Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › n° 28

La montée du mouvement contre la guerre aux Etats-Unis

Caroline Jenness · Quatrième Internationale, n° 28 · juin 1966 (2e trimestre) · p. 28-29 · 1 349 mots

In English: Antiwar Movement on the Rise in the U.S (World Outlook Vol. 4, No. 10, 8 April 1966).

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Le mouvement contre la guerre aux Etats-Unis, qui a démarré il y a une année avec la marche du 17 avril sur Washington, et s'est développé au travers des teach-ins, de rassemblements et de la créatior de « Comités pour la fin de la guerre du Vietnam » dans tout nam Day Committee et des groupes pour la paix, des environs, marchèrent sur un Centre d'orientation des services armés d'Oakland, en Californie, avec une banderole réclamant le « Retour de nos hommes du Vietnam maintenant ».

Depuis la reprise des bombardements. Depus la reprise des bombardements, le mouvement contre la guerre a gagné sans arrêt le soutien de couches plus larges de la population. La déclaration contre la guerre publiée par le Comité de coordination des étudiants non-violents (S.N.C.o.), une organisation pour les (S.N.C.C.), une organisation pour les droits civiques fondée dans le Sud, a stimulé un soutien plus ouvert au mouvement contre la guerre de la part de la communauté noire. La déclaration du S.N.C.C. dit :

« Nous reculors avec horreur devant l'inconsistance de cette société supposée libre, où la responsabilité de la liberté est identifiée à la responsabilité de se prêter à l'agression militaire, Nous prenons note du fait que 16 pour cent des conscrits de ce pays sont des Noirs, appelés pour étouffer la libération du Vietnam, pour protéger une « démocratie » qui n'existe pas pour eux, chez eux. »

Un soutien très vaste s'est développé en faveur de Julian Bond, un Noir de 26 ans, membre du S.N.C.C., qui a été élu à la Chambre des Représentants de Géorgie, mais auquel le siège fut refusé à cause de ses opinions sur la guerre du Vietnam.

Le sentiment grandissant contre la guerre dans la population entière s'est traduit dans la quantité de courrier que les sénateurs reçoivent. Les sérateurs Morse et Fulbright annoncent qu'ils reçoivent des centaines de lettres et de télégrammes soutenant leur position contre l'escalade de la guerre. Le sénateur Mansfield a déclaré que son courrier était dans la proportion de 100 cortre la guerre pour 1 la soutenant. Un autre reflet du mécontentement à l'encontre de la guerre est donné par une déclaration publiée par les Travailleurs du Vêtement d'Amérique, le premier syndicat national le pays, a souffert poraire lors de « de Johnson. Mais, bombardements sur mouvement riposta novée et s'opposa d'une accalmie teml'offensive de paix » avec la reprise des le Nord-Vietnam, le avec une vigueur réà l'escalade de la guerre par des démonstrations militantes dars toutes les villes importantes des

Etats-Unis. Celles-ci atteignirent leur point culminant lors des journées internationales de protestation des 25 et 26 mars, quand le nombre de participants aux manifestations s'éleva à un nombre jamais égalé dars le mouvement contre la guerre aux Etats-Unis. Par exemple, une approximation fournie par la presse bourgeoise, donnait 75.000 à 100.000 personnes pour la seule ville de New York.

La récente vague de manifestations a reflété aussi une clarification grandissante parmi les militants contre la guerre, qui ont appris au travers de l'expérience qu'on ne pouvait faire confiance aux buts déclarés du gouvernement.

Les différentes organisations des universités ont accru leurs activités, telles que vente de littérature contre la guerre, faisant du porte à porte dans les dortoirs, essayant de convaincre les étudiants sur la nature de la guerre, et d'organiser des groupes de discussion, des rassemblements et des marches. A l'Université de Californie à Berkeley, quatre cu cinq mille étudiants ont boycotté les cours le 9 février pour organiser un rassemblement contre la guerre. La semaine précédente, des étudiants du Vietnam Day Committee réclamèrent des discussions dans les salles de cours sur le caractère de la guerre du Vietnam. Le 23 février, plus de 350 femmes du Viet- affilié à l'A.F.L.-C.I.O., qui critique publiquemerit la politique de Johnson.

Avec l'escalade grandissante de la guerre, les manifestations contre la guerre ont vu augmenter leur potentiel militant, le slogan « Retour des troupes au pays, maintenant » devenant de plus en plus populaire comme ce fut visible lors de l'énorme parade du 26 mars à New York. Ur bon exemple de l'esprit des manifestations contre la guerre a été donné par la manifestation du 23 février à New York où 5.000 participants se rassemblèrent devant le Waldorf Astoria où le président Johnson recevait une « récompense de la liberté ». Soutenu par la plupart des groupes radicaux et contre la guerre aux Etats-Unis, le rassemblement a été marqué par des banderoles réclamant la fin immédiate de la guerre et le retrait des troupes américaines. Le chant des piquets a probablement atteint les oreilles de Johnson lorsqu'il recevait sa décoration : « L.B.J., L.B.J., combien d'enfants as-tu tué aujourd'hui? »

Un groupe de Harlem nouvellement constitué, les « Afro-américains pour la fin de la guerre au Vietnam », portait une banderole énorme disant : « Retour de nos G.I. noirs au pays maintenant ». (Des comités semblables d'Afro-américains se sont constitués à Détroit, Boston et Chicago). Les piquets se terminèrent par un rassemblement où Julian Bond reçut une véritable récompense pour la liberté de la part des manifestants.

Contre le militantisme croissant, le gouvernement fit une tentative d'intimidation pour mettre au silerce le Mouvement contre la guerre. Le 4 mars, le ministre de la Justice américain, Nicholas Katzenbach présenta une requête au Bureau de contrôle des activités subversives pour exiger que les Clubs DuBois d'Amérique soient enregistrés par le gouvernement fédéral comme une organisation « para-communiste ». Les Clubs DuBois sont un groupement de jeunes socialistes pro-Moscou qui s'est opposé énergiquement à la guerre du Vietnam. Le lendemain de l'annonce de la requête de Katzenbach, les locaux de la direction nationale de l'organisation à San Francisco furent attaqués à la bombe et des membres du Club DuBois de la ville de New York furent frappés par la police et des voyous à l'extérieur de leurs locaux.

Le mouvement contre la guerre s'est solidarisé fortement avec les clubs DuBois, et des comités contre la guerre, de tout le pays, adoptèrent des résolutions protestant contre cette violation du droit à la liberté d'expression, comme une attaque contre la totalité du mouvement contre la guerre. Des militants contre la guerre, dont le professeur de Yale Stanghton Lynd, ont rejoint les Clubs DuBois, à titre de démonstration de leur opposition à l'attaque du gouvernement. A ce jour, cette chasse aux sorcières du gouvernement n'a pas diminué la force du mouvement contre la guerre.

L'effort d'organisation entrepris pour la préparation des Journées internationales de protestation des 25 et 26 mars a montré à quel point le mouvement s'était accru dans les cinq mois qui s'étaient écoulés depuis les Journées internationales des 15 et 16 octobre. Une nouvelle publication, « Nouvelles pour le retour des troupes au pays, maintenant » a donné un ton militant aux manifestations nationales. Les « Nouvelles » contiennert des articles disant la vérité sur la guerre et donnent des comptes-rendus des activités contre la guerre dans les principales villes du pays. La publication et ses partisans appellent au retrait immédiat de toutes les troupes américaines et déclarent que les slogans centrés sur les appels à la «négociation» jouert en faveur de Johnson et de son administration. La diffusion des « Nouvelles » s'étend dans des proportions encourageantes.

Le débat sur la question de savoir si le mouvement devait appeler au retrait des troupes américaines ou à des négociations s'est répandu parmi les membres des Clubs DuBois. Bien que la position officielle de l'organisatior. soit la négociation, le Comité national est divisé sur la question et ceci se reflète dans ses rangs. En face du militantisme qui s'accroit dans le mouvement américain contre la guerre, et la résistance héroïque des combattants vietramiens pour la liberté qui rejettent les négociations jusqu'à ce que les envahisseurs se retirent, de nombreux membres des Clubs DuBois pensent qu'un groupe socialiste aux EtatsUnis impérialistes devrait montrer sa solidarité avec les révolutionnaires vietnamiens en réclamart le retrait total des troupes américaines, même si cette position n'est pas conforme à la théorie de la « coexistence pacifique ».

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