Sovkhoz, Kolkhoz ou le problématique communisme, de René Dumont ()
Politiquement, René Dumont peut être placé dans la catégorie souvent vague des « socialistes de gauche ». Quand on lit un de ses livres, il faut avant toute chose ne pas y rechercher des considérations théoriques, car lorsqu'il se prononce dans ce domaine, on constate curieusement que, tout en étant au courant de pas mal d'œuvres théoriques, il les interprète d'une façon particulière. Ce qu'il faut rechercher dans ses livres, c'est avant tout le témoignage, dans les questions agricoles qu'il connait fort bien, d'un empirisme de talent, de bonne foi et qui se place, comme on disait jadis, du bon côté de la barricade : il est avec les masses, avec les travailleurs, avec ceux qui font des efforts pour gagner leur existence, et non avec les autorités plus ou moins qualifiées.
Le livre qu'il vient d'écrire sur l'agriculture soviétique répond exactement à ces données. Ainsi, il attribue théoriquement les difficultés de l'agriculture soviétique.. au rôle dirigeant du prolétariat :
« Cette inégalité [du paysan par rapport à l'ouvrier] est, aujourd'hui encore, une cause essentielle des difficultés agraires soviétiques... Sa situation [du paysan] subordonnée au prolétariat risque de prolonger dans son esprit son exploitation par les autorités du passé révolu » (p. 32).
Il pense aussi que le marxisme exigeait la politique stalinienne d'un développement outrancier des biens de production aux dépens des biens de consommation :
« L'idéologie ne permet pas de renoncer à la vitesse maximale de croissance économique laquelle réclame une haute priorité pour les biens d'équipement » (p 51).
Mais, quand il décrit ce qu'il a vu de létat de l'agriculture soviétique, alors on s'aperçoit qu'il a tout à fait les pieds sur terre.
Par empirisme, il arrive à des conclusions que le mouvement trotskyste n'a cessé de mettre en avant depuis des décennies :
« Sans une contribution aussi élevée de la paysannerie soviétique, et une direction planifiée de son économie, l'U.R.S.S. n'aurait pu devenir aussi vite la deuxième puissance industrielle du monde ni se
(1) Editions du Seuil, Paris.
classer première dans la course à l'espace, des spoutniks aux cosmonautes jumeaux. Il reste à prouver que ce développement n'aurait pu être réalisé plus viie et à moindre prix, et qu'il devait obligatoirement passer par les souffrances cruelles et inutiles des grandes purges du régime stalinien, décimant son propre parti. Le rayonnement, le prestige soviétique en ont été gravement atteints. Sans des injustices aussi profondes, une plus grande pari de la jeunesse du monde aurait pu être gagnée à la cause révolutionnaire ». (p. 4647).
Il fait un tableau de la situation agricole en U.R.S.S. dont nous noterons quelques réflexions essentielles :
« Le petit « bond en avant » de 195358 vient de la défriche des terres vierges et de la correction de certaines erreurs antérieures : avec de plus gros investissemenis et un intéressement matériel notable pour le kolkhozien qui accroissait ses efforts. Les prix agricoles ont cessé de monter de 1958 à 1962, et la proportion d'investissements agricoles diminue » (p. 64).
« Jusqu'en 1953 l'agriculture avait payé bien plus d'impôts à l'Etat qu'elle n'en reçu d'investissements : les deux chiffres peuvent-ils désormais être mis en balance ? Sur 51 milliards de roubles de production collec.ive de 1961, les kolkhoz en totalisent peut-être 35, soit, à 10 % de taxe, un impôt de 3,5 milliards pour un investissement d'Etat de peut-être 3 milliards. Et il faut y ajouter ce qui reste d'impôts sur les parcelles et chep'els prives. » (p. 53).
« Le parc de matériel agricole soviétique a sensiblement augmenté de 1954 à juin 1963:
- Tracteurs « conventionnels de 15 cv » de 1,24 à 2,07 millions ; tracteurs réels, près de 1,2 millions en 1962 ;
- Moissonneuses-batteuses «combinées » : de 308 à 503 milliers ;
- Camions : de 424 à 743 milliers ;
— Moissonneuses-andaineuses : de 3 à 300 milliers.
Ces chiffres ne supportent nulle comparaison avec lel parc de l'agriculture des Etats-Unis, 5 millions de tracteurs, et marquent encore un très net retard sur celui de l'Europe occidentale, surtout pour la vitesse d'accroissement » (p. 53).
Sa conclusion sur l'état actuel de l'agriculture soviétique est nette, celle d'un connaisseur :
«L'agriculture soviétique reste en grande partie sous-développée. » (page 179).
Ce n'est pas un ennemi ou un détracteur systématique. Il reconnait les progrès et donne un avis intéressant sur les « terres vierges », aussi sur les impôts.
« Le coton représente, sans conteste, la plus belle réussite de l'agriculture soviétique. Quand cette économie veut réellement atteindre un but et y mettre tous les moyens nécessaires, elle y parvient : nous l'avons vu mieux encore dans le domaine militaire. Il reste donc des possibilités de plus rapide redressement agricole, le jour où l'on voudra en payer le prix, qui n'est pas seulement monétaire. J'insiste pour obtenir le nombre de journées physiques de travailleurs — visiblement élevé - et le montant total des salaires : le directeur du sovkhoz se dit brusquement « appelé par une commission », inutile d'insister » (p. 123).
« Que penser de cette décision de mise en valeur des terres vierges? Nous voyons surtout l'urgence, pour la justifier a posteriori... (p. 172). Inutile de critiquer la décision de 1954 ; maintenant qu'on n'est plus pressé par l'urgence, il faut revoir ce problème et en différencier les solutions. » (p. 164).
Il ne s'agit pas de relever des impôts agricoles fort lourds, mais de les prélever plus judicieusement pour qu'ils deviennent des stimulants de la production (p. 248).
Mais, les nouvelles mesures permettrontelles d'atteindre les plans qui ont été élaborés ? Là aussi, il est catégorique :
«Depuis 1930, aucun des plans agricoles soviétiques n'a été atteint. Depuis 1958, le progrès est redevenu très lent. Trop ambitieux, les plans agricoles soviétiques " 1970 » et « 1980 » ne seront sûrement pas atteints, sauf réformes de structures extrêmement profondes, et irréalisables dans l'ambiance actuelle. » (p. 262).
Que veut-il dire par « ambiance actuelle » ? Quelles sont ces réformes de structure irréalisables dans cette ambiance? Il faut citer Dumont, abondamment, pour voir comment il pose nettement le problème de la démocratie et celui de la démocratie soviétique :
« Le brigadier, nommé par le président, titulaire du pouvoir exécutif, n'est responsable que devant celui-ci: il n'a pas de comptes à rendre à l'Assemblée générale. Son pouvoir ne peut donc être réellement « contesté » à l'in:érieur de sa brigade. Les kolkhoziens peuvent porter plainte auprès d'un conseil de brigade, mais les décisions n'entrent en vigueur qu'après approbation du président qui garde toute
NALE 75 a réalité du pouvoir : cette possibilite pa. ait surtout theorique » (p. 137)
«L'Assemblée générale des kolkhoziens « élit » le président et le conseil de direction de neuf membres, dont le vice-président, chef de la ferme (qui semble un bon organisateur, un vrai praticien). Les autres « conseillers » sont respectivement chef de section l'ancien second kolkhoz est resté une section), chef de la ferme laitière, agronome, ingénieur-mécanicien, tractoriste, maraîcher, trayeuse. Soulignons la proportion élevée de cadres dirigeants et l'absence d'ouvriers ordinaires dans ce conseil (1). En même temps, l'assemblée élit un conseil de révision de trois membres, dont la nomination doit être approuvée par le soviet du rayon pour assurer l'indépendance de ces contrôleurs en face de leur direction ; mais les placer dans la main de l'administration et du Parti ». (pp. 155-156).
« La subordination du technicien politique paraît d'autant plus grave qu'elle s'accompagne d'une déstalinisation insuffisante, d'une corruption et d'un « carriérisme » trop répandus. La gestion bureaucratique, dans de telles conditions, constitue un frein au développement d'autant plus grave qu'elle s'accompagne souvent de dogmatisme, spécialement à l'égard du secteur privé : qui a empêché la réalisation des plans de production de la viande. A ce point de notre étude, nous pouvons déjà conclure, formellement, que le plan agricole de 1980 ne sera pas atteint sans de très profondes réformes de structure ». p. 167)
« La réalisation du plan de production animale de 1980 (2), qui sera décisif (avec le plan horticole) pour la possibilité « agricole » du passage au communisme, ne dépend pas d'abord des problèmes techniques agricoles, car leurs solutions sont bien connues. Les obstacles industriels (engrais, machines...), organisationnels et économiques qui achoppent sur le domaine politique, sont désormais — en Union soviétique comme dans le Tiers Monde — les principales raisons des difficultés, des lenteurs du développement agricole... Nous avons déjà compris que le principal obstacle au développement agricole soviétique est l'ingérence des politiques, à commencer par celle du premier secrétaire, dans des domaines qu'il ne connait pas suffisamment. Même si les solutions qu'il présente ont, ici ou là, un intérêt certain,
(1) D'autres visiteurs notent la proportion élevée de cadres et de héros du travail au sein du Parti communiste, où le « simple kolkhozien » serait peu représenté.
(2) En admettant que ce ne soit pas un bluff, comme le Plan-viande de 1957.
leur universalisation (3) est une erreur profonde qui va provoquer des catastrophes. Remettons d'abord l'art si difficile de l'agronome entre les mains de l'homme de l'art.. Le grand patron arrive, sort quelques épis de mais de sa poche ; chacun s'incline, mais les plus compétents n'en pensent pas moins. Ce n'est pas pour nier le rôle des politiques : ce serait une autre erreur que de donner le pouvoir aux technocrates ; spécialement s'ils sont économistes , donc plus dangereux. En somme : « à chacun son metier ». (pp. 226-227).
« Des investissements accrus et des objectifs plus réalistes seraient plus efficaces que tout ce fatras de propagande politique, de contrôle renforcé du Parti. L'inefficience et la confusion de ces réorganisations administratives n'empêchent pas l'inférieur de préférer partager les tâches et les responsabilités en continuant à se référer à ses supérieurs. Tout visiteur étranger peut constater que le fonctionnaire moyen ne peut trancher de luimême aucune question, même courante. Le renforcement des contrôles, depuis 1958, coïncide avec l'affaiblissement des progrès. » (p. 305-306).
« Les autorités et même le président parlent souvent avec arrogance au « simple kolkhozien » et peuvent lui refuser un laissez-passer pour aller en ville... Le paysan soviétique se sent trop peu estimé
(3) En décembre 1963, K. croit que les engrais multipliés vont résoudre toutes ses difficultés agricoles. Pour être efficients, ces engrais exigent d'abord une très bonne culture: préparation poussée du sol, semis soigné, variétés sélectionnées, lutte poussée contre tous les ennemis des cultures... Il n'y a pas de miracle agricole, il y faut une longue patience et une paysannerie acquise au progrès, convaincue et dévouée. » La correspondance Lén
Le gratin de la social-démocratie belge est allé se presser, Spaak en tête, le 17 avril dernier, à une réception où il n'était vraiment pas à sa place. Il s'agit de la réception offerte par les éditions Labor, qui y présentèrent le volume paru récemment et qui contient la correspondance échangée de 1905 à 1914 par Lénine et Camille Huysmans (1).
Camille Huysmans, le doyen de la social-
(1) Correspondance entre Lénine et Camille Huysmans, 195-1914, documents recueillis et présentés par Georges Haupt. Préface de Camille Huysmans. Editions Labor, Bruxelles, 1963,1 64 p.
(et payé) pour fournir le gros effort nécessaire au rendement. » (p. 306-307).
Et il aperçoit bien les limites du régime khrouchtchevien, le rôle du parti instrument de la bureaucratie dirigeante :
« Si Lénine surveillait la bureaucratie, Staline lui donne tous les pouvoirs mais la persécute, comme Ivan le Terrible faisait des boyards. Aussi à sa mort la bureaucratie relève trop la tête, et pour la ramener à son rôle il aurait fallu pouvoir s'appuyer directement — mais non par le truchement du Parti — sur les ouvriers et les paysans. Khrouchtchev ne peut le faire, car il a un passé bureaucratique, il vient de l'appareil du Parti. Il voudrait corriger ses défauts, sans enlever du pouvoir au Parti : d'où ces multiples réformes - que nous avons à peine esquissées — des inspections, directions, contrôles, comités... dont la seule histoire remplirait un gros livre ». (p. 197).
Il reprend à son compte la conclusion que Che Guevara avait formulée dans une interview parue dans Révolution Africaine (13 juillet 1963) :
« Quand nous avons constitué le Parti unique, nous avons commis une erreur grave ; celle de faire un Parti qui était à la fois l'inspecteur et l'organisateur, et nous l'avons payé cher. »
Il y a dans ce livre matière à discussion et à contestation, mais c'est certainement un des tableaux les plus remarquables qui aient été donnés depuis longtemps sur la situation de l'agriculture soviétique, et René Dumont expose très franchement la solution qu'il propose : se débarrasser de ce qu'il appelle par endroits le « politique », qui est àu fond une solution politique, l'élimination du pouvoir de la bureaucratie sur l'agriculture soviétique et sur toute la soviété soviétique.
En résumé un livre qu'il faut lire .
P. F. ine-Camille Huysmans démocratie, était à cette époque secrétaire du Bureau Socialiste International (B.S.I.). C'est lui qui donna vie, à partir de 1905, à cet organisme, créé sur décision du 5º congrès de l'Internationale socialiste, qui se déroula à Paris en 1900. Et c'est en tant que secrétaire qu'il eut une correspondance suivie avec Lénine. Cette correspondance, publiée aujourd'hui, contient un très grand nombre de documents dont la majeure partie est inédite. Elle permet de renouveler notre connaissance des relations entre les bolcheviks et la Deuxiême Internationale, et d'étudier l'attitude de cette dernière vis-à-vis de l'existence des deux fractions, les bolche-
QUATRIEME viks d'une part, les mencheviks qui étaient liés par de sûres affinités aux opportunistes occidentaux comme Vandervelde, de lautre.
Cette correspondance détruit en particulier l'image simpliste et dessinée après coup par Zinoviev et surtout par Staline, selon . laquelle les bolcheviks se seraient orientés - dès le commencement de leur lutte contre le menchévisme — vers une rupture avec les opportunistes et les centristes de la Deuxième Internationale.
Les lettres de Lénine montrent comment, dans l'Internationale, le parti russe était précisément le seul, en pratique, à prendre réellement au sérieux les traditions révolutionnaires, les symboles de la solidarité des travailleurs et les mots d'ordre intransigeants auxquels l'Internationale se référait en paroles. Ceci est plus particulièrement vrai pour la période 19071912.
Pendant la période précédente (1905), la correspondance de Lénine et Huysmann qui ne se connaissaient pas personnellement, était à caractère purement administratif. Elle était dominée par la préoccupation de Lénine de vaincre les préventions de l'Internationale et de son propre Comité Central (bolchevik), hésitant en vue de faire nommer un bolchevik en tant que représentant du Parti Ouvrier Social-Démocrate de Russie (P.O.S.D.R.), au B.S.I. (2) à côté — et si possible à la place — de Plékhanov, qui ne reconnaissait pas la validité du III Congrès du POSDR (bolchevik) de 1905.
Le contact - interrompu lors du départ de Lénine en Russie — n'a été repris que lors du VII° Congrès de Stuttgart de l'Internationale, en 1907. A ce moment-là, la situation dans l'Internationale était plus favorable pour Lénine, celui-ci représentant un parti qui avait tenu ses deux derniers Congrès - 1906 et 1907 - dans l'unité retrouvée. Lénine était très satisfait du Congrès de Stuttgart, qu'il considérait comme une grande victoire du marxisme révolutionnaire sur le réformisme. Il assistait à toutes les réunions du B.S.I., de 1908 à 1911 quand cela lui est possible, et sa correspondance le montre, remettant un voyage qu'il devait faire pour rencontrer l'empiriocriticiste Bogdanov, chez Maxime Gorki, à Capri, lorsqu'il apprend qu'une réunion du B.S.I. est projetée.
La correspondance de cette période montre Lénine très confiant dans l'avenir
(2) La Russie - comme les autres pays avait droit à deux mandats, au B.S.I. Ces mandats étaient partagés entre les socialistes révolutionnaires et le P.O.S.D.R. Il s'agissait donc d'obtenir le mandat pour un bolchevik, et à défaut, un partage du mandat.
de l'Internationale, quoique le présentateur des textes, le professeur G. Haupt exagère en affirmant que Lénine voyait dans le B.S.I. « l'Etat-Major du Socialisme ». Aucun texte ne vient étayer cette affirmation.
Après que Lénine ait fait la connaissance d'Huysmans à Stuttgart, les lettres deviennent fort cordiales. Dans ses commentaires, Haupt cite même une déclaration d'Huysmans rappelant ses discussions avec Lénine, d'où ressort le vif intérêt que Lénine portait au problème de nationalité en Belgique.
Cette correspondance montre aussi l'importance du rôle d'Huysmans comme secrétaire de la Deuxième Internationale. Il réussit à faire du secrétariat un organe de coordination, c'est-à-dire le maximum de ce qui pouvait être fait dans une Internationale aussi hétérogène.
Les rapports de Lénine avec le secrétariat de l'Internationale se détériorèrent cependant après la conférence bolchévique de janvier 1912, qui consomma la formation d'un parti bolchevik. C'est cette conférence qui « ouvrit l'ère de l'existence propre du parti bolchevik », selon les termes que Trotsky emploiera plus tard.
La majorité des délégués au B.S.I., intéressés uniquement par les questions « occidentales », considéraient sans s'y intéresser qu'il s'agissait d'une « scission » de plus. Vandervelde croyait, avant d'avoir été se rendre compte de la situation sur place, en Russie, que le « sectarisme » russe était le produit de l'arriération du pays. C'est dans ce contexte que Kautsky - dont l'opportunisme se cachait sous un vernis d'orthodoxie - et Rosa Luxembourg — en raison de ses profonds différends avec Lénine sur les problèmes d'organisation — prirent fait et cause pour les « liquidateurs » (le courant engendré par la tendance principale des menchéviks) et entrainaient chaque fois un B.S.I. indifférent dans les initiatives unitaires et conciliatrices des petits groupes de l'émigration qui résistaient opiniâtrement à la nouvelle unité bolchevique.
Ces documents permettent de voir les répercussions - fâcheuses pour les bolcheviks - dans l'Internationale, du conflit Luxembourg-Lénine. Elles assombrissent les rapports de Lénine avec l'Internationale et renforcèrent les tentatives du B.S.I. d'arriver à une « unité » de la socialdémocratie russe sur la base du « bloc d'août » et de l'unité avec le courant liquidateur (réformiste).
Cette correspondance montre aussi la haute autorité morale de l'Internationale, et spécialement de ses Congrès. Fin juillet 1914, nous voyons encore Lénine préparant son rapport pour le congrès qui
UAT devait avoir lieu à Vienne, si la guerre n'avait pas éclaté.
La correspondance Lénine-Huysmans plaide également en faveur de la thèse de la profonde intégration des bolcheviks dans la Deuxième Internationale. C'est, selon le professeur Haupt, précisément de cette intégration qu'il faut partir pour comprendre la portée de la rupture du bolchevisme avec l'Internationale après la trahison d'août 1964.
Les documents sont présentés en quatre grands chapitres (1905 ; 1907-11 ; 1912; 1913-14), en fonction de l'histoire de la lutte des tendances dans le P.O.S.D.R. Chaque chapitre est précédé d'une courte introduction par le professeur à la Sorbonne, Georges Haupt.
Un • très utile matériel pour tous ceux qui étudient l'histoire du bolchevisme et de l'Internationalisme.
Fernand CHARLIER.