Nous reproduisons ci-dessous un appel lancé par la rédaction de Révolution arabe, revue en langue arabe paraissant en Angleterre. Le peuple d'Aden lutte pour son droit à l'autodétermination, pour son indépendance économique et politique. Cette lutte est une partie du soulèvement révolutionnaire qui balaye le monde colonial pour éliminer l'impérialisme et Texploitation. La lutte à Aden dure dure déjà depuis des années. Cest la lutte d'un peuple opprimé et exploité qui n'est désormais plus prêt à subir la domination de fantoches, de féodaus et de cheiks soutenus par l'impérialisme britannique.
Le gouvernement travailliste cherche à réaliser dans les intérêts du capitalisme britannique, ce que Duncan Sandys n'a pas réussi à faire, c'est-à-dire à établir une sorte d'accord qui préservera les intérêts britanniques tout en donnant lapparence de |' « indépendance ».
La « Conférence constitutionnelle » tenue en juin 1964 échoua complètement parce qu'elle ne représentait qu'un seul côté, celui du gouvernement britannique et de ses fantoches. Il en fut de même pour la seconde conférence convoquée par le gouvernement travailliste. Ces conférences ont échoué en raison de la détermination du peuple d'Aden d'obtenir une véritable indépendance sans qu'y soient attachées des conditions.
Le Front de Libération Nationale est le représentant de tous les groupements nationaux antiimpérialistes. Il n'est ni financé ni entretenu par des forces extérieures, comme le prétend le gouvernement britannique, La République Arabe Unie et d'autres gouvernements antiimpérialistes progressifs soutiennent le FLN parce qu'il représente les aspirations du peuple d'Aden. Même les gouvernements réacdonnaires arabes qui soutiennent la politique britannique ne peuvent le faire ouver tement à cause des sentiments de leurs peuples.
L'impérialisme essaie toujours de trouver une influence extérieure quand il se trouve en face d'un soulèvement de masse. Le FLN aigérien, on nous le disait pendant la guerre de libération, était mené par des forces extérieures. On nous dit maintenant que le peuple héroïque du Sud Vietnam est l'instrument d'un « agresseur extérieur » et, maintenant, nous devrions croire que le FLN d'Aden est lins. trument de l'Egypte. Mais même lancien premier ministre d'Aden, Abdul Kanu Mackawee, qui fut nommé par le gouvernement britannique, ne put condamner le FLN parce que celui-ci n'est pas un instrument dans les mains de puissances étrangères et qu'il savait au contraire que tout le peuple dans la partie occupée du sud de l'Arabie se trouve derrière le FLN.
Son refus de répondre aux tentatives du Haut Commissaire pour lui faire condamner les combattants de la libération a abouti à la suspension de la Constitution et au gouvernement direct par les autorités britanniques, soutenues par les « forces de sécurité ». Les ouvriers et le peuple d'Aden ont donné une réponse claire à cette politique en déclarant une grève générale qui a paralysé la colonie et entraîné des manifestations violentes. En représailles, les autorités ont réagi de facon barbare : des centaines vriers yemenites ont été déportés et les écoles fermées, pour le seul crime d'exiger l'indépendance.
La politique travailliste britannique n'a rien de commun avec le socialisme : c'est la continuation de celle des conservateurs en défense des intérêts des monopoles du pétrole et des réactionnaires indigènes. Nous faisons appel à tous nos amis, à tous les hommes épris de liberté, avant tout à la classe ouvrière britannique représentée dans les syndicats et le Labour Party de donner leur soutien et leur solidarité à la lutte héroïque des ouvriers et du peuple d'Aden, de protester auprès du gouvernement britannique et d'exiger :
1) la fin de la vague de terreur qui se poursuit dans la colonie, en mettant fin au régime militaire, en libérant tous les prisonniers, y compris le secrétaire général du Syndicat des Travailleurs du Pétrole : compris le FiN et union des synce de erais représentants du etapte diAden, e ) la négociation immédiate avec les vrais représentants du peuple d'Aden, y et de la base.
Le peuple d'Aden exige ses droits et a besoin de votre soutien. 7 octobre 1965.