Nous publions ci-après la plus grande partie du rapport présenté au nom du Groupe Marxiste Révolutionnaire du Nigeria au Congrès Mondial de la IVe Internationale de décemore 1965. Ce rapport fut écrit avant le coup d'Etat de 1966 qui fut une sorte d'opération des militaires contre les forces féodales pour prévenir le mouvement montant des masses. Le texte que nous publions donne un tableau historique et sociologique qui permet de comprendre précisément l'opération qui a eu lieu.
Au début de la spoliation par la classe des marchands européens conduits par les aventuriers et les explorateurs d'Europe vers la fin du XIII• et au début du XIV siècle, en particulier ceux d'Espagne et du Portugal, le pays connu actuellement comme le Nigéria n'existait pas.
Les peuples de ce pays étaient les sujets d'un royaume, d'un empire ou d'une autre domination : des ghanéens, du Songhai et du Soudan. Ils vivaient tous, plus ou moins dans des cadres primitifs et féodaux. Avec le pseudo « commerce » ou spoliation des marchands aventuriers intervenant dans la structure socio-politique, le développement historique normal fut arrêté.
Ainsi la venue des derniers conquérants il y a plus d'un siècle (les Britanniques) trouva un pays fait d'une dispersion de structures sociales différentes.
Dans le Nord, les Etats de l'émirat, au sommet du développement féodal, dirigés par l'oligarchie théocratique islamique exploitaient leur peuple au travers des hiérarchies habituelles de petits propriétaires, d'employés, de serfs, payant des droits et des impôts et cultivant la terre des seigneurs féodaux.
Dans l'Ouest, la société connaissait un état de transformation de la féodalité vers une monarchie constitutionnelle, une étape vers le capitalisme. La terre appartenait encore en commun, bien qu'au nom des chefs souverains et des petits chefs. La plus-value du travail se manifestait par l'accumulation de biens tels que les femmes, le bétail et les granges à grain, possessions des classes constituées des familles des chefs ou des familles royales qui vivaient désœuvrées et qui étaient les seules à participer à la vie politique tri. bale.
Dans le Nord, comme dans l'Ouest, le peuple a été poussé à se révolter par les conditions de pauvreté de son état d'exploité, aggravées par un processus continu d'accumulation primitive. De telles révoltes furent vite réprimées dans le Nord par les armées royales de cavaliers et de sabreurs. Dans l'Ouest, les révoltes furent canalisées par les petits chefs de façon à obtenir plus d'avantages dans leurs positions de classe et pour contenir plus la puissance des chefs souverains.
Dans l'Est, le peuple faisant partie de la ceinture négroïde bantoue d'Afrique, vivait sous un communalisme primitif: un système communaucratique sous l'égide des anciens, élus, avec des villages dispersés ne payant de droits à personne, mais gérant leur communaucratie primitive en fonction d'une économie coopérative arriérée autarcique.
Les colonialistes britanniques vinrent et, dans le cadre d'une série de missions civilisatrices, supprimèrent les constructions orientales par les oligarchies, firent des saignées parmi les humains, et quelques catastrophes naturelles dans les catastropes naturelles dans les communautés primitives, leur permirent d'établir leur commerce et leur gouvernement.
Ainsi commencèrent cent années d'une exploitation active et intensifiée, qui n'a active n'a de comparaison historique que dans l'oppression de l'Apartheid en Afrique du Sud. Un peuple qui avait déjà perdu des millions de ses plus fines ressources humaines dans la traite vers les Amériques, et qui s'était vu coupé toutes ses ressources dans les conflits inter-tribaux et dans des révoltes des masses, connaissait maintenant une nouvelle étape dans son ex-
INTERNATIONALE ploitation et dans son oppression. Comme à l'époque qui a précédé celle des contacts avec la civilisation occidentale, ces peuples présentent des expériences héroïques de lutte révolutionnaire. Au travers des carnages massifs par les cavaliers, des mutineries à bord des bateaux d'esclaves, et au travers des révoltes innombrables - la révolte des femmes Abba, les émeutes contre l'impôt, la grève des chemins de fer, le soulèvement des étudiants, la grève générale, etc., tout ceci entre 1900 et 1945, le peuple a acquis une expérience révolutionnaire qui a nécessité une oppression coloniale systématique et une oppression toujours plus
LES PREMIERS DEBUTS
C'est dans les années 20 que le pays a connu les tout débuts du nationalisme, avec la formation du Congrès National Africain de l'Ouest et du Parti Démocratique National Nigérien, constitués par la nouvelle élite coloniale faite ues fils des classes de familles royales qui avaient
LES ANNEES
Avec la parution d'un journal nationaliste, le Pilote Ouest Africain, dû au Dr Huamdi Azikiwe, actuel président de la République fédérale, qui avait reçu une éducation américaine et pro-américain, une nouvelle manifestation de conscience nationaliste commença.
Les travailleurs des villes et la paysannerie ne pouvaient recevoir suffisamment ce message avant qu'ils n'aient été conduits en troupeau pour combattre dans la seconde guerre impérialiste comme porteurs et tireurs en Birmanie, en forte de l'impérialisme pour tout contenir jusqu'à ce jour.
Durant cette centaine d'années, les chefs qui perdaient déjà de leurs pouvoirs féodaux ont vu leurs positions se renforcer dans le système colonial de domination indirecte. Le pays tout entier était axé vers une grande production de plantation, l'économie maintenant familière des récoltes de cacao, de caoutchouc, de noix de coco, de produits tirés du palmier, de bois de construction, etc. Les développements restreints des communications, du bien-être social, et de l'industrie, qui virent le jour, furent seulement réalisés pour promouvoir l'économie coloniale.
DU NATIONALISME reçu une éducation de classe (le Dr Danquah, M. H. Macaulay). Leurs actions étaient faites de pétitions au souverain britannique pour demander à participer en tant qu'égaux de l'élite coloniale blanche à la direction politique et économique de l'exploitation du pays. DE GUERRE dans l'économie de guerre des puissances alliées et en partie pour la consommation quotidienne européenne. On procéda à des emprunts forcés à côté des mobilisations semi-obligatoires (pour beaucoup, l'armée était une solution pour vivre). Ceux-là qui sont allés au front sont revenus avec une nouvelle conscience nationaliste pour construire cette liberté pour laquelle ils pensaient s'être battus. « Un pays pour les héros » était un slogan non restreint aux seules iles britanniques.
En 1944, les étudiants fondèrent le Conseil National du Nigéria et du Cameroun (N.C.N.C.) et portèrent le Dr Azikiwe au secrétariat général.
Les classes supérieures de l'élite coloniale noire étaient exclues de ce mouvement de masse, ainsi que les prêtres des classes moyennes; et avec eux furent rendues inactives les organisations réformistes des classes moyennes, spécialement le Mouvement de la Jeunesse Nigérienne et le N.N.D.P. (Parti National Démocrtique Nigérien) dont les membres militants furent absorbés par N.C.N.C.
Afrique du Nord et
Pendant la guerre, restés au pays fut pour la fourniture
Le N.C.N.C. devint au Cameroun.
l'exploitation de ceux intense encore plus de produits utilisés le front nationaliste, s'implantant dans toutes les tendances de la structure sociale : les intellectuels des classes moyennes, la nouvelle classe compradore, les employés de bureau petits bourgeois, les artisans, les administrateurs, les travailleurs des villes, sous la bannière de leurs organisations syndicales et les paysans dans la gigantesque Association des Fermiers.
LE FRONT NATIONALISTE
LE FRONT NATIONALISTE
VATRIEM E
Le N.C.N.C. porta le Dr Azikive sur l'avant-scène politique et le reconnut comme le dirigeant incontesté du mouvement nationaliste.
En 1945, les travailleurs déclenchèrent une grève générale sur tout le pays et furent même suivis par les travailleurs domestiques. Le Dr Azikiwe (Zik) refusa de reconnaitre l'avantage de la lutte économique, créant une situation révolutionnaire. Il déclara y avoir eu une tentative de l'assassiner et il s'enfuit de la capitale, centre de la lutte, laissant les dirigeants syndicaux, nationalistes ardents, continuer le combat. Les masses, constituées par la paysannerie, vinrent en aide aux travailleurs des villes, leur fournissant des subsistances. L'administration coloniale fit sortir ses forces; la grève fut surmontée; les militants furent exilés et emprisonnés; la situation s'effondra.
1945, cependant, marqua non seulement une étape de conscience nationale aigüe, mais la compréhension par la Grande-Bretagne qu'un nouveau plan de
Un mouvement fait de petits groupes dans les villes et les villages dont les militants prêchaient la révolution, organisaient fortement et suivaient une ligne constante de developpement. Ils furent pourchassés par l'administration britannique, non sans qu'ils aient mené des opérations para-militaires et fomenté aussi des désordres à la Ghandi.
Mais aussi, le développement légal devint le modèle pour stimuler le mouvement de masse alors poussé en avant par des incidents tels que la fusillade de mineurs de charbons en grève à Iva Valley, des manifestations anti-racistes, les actions combinées de paysans sur les prix des récoltes exportées.
LE DEVELOPPEMENT
En 1951, le Nigeria obtient une autoadministration limitée. Les classes mo yennes furent installées dans les administrations coloniales dans l'Ouest et l'Est alors que les émirs et la classe oligarchique l'étaient dans le Nord.
Entre cette époque et l'indépendance, des conférences constitutionnelles se tinrent et de nouveaux partis apparurent pour contester l'hégémonie du N.C.N.C. C'était le Groupe d'Action (A.G.), sous la direction du chef Awolowo, maintenant en prison pour dix ans pour avoir trahi développement devait être conçu si l'on voulait tenir encore longtemps le pays.
Cette période a aussi marqué le commencement du mouvement de gauche par la présence de quelques marxistes qui étaient des militants actifs dans les syndicats et le mouvement nationaliste. 1945 a cristallisé le pas objectif accompli dans la lutte nationaliste (un combat clandestin) qui ne fut pas suivi par les marchands libéraux largement inspirés par l'Amérique et par les intellectuels bourgeois personnifiés par le Dr Zik.
L'indépendance de l'Inde créa chez les nationalistes conscients une humeur combative qui fut accrue par la Grande Révolution dans l'Orient, la libération du peuple chinois.
Après cela, marxistes et militants se rejoignirent et formèrent un mouvement «zikiste». Tandis que les dirigeants étaient à Londres, en train de chercher avec le gouvernement travailliste une réforme à la nouvelle constitution coloniale, les zikistes organisèrent l'insurrection.
Le caractère de la lutte nationaliste était particulier. Le combat sur le terrain constitutionnel était stimulé par des actions illégales insurrectionnelles. Menées par des dirigeants syndicaux et des intellectuels des classes moyennes, elles étaient soutenues par les travailleurs des villes. Le plus grand soutien quantitatif vint néanmoins de la paysannerie dont la contribution économique (fonds d'exportations de récoltes) était utilisée par l'organisation politique nationaliste. Les masses, organisées, lancèrent des rassemblements et des manifestations, et leurs actions furent dérivées d'un vrai patriotisme. CONSTITUTIONNEL sa propre classe, celle du capitalisme règnant. Le Groupe d'Action formé comme un parti tribaliste régional de l'Ouest de la classe marchande et des classes dirigeantes des familles royales s'orienta fortement à gauche sous l'impulsion de marxistes dont le principal, Guy Ikoku est maintenant en exil au Ghana et qui est généralement considéré comme le dirigeant de la gauche au Nigeria. Le Groupe d'Action est le parti bourgeois le plus progressiste aujourd'hui au Nigeria.
Il y a aussi le Congrès des Peuples du
LES ZIKISTES
LES ZIKISTES
Nord, une organisation politique à caractère culturel de l'aristocratie du Nord, dirigée par le Sardanna de Sokoto, le second du sultan de Sokoto, dirigeant de tous les musulmans au Sud du Sahara. • (La plupart des Nigériens sont musulmans ou animistes.)
Durant cette période, des groupements
Le Nigéria fut formellement et bilatéralement déclaré indépendant en 1960.
L'alliance entre le N.C.N.C. et le N.P.C.
conclue sous l'hégémonie de l'aristocratie du Nord forma un gouvernement central.
Le Groupe d'Action fut jeté dans l'opposition. Une crise divisa le parti. Les chefs et les marchands dirigeants s'en allèrent, tenant le gouvernement de l'Ouest; ils ont constitué aujourd'hui le gouvernement
N.N.D.P. dans le Nigéria occidental après la manœuvre caricaturale de prétendues élections. Ils font aussi partie du gouvernement fédéral.
Juste Juste avant l'indépendance, l'aile gauche se regroupa pour la première fois dans un front organisationnel: le Congrès Nigérien de la Jeunesse (N.Y.C.).
Grâce à ses militants, son orientation idéologique marxiste, il devint pendant un certain temps le véritable mouvement populaire progressif national.
Par la suite, la direction fut saisie par des opportunistes réformistes et l'organisation devint un tigre de papier, moins militante et se désintégra, laissant une simple ombre, lorsque les cadres militants le quittèrent après que le Groupe Marxiste Révolutionnaire ait cherché à s'emparer de la direction.
Quelques temps auparavant, les marxistes révolutionnaires et les dirigeants syndicaux marxistes avaient formé un Parti Travailliste Socialiste qui s'était réuni avec les sociaux-démocrates du N.Y.C. (Congrès Nigérien de la Jeunesse) pour former le Parti des Travailleurs et Fermiers Socialistes (S.W.A.F.P.). Dès le premier jour, les sociaux-démocrates usé. rent de tactiques opportunistes et bureaucratiques pour gagner la direction. Ce fut le deuxième échec d'une tentative d'un parti totalement de gauche. Le S.W.A.F.P. est aujourd'hui tourné vers Moscou et est en fait une caricature d'un front uni national démocrate. Le groupe marxiste- marxistes intensifièrent leurs activités surtout dans les grands partis et constituèrent un ou deux partis sur la base des syndicats. Ceux-ci échouèrent totalement à cause des divergences idéologiques, du manque de sérieux dans l'organisation et le recrutement, et de tendances opportunistes. Quelques publications surtout internes furent éditées.
Les conditions économiques se détériorant, le pays a politiquement sombré en tant que démocratie, et le Nigéria joue un rôle réactionnaire dans les affaires mondiales.
En 1963, la république fut proclamée et depuis lors, une situation révolutionnaire permanente s'est développée et mûrit.
Le jour même de la république, une grève générale fut déclenchée qui était en réalité une protestation contre le développement politique et économique qui était au maximum de la détérioration. révolutionnaire a immédiatement quitté les opportunistes et leur programme réformiste d'une lutte démocratique nationale avec la bourgeoisie nationale et formèrent le parti socialiste révolutionnaire du travail (R.S.L.P.). Le R.S.L.P. eut vite recruté quelques-uns des cadres dirigeants qui avaient quitté le N.Y.C. après la crise et prit des contacts dans plusieurs grandes villes; il adopta un programme révolutionnaire et la méthode de travail du centralisme démocratique. Il est significatif de noter que c'étaient les dirigeants de ce parti qui avaient été condamnés à la prison avec le Dr Allen pour leur rôle dans la grève générale de juin 1964. Lors de cette grève, une autre situation révolutionnaire fut créée. La grève économique se remplit d'un contenu politique. Au procès qui suivit, le R.S.L.P. se présenta en tant que parti révolutionnaire socialiste.
Au procès le mouvement de gauche connut sa plus grande publicité depuis 50 ans. Le programme, les comptes-rendus, le type d'organisation du R.S.L.P. furent défendus au banc des accusés et imprimés textuellement dans les journaux nationaux.
Pendant la grève générale, lors des meetings de masse, les travailleurs nigériens ont ouvertement demandé la constitution
ENTRE L'INDEPENDANCE ET LA REPUBLIQUE
DE GAUCHE
ENTRE L'INDEPENDANCE ET LA REPUBLIQUE
DE GAUCHE d'un parti ouvrier. Juste avant la crise politique, le R.S.L.P., d'anciens camarades du S.L.P. et d'autres militants marxistes avaient formé un Parti Uni des Travailleurs. Le parti devint après la grève et pendant le procès, le Parti Nigérien du Travail (N.L.P.), en réponse à la situation objective.
Le N.L.P. adopta le programme du R.S. L.P. et une constitution centraliste démo cratique. Quelques éléments dirigeants exclus du S.W.A.F.P. furent élus au secrétariat avec l'appui du groupe marxiste révolutionnaire, sous la présidence du dirigeant syndical Michael Imondu. Les anciens réformistes et opportunistes du S.W.A.F.P. eurent tôt fait de diriger une fraction qui défigura le programme du N. L.P.; programme dont les tâches caractérisent spécifiquement le Parti comme l'organisation des travailleurs nigériens pour le socialisme et la direction d'un front progressiste national pour détruire l'impérialisme dans le pays. Au lieu de ce programme, ils utilisaient en réalité le programme du S.W.A.F.P. Ils transigèrent avec la soi-disante alliance progressiste (U.P.G.A.), faite de capitalistes compradores, et s'allièrent avec eux pour les élections nationales de décembre 1964. Le groupe marxiste révolutionnaire avec sa majorité au Comité Central poussa le parti à se retirer de cette alliance. Dès lors, cette fraction dirigée par des éléments militants et des éléments réformistes et opportunistes commença à employer des méthodes bureaucratiques dans le but d'imposer leurs conceptions impopulaires. Ces éléments s'étaient même adonnés à des exactions financières, et les fonds du parti destinés aux travailleurs en grève et aux amis à l'étranger furent totalement détournés en leur nom propre par les membres de la fraction. Ils abandonnèrent même les anciens camarades du R.S.L.P. lors de leur procès et lors de leur arrestation.
La base en avance sur le groupe marxiste révolutionnaire poussa le comité central à les suspendre et à transférer le secrétariat dans une capitale régionale où il se tint à l'écart de l'influence corruptible de Lagos. Ainsi survint la cassure du N.L.P. en deux parties. Le N.L.P. réformiste des opportunistes de gauche qui a repris le programme du parti et son argent. Il est politiquement inactif et dépense son énergie et ses ressources dans la recherche d'une fédération syndicale avec les dirigeants de l'Internationale des syndicats libres.
Le N.L.P. dirigé par le groupe marxiste révolutionnaire, continue à organiser le parti, regroupant toutes les sections, exceptée celle de Lagos, mais gravement handicapé par le manque de ressources.
Son aile jeune, le Mouvement socialiste du Nigéria, constitué d'étudiants qui ont séjourné plusieurs années au RoyaumeUni et organisés par les dirigeants du groupe marxiste révolutionnaire (M.R.G.) continue à gagner en popularité parmi les jeunes à l'étranger et vient d'être reconnu chez lui comme l'organisation de jeunesse la plus dynamique. LE FRONT POPULAIRE
Il y a un mois ou plus, un dialogue s'est ouvert parmi tous les partis de gauche pour s'unir avec les partis progressistes pour constituer un front populaire. Notre parti (et le M.R.G.) est totalement favorable à ce front, qu'il considère comme une réalisation de la section anti-impérialiste de son programme. LES PARTIS PROGRESSISTES
Le N.C.N.C. est le parti du Dr Zik. Il contrôle le gouvernement du Nigéria Oriental et est un membre de la coalition centrale, Il dirige la Grande Alliance Progressiste Unie (U.P.G.A.) Sa base de classe est constituée des capitalistes compradores. Ses dirigeants ont cherché à renforcer leurs positions de classe bourgeoise en se donnant surtout des titres et en devenant des propriétaires terriens. Leur source principale de revenu est le développement moderne de fermes. Il n'est pas progressiste et ne saurait être assimilé à co rôle. LE MOUVEMENT ZIKISTE
C'est l'aile jeune du N.C.N.C. dirigée par des militants nationalistes et marxistes de l'ancien temps. Il exerce quelquefois une forte pression sur le N.C.N.C - sur des questions importantes mais non de classe - et contrôle un grand nombre de patriotes militants. Le N.L.P. et les marxistes révolutionnaires collaborent totalement avec ce parti. Ce peut être un allié tout à fait bienvenu. LE FRONT PROGRESSISTE DU NORD
Il est constitué par des éléments progressistes du Nord de l'Union, maintenant dirigé par des nationalistes tournés vers la bourgeoisie, a été le parti d'opposition le plus populaire dans le Nord avec une aile féminine toujours militante ; c'est un parti de petits bourgeois des villes soutenus par les travailleurs urbains ; sous la direction de l'U.P.G.A., ce parti ne peut être classé comme pro-
Le N.P.F. (Front progressiste du Nord) comprend aussi le Congrès Uni de la moyenne ceinture (U.M.B.C.), mouvement nationaliste de la ceinture moyenne du Nigeria septentrional. Un parti de masse gressiste.
QUA de la paysannerie faisant une guérilla périodique contre l'aristocratie féodale islamique du Nord. La paysannerie subit une répression inouïe. Les marxistes révolutionnaires doivent travailler dans cette organisation progressiste et pourraient être tout à fait utiles dans l'éducation de ses jeunes cadres. Le parti de la classe ouvrière doit s'associer publiquement à ce Congrès.
LE GROUPE D'ACTION
Il s'est orienté plus fortement à gauche • et vers la social-démocratie. Le G.A. est encore dirigé par des marchands et des intellectuels libéraux. Les premiers s'allieront certainement à nouveau avec les réactionnaires dans le cadre du regroupe-
La classe dirigeante du Nigéria est faite des couches suivantes :
La couche capitaliste féodale: Les aristocrates féodaux du Nord et de l'Ouest Nigérien deviennent de plus en plus des capitalistes et s'orientent fortement vers le transport, la construction et d'autres activités secondaires pour affirmer leur pouvoir politique économiquement. Leurs partis sont le N.P.C., le N.N.D.P. (N.N.A.).
La couche capitaliste compradore : Aucun Nigérien ne peut être un capitaliste national indépendant. Pour être des capitalistes de quelque importance, les compradores doivent être liés au capital étranger en tant qu'actionnaires, fournisseurs, ou leurs affaires ne se développent que dans le cadre des rapports avec les intérêts étrangers. Leurs partis politiques sont le N.C.N.C. et le G.A. dans une certaine mesure.
La classe moyenne, des bureaucrates, de l'intelligentsia, des distributeurs commerciaux et des paysans. Toutes les couches mentionnées ci-dessus sont pro-impérialistes, anti-démocratiques et anticommunistes. Elles se situent dans un processus de consolidation de leur position d'élite et sont des plus cruelles et im-
Elle est dominée par les monopoles dont les compradores sont des propriétaires secondaires.
Le premier monopole est le secteur d'Etat qui comprend: les communications; les services publics; les services sociaux; les sociétés publiques (offices ment des forces féodo-capitalistes, inévitable dans l'avenir proche avec la renaissance de la lutte des classes. Comme c'est le parti organisé le plus progressiste jouissant d'une sympathie populaire actuellement, aucune opportunité ne saurait être perdue pour s'allier avec le parti. L'ORGANISATION DE JEUNESSE
DU GROUPE D'ACTION
Dans la direction, on compte quelques cadres marxistes. Le mouvement de jeunesse du parti des travailleurs devrait s'allier étroitement, si ce n'est totalement, avec cette organisation dynamique. Des possibilités d'éducation considérables sont à exploiter dans le parti. pitoyables dans leurs méthodes contre la démocratie et les progressistes, et des plus corrompues, dans leurs comportements face à la vie.
Les opprimés sont constitués par :
La petite bourgeoisie faite d'artisans, de travailleurs isolés de la ville et des Villages, des paysans paupérisés qui ne peuvent employer de main-d'œuvre.
La classe ouvrière: faite de travailleurs d'usine et de bureaux. Résidant dans des maisons surpeuplées, à loyer élevé, mal payés, ils sont la source de cadres pour le parti des travailleurs, les plus expérimentés dans l'organisation.
La paysannerie: La paysannerie, faite des ouvriers agricoles, des petits fermiers indépendants, des pêcheurs, des tailleurs de palmier à huile, des manœuvres, de la production agricole de second rang. Ils constituent 70% du total de la production.
Les 5% de Nigériens paupérisés de la population faits de chômeurs, de lépreux, de vieillards, et des employés de maison. D'un niveau de conscience très bas sauf dans les luttes révolutionnaires. Leur soutien peut se manifester avec surprise. commerciaux et coopératives d'Etat achetant les récoltes).
Ce secteur dirige l'infrastructure sans profit, pourvoyant ainsi à bon marché les services essentiels au service des grands monopoles.
Les grands monopoles sont étrangers
LA STRUCTURE SOCIALE
L'ECONOMIE
LA STRUCTURE SOCIALE
L'ECONOMIE et gèrent la totalité de l'industrie, contrôlent le commerce comme les concessions minières, les manufactures seconclaires, les gigantesques agences d'importation et l'industrie du spectacle.
A la base de la superstructure de l'économie contrôlée par les compagnies impérialistes étrangères, sont les capitalistes moyens : les compradores, constitués par les entrepreneurs, les transporteurs et les hommes d'affaires.
A la base, on trouve les détaillants, marchands di gros, boutiquiers et services professionneis
Le plan de développement est oificielle-
NALE 43 ment désigné comme ayant pour but de lancer les bases de l'industrialisation cavitaliste du pays et de la mécanisacion agricule.
Le secteur agricole est le secteur le plus paupérisé, constitué par des petites fermes individuelles. La plupart de la production agricole est faite de récoltes pour l'exportation. Néanmoins 75 % de la population paysanne assure 50% de l'activité économique nationale.
Le revenu national est tombé depuis l'indépendance à 18 livres par tête. Le chômage est courant et l'accroissement des investissements ne peut même pas suivre la montée démographique.