Nombre de révolutionnaires ont été arrêtés, selon Lucha Obrera, et sont détenus dans des conditions barbares. « Dans les cellules répugnantes, infestées de rats, du département de la police, nombre de combattants révolutionnaires sont traités de faron inhumaine. Parmi eux, Enrique Valenzuela, Prudencio Meneses et Silvio Torrez, arrêtés pour avoir défendu les intérêts des mineurs dans une réunion, Ces militants maintiennent une attitude courageuse en face de leurs bourreaux, 225225 Gaston Murillo et Guzman ont été arrêtés sous Taccusation d'avoir incité les étudiants à la lutte. Deux étudiants ont été torturés et sérieusement blessés par la police. Deux membres du P.O.R, Marquez et Omonte, ont été arrêtés alors qu'ils distribuaient des publications du Parti, Ils ont aussi été torturés, particulièrement Marquez qui a souffert de blessures nombreuses ».
La junte espère consolider son régime dictatorial par une telle répression. Mais les choses pourraient se passer différemment des calculs de Barrientos et de : sa clique. La haine qui suscite la répression et les atteintes nouvelles à un niveau de vie, déjà épouvantablement bas, peuvent provoquer explosions. les couches les plus pauvres de la petite bourgeoisie des hostiles au régime, de même que les paysans qui voient les riches propriétaires terriens relever la tête avee la junte.
Tout semble indiquer que la lutte en Bolivie atteint un nouveau stade. Des militants qui ont été poursuivis par la junte et ont été forces de fuir reviennent à la surface dans la lutte de guérilla. En septembre, le premier numéro d'une petite publication intitnlée Peuple en armes, qui s'annonce comme Organe du Commande ment national de guérilla, a été mis en circulation à La Paz. Elle comprenait des déclarations de militants.
L'une d'elles, sons le titre « Les armes à la main, sauvons la Bolivie du désastre », déclarait :
Notre pays subit à présent la pire période de son histoire. Nous sommes en fait un pays occupé.
Pour ouvrir le pays à la colonisation yankee, les militaires ont détruit les syndicats, piétiné les lois, assassiné les dirigeants ouvriers. La Bolivie est aujourd'hui un grand camp de concentration où régnent l'insécurité et la faim.
Boliviens ! Soulevons-nous contre cette situation macabre. Sauvons la Bolivie comme nation indépendante et souveraine. Défendons la liberté et les droits démocratiques.
Boliviens Le Commandement National de la guérilla est créé pour mener cette lutte. Aujourd'hui il appelle tous les Boliviens à s'organiser en détachements armés afin de faire faez aux assassins. L'heure de l'action armée est venue.
« Nous, Boliviens, préférons mourir plutôt que de vivre comme des esclaves ! Vive les combattants des guérillas du peuple et des travailleurs! »
Dans un autre article intitulé « La guerre de guérilla est la poursuite de la lutte de masse », le premier numéro de Pueblo en Armas déclara : « La lutte armée... nous a été imposée par la manière dont la nous prenons les armes, c'est parce que toutes les voies légales sont fermées. La junte militaire a brisé le cadre de la loi et s'est placée elle-même en dehors de la loi L'exemple des mineurs, qui ont era au dialogue et à la négociation, est les signataires de pétitions sont emprisonnés. La même chose s'est passée dans les villes. Personne peut prononcer de Porto-Rico pour un lavage de cerveau...
* Cela ne veut pas dire que les luttes syndicales et la direction du mouvement des ouvriers doivent cesser. Pas du tout. Cette forme de lutte continue, mais en face de la brutalité du régime, elle est complétée par l'action armée et la guerre de guérilla. Une relation étroite existe entre eux, et plus exactement, l'action armée et la lutte de masse sont les deux aspects de la lutte générale pour la libération nationale et sociale de la Bolivie.
« Pour accomplir cela, il est nécessaire d'organiser dans chaque mine, dans chaque usine, dans chaque magasin, dans chaque champ des comités de défense syndicale constitués par les membres les plus audacieux et les plus courageux, Nous voulons éjecter les militaires, non les remettre en place sous une autre couverture, mais organiser un gouvernement populaire des travailleurs, des paysans et des révolutionnaires. Vive les combattants des guérillas ! A bas le joug militaire !