eux que des hommes de médiocre envergure, sans avenir, car ils sont incapables de répondre aux besoins actuels de la société soviétique, qu'il définit en ces termes :

« Ce qui est en jeu, ce n'est plus le « droit » d'un chef ou d'un groupe dirigeant de terroriser la nation, mais l'essence même de leur monopole politique, leur droit de parler pour un peun'a pas la permission de parler pour lui-même. Les difficultés avec lesquelles l'Union soviétique est aux prises à présent n'exigent pas une nouvelle dose de « libéralisme » patriarchobureaucratique, mais la véritable liberté et un véritable mouvement vers le socialisme. » (page 133).

A ce propos, Deutscher, à partir de la page 138 de ce livre, présente d'une manière fouillée, d'une part les changements qui se sont produits dans les relations entre la haute direction et la bureaucratie par rapport à l'époque de Staline, d'autre part, l'absence de changements substantiels dans les rapports entre la bureaucratie et les masses par rapport à cette même période. Il souligne très fortement la contradition de cette situation et aussi les conséquences malsaines sur la société soviétique. Mais comment cette contradiction pourra-t-elle être résolue ? « L'ouverture, l'ouverture sans équivoque ‚d'une phase vraiment nouvelle de la révolutino russe — et pas seulement de la révolution russe — se fait sentir depuis longtemps. » (page 143). En ces termes,

Deutscher est placé au fond devant le problème de la révolution politique en Union soviétique.

En ce qui concerne la politique internationale des autorités soviétiques, Deutscher insiste avec force sur le fait que celles-ci, de Staline aux dirigeants actuels, ne visent pas à la subversion du monde capitaliste et que leur attitude envers des mouvements révolutionnaires ou envers des Etats ouvriers est dictée par une « raison d'Etat » qui est au fond la recherche d'un statu quo dans un monde toujours mouvant. Il est d'autant plus nécessaire d› le rappeler que, si les dirigeants capitalistes feignent souvent de l'ignorer, les militants ouvriers ne s'en sont pas dans leur grande majorité longtemps rendu compte.

Dans les textes relatifs à la crise internationale du mouvement communiste officiel, à cette crise de décomposition internationale du stalinisme, Deutscher apporte une contribution très précieuse montrant ce qui s'est longtemps dissimulé derrière le monolithisme apparent, comment les divergences sont nées et se sont développées. Sa contribution sur le maoisme est particulièrement intéressante.

Cependant, il pousse trop loin certaines analogies dans son article « Trois courants dans le communisme ». Sans aucun doute, au moment où cet article fut écrit, il avait raison de mettre en lumière les divergences qui existaient entre une droite (dont Tito et Togliatti pouvaient être considérés comme les personnages les plus représentatifs), un centre (autour de Khrouchtchev et de la direction soviétique), et une gauche (avec la direction chinoise, alors apparemment unie). Qu'on soit tenté dans ces conditions de rappeler les divergences entre l'Opposition de gauche, la fraction bureaucratique centriste, . es l'Opposition de droite qui divisèrent le Parti bolchevik et l'Internationale communiste, on le conçoit. Mais l'analogie ne peut être poussée au point de se demander en conclusion, comme Deutscher le fait, si ce mouvement pourra se régénérer. C'est là, nous semble-t-il, une sousestimation de la dégénérescence bureaucratique. Qu'il y ait encore des forces révolutionnaires considérables au sein des partis communistes, nous n'en doutons pas et cela a des implications tactiques dans plusieurs pays. Mais, en tant qu'organisations dans leur ensemble, les partis communistes ont été profondément gangrenés.

Par rapport au moment où Deutscher écrivait cet article, c'est-à-dire il y a seulement un peu plus de trois ans, quelques nouveaux développements mettent en relief l'ampleur et aussi le sens de la décomposition des mouvements à direction et origine staliniennes. Dans les Partis à influence de masse, comme ceux de France et d'Italie, l'orientation droitière s'est accentuée, au point que les différences avec la social-démocratie ne portent guère sur la politique quotidienne ou sur des questions théoriques, mais seulement sur la liaison avec Moscou, en ce sens que ces formations voient dans 1= développement économique de l'URSS le principal facteur de la marche de l'humanité vers le socialisme. L'évolution droitière des dirigeants soviétiques est non moins contestable. Quant aux dirigeants chinois, le déroulement de la « révolution culturelle » prouve entre autre chose que ce n'est pas de leur part qu'on peut espérer un retour à une critique libre, à une discussion, à des méthodes démocratiques.

Par contre, un développement progressif réel est à présent indiqué par la direction cubaine, qui ne provient pas, pour sa partie décisive, du mouvement qui fut soumis à une direction stalinienne., Il y aurait matière à écrire un chapitre supplémentaire sur le rôle de la personnalité dans l'histoire, ainsi qu'un chapitre à propos de l'influence des conditions d'un Etat ouvrier de petites dimensions aul voisinage de l'impérialisme américain sur la politique de sa direction. S'il y a vraiment une « ironie de l'histoire », c'est bien dans ce développement surprenant d'une révolution quasiment placée dans la gueule même de l'impérialisme qui s'avère aujourd'hui plus combative et plus riche d'idées que les mouvements disposant de beaucoup plus de moyens matériels.

Si lentes et complexes que soient encore les démarches sur la voie d'un renouveau du communisme, il ne faut pas oublier que les progrès effectués sont un des produits de la révolution coloniale, et tout particulièrement aujourd'hui de l'héroïsme du peuple vietnamien qui, en tenant en échec le puissant impérialisme américain, force de plus en plus les militants d'avant-garde à se pencher sur les plus grands problèmes de la stratégie et de la tactique du mouvement révolutionnaire à notre époque. A ce titre aussi, la révolution vietnamienne mérite un soutien puissant.

P. F. 17 avril 1967.

HISTOIRE DU DRAPEAU ROUGE

Infatigablement, Maurice Dommanget poursuit son œuvre d'historien du mouvement ouvrier et du socialisme. Chercheur passionné, il s'occupe cette fois de donner une histoire mondiale du drapeau rouge, en tant que symbole de la lutte du prolétariat et de la lutte pour le socialisme, des origines de la guerre de 1939. C'est un volume de plus de 500 pages, riche d'informations sur les manifestations, les organisations, les hommes, et les répressions.

La justification d'un tel travail, Dommanget la donne dans son introduction en termes que nous ne pouvons que reprendre :

« Faire l'histoire ou plutôt esquisser l'histoire du drapeau rouge équivaut donc à retracer partiellement l'histoire du prolétariat. Mais c'est la retracer sous un angle particulier, car le fait d'arborer le drapeau rouge est un trait révélateur d'une certaine maturité sociale, d'un certain degré de conscience sociale, d'un sûr instinct révolutionnaire ou parfois, plus simplement, d'un esprit de révolte élémentaire.

« En même temps faire l'histoire du drapeau rouge c'est, en quelque sorte, concrétiser l'histoire prolétarienne et so-

Dans cette brochure de près de cent pages, éditée par la IV° Internationale aux Etats-Unis, E. Germain fait une critique approfondie des positions dévelop. pées par le SLL, l'organisation anglaise associée à l'organisation française OCI.

Tout en se revendiquant du trotskysme, ces groupes témoignent sur des problèmes essentiels actuels d'un ultragauchisme assez grossier à la différence de ces ultragauchistes qui attaquent le mouvement trotskyste, eux, sur la nature de classe de l'Union soviétique, etc. Les Healy, Lambert, etc. reconnaissent l'URSS par Maurice DOMMANGET (1) par maurice DOMMANGEL (1) cialiste, car c'est prendre dans cette histoire un objet réel présentant, par rapport à d'autres traductions de l'action ouvrière, l'avantage d'être mesurable et tangible, ce qui évite de gros risques d'erreur. C'est, en outre, entrer dans le domaine du symbolisme prolétarien et révolutionnaire qui mérite attention et étude au même titre que la symbolique religieuse ou nationale. »

Dans le coup d'œil d'ensemble qu'il donne à la fin de son livre, Dommanget tire également quelques conclusions qui ne sont pas sans intérêt d'actualité :

« ...Nous avons trouvé plusieurs opinions touchant le drapeau rouge. Les uns l'adoptent en répudiant le drapeau national... Les autres allient, marient le drapeau socialiste et le drapeau national... En général, les socialistes intransigeants et révolutionnaires, les syndicalistes d'action directe, ceux qui font de la lutte des classes un principe d'action sont de la première opinion. Au contraire, les socialistes parlementaires, les syndicalistes réformistes, les partisans de la collaboration de classes appartiennent à la seconde. »

(1) Librairie de l'Etoile, éditeur, Paris).

de E. GERMAIN comme un Etat ouvrier, mais se montrent incapables de comprendre les phénomènes complexes qui se sont produits depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, et en premier lieu la révolution coloniale, le mouvement des Noirs aux Etats-Unis, Cuba. On trouvera également dans cette brochure une critique impitoyable des exercices « théoriques » sur l'économie soviétique par un collaborateur de ces groupes, Michel Varga. La brochure montre enfin les analogies de ces positions avec celles des staliniens au cours de la « troisième période ».

MARXISM VERSUS ULTRALEFTISM

MARXISM VERSUS ULTRALEFTISM

UNE REVISION

Ecrite par Pierre Frank, Une Révision du Trotskysme est consacrée à l'analyse des positions politiques du groupe dirigé par Michel Pablo qui rompit avec la IV• Internationale en 1965.

Cette rupture était l'aboutissement d'une évolution politique qui l'avait éloigné de la majorité du mouvement trotskyste sur pratiquement toutes les questions politiques majeures de notre temps. La brochure de Pierre Frank étudie comment Pablo, qui avait apporté dans la IV• Internationale une très importante contribution à l'étude des changements de la situation mondiale à la fin des années 1940 et pendant les années 1950, a évolué depuis 1959-60 pour aboutir à des conclusions tout à fait différentes de celles du mouvement trotskyste.

Pierre Frank a pris, pour base de son analyse, deux textes «fondamentaux » de

LE PARTI ET

Nous attirons l'attention de nos lecteurs sur le numéro de mai-juin 1967 de la revue Les lettres nouvelles. Ils y trouveront la la traduction du texte d'une intervention de Trotsky, le 9 mai 1924 à Moscou, à une réunion organisée par le bureau de la presse du Comité central sur « la politique du parti dans le domaine de la littérature ». Cette intervention reprend les positions exprimées plus en détail dans Littérature et Révolution qui avait paru

LIVRES Matteo Renato Pistone -

DU TROTSKYSME Pablo, sa « déclaration » de rupture avec le « passé mort » de la IVe Internationale (mai 1965) et des « Thèses sur le Marxisme de notre Epoque » (novembre-décembre 1965). La brochure contient en annexe des extraits d'un rapport présenté par P. Frank au Comité Central de la Section Française de la IV• Internationale en 1964 concernant l'évolution des positions de Pablo sur la crise du mouvement communiste international, une note intéressante sur la nature de l'Etat algérien à l'époque de Ben Bella, vue par Pablo (ni un Etat capitaliste, ni un Etat ouvrier, mais un «Etat pré-ouvrier »...), une annexe sur les positions de Pablo, aujourd'hui abandonnées par ce dernier, sur la révolution politique dans les Etats ouvriers, et une note sur les variations allant de gauche à droite, de Pablo sur les questions auxquelles les trotskystes de Ceylan se trouvent confrontés. LES ARTISTES en URSS à la même époque. Mais l'intervention de Trotsky a une saveur particuparticulière du fait, entre autres, qu'au cours de celle-ci il est interrompu à diverses reprises par des partisans de la « littérature prolétarienne » et que Trotsky y répond avec beaucoup de verve et de brillant. La polémique de Trotsky, orateur, est encore plus frappante que celle de Trotsky, écrivain. REÇUS Dalle piramidi di giza alle piramidi di Nasser (Ed. Incontri Mediterranei, Revue).

Louis Soubise - Le marxisme après Marx (Aubier - Montaigne, éditeurs).

Les québécois (F. Maspéro, éditeur).

Les livres de la « Petite collection Maspéro ».

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