Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › n° 22

La conférence de Genève sur le commerce et le développement

Quatrième Internationale, n° 22 · juillet 1964 · p. 4-5 · 1 051 mots

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La réunion de la conférence de Genève avait été décidée par l'Assemblée Générale la pression des gouvernements semi-coloniaux absolue, — c'est-à-dire sous la pression de la avaient exercé une pression dans le même de Genève le développement sur le Commerce et le Développement des Nations Unies, avant tout sous la qui y détiennent aujourd'hui la majorité bourgeoisie coloniale. Les Etats ouvriers sens, et l'impérialisme américain avait à son à son tour appuyé l'idée de la convocation de la conférence, espérant détourner l'animosité anti-impérialiste des peuples coloniaux contre les « bloes régionaux protectionnistes », c'est-à-dire avant tout contre les puissances impérialistes du Marché Commun.

La convocation de la conférence, le rapport présenté par son secrétaire M. Prebisch, et de nombreux discours prononcés à cette occasion, furent l'occasion de souligner une fois de plus ce qu'il est devenu banal d'appeler « la contradiction la plus alarmante du temps présent » : la disparité croissante entre le revenu par tête d'habitant des pays industriellement avancés et celui des pays sous-développés. Un peu cyniquement, un journaliste occidental du « Monde » souligna que la conférence de Genève aura en tout cas permis de faire l'inventaire des misères, des besoins et des Genève aura en tout cas permis revendications du « tiers-monde ».

On aurait tort en effet d'espérer un quelconque résultat économique important de cette conférence. En ce qui concerne les relations réciproques entre les puissances impérialistes, les véritables négociations se déroulent dans le cadre du GATT, où l'on discute actuellement du « Kennedy round » des réductions des tarifs douaniers. En ce qui concerne les relations commerciales entre puissances impérialistes et Etats ouvriers, les discussions se font de manière de plus en plus bilatérale, les contradictique sur l'ensemble des Etats ouvriers ne permettant plus ni à Washington inter impérialistes et la désagrégation du contrôle de bureaucratie Moscou de négocier en d'autres noms qu'en leur propre. On assiste à ce propos à des ni à épisodes grotesques : au même moment où l'impérialisme yankee cherche à interdire l'exportation de produits pharmaceutiques britanniques et canadiens à Cuba, prétexte de ne pas « aider le communisme », il entame la négociation sur la demande SOuS d'achat de réacteurs nucléaires, avancée par la Yougoslavie et la Roumanie !

Quant aux discussions réelles portant sur les montants effectifs « d'aide » aux pays coloniaux, elles se déroulent ailleurs qu'à Genève, et séparément par les Etats ouvriers et les puissances impérialistes. Ce n'est pas à Genève mais à Moscou que Khrouchtchev a négocié de nouvelles et importantes tranches d'aide à l'Algérie et l'Egypte ; ce n'est pas non plus à Genève mais à Washington et à Bonn qu'ont été négociées les nouvelles et importantes tranches d'aide au Brésil

Get à l'Inde.

Du moins aurait-on pu supposer que la conférence de Genève devienne une tribune importante où est dénoncée l'exploitation permanente des peuples coloniaux par l'intermédiaire du commerce mondial. Elle le fut un instant, lorsque Ernesto « Che » de l'être, pour sombrer de plus en plus dans l'indifférence de l'opinion internationale.

Comment s'explique cet échec? Du point de vue des intérêts de la révolution mondiale, de la lutte mondiale contre l'impérialisme et le capitalisme, la conférence de Genève aurait pu marquer une étape importante dans l'alliance de fait entre révolution coloniale et les Etats ouvriers. Mais pour qu'elle joue ce rôle, la de conditions préalables auraient du être accomplies. Du côté des pays semi-coloniaux, une série il aurait fallu une pression suffisante des masses et un poids sutfisant de gouvernements socialistes comme celui de Cuba, de gouvernements ouvriers et paysans comme celui de l'Algérie, pour neutraliser, ne fût-ce que temporairement, la tendance naturelle de la bourgeoisie coloniale à viser avant tout un compromis avec l'impérialisme, lui attribuant une part majeure du gâteau. Du côté des Etats ouvriers, il aurait fallu stratégie consciente de leur part pour conclure ce « bloc » avec le « tiers-monde », ce qui impliquerait également des priorités en matière de commerce international.

En réalité, presque aucune de ces conditions ne s'est trouvée réalisée. Si les délégations des pays sous-développés constituaient effectivement un « bloc » à la conférence de Genève, il eut tendance à avoir comme orientation la ligne de la bourgeoisie coloniale, — et ce ne furent pas les conséquences du coup d'Etat au Brésil qui auraient pu inciter à plus d'audace certains gouvernements « libéraux » africains ou latino-américains. Quant à la bureaucratie soviétique, elle chercha avant tout à réaliser un dessein organisationnel — la création d'une nouvelle organisation universelle du commerce, remplaçant le GATT - qui n'enthousiasme guère la bourgeoisie coloniale. ouest, Elle fut et elle craignit non sans raison qu'on réclame d'elle aussi un accroissement par ailleurs intéressée avant tout à l'accroissement du commerce estconsidérable de ses importations en provenance du « tiers-monde », qu'elle est encore incapable d'absorber de produits en provenance du « tiers-monde » n'ont augmenté que de 900 millions de économiquement (de 1955 à 1961, les importations soviétiques dollars, y compris les importantes importations de sucre cubain).

Dans ces conditions, le « bloc » des pays semi-coloniaux s'est de plus en plus orienté vers l'obtention d'avantages ou de promesses mineures de la part des puissances impérialistes, se contentant de valoriser à l'occasion la pression soviétique en sa faveur.

Le peu de résultats obtenus par la conférence de Genève donne un poids majeur à la stratégie de front unique anti-impérialiste proposée depuis plusieurs années déjà par la IVe Internationale. Un des éléments de cette stratégie, c'est la création d'un pool mondial des matières premières par tous les peuples coloniaux et semicoloniaux, pool qui permettrait de renverser complètement les rapports de forces entre acheteurs et vendeurs de matières premières la tendance fondamentale des termes d'échange sur le qui marché mondial, correspond à l'inégalité des de renverser échanges entre pays riches et pays pauvres, et de combattre ainsi l'impérialisme efficacement même dans le domaine du commerce. Si la réalisation de ce mot d'ordre exige sans doute des victoires décisives de la Révolution dans de nombreux pays coloniaux et semi-coloniaux, et l'avènement de gouvernements ouvriers et paysans, d'Etats ouvriers, dans de nombreux pays, elle peut servir d'ores et déjà comme portant slogan de propagande et de mobilisation des masses pour les mouvements révolutionnaires anti-impérialistes et prolétariens dans l'ensemble de ces pays.

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