Le vote de la Conférence extraordinaire du Lanka Sama Samaja Party du 7 juin autorisant Perera et ses amis à entrer dans un gouvernement bourgeois est un coup porté à la IVe Internationale et aux masses ceylanaises. C'est, comme nous allons le démontrer, le résultat de l'effondrement d'une direction révolutionnaire. LES ORIGINES DU L.S.S.P.
Le LSSP avait toujours occupé une place particulière dans la IV• Internationale. Cela tenait à ses origines, complètement différentes de celles de toutes les autres sections de notre mouvement. En effet, partout ailleurs, notre mouvement est issu de luttes intérieures au mouvement ouvrier plus ou moins développé suivant les pays. A Ceylan, le mouvement ouvrier a été créé dans les années 1930 par une équipe de jeunes révolutionnaires éduqués dans les universités anglaises, et qui, attirés par le communisme au moment ou se développait la grande lutte de l'Opposition de gauche contre le stalinisme, avaient pris position pour la théorie de la révolution permanente.
Il faut ajouter qu'ils acquirent une audience nationale dans un moment où la bourgeoisie ceylanaise ne tentait même pas d'engager la moindre lutte contre l'impérialisme britannique, ne fût-ce qu'à limitation de sa voisine indienne.
Pendant la guerre, la direction du LSSP expulsa les staliniens qui voulaient collaborer avec l'impérialisme. Elle fut poursuivie, arrêtée, plusieurs de ses membres s'échappèrent en Inde et poursuivirent la lutte dans la clandestinité. Dans ces conditions, au lendemain de la guerre, ils rentrèrent dans leur pays avec un grand prestige, contrôlant en fait la majorité du mouvement ouvrier.
Comme toute formation politique, le LSSP connut de multiples luttes intérieures. Des courants petits-bourgeois furent éliminés, tandis que la majorité de la direction tenait également en échec les tendances opportunistes bien connues de
N.M. Perera qui avait acquis son autorité par un travail syndical systématique.
La direction véritable du LSSP etait constituée par un noyau composé d'hommes comme Colvin R. de Silva, Leslie Gunawardene, Bernard Soyza, Doric de Souza, Edmund Samarakkody, d'une grande valeur intellectuelle et d'une grande combativité. Elle était vraiment la direction dominante reconnue à Ceylan. Cette direction s'est dissociée, sa majorité s'est décomposée politiquement. C'est ce qui a produit la tragédie du LSSP que nous venons de vivre. Quelles sont les causes de cet événements et comment cela s'est-il produit ?
Il faut dire qu'à côté de très grandes qualités, cette direction avait des faiblesses dont on paye à présent les conséquences.
En premier lieu, il y avait sur le plan de la formation politique une distance très grande entre ces hommes qui suivaient l'activité du mouvement trotskyste international, et la plus grande partie de la base du parti qui ignore l'anglais et qui ne disposait pas, dans sa propre langue, d'un matériel adéquat pour son éducation politique. Cette direction suivait la vie de l'Internationale, mais elle n'était pas suffisamment plongée dans celle-ci et ne fit pas grand chose pour y associer l'ensemble du parti.
Cette faiblesse était bien connue des dirigeants du mouvement trotskyste à l'échelle internationale. Indépendemment des autres questions qui les divisaient de temps à autre, ils avaient un souci commun sur ce point. La faiblesse organisationnelle et financière générale de la IV° Internationale ne permirent pas de recourir à des mesures plus vigoureuses telles que l'envoi de trotskystes éminents pour poursuivre un travail prolongé à Ceylan en vue de contribuer à élever le niveau politique du parti. La scission de 1953 n'y contribua pas, comme le reconnurent à la fois le Secrétariat International et le Comité International ; la réuni- fication effectuée l'an dernier n'eut pas assez de temps pour que les efforts unis pesèrent fortement dans cette situation.
La deuxième faiblesse fut que les succès parlementaires de l'après-guerre développèrent des tendances parlementaristes que la direction ne combattit pas vigoureusement dès le début et auxquelles elle ne fut pas insensible par la suite. Même l'activité intense du LSSP se situait sur un fond de luttes pour la conquête de sièges au Parlement.
Une troisième faiblesse fut le caractère si l'on peut dire exclusivement « ouvrier » du parti dans ses premières années. Par leur activité, les dirigeants du LSSP avaient acquis la confiance de la majorité des ouvriers cinghalais (ouvriers de Colombo, des transports, petits employés, etc.). Mais, pendant longtemps, ils n'avaient pas mordu dans la plus importante partie du prolétariat de Ceylan, les travailleurs des plantations qui sont constitués d'Indiens « importés » jadis par les Britanniques et qui, à l'heure présente, n'ont aucune citoyenneté — ceylanaise ou indienne. Le LSSP a toutefois fait des sérieux progrès dans ce domaine, controlant une forte organisation syndicale de ces travailleurs. Mais, il n'a guère pénétré, sauf exception, parmi les masses rurales, qui constituent la majorité de la population. Il n'y a pas, à Ceylan, une paysannerie aussi pauvre qu'en Inde ou dans tant de pays sous-développés. Si médiocre que soit la vie de ces masses, il n'y a pas la famine, le désespoir. La situation est très diversifiée, il n'existe d'ailleurs pas à notre connaissance d'études sérieuses sur ce point. En tout cas, le LSSP n'avait pas et n'a pas de programme pour ces masses. (Le PC de Ceylan se trouve logé à la même enseigne). APRES L'INDEPENDANCE.
A Ceylan, tout comme à l'Inde, l'impérialisme britannique accorda l'indépendance au lendemain de la deuxième guerre mondiale. Le pouvoir passa à IU.N.P. (Parti national uni), le parti qui représentait la très mince couche de la bourgeoisie ceylanaise directement liée par ses plantations, son commerce d'exportations, à l'impérialisme britannique. Les premieres élections donnèrent au LSSP la première place des formations d'opposition. Il en résulta non seulement dans celui-ci des illusions parlementaires, mais aussi l'idée qu'avec l'usure et la faillite de IU.N.P. viendrait son heure.
Mais dans les années 1950 se développa une autre formation, le Sri Lanka Freedom Party (S.L.F.P.) qui, à la surprise des dirigeants du LSSP, connut un succès électoral en 1956 qui le porta au pouvoir. Les dirigeants du LSSP le caractérisèrent à l'époque comme un parti bourgeois s'appuyant sur des couches plus larges que l'U.N.P., mais ils pensèrent que ce parti serait lui aussi rapidement usé au pouvoir et que le LSSP ferait alors acte de candidature.
Cette perspective fut démolie par les résultats des élections de mars 1960. A partir de ce moment là, l'équipe dirigeante du LSSP se trouva dans sa majorité désarçonnée et commença à vaciller, cependant qu'en même temps Perera fit de plus en plus valoir ses conceptions réformistes. Dès ce moment-là il proposa une coalition gouvernementale avec le SLFP, qui fut repoussée, mais le groupe parlementaire du LSSP vota en pratique la confiance du gouvernement. La IVe Internationale désavoua publiquement ce vote (1).
La politique du gouvernement Bandaranaike évoluant à droite, le LSSP passa dans l'opposition sans cependant faire une sérieuse autocritique de son vote antérieur. Il mit en avant le mot d'ordre d'un véritable gouvernement socialiste. Puis, il forma avec le PC ceylanais et une formation petite-bourgeoise, le M.E.P., ce qu'on appela le Front Unique de Gauche (U.L.F.). C'était une combinaison politique au programme insuffisant, qui n'associait pas les formations syndicales regroupant les travailleurs indiens dépourvus de droits, et cette combinaison ne se portait pas comme candidate au pouvoir, en opposition au gouvernement du SLFP, bien que pour les larges masses ceylanaises un accueil chaleureux fut donné I'U.L.F. précisément dans cette perspective.
Finalement il y a environ trois mois, Perera commença secrètement ses négociations avec le Premier Ministre. Tandis qu'une gauche du LSSP formée depuis environ un an s'opposait fermement à toute idée de coalition, la majorité de la direction se prononça pour une coalition qui fut étendue non seulement au LSSP mais à toutes les formations de l'U.L.F. LA CONFERENCE DU LSSP.
Perera se montra d'autant plus audacieux au sein du LSSP que l'attitude vacillante, indécise, de la direction faisait perdre à celle-ci du terrain dans un parti qu'elle n'éduquait plus depuis assez longtemps. La Conférence du parti, convoquée hativement il est vrai, en donna une illustration éclatante.
Trois résolutions étaient soumises au vote après deux fournées de débats. Il fut décidé de présenter la motion Sama-
Cf. Quatrième Internationale, N° spécial du 6° Congrès Mondial, 1961.
rakkody-Tampoe en premier parce qu'opposée par principe à toute coalition. Elle recueillit 159 voix, environ 25 % du parti. Puis, en deuxième lieu, fut soumise au vote la motion des hommes qui avaient effectivement dirigé l'organisation pendant plus de vingt-cinq ans ; elle fut présentée de la part de Gunawardene comme étant de « la nature d'un amendement » à celle de Perera, elle obtint 75 voix, soit environ 10 % du parti. Ce ne fut pas tout. La résolution Perera recueillit 65 % du parti, mais sur les 75 voix de la motion Gunawardene, environ les deuxtiers se joignirent alors à la résolution Perera. Ainsi, les hommes qui avaient joué un rôle si éminent dans le passé, qui avaient eu tant de prestige, après pres d'un quart de siècle de direction du parti se retrouvaient avec environ 25 voix, moins de 4 %.
Au cours des débats, tandis que les deux autres tendances manifestaient leur confiance dans leurs positions, celle de Perera dans son réformisme, celle de Samarakkodi-Tampoe dans le programme révolutionnaire, la tendance centriste ne savait qu'exprimer ses propres incertitudes, sa démoralisation. Oubliant ce qu'elle avait écrit à propos de la révolution permanente, elle ne voyait pas qu'une bourgeoisie qui n'avait pas lutté pour l'indépendance nationale allait faire le maximum pour conserver sa domination sur la société. Elle ne voyait plus dans le SLFP un parti de la bourgeoisie. Bien qu'il eut déjà dirigé depuis huit années le pays dans le cadre du capitalisme, elle prétendait qu'il s'agissait d'une formation petite-bourgeoise, invoquait d'une façon aberrante les exemples de Cuba et d'Algérie. Mais elle ne voulait pas que le LSSP seul fasse l'opération. On retrouvait chez elle comme chez Perera la grossière erreur de tous les réformistes qui, pour aller aux masses petites-bourgeoises en l'occurrence les masses rurales de Ceylan, au lieu d'établir un programme de combat pour gagner celles-ci, pensaient les gagner au moyen d'une combinaison avec le parti bourgeois qui ne représente pas ces mas, ses, mais les exploite, utilisant leurs sentiments réactionnaires, notamment contre les minorités du pays, pour maintenir le régime capitaliste.
L'aspect le plus tragique de cet effondrement, c'est qu'il se produisit au moment ou se présentait l'occasion la plus remarquable pour la direction du LSSP. La crise gouvernementale à Ceylan est un des signes que la révolution coloniale qui a ébranlé le monde, depuis la Chine à Cuba, à travers l'Afrique mûrit dans cette ile. La nécessité même ressentie par la bourgeoisie de rechercher une coalition avec les dirigeants du mouvement ou-
NALE 41 vrier est une indication de combien ces mêmes dirigeants étaient près de pouvoir instaurer un gouvernement ouvrier et paysan à Ceylan. La tragédie réside dans leur faillite de voir cela et dans la façon dont ils ont accédé à la demande qui aboutissait à convertir ce qu'ils avaient préparé pendant un quart de siècle en la menue monnaie de postes dans un gouvernement bourgeois.
Avec cette Conférence prend fin une éqiupe de dirigeants révolutionnaires. La majorité du LSSP que cette ancienne direction a suivie sombre dans le réformisme. Le drapeau de la révolution socialiste se trouve désormais défendu à Ceylan par les camarades de la gauche qui ont quitté la Conférence à la suite du vote et qui ont constitué aussitôt le LSSP (Section Révolutionnaire).
Cette organisation constitue la section ceylanaise de la IV° Internationale. Elle commence dans une situation difficile, car il existe dans les masses des illusions sur la politique de Perera. Mais les conditions générales ne sont toutefois pas défavorables. Tout d'abord, la rupture s'est faite au grand-jour sur une question politique décisive, et tout le monde à Ceylan en a été témoin. Dans la direction de l'organisation se trouvent des hommes connus de tout le pays : Edmund Samarakkody, un des plus anciens dirigeants du LSSP, ainsi qu'un autre élu, Meryl Fernando ; le camarade Bala Tampoe, un des principaux dirigeants du mouve ment syndical à Ceylan ; d'autres dirigeants connus, Karalasingham, O. Jayaratne. L'organisation comprend de nombres cadres syndicaux et aussi la plus grande partie des jeunes militants, y compris des étudiants.
Après une période de constitution, le jeune parti va se trouver devant d'importantes tâches politiques. La situation à Ceylan a entraîné non seulement la scission dans le LSSP, mais également dans les deux autres formation du Front Unique de Gauche. Le PC ceylanais est désormais scindé ; une organisation droitière, pro-khrouchtchévienne soutenant le gouvernement de coalition, une organisation pro-chinoise le combattant. Le M.E.P. s'est aussi trouvé divisé par le gouvernement de coalition.
Nous adressons notre salut à la nouvelle formation qui porte en elle les meilleures traditions révolutionnaires de l'ancien LSSP. La IV• Internationale toute entière est à ses côtés pour l'aider à reconstruire à Ceylan une nouvelle direction révolutionnaire qui y assurera la victoire du socialisme (2).
Le 7 juillet 1964.
(2) La crise du L.S.S.P. a été l'occasion pour Healy, dirigeant de la Socialist Labour League de Grande-Bretagne d'une campagne contre la Quatrième Internationale réunifiée qu'il n'a cessé de combattre depuis qu'il s'était refusé de partlciper au Congrès de Réunification tenu en 1963.
Relevons d'abord un petit mensonge Dans le Newsletter du 20 juin, il affirme qu'ayant demandé admission « à la Conférence » quand cela fut discuté au Presidium, « Piere Frank,.. s'unit aux renégats de la coalition et insista pour que la demande fut repoussée ». Le rejet de la demande de Healey fut prise par le Presidium, toutes tendances unanimes pour une fois, et je ne fus pas appelé à donner mon avis.
Deuxième point : Healy ne dit pas qu'il a demandé à la tendance révolutionnaire, après qu'elle eut quitté la Conférence, à rompre non seulement avec Perera, de Silva, mais aussi.. avec la Quatrième Internationale. C'était d'ailleurs là le véritable objectif de la visite de Healy à Colombo, où il espérait pouvoir pêcher en eaux troubles. Il ne le dit pas, parce qu'il essuya un échec.
Il ne lui reste donc qu'à poursuivre sa campagne contre la Quatrième Internationale en avançant un mensonge délibéré. Selon lui, le délégué de la Quatrième à la Conférence du L.S.S.P. aurait défendu la résolution De Silva-Gunawardene d'une coalition du Front Unique de Gauche avec le S.L.F.P. C'est un mensonge délibéré, Car Healy sait que la Quatriême Internationale s'est opposée à quelque coalition que ce soit avec le S.L.F.P. et a apporté son soutien à la tendance de gauche qui continuera la section ceylanaise de la Quatrième Internationale.
Les raisons de cet écart de Healy d'un reportage véridique sont assez clares. Il ne s'agit pas de la négligence habituelle des Newletter avec les faits. A Colombo, Healy afficha son appui à l'aile gauche du L.S.S.P. Mais la gauche avait mené sa lutte au cours de l'année passée en consultation avec le Secrétariat Uniflé de la Quatrième Internationale où elle se trouvait directement représentée. Healy dénonçait le Secrétariat Unifié comme coupable de toutes sortes de « trahisons ». Donc, s'il était logique, il devrait admettre soit qu'il avait décidé de participer à une « trahison » perpétrée par le Secrétariat Unifié, soit qu'il s'était trompé au sujet de sa politique, du moins dans le cas de Ceylan. En face de ce dilemme, la moralité prolétarienne céda le pas à l'opportunisme politique. Healy choisit d'amalgamer le Secrétariat Unifié avec la position même que celul-ci combattait | Il était donc 1ibre de parader devant les lecteurs des Newsletter comme le champion de l'alle gauche du L.S.S.P... contre le Secrétariat Unifié !
Mais, pour délibéré que soit ce mensonge, 11 est aussi révélateur de la nature de la politique de Healy. La Quatrième Internationale - avant la Conférence et au cours de celle-ci — a opposé à la coalition avec un parti bourgeois le mot d'ordre po- sitif de gouvernement ouvrier et paysan, et dans ce sens elle a émis l'hypothese que contre toute coalition avec le S.L.F.P. on pourrait concrétiser ce mot d'ordre par la formule d'une gouvernement du Front Unique de Gauche.
Pour Healy, un tel mot d'ordre serait identique à une coalition avec la bourgeoisie, donc une trahison. Ce point de vue n'est pas un accident de sa part, ll entre dans sa conception générale qui, traduisant son incompréhension du Programme de Transition de la Quatrième Internationale et de la révolution coloniale, exclut tout mot d'ordre gouvernemental de transition et toute possibilité d'un gouvernement de transition.
Laissons de côté sa politique en Angleterre: il serait aisé de montrer par la lecture de son journal que, pour lui, tories et travaillistes sont la même chose; jamais il ne se prononce pour faire l'expérience d'un gouvernement travailliste.
Sur le plan de la révolution coloniale, partant de la prémisse qu'en l'absence d'un parti marxiste révolutionnaire il n'y a pas de révolution victorieuse, il dénie l'existence d'une révolution se développant ou triomphant en révolution permanente, en Algérie, à Cuba. Il compare Castro à Batista, Tchan-Kal-Chek et Ataturk. Zanzibar, on a eu une révolution d'opéracomique, etc.
La politique de Healy est fort simple. On ne peut ouvrir son organe sans y trouver dans chaque numéro que quelqu'un a trahi (sell-out) quelque chose. Son organe se spécialise dans les « trahisons » comme d'autres journaux dans les affalres de sexe. Castro trahit les masses cubaines, 1l faut construire une direction révolutionnaire. Ben Bella trahit les masses algériennes, il faut construire une direction révolutionnaire. Gaitskell hier, aujourd'hui Wilson trahit les ouvriers anglais, 1l faut construire une direction révolutionnaire. Le S.W.P. trahit la révolution américaine, il faut construire une direction révolutionnaire. Le Secrétarlat Unifié trahit le trotskysme, il faut construire la Quatrième Internationale. A ce niveau politique où tout le monde trahit, pas besoin d'analyses approfondies, pas d'effort cérébral non plus. Chacun, dans ce domaine, falt ce qu'il peut. En tout cas, pour faire une telle politique, il n'est pas besoin d'appartenir à une organisation internationale, de prendre part à des congrès, il suffit d'avoir un disque tout prêt et de le mettre en route.
Healy n'a pas vraiment un brevet d'originalité. C'est tout simplement la variété des années 1960 de ce sectarisme insulatre britannique qu'Engels et la fille de Marx combattirent dans les années 1890, que Lénine dénonce dans « la Maladie infantile » en 1920.
Un dernier mot. Healy voulalt débattre de nombreuses questions, à Colombo, avec moi devant la tendance de gauche, entre autre de la philosophie marxiste. Les ouvriers de Ceylan n'auralent pas dû perdre l'occasion d'apprécier les capacités d'un tel génie.