Friedrich Engels und das Problem der « geschichtlosen Völker »
(Friedrich Engels et le problème des « peuples sans histoire »)
Il est des parties de l'œuvre des fondateurs du marxisme qui ne sont guère étudiées par les marxistes. Diverses raisons sont à l'origine de cet état de choses. Cette œuvre est considérable et certaines de ses parties n'ont pas été largement éditées. Dans ce lot, il faut mentionner de nombreux articles parus dans des journaux. Mais, bien que cette raison trouve sa place pour les textes étudiés par l'ouvrage de R. Rosdolsky, elle n'est pas la seule, et peut-être pas la raison essentielle. Il s'agit d'articles parus dans l'année 1848 dans la Neue Rheinische Zeitung, l'organe dirigé par Marx au cours de la période la plus brûlante de la révolution en Europe centrale.
Dans ces articles, l'idée principale développée par Fr. Engels est que le peuple russe, le peuple polonais, le peuple hongrois ont un avenir national, tandis que les autres peuples slaves - à savoir les Tchèques, les Slovaques, les Slovènes, les Croates, les Serbes et les Ukrainiens -des « peuples sans histoire », sont destinés à ne pas avoir d'avenir national, à ne pas bâtir d'Etats nationaux. Plus de trente années plus tard, Engels partageait encore cette opinion qui a, de toute évidence, été démentie par l'histoire.
Dans ces articles, se trouvent divers éléments, en particulier de vigoureuses polémiques contre le panslavisme, qui ont été rassemblées par des auteurs antisoviétiques pour des fins contre-révolutionnaires, ce qui est sans intérêt pour une étude scientifique méticuleuse comme celle dont nous rendons compte.
L'auteur note que Mehring et Kautsky ont bien abordé le problème mais sans le traiter comme il le convenait. C'est en utilisant précisément la méthode que Marx et Engels avaient commencé à éla-
(1) Edité par les « Archiv für Sozialgeschichte », Hanovre.
de Roman ROSDOLSKY (1)
borer depuis quelques années seulement, lorsque ces articles d'Engels furent écrits, que l'auteur examine la situation des peuples en question à l'époque de la révolution de 1848, l'état encore très primitif où ils se trouvaient, les très faibles manifestations paysannes qui s'y produisirent. Il montre que ces paysans, au cours de ces manifestations, se dressèrent contre les seigneurs qui les opprimaient et qui se trouvaient être précisément des Polonais et des Hongrois qui, à l'époque, pour leurs propres intérêts de classe. s'allièrent à la démocratie révolutionnaire en Allemagne et en Autriche. Ceci explique l'origine de l'attitude des révolutionnaires allemands de l'époque. Ceci explique aussi que ces révolutionnaires allemands, Marx et Engels en premier lieu, inspirés par la Grande Révolution française de 1792, par son action unificatrice puissante de la France en une République «une et indivisible», envisageaient une révolution allemande qui opérerait de même dans le centre de l'Europe, assimilant en passant les peuples arriérés qui, dans les conditions où ils se trouvaient, jouaient un peu le rôle des Vendéens.
Dans ce livre, l'auteur montre le « grain » de vérité qui existait lors de la révolution de 1848 dans la pensée d'Engels sur cette question, mais aussi ses extrapolations dangereuses et des outrances polémiques qui ne peuvent que choquer des marxistes. Il montre que la pensée d'Engels resta fixée sur la conception de la révolution allemande qu'il avait à l'époque et qu'il n'avait pas tenu compte, trente ans plus tard, des transformations qui s'étaient produites. L'auteur était particulièrement bien placé pour comprendre ces transformations : « En 1848, une petite partie de l'intelligentsia ukrainienne.. se considérait encore polonaise, et même en 1863, quelques intellectuels ukrainiens prenaient part au soulèvement polonais. Parmi eux l'arrière- grand-père de l'auteur; mais son grandpère était déjà un ardent patriote ukrainien et un adversaire de la domination polonaise et russe..», écrit-il.
Ce livre montre également que les erreurs commises à l'époque sur la question des nationalités ont eu des répercussions dans le mouvement ouvrier, plus tard, y compris dans les conceptions de marxistes éminents comme Plekhanov, Rosa Luxemburg, et de partis socialistes, comme le P.S. autrichien du temps de la monarchie des Habsbourg. L'auteur souligne l'importance du progrès opéré dans la pensée marxiste par Lenine sur la question des nationalités. Il oppose au sein du parti bolchevik, qui n'en saisissaient pas l'importance pour la victoire de la révolution. Il expose aussi les erreurs et les crimes commis par Staline dans cette question des nationalités où il passait pour un « spécialiste ». Le livre est d'ailleurs dédié à la mémoire des Ukrainiens N. Skrypnik, A. Schumsky et K. Maximovitch qui furent victimes de la terreur stalinienne.
Ce livre dont nous ne saurions trop souligner la richesse documentaire et la rigueur de la pensée critique, a enfin le puissant intérêt de montrer combien la question des nationalités présentait de difficultés dans une région après tout limitée de l'Europe, et par suite peut nous inciter à saisir quelques-unes des complexités qu'elle présente aujourd'hui sur ies vastes continents où se développe la révolution coloniale.
P. F. re Trotsky (1) TUnion soviétique. D'abord un débat entre Trotsky et Boukharine, ensuite un débat entre Zinoviev et Staline.
Nous signalons surtout la parution intégrale dans ce recueil des « Leçons d'Octobre » de Trotsky, qui traite notamment des problèmes du parti et de sa direction dans une situation révolutionnaire.
Ajoutons que l'introduction de G. Procacci, sans être correcte politiquement, est cependant d'une tenue toute différente de la prose courante des membres des appareils des P.C. sur de tels sujets. nente» a paru en arabe biographie intentionnellement brève, pour laisser à I. Deutscher — auteur de la célèbre trilogie sur la vie de Trotsky - le soin de tracer pour le lecteur arabe les grandes lignes de la vie et de l'œuvre de Trotsky dans une magistrale introduction : « L'ère de la révolution permanente ».
B. Abou Sabrâa ne s'est pas contenté de la seule « Révolution permanente ». Il a gratifié la première partie du livre de la traduction intégrale de « Bilan et Perspectives », combien utile et nécessaire à une meilleure compréhension des idées fondamentales de la révolution permanente.
La deuxieme parue de touvrage est La deuxième partie de l'ouvrage est aux erreurs commises par naires allemands en 1848 politique des nationalités la direction de Lenine dans le cours de la r les révolutionla remarquable pratiquée sous et de Trotsky, évolution russe, souvent contre des courants, y compris
Staline cont
Un livre, publié voici près de deux ans par la maison d'édition du Parti communiste italien ne paraît à présent à Paris que chez un éditeur indépendant du P.C.F. Il est vrai que le livre publié sous le titre « Staline contre Trotsky» peut engager les militants communistes à réfléchir sur des questions jugées bien dangereuses pour la direction, qu'il s'agisse de Thorez ou de ses épigones. On y trouve en effet une série de textes parus il y a quarante ans lorsque commença la discussion au sein du P.C. de
(1) Maspéro, éditeur, Paris. «La Révolution perma
La traduction en arabe de la Révolution permanente de L. Trotsky — ouvrage dont l'actualité brûlante n'est plus à démontrer - sera accueillie avec une très grande joie, particulièrement par les cadres révolutionnaires arabes pour qui elle vient combler une énorme lacune dont ils ont été jusqu'ici les premiers à pâtir. Le livre s'ouvre sur un extrait de l'adresse de Marx de 1850 relative à la révolution en Allemagne en 1848-49, et traitant de la révolution permanente. Le traducteur - Bachâr Abou Sabrâa - présente ensuite L. Trotsky à travers une courte
(1) L. Trotsky : « La Révolution Permanente - Bilan et perspectives », par Bachaar Abou Sabrâa - collection « Politique et société ». Darettalla, Beyrouth.
consacrée à la «Révolution permanente » proprement dite.
La traduction est fidèle et intégrale: pas un chapitre, pas un paragraphe, pas une ligne ne manquent. L'esprit est strictement reflété à travers les deux ouvrages, montrant la compréhension profonde du traducteur pour les idées fondamentales de Trotsky. L'expression cherche à être la plus souple possible, les mots à traduire littéralement les termes consacrés; et ce n'est pas chose aisée car nul n'ignore les faiblesses de la terminologie marxiste arabe. Certes, on pourra contester à Abou Sabrâa la traduction de tel ou tel terme « technique», mais la discussion pourra se poursuivre indéfiniment jusqu'au jour où des traductions multiples et variées de la litté-
Construire le par
Le P.C.I. (section française de la IVe Internationale) vient de publier une courte brochure de Pierre Frank qui examine les conditions objectives dans lesquelles se pose le problème de la construction du parti marxiste révolutionnaire en France, c'est-à-dire dans un mouvement ouvrier où le P.C. est en majorité, à la suite d'expériences que la classe ouvrière a
NALE 43 rature révolutionnaire viendront enrichir, etablir et définir un vocabulaire marxiste arabe digne de ce nom. Le traducteur de la «Révolution permanente» se tire, quant à lui, de cette tâche ardue et délicate d'une manière très honorable. Nous espérons qu'il ne s'arrêtera pas là et que bientôt d'autres ouvrages de Trotsky, Marx ou Lenine verront le jour en langue arabe.
Dans cette traduction de la « Révolution permanente » et de « Bilan et Perspectives » de Trotsky, les cadres révolutionnaires arabes trouveront non seulement une réponse à bien des problèmes idéologiques et politiques qu'ils se posent, mais aussi un instrument «technique» précieux pour l'expression de ces problèmes. ti révolutionnaire de Pierre FRANK faites avec la direction socialiste. Cette brochure expose l'orientation qu'en a déduite la section française, une orientation combinée d'un travail indépendant pour la défense du programme intégral du trotskysme et d'un travail au sein du P.C.F.; et elle répond aux objections qui ont été faites à cette orientation.