Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › n° 26

Contradictions des élections allemandes

Quatrième Internationale, n° 26 · novembre 1965 (4e trimestre) · p. 5-5 · 731 mots

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La social-démocratie allemande a marqué un progrès nouveau et significatif aux élections générales du 19 septembre. Le parti a enregistré plus de 12 millions de voix, soit 39,5 % da total. En comparaison avee les 30 % des électeurs de 1949 et de 1953, le résultat est près du chiffre le plus élevé jamais enregistré : 42,5 % aux élections de 1919 l'Assemblée nationale, pendant une situation tionnaire. (

Au même moment, la direction suprême et les cadres du parti étaient profondément déçus des chiffres qui étaient inférieurs au but fixé par la bureaucratie réformiste. Pendant plus de quatre ans, celle-ci a préparé fiévreusement les élections générales en abandonnant les restes du programme traditionnel du parti, s'alignant même sur la démocratie-chrétienne en politique étrangère et en économie, avee l'espoir que les démocrates-chrétiens les inviteraient à former une coalition gouvernementale.

Aucun de ces espoirs ne s'est réalisé. Si les sociaux-démocrates ont gagné un bon nombre de voix et 12 nouveaux sièges, les démocrates-chrétiens ont aussi augmenté leur pourcentage et leur nombre de sièges, et se sont vus en passe de conquérir une majorité absolue (seuls quatre sièges manquaient pour l'atteindre). Dans ces circonstances, il était inévitable qu'ils considèrent une " grande coalition » avec les sociaux-démocrates comme offrant beaucoup d'intérêt.

Le fait le plus frappant et, à la fois, le plus paradosal des élections du 19 septembre fut qu'au moment précis où l'aile droite qui dirige la social-démocratie allemande déclarait très haut qu'elle n'était plus le parti de la classe ouvrière mais était devenue « un parti de peuple », significatifs étaient enregistrés dans les régions prolétariennes et seulement là !

Ses gains principaux furent enregistrés dans la Ruhr industrielle où elle a recueilli 53 % des voix. Des gains considérables sont relevés dans les villes industrielles de Duisbourg (de 41 % à 37 % des voix), Dortmund (de 51 % à 57 %). Mülheim (de 47 % à 52 %). A Cologne le bond a été de 34,5 % à 42 %. Des victoires également importantes ont été enregistrées dans les centres industriels de la Sarre, à Ludwigshafen (grosses installations chimiques), à Nuremberg, etc.

Les démocrates chrétiens ont gagné essentiellement au détriment de leurs alliés bourgeois du Parti démocrate libéral (aile droite libérale). Le principal gagnant des élections de 1961 a été le principal perdant cette année.

Le total des voix pour les deux partis bourgeois de la coalition est tombé de 58,1 % à 5%1 %. Le total des voix pour les sociaux-démocrates et le D.F.U. (une organisation de façade du parti communiste) est monté de 38,1 % à 40,8 %. Le reste des voix (environ 2 %) est allé aux différents groupes d'extrême-droite.

Ces résultats sont d'autant plus significatifs si fon considère que la socialdémocratie n'offrait pas de choix réel aux électeurs en présentant une plateforme pratiquement identique à celle des dêmocrates-chrétiens. Il est également significatif, par ailleurs, que le but des staliniens, qui, avec l'aide des pacifistes, était d'attirer le vote d'opposition d'une certaine petite bourgeoisie, et ont pour cela centré leur plateforme sur la politique étrangère et sur « la paix et la coexistence », a échoué lamentablement. Cette campagne était menée autour de l'Union paix qui attire ordinairement les voix communiste allemand étant interdit par une décision juridique réactionnaire), le capitalisme n'étant pas même mis en question dans le matériel électoral. Comparé à 1951, les voix de cette formation sont tombées de 1,9 % à 1,3 %

L'aile gauche n'avait pas de candidat représentatif, et aneune figure capable de cristalliser la montée lente de mécontentement parmi les travailleurs jeunesse n'a émergé des élections. Mais le manque de perspective de direction socialdémocrate, auquel s'ajoute la faillite de sa ligne de « parti populaire » de la petite bourgeoisie, fera apparaitre les premières lignes de différenciations à l'intérieur de ce parti.

Les syndicats continuent à s'opposer aux tendances les plus réactionnaires des droite de social-démocratie. Au congrès récent du syndicat des mineurs, les délégués ont refusé d'adopter une proposition avancée par l'aile droite, qui visait à abandonner la demande de nationalisation des mines.

Les métallos, lors de leur dernier congrès, se dressèrent violemment contre la proposition d'une loi prévoyant un « état d'urgence » qui aurait permis gouvernement de suspendre toutes les garanties constitutionnelles et les libertés démocratiques dans conditions. Les dirigeants sociaux-démocrates étaient en prineipe d'accord pour accepter cette pièce de législation réactionnaire.

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