Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › n° 26

Nouvelles du mouvement ouvrier et de l'Internationale

Quatrième Internationale, n° 26 · novembre 1965 (4e trimestre) · p. 62-71 · 6 430 mots

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Un plenum du Comité Exécutif de la IVe Internationale

Le troisième Plenum du Comité Exécutif de la IV• Internationale depuis le Congrès Mondial de Réunification s'est réuni en juillet dernier.

Le Plenum a consacré une importante partie de ses travaux à la préparation du prochain Congres Mondial. Les documents préparés par le Secrétariat Unifié pour servir de base de discussion pour le congrès furent ratifiés dans leur ligne générale.

Le Plenum a examiné les problèmes de

Cesar LORA, abattu

César Lola, un dirigeant bien connu des trotskystes boliviens, a été assassiné après son arrestation par un détachement de l'armée, le 29 juillet. Il était le frère de Guillermo Lora, éditeur de Masas.

Quand la junte militaire décida de pren dre des mesures contre l'opposition politique en mai dernier, ordonnant l'occupation par l'armée des centres-clés et exilant les personnalités politiques et syndicales éminentes, comme mesures faisant partie d'une répression dirigée en premier lieu contre la classe ouvrière, les mineurs répondirent par une grève géné rale.

divers pays, en premier lieu l'Algérié à la suite du coup d'Etat militaire du 19 juin et a adopté à ce sujet une résolution (publiée dans ce numéro de notre revue). Il a entendu un rapport sur la crise grecque.

Le Plenum a également adopté, après discussion, une résolution sur la scission de la fraction Pablo, approuvant la décla ration publiée par le Secrétariat Unifié à ce sujet le 24 mai dernier (voir Quatrième Internationate, n° 25, (page 48), par la Junte militaire

A Siglo XX, une des plus grandes mines, où César Lora travaillait comme mineur, un meeting de la Fédération des mineurs se tint pendant que les troupes approchaient. Devant les nouvelles faisant état de l'assassinat de travailleurs par l'armée, les deux groupes trotskystes défendirent lidée que les mineurs devaient se défendre eux-mêmes par l'action armée. Les partisans de Juan Lechin et du Parti communiste s'y opposèrent.

César Lora appela les militants à partir immédiatement et à refuser toute espèce d'accord avec les forces de répression de la junte militaire.

BOLIVIE

BOLIVIE

Quand les forces armées entrèrent dans la zone, les trotskystes des deux groupes à Siglo XX se trouvaient dans la clandestinité, Alors, l'armée se mit à les poursuivre. Le gouvernement prétendit qu'ils étaient en train de fomenter une guerre de guerrilla.

Le 29 juillet, un détachement de troupes commandé par un certain capitaine Zacarias Plaza s'empara de César Lora à San Pedro de Buena Vista, ville du nord de la province de Potosi. Lora fut ligoté s un revolver fut braqué sur sa tempe et il fut tué sur le coup.

Son corps fut enterré secrètement à un endroit que ses bourreaux même ne connaissent pas.

De nombreuses organisations syndicales et politiques dénoncerent cet assassinat politique patronné par le gouvernement. Les mineurs de Siglo XX firent un arrêt de travail de 24 heures en signe de protestation.

* La mort de César Lora est un coup porté au trotskysme, écrit un membre du Partido Obrero Revolucionario (section bolivienne de la IV Internationale). il avait la trempe d'un leader et il était un vigoureux partisan de l'unification des for• ces trotskystes. C'était un homme actif, capable et courageux. Je fus avec lui en prison de nombreuses fois en raison des activités politiques ou syndicales ; il se conduisit toujours avec fermeté et courage. 22

L'assassinat de César Lora ne doit pas être considéré comme un incident isolé. Un des leaders des travailleurs du bâtiment, Adrian Arce, fut récemment abattu dans un style semblable. Il fut arrêté à la station de radio Excelsior par un détachement du régiment de Waldo Ballivan. Sans autre forme de procès, il fut ligotté et tué d'une balle dans la tête.

La junte militaire a inscrit sur sa liste noire d'autres dirigeants du mouvement ouvrier, particullèrement des trotskystes et ceux qui pensent comme eux. « Néanmoins nous continuerons notre travail révolutionnaire », déclarent les trotskystes boliviens. Si nous tombons, d'autres prendront notre place. Nous œuvrons pour créer une organisation et des cadres capables de continuer la lutte ».

Dans une déclaration envoyée à la presse et à la radio condamnant le meurtre de

La répression

César Lora, le Partido Obrera Revolucionario lança un appel pour le front uni de toute l'avant-garde avec les masses afin de pouvoir affronter les généraux fascisants qui gouvernent actuellement la Bolivie.

Le 4 août, les mineurs de Siglo XX appelèrent à une démonstration et à un meeting général qui commencèrent à 8 h 30 du matin et durèrent trois heures.

Les mineurs commencèrent par une marche silencieuse devant les magasins à Cancarini, les bureaux de Sigio 44 et l'usine Sank & Float. Pour les empêcher d'aller à Catavi, des troupes armées furent postées autour des mines, mais les travailleurs n'essayèrent pas de franchir le barrage.

Brandissant des banderolles et des feuilles de paie, ils crièrent des slogans contre la junte militaire en marchant vers la Plaza del Minero. Ils firent exploser des batons de dynamite pour donner plus de force à leurs cris.

A la Plaza del Minero, ils entendirent des orateurs qui rendirent hommage à César Lora et à ses idées socialistes-révolutionnaires et qui expliquérent pourquoi la junte avait voulu le supprimer. Ils attaquèrent sévèrement les diminutions de salaires décidées par la junte, les licenciements massifs, l'absence de liberté syndicale, et l'intervention du Movimiento Popular Cristiano et de la junte dans les affaires ouvrières.

Ils adoptèrent la résolution suivante en huit points

1): Retour immédiat au système salarial antérieur et autres avantages économiques ;

2) une quantité normale d'approvisionnement en stock dans les magasins :

3) réintégration immédiate de tous les travailleurs licenciés depuis le 1e juin :

4) que le gouvernement militaire donne des garanties entières au mouvement syndical des mineurs et aux travailleurs en général ;

5) que la persécution des mineurs cesse ;

7) retrait immédiat des forces armées de tous les centres miniers du pays 5

8) que la dépouille de César Lora soit apportée à Siglo XX et que les responsables de sa mort soient punis. » se poursuit

Une nouvelle épreuve de force a eu lieu en Bolivie entre les mineurs et la junte militaire régnante. L'action s'est déroulée dans les alentours de la région minière

- Siglo XX - Catavi. Dans le but d'écraser le mouvement des mineurs dirigé par les syndicalistes, maintenant dans la clandestinité, la junte a ordonné aux troupes gouvernementales de donner l'assaut et a annoncé le 22 septembre que les mines seraient fermées pour une période indéfinie. (Cependant, le colonel Juan Lechin Suarez annonça le jour suivant qu'elles seraient probablement réouvertes le 24 septembre).

Des combats violents ont eu lieu entre la troupe et les mineurs, faisant une tren. taine de morts et des centaines de blessés. La presse titra que trois policiers gardés en otage par les mineurs avaient été enfermés dans la mine jusqu'à ce que mort s'ensuive. Cependant, l'agence France-Presse annonça le 24 septembre qu'ils étaient tous trois sortis de la mine sans blessures.

En guise de nouvelles mesures de répression, la junte isola des groupes de mineurs suspectés d'être des dirigeants et ordonna leur déportation dans des régions isolées du pays.

Mais la junte militaire n'a pas pu entreprendre de « purger » le mouvement ouvrier de ses dirigeants les plus connus, et de « réorganiser » les mines (expulsions massives et diminution substantielle des salaires et de continuer à jouer dans le même temps le jeu de la « restauration de la démocratie ». Un conflit direct avec les mineurs était inévitable. Le premier heurt avait eu lieu en mai dernier. Le second, plus sanglant que le premier, vient d'avoir lieu en septembre. La junte tente de démanteler le mouvement ouvrier par des arrestations, des déportations et des assassinats.

L'assassinat de César Lora, dirigeant trotskyste des mineurs de Siglo XX, a été l'épisode le plus tragique de cette répression. Cet assassinat a été suivi de mesures contre d'autres militants juste avant le plus récent conflit armé à Siglo XX — Catavi.

Le 4 septembre, Hugo Gonzales Moscoso secrétaire du Parti ouvrier révolutionnaire, était arrêté sur la route entre La Paz et Oruro. Il fut tenu au secret.

Lucha Obrera, le journal officiel du P.O.R., donna immédiatement l'alarme, devant la possibilité très réelle que Moscoso tombe devant un peloton d'exécution de la junte sans même passer devant un pseudo-tribunal. Des étudiants et des profes seurs organisèrent une manifestation de masse, se dirigeant vers le quartier général de la police, réclamant la libération de Moscoso. De même, les mineurs émirent des protestations.

La junte et sa police reculèrent finalement devant la pression, et Moscoso fut libéré quelques jours après son arrestation.

Lucha Obrera fit connaître l'arrestation d'un autre révolutionnaire, Paulino Joaniquina. On n'a pu encore savoir où la police le retenait.

Paulino Joaniquina a été secrétaire du syndicat des mineurs de San José (Oruro). En novembre de l'année passée, tandis que le général Barrientos était à San José, foaniquina prononça un discours courageux, faisant connaître les revendications des mineurs et affirmant qu'ils ne rendraient jamais leurs armes comme lavait demande Ta junte. En mai dernier, il avait dirigé ses camarades dans leur lutte contre la junte et, après leur échec, il était rentré dans la clandestinité.

CHILI

Un parti d'unité marxiste

Santiago : Le congrès constitutif d'un parti marxiste-révolutionnaire s'est tenu ici les 14 et 15 août. Divers groupes et partis, avec des délégués des plus importantes provinces du pays y assistaient. Après une discussion pleinement démocratique, ils approuverent les rapports suivants : Situation internationale, Amérique latine, situation intérieure, déclaration sur les principes et programmes, organisation et statut. A la majorité, la dénomination choisie pour le nouveau parti fut « Movimiento de la Izquierda Revolucionario » (MIR): Mouvement de la gauche révolutionnaire. Ce nouveau parti marxiste-révolutionnaire débute avec des comités régio naux et des organisations dans douze provinces chiliennes et des sympathisants dans les trois autres.

Le MIR est le produit d'unifications successives qui ont eu lieu l'année passée: ID fevrier 1964 : POR (Parti ouvrier révolutionnaire), ayant une longue tradition trotskyste, et MRC (Mouvement communiste-révolutionnaire), un groupe de jeunes communistes qui s'était formé à l'occasion du conflit sino-soviétique. 2°) Mai 1964 : MRC et OSI (Opposition socialiste de gauche), forment ensemble le PSP (Parti socialiste populaire). 3°) Mai 1965 ; PSP et MIDI (Mouvement des indépendants de la gauche allendiste), groupe composé de comités de base qui soutenaient la candidature d'Allende aux élections présidentielles. Cette formation conservera le nom de PSP. 4*) PSP et Avant-garde révolutionnaire marxiste, avec des groupes ayant quitté les partis communiste et socialiste, et des syndicalistes révolutionnaires comme Clotario Best.

Ces groupes et militants convoquérent le congrés constitutif qui a créé le MIR. Le processus de regroupement révolutionnaire au Chili est partie intégrante du processus d'unification affectant les groupes marxistes qui, en général, ont fait leur apparition en Amérique latine depuis la révolution cubaine. C'est dans cette perspective que le plus important parti marxiste-léniniste jamais créé au Chili a vu le jour. On peut juger de son importance, non seulement d'après ses positions politiques et la qualité de ses leaders, mais par le nombre de ses militants, dont la

Réorganisation

Une conférence de trois jours des trotskystes des différents Etats, qui s'est achevée à Bombay le 9 août, a décidé de créer un nouveau parti politique s'appelant Parti socialiste ouvrier, avec, comme objectit immédiat, le regroupement des forces marxistes-léninistes, en vue de parvenir à une transformation socialiste rapide de la société indienne.

Les trotskystes, qui avaient fusionné avec le Parti communiste révolutionnaire de l'Inde (R.C.P.I.) en 1960, rompirent leurs liens avec cette organisation en 1963, par suite de divergences sérieuses sur l'attitude envers le gouvernement du Congrès, surtout depuis le conflit frontaler sino-indien.

Une déclaration politique de 23 pages adoptée par la conférence attribue la crise actuelle, en voie d'aggravation, de l'economie indienne (disette aiguë, tendance inflationniste ,etc.), dix-huit ans après Pindépendance et malgré trois plans quinquennaux, à la politique fondamentale diz gouvernement du Congrès, qui tente d'édifier le capitalisme dans le pays, sous le masque d'un « modèle socialiste », dans une période de déclin du capitalisme mondial.

Le nouveau parti estime que seule une transformation socialiste de la société sur la base d'une programme de nationalisation des industries-clés, des institutions de crédit, du commerce extérieur - c'est-àdire de propriété sociale des moyens de

NALE 65 majorité sont de jeunes ouvriers ou paysans et des étudiants.

Le Congrès a élu un Comité central de 21. membres (11 pour Santiago, et 10 pour les provinces). Le Comité central est composé, dans sa grande majorité de jeunes. et de leaders expérimentés comme Enrique Sepulveda, fondateur du POR et du trotskysme chilien, qui a été élu secrétaire général à l'unanimité : Humberto Valenzuela, ancien secrétaire général du POR: Clotario Best président de la centrale unique des travailleurs pendant neut ans : Oscar Waiss, qui a été membre du Comité central du Parti socialiste à plusieurs reprises jusqu'à ce qu'il rompe avec ce parti à cause de son réformisme; Santibanez, dirigeant régional du Parti communiste, qui vient de rompre avec le PO à cause de son révisionnisme; l'auteur du présent article, et d'autres dirigeants ouvriers ou étudiants.

José VALDES. des trotskystes production sous un gouvernement ouvrier et paysan → peut libérer les forces productives de l'industrie et de l'agriculture des entraves actuelles, et venir à bout de la crise.

Le parti appelle à la constitution d'un front uni de la gauche pour chasser du pouvoir la classe capitaliste dirigeante et établir un gouvernement ouvrier et paysan basé sur les « panchayats » (Conseils) élus d'ouvriers et paysans.

Le parti maintient que le gouvernement du Congrès, malgré sa politique de non alignement, est, fondamentalement, allié au camp impérialiste. Le parti appelle à un règlement négocié des différends frontaliers ou autres de l'Inde avec les pays voisins (Chine, Pakistan, Ceylan, Nepal et Birmanie).

Une résolution se prononce pour le droit du peuple du Cachemire à l'autodé termination.

Le parti a appelé à un règlement de tous les conflits de frontières entre Etats au sein de l'Union indienne sur la base de la volonté démocratiquement exprimée des populations concernées.

La déclaration du nouveau parti expliqua en quoi il se différencie des partis de gauche traditionnels (parti socialiste Praja, parti socialiste Samyukts, les deux partis communistes rivaux, le parti socia liste révolutionnaire de l'Inde, etc.).

Sur le plan international, le nouveau parti s'engage à soutenir les luttes des

INDE

INDE

Q U A pays capitalistes avancés pour le socialisme et se solidarise avec la lutte de libération des peuples coloniaux et semi-coloniaux contre le colonialisme et le néocolonialisme, Il soutient également les peu= ples des Etats ouvriers dans leur lutte contre la bureaucratie et pour la démocratie socialiste.

Le parti s'engage à une politique de défense inconditionnelle des Etats ouvriers.

Cinq mois de

Dans les semaines qui suivirent immédiatement le 19 juin, Boumedienne fut avant tout préoccupé d'installer une machine qui allait permettre à son régime de frapper l'opposition et de donner une orientation nouvelle.

A la fin du mois d'août commença une campagne destinée à répandre l'idée que opposition était constituée d'« étrangens » d'abord, de communistes ensuite (qui, pour tous les réactionnaires, sont une sorte d'étrangers), qui manœuvraient quelques Algériens qu'il fallait classer soit parmi les fripons soit parmi les imbé ciles.

Cette campagne prépara le terrain pour une répression, qui commença par frapper des trotskystes qui avaient servi la cause de la révolution algérienne depuis le premier jour, des Français inorganisés qui avaient également pris fait et cause pour la révolution algérienne avee bien des risques pour leur personne. Les arrestations furent accompagnées de tortures. (Nous renvoyons nos lecteurs au numéro d'octobre 1965 de l'Internationale dans lequel on trouvera un compte rendu détaillé des faits, notamment un exposé fait au cours d'une conférence de presse par notre camarade Albert Roux). La répression s'est étendue à d'ex-membres du PC, à de nombreux Algériens, à la mise au secret depuis le 19 juin de Ben Bella et de queiques autres ministres de son équipe, sont venues s'ajouter les ar-

A propos de la possible réalisation de la réforme agraire, comme cela avait été réclamé depuis de longs mois par les représentants de l'avant garde prolétarienne des villes et des campagnes, et annoncé officieusement par le gouvernement Ben Bella pour la fin des récoltes de l'été 1965, le nouveau pouvoir vient de confir-

Au sujet du Vietnam, le parti appelle à l'action unie du mouvement ouvrier indien et international pour soutenir la guerre héroïque de libération du peuple vietna" mien contre l'oppression de l'impérialisme américain. Il stigmatise le gouvernement Shastri pour son attitude servile envers l'impérialisme américain au sujet du Vietnam et dans d'autres questions. Il se prononce pour le retrait immédiat de l'Inde du Commenwealth. nouveau régime restations et la mise au secret le plus absolu de Mohamed Harbi et Hocine Zahouane. Boumedienne qui ne cesse de dénoncer les « illégalités » de Ben Bella agit en pur dictateur, privant des droits démocratiques élémentaires l'ancien chef du pouvoir et les militants qui se situaient le plus en pointe pour la progression de la révolution gigérienne.

A la répression policière est venue s'ajouter ia mise au pas des organisations de masse, sans parler de la « récrganisation » du FLN. La première organisation qui a été frappée c'est l'Union Nationale des Etudiants Algériens (UN EA), à laquelle a été imposée une direction nouvelle. Cette action contre l'organisation estudiantine est en soi caractéristique de l'aspect réactionnaire du ré gime. Tous les pouvoirs - qu'il s'agisse de pays capitalistes développés comme les Etats-Unis, de pays où sévit le néo-colonialisme ou d'Etats ouvriers comme l'Union soviétique - ont plus ou moins de difficultés avec les étudiants; et toute répression contre eux ne peut avoir qu'une signification réactionnaire.

Mais le régime Boumedienne n'a pas seulement montré son visage par l'exercice de la répression, Sur le plan économique et social, ses tendances se sont déja plus ou moins nettement affichées dans un sens de droite. mer (comme une déclaration antérieure du ministre de l'Agriculture, A. Mahsas l'avait laissé entendre) dans une conférence de presse du 14 août, de Bachir Boumaza, que la prochaine étape de la réforme agraire était bel et bien reportée aux calendes grecques.

ALGERIE

La réforme agraire différée

ALGERIE

La réforme agraire différée

Bureaucratie contre gestion ouvrière

Une constante du régime issu du 19 Juin, cest sa determination dans la tentative de « restructurer » Autogestion, et, avant tout, l'autogestion industrielle. Après avoir laissé pourrir les entreprises autogérées industrielles, flots « socialistes » au milieu d'un océan capitaliste, sans leur apporter l'appui nécessaire contre les structures hostiles qui l'entouraient, il est facile, aujourd'hui que la plupart d'entre elles sont sur les genoux, de laisser entendre que l'Autogestion aurait fait faillite et qu'il s'agit de la « réorganiser ».

En fait, la volonté des forces rétrogrades et bureaucratiques qui voudraient contrôler la destinée du pays, c'est de supprimer tout contenu de démocratie ouvrière qui avait commencé à se développer, du moins au niveau des entreprises du Secteur Autogéré Industriel.

Cette prochaine tentative de « mise en ordre » est préparée par une mise en condition orchestrée par les différents moyens d'information officiels.

Ainsi, le quotidien El Moudjahid nous montre la photo d'un président d'un domaine du secteur autogéré agricole, et de son comptable, arrêtés comme de vulgaires criminels par les courageux gendarmes, pour l'impardonnable délit de port d'armes, à savoir. un revolver et un fusil de chasse.

La résistance

A ce sujet les syndicats ont élevé une protestation. L'organe des syndicats Révolution et Travail, dans les deux numéros qui ont paru après le 19 juin, est symptomatique d'une résistance ouvrière si ce n'est directement contre le régime, du moins contre des mesures prises par celui-ci qui sont caractéristiques de son orientation. Et il ne serait pas surprenant que ce soit le point de départ d'une résistance dangereuse pour le régime du 19 juin.

Révolution et Travail expose la misère des masses, les attaques contre l'autogestion, la remise de l'usine Norcolor à son ancien propriétaire. L'organe de l'UGTA signale également la surveillance

Le 19 juin avait eu lieu dans la surprise générale quant au moment où le coup fut fait, bien que celui-el se trouvait dans la logique politique de la situation générale en Algérie. Il n'y avait

Une information apparemment bien in nocente d'une rencontre entre des repré sentants de l'autogestion et des services des Contributions diverses d'Annaba, laisse sous-entendre que les entreprises autogérées... ne paieraient pas leurs impôts.

Mais, ce qui n'est pas ajouté, c'est que plus d'une entreprise autogérée, se plaint des multiples réquisitions de marchandises opérées par les communes, les administrations ou l'Etat, réquisitions dont elles attendent en vain, pendant des mois, la juste rémunération, alors que les acheteurs réguliers, et qui accepteraient de payer comptant, ne manquent pas.

Replacer l'autogestion industrielle sous la coupe directe de l'Etat, voilà qui va à l'encontre de la volonté ouvrière telle qu'elle émanait du deuxième Congrès de I'U.G.T.A. (mars 1965) qui demandait le renforcement et l'élargissement du « secteur socialiste » et à l'issue duquel Ben Bella avait même promis, du moins en paroles, qu'avant la fin de 1965, le secteur nationalisé l'emporterait d'une facon définitive sur le secteur privé.

En même temps qu'il s'attaque à l'autogestion, le nouveau régime a lancé un ballon d'essai, mais de taille sérieuse, en rendant à son ancien propriétaire l'usine Norcolor qui avait été nationalisée. des syndicats des locaux syndicaux par la police.

Les difficultés et contradictions du régime ne manqueront pas de poser les problèmes les plus graves aux militants des syndicats. Déjà des grèves se sont produites. La situation économique poussera à l'éclatement de luttes ouvrières, et les dirigeants syndicaux auront à prendre position: ou avec les travailleurs ou avec le pouvoir. On peut dire en tout cas que la mise au pas de l'UGTA ne sera pas une opération aisée.

L'organe Révolution et Travail semble l'avoir été, car après ces deux numéros, le journal a abandonné ce ton et s'est placé sur le ton des organes gouvernementaux. pas de gauche organisée dans le FLN avant le coup d'Etat. Les regroupements n'ont commencé qu'après. Le 28 juillet a paru la proclamation de lOrganisation de la Résistance Populaire (ORP).

L'opposition

L'opposition

Les militants révolutionnaires algériens connaissent de nouvelles épreuves. Leur passe témoigne éloquemment quant à leurs capacités de tenir tête aux pires répressions. Mais, dans la période qui vient, les difficultés résideront essentellement dans le domaine politique. Il leur faut dégager politiquement et or-

L'arrestation et la condamnation d'un jeune assistant de l'Université de Varsovie a souligné lun des dilemmes auquel doit faire face le parti polonais avec sa jeunesse.

L'assistant, Karol Modzelewski et un étudiant diplomé furent condamnés respectivement à 3 ans et demi et 3 ans de prison pour avoir distribué des écrits que l'Etat a jugé faux et nocifs. M. Modzelewski, est le fils du défunt Zygmunt Modzelewski, ministre des affaires étrangères đe 1947 à 1951.

Le jeune Modzelewski ,assistant en philosophie à l'Université était membre du parti.

Son cas est significatil parce qu'il arrive à un moment où le parti ressent le manque d'enthousiasme politique de la jeunesse. Mais cette affaire illustre aussi l'extrême sensibilité à tout ce qui remet en cause les doctrines actuelles, à toutes sortes de discussions et de débats, qui peuvent, exciter et attirer les jeunes vers la politique.

On a dit que M. Modzelewski était le chef d'un petit groupe de membres du parti, principalement des assistants et des étudiants de l'université. D'autres ont été arrêtés pour cette affaire et seront peutétre jugés plus tard.

Certaines sources ont dit que M. Modzelewski était un militant jeune et ardent.

ganisationnellement une direction révoIutionmaire, une avant-garde susceptible de mobiliser les masses contre un pouvoir militaire et bureaucratique, et de développer la lutte pour l'instauration d'un Etat ouvrier en Algérie, seule gaTantie contre tout retour vers un néo.. colonialisme. Il était en Italie en 1963 et s'intéressa à quelques-unes des idées débattues dans le P.C. italien et à la façon dont se menaient les débats.

Il pensa que cette sorte de débat était ce dont avaient besoin les jeunes du Parti communiste polonais.

A son retour avec plusieurs collègues du Parti, il commença à parler et écrire sur de nombreux problèmes politiques, sociaux et économiques qui se posaient en Pologne, La conviction qu'il fallait des débats plus nombreux dans le parti était implicite dans leurs conversations.

On a dit qu'aucun thème particulier ne dominait dans leurs points de vue : ils s'étendaient du révisionnisme dans certains domaines à des appels à une collectivisation plus poussée dans l'agriculture.

Ces points de vue ont circulé uniquement à l'intérieur du groupe étudiant du parti, Malgré cela M. Modzelewski et son groupe furent sanctionnés par le parti à l'automne dernier. Ils ont été exclus du Parti et furent menacés d'être suspendus de leurs postes dans l'Université.

M. Modzelewski et ses amis ont néanmoins continué à discuter et à émettre leurs idées l'hiver dernier, cette fois-ci à l'extérieur du parti.

Au printemps, M. Modzelewski et plusieurs autres furent arrêtés et, la semaine dernière, le gouvernement a annoncé que

POLOGNE

Lourdes peines à de jeunes communistes Nous avons publié, dans notre numéro 25, Particle du correspondant du Monde, M. Tatu, du 26 mai, annonçant les arrestations de plusieurs jeunes en Pologne pour des raisons poliques. Ils etarent accuses entre autre choses, d'avon emis un proétaient gramme base en pare sur des critiques soulevées par Trotsky contre le systeme stalinien.

Nous n'avons obtenu que des informations tamitées sur cette afjaire. Il semble que les idées contenues dans le document de ces feunes communistes polonais seraient plus proches des conceptions trotskystes que celles de Djilas, contrairement à ce qui a été dit par le correspondant du Monde: D'autres informations ont paru dans le New York Times du 30 juillet (édition internationale), sous la signature de son correspondant particulier David Halberstam Si l'on en croit ce rapport, le pouvoir en Pologne — semolable à celui des autres pouvoirs bureaucratiques dans les Etats ouvriers → considère qu'avoir des divergences politiques et les faire connaitre. est un privilège !

Voici le tette de l'article de David Halberstam paru dans le New York Times:

POLOGNE

Lourdes peines à de jeunes communistes Nous avons publié, dans notre numéro 25, Particle du correspondant du Monde, M. Tatu, du 26 mai, annonçant les arrestations de plusieurs jeunes en Pologne pour des raisons poliques. Ils etarent accuses entre autre choses, d'avon emis un programme base en pare sur des critiques soulevées par Trotsky contre le systeme

Nous n'avons obtenu que des informations tamitées sur cette afjaire. Il semble que les idées contenues dans le document seraient plus proches des conceptions trotskystes que celles de Djilas, contrairement à ce qui a été dit par le correspondant du Monde: D'autres informations ont paru dans le New York Times du 30 juillet (édition internationale), sous la signature de son correspondant particulier David Halberstam Si l'on en croit ce rapport, le pouvoir en Pologne — semolable à celui des autres pouvoirs bureaucratiques dans les Etats ouvriers → considère qu'avoir des divergences politiques et les faire con-

Voici le tette de l'article de David Halberstam paru dans le New York Times:

VATRIEME

M, Modzelewski avait été condamné à 3 ans et demi de prison et son collègue Jacek Huron à 3 ans. On estime que ces condamnations sont lourdes.

Dans ces condamnations il y a un avertissement implicite aux étudiants et aux assistants de l'Université pour qu'ils fassent attention à leurs divergences. Mais

La crise du système bureaucratique prend ses aspects les plus aigus là où, au mécontentement des masses causé par les privilèges de la caste bureaucratique et par leur exelusion de l'exercice du pouvoir, s'ajoutent des raisons de mécontentement national.

En Arménie ,le problème national prend des dimensions particulières, car son territoire, tel qu'il s'est historiquement constitué, se situe pour sa plus grande partie près de la frontière turque. En outre, après la Deuxième Guerre mondiale, on a assisté à un retour massif des émigrés arméniens venant de toutes les parties du monde, ce retour étant dicté de façon essentielle beaucoup plus par l'attachement à la terre natale que par une quelconque adhésion au pouvoir soviétique, Il faut en outre considérer que l'Arménie est l'une des républiques dont la population est la plus dense et qui se trouve être l'une des moins industrialisées.

Tous ces éléments constituent la base objective à partir de laquelle s'est développé un fort mouvement à tendances nationalistes qui a abouti, sous le prétexte du cinquantième anniversaire du massacre des Arméniens par les Turcs, à de grandioses manifestations de rue dans la capitale de l'Arménie soviétique, Exivan, le

25 avril de cette année.

Depuis quelque temps déjà on pouvait noter chez les intellectuels arméniens un fort réveil nationaliste qui s'exprimait surtout par la « réhabilitation » d'une série de dirigeants du mouvement national antitsariste d'avant la révolution d'Octobre.

L'année dernière, on avait procédé, à Erivan, à des arrestations d'étudiants, arrestations provoquées par la découverte d'une organisation ciandestine qui, à ce qu'il parait, se proposait de lutter pour l'indé pendance de l'Arménie. Au début de cette année, l'agitation nationaliste se trouva trouva concentrée sur l'anniversaire imminent des massacres d'Arméniens en 1915.

Les dirigeants locaux du parti et du gouvernement hésitèrent longuement avant de décider de célébrer en sourdine cet selon certaines sources, il s'agit aussi d'un avertissement aux fils et aux filles des hauts fonctionnaires pour leur faire savoir que le gouvernement n'a pas l'intention d'accorder des privilèges politiques en raison de leur origine pas plus qu'il ne tient à accorder des privilèges économiques pour cette raison. anniversaire, dans un théatre d'Erivan. Entre temps. outre les articles concernant cette célébration qui parurent dans les journaux et les revues, des tracts commencèrent à circuler à Erivan, invitant à une manifestation de rue et reproduisant une carte de la Grande Arménie qui incluait aussi les territoires actuellement en possession de la Turquie et même une partie de l'Azerbeidjan soviétique actuel. La veille du 25 avril, tous les membres du parti furent convoqués à des réunions au cours desquelles ils furent avertis de la possibilité de désordres pour cette date, et répartis par groupes pour surveiller tous les quartiers de la ville et prévenir ces désordres.

Mais cette précaution ne donna aucun résultat car beaucoup de ces militants, après avoir constaté le matin du 25 que, dans la zone qui leur était confiée, il ne se passait rien, se rendirent eux aussi sur la place centrale et participèrent à la manifestation.

En fin de matinée, le 25, 60.000 personnes se trouvèrent réunies sur la place et suivirent avec intérêt et en applaudissant les meetings « volants » au cours desquels les orateurs (presque tous des étudiants) revendiquaient le droit de pouvoir célébrer l'anniversaire du massacre des Arméniens, lançaient les mots d'ordre antitures et demandaient à rencontrer les représentants du pouvoir central afin de leur exposer leurs propres revendications nationales.

Il se produisit aussi quelques incidents lorsque des manifestants lancèrent des mots d'ordre anti-soviétiques (par exemple, la revendication du remplacement de la statue de Lénine par celle d'un héros national arménien), mais ce ne furent là que des incidents secondaires, rapidement calmés par les étudiants qui se trouvaient à la tête de la manifestation.

Plus tard, la foule se dirigea vers l'Université, puis vers les quartiers ouvriers, regroupant, chemin faisant, d'autres mil liers de manifestants.

U.R.S.S.

L'Arménie soviétique bouge

U.R.S.S.

L'Arménie soviétique bouge

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Lorsque la manifestation officielle de.

buta au théâtre de l'Opéra, les manifestants se masserent devant les portes et demandèrent à être admis dans la salle. Ils se heurtèrent alors à un refus brutal souligné par la présence d'importantes forces de police qui entouraient le théâtre. La pression ne diminuant pas aux portes du théâtre, malgré l'utilisation de gaz lacrymogène, on autorisa l'entrée d'un petit groupe de représentants des manifestants. Un peu plus tard, la foule, ne voyant pas revenir ses représentants, rompit les cordons de police et se précipita dans le théâtre. Les bureaucrates qui se trouvaient à l'intérieur, aussi bien ceux qui se trouvalent au présidium que ceux qui se trouvaient dans la salle, s'enfuirent rapidement après une tentative assez peu convaincue, et infructueuse, du secrétaire du

Le XVIII Congrès du Parti

Le Parti Communiste Internationaliste (section française de la IV: Internationale) a tenu son 18 Congrès au cours du mois d'octobre, Ce Congrès a été consacré exclusivement aux problèmes nationaux - situation en France, et activité et tâches de l'organisation.

Le rapport politique et la discussion ont porté sur la discussion économique en France, sur les nouvelles conditions des lutte économiques par suite du renverse. ment du marché du travail qui s'est produit pour la première fois depuis la fin de la guerre, et sur la situation politique. A ce sujet, le congrès a souligné la contradiction qui se manifestait de plus en plus entre les tendances de recherche de solutions nouvelles, de solutions socialistes, parmi les jeunes générations, et la politique des partis traditionnels qui a trouvé son expression la plus marquante dans le soutien à la candidature Mitterrand. Le congrès a enregistré la croissance de l'organisation, qui se traduit par une augmentation très sensible des effectifs en dépit d'une rupture d'un groupe minoritaire, et par la poursuite du recrutement. Cette situation nouvelle s'est traduit par un abaissement notable de lage moyen des congressistes et de la nouvelle direction élue à ce congrès,

On sait qu'à la suite de mesures d'exclusion prises par la direction du Parti socialiste belge, les éléments de gauche s'étaient organisés en trois formations :

parti pour calmer les manifestants.

Des rassemblements, réunissant moins de monde, eurent encore lieu dans toute la ville tard dans la soirée.

L'attitude de la direction bureaucratique locale dans toute cette affaire fut extrêmement hésitante et indécise. De toute façon, aucune violente mesure de répression ne fut prise. contrairement à ce qui se passait. ordinairement en U.R.S.S. Au contraire, les personnes arrêtées (quelques centaines) furent rapidement relâchées les jours suivants. Une tentative de la direction du parti pour faire approuver par les organismes de base une résolution condamnant la manifestation, n'obtint aucun succès et provoqua les plus énergiques protestations de la part des membres du parti auxquels cette résolution fut proposée. Communiste internationaliste

Le Congrès a décidé d'intervenir dans l'élection présidentielle du 5 décembre, en demandant aux travailleurs de repousser non seulement de Gaulle et les autres candidats de droite, mais également la candidature Mitterrand qui, loin de constituer un pas en avant vers l'unité d'action des travailleurs contre le gaullisme et le régime capitaliste, est une opération qui vise à maintenir les masses dans le cadre du régime capitaliste, sur un programme bourgeois, destinée à préparer un « après-gaullisme » de tout repos pour la bourgeoisie. Le Congrès a décidé d'appeler les travailleurs à déposer un bulletin portant une mention contre de Gaulle, Tixier-Vignancour et contre Mitterrand, et en faveur du front unique ouvrier pour le socialisme. Il a également décidé de s'adresser à divers groupements d'avant-garde pour qu'une telle campagne soit menée en commun.

Le Congrès a adressé son salut à toutes les sections de la IV• Internationale, à tous les trotskystes qui subissent la répression dans le monde entier et aux camarades qui ont été récemment frappés en Algérie par le régime Boumedienne pour leur action en faveur de la révolution algérienne. le Parti wallon des travailleurs, l'Union de la Gauche socialiste de Bruxelles, et /Union de la Gauche socialiste flamande, Ces trois organisations ont tenu un con-

FRANCE

BELGIQUE

Formation de la Confédération Socialiste des Travailleurs

FRANCE

BELGIQUE

Formation de la Confédération Socialiste des Travailleurs grès à Liège le 10 octobre pour constituer la Confédération Socialiste des Travailleurs.

Trois cent cinquante délégués venus de toutes les régions de Belgique étaient présents à ce congrès pour former cette organisation qui s'est fixé pour tâche de lutter pour une Belgique socialiste sur une base fédérale qui assurerait l'autodétermination aux deux nationalités qui vivent dans le pays. La grande majorité de ces délégués étaient des jeunes et des ouvriers, entre autre des militants syndicaux et des délégués d'entreprise des grandes entreprises de la métallurgie liégeoise, des entreprises métallurgiques et du gaz de Charleroi, des chantiers navals d'Anvers et d'Ostende, des cheminots et des syndicats de l'enseignement. Le congrès fut présidé par un bureau composé de Robert Nicolas (de Charleroi), de Pierre Le Grève (député de Bruxelles) et de Frans Vrancks, president de la Fédération des Jeunes Gardes de Louvain et délégué d'entreprise à la compagnie aérienne Sabena. Les rapporteurs furent : Marcel Slangen (de Wallonie) sur la politique intérieure et le fédéralisme, Van der Borght (de Flandre) sur la politique internationale, et Ernest Mandel (éditeur de La Gauche) sur la politique économique et sociale.

Le Congrès a commencé par répondre favorablement à l'appel du «. Vietnam Day Committee » de Californie pour une manifestation internationale le 16 octobre.

Le congrès a déclaré dans la résolution programmatique qu'il a adoptée que la Confédération a pour but le renversement du capitalisme, la collectivisation de tous les moyens de production, la gestion ouvrière des entreprises dans le cadre d'une économie démocratiquement planifiée. La résolution affirme que ce but ne peut être atteint que par la conquête du

NALE 71 pouvoir par les travailleurs, la solidarité prolétarienne internationale et la victoire internationale du socialisme.

Le programme d'action immédiate se prononce pour le fédéralisme, et des ré. formes de structure anticapitalistes, à savoir, la nationalisation des banques, des assurances, des organismes de crédit, des mines, de la production d'énergie, des raffineries et des usines à gaz, le tout sous contrôle ouvrier. Le programme se prononce pour le contrôle ouvrier sur toutes les entreprises et pour la propriété collective des terres sur lesquelles sont édifiées des constructions.

Ce programme comporte la semaine de 40 heures sans diminution de salaires, les quatre semaines de congé payées doubles, un service national de santé gratuit, des augmentations de pensions et autres bénéfices sociaux.

Il demande la sortie de la Belgique de l'OTAN et une forte réduction des dépenses militaires.

Le Congrès a exprimé sa solidarité avec tous les peuples coloniaux en lutte pour leur libération ainsi qu'avec les Noirs des Etats-Unis.

Le Congrès a reçu une lettre de sympathie et une promesse d'adhésion du vétéran du socialisme belge, Camille Huysmans, âgé de 94 ans. Secrétaire de la IIe Internationale avant 1914, il fut toute sa vie un membre de la social-démocratie belge. Son évolution à gauche a commencé il y a quelques années, notamment à la suite de la révolution chinoise d'une part, du réarmement de l'Allemagne d'autre part. Dans son message au Congrès, il condamna fortement le « socialiste » Spaak, ministre des Affaires étrangères, pour sa complicité avec l'impérialisme américain dans la guerre contre le peuple vietnamien.

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