Le conflit sino-soviétique, qui dure déjà depuis un certain nombre d'années et qui a connu des rebondissements successifs, intercalés de trèves éphémères et partielles, a atteint un nouveau palier depuis le mois d'octobre 1962. Les thèmes du débat n'ont pas essentiellement changé ; mais des pierres de touche comme la crise des Caraïbes et le conflit frontalier entre la Chine et l'Inde ont transféré certains débats du domaine des généralités plus ou moins théoriques à celui de l'actualité politique brûlante : ce qui a inévitablement rendu la polémique plus serrée et plus âpre et déchiré définitivement certaines couvertures dérisoires. Les choses sont allées si loin que, des deux côtés, on a ouvertement parlé d'un danger de scission dans le mouvement communiste ; et les Chinois, évidemment minoritaires, ont rappelé que les minorités peuvent avoir raison et que Lénine luimême ne représentait qu'une minorité dans sa lutte contre le révisionnisme au sein de la Deuxième Internationale (1).
Les Chinois, à qui revenait tout naturellement de prendre l'initiative dans la nouvelle étape du débat, ont repris, point par point, toutes les questions soulevees depuis 1959-1960 : la question de la guerre et de la coexistence, la question des conséquences d'une guerre nucléaire éventuelle, la question de la révolution coloniale et des alliances dans le « Tiers Monde», la
Il faut dire que l'attitude prise par PUnion soviétique, d'autres Etats ouvriers et toute une série de Partis Communistes à orientation khrouchtchévienne sur l'affaire sino-indienne était par elle-même de nature à provoquer littéralement les Chiquestion des voies au socialisme, la critique des conceptions des communistes yougoslaves (2), soit à peu près tous les problèmes cruciaux du mouvement ouvrier international qui, d'ailleurs, avaient été au centre de la Conférence de Moscou de 1960. Indice significatif d'une situation très tendue : les Chinois n'ont pas hésité à reprendre, manifestement à l'égard de l'Union soviétique, des propos sur la naissance de tendances au chauvinisme de grande nation et à un nationalisme étroit dans le mouvement ouvrier, propos déjà exprimés au commencement de la Révolution hongroise, mais rapidement oubliés par la suite (3). Toutefois, ce sont les deux questions politiques majeures des derniers mois — le blocus de Cuba et la petite guerre sinoindienne — qui furent au centre de la polémique et c'est d'ailleurs en partant de ces problèmes concrets, notamment du premier, que les Chinois furent amenés à rectifier ou, tout au moins, à clarifier davantage leurs idées sur la guerre nucléaire et sur les méthodes de lutte contre la menace de guerre de la part de l'impérialisme.
(1) Voir l'article du Quotidien du Peuple (15 décembre 1952) reproduit par Hsinhua Daily Bulletin.
(2) Sur la première étape du conflit, voir notre article dans Quatrième Internationale, octobre-novembre 1960.
(3) Cf. l'article Drapeau Rouge, Hsinhua Daily Bulletin (17 novembre). nois, à les pousser à un approfondissement du conflit. On peut discuter si l'attitude de la direction chinoise sur la question indienne fut politiquement correcte, s'il n'aurait pas mieux valu anticiper la décision heureuse du 21 novembre, surtout en
- LE CONFLIT SINO-INDIEN ET LA CRISE DES CARAÏBES
- LE CONFLIT SINO-INDIEN ET LA CRISE DES CARAÏBES tenant compte de la nécessité de faciliter dien pichru la tâche au mouvement révolutionnaire indien pour qui la vague chauvine organisée par Nehru a été lourde de conséquences. Mais, sur le fond, aucune hésitation ne saurait être admise dès qu'un conflit, même militaire, se dessine entre un Etat ouvrier, la Chine populaire, et un Etat bourgeois de plus en plus conservateur, telle que l'Inde de Nehru (4). Khrouchtchev l'oublia complètement et, tout en payant un hommage hypocrite au pays «frere», il encouragea pratiquement l' « ami » indien en lui confirmant, au moment le plus critique du conflit, la livraison d'avions Mig. II faut dire que la réaction publique des Chinois à l'attitude soviétique a été assez modérée (5) ; mais il n'y a pas l'ombre d'un doute que cette attitude a représenté pour Mao un test extrêmement significatif et contribué dans une mesure assez grande à laggravation du conflit.
Il ne faut pas oublier, d'autre part, toujours en rapport avec les problèmes de ce qu'on appelle le Tiers Monde, que les Chinois ne peuvent pas accepter l'évolution de l'aide économique et des relations commerciales en général de la part de l'Union soviétique. Comme on le souligne dans un autre article, en ce même numéro de notre revue, des pays sous-développés dirigés par des bourgeoisies nationales, parfois très réactionnaires, reçoivent de l'Union soviétique des aides substantielles croissantes, tandis que les rapports économiques sinosoviétiques ont enregistré une contraction spectaculaire. Encore une fois, au moins dans la polémique publique, les Chinois ont été très discrets à ce sujet ; mais personne ne saurait ignorer qu'il s'agit ici d'un des facteurs les plus importants du différend. Si certains propos d'origine chinoise sur le devoir de l'Union soviétique — qui a déjà atteint un niveau économique assez élevé — de sacrifier, ne fût-ce que partiellement, son développement ultérieur dans le but d'aider les autres Etats ouvriers à atteindre le niveau soviétique, paraissent peu concrets, inspirés par un certain degré d'idéalisme et, somme toute - ce qui compte le plus — fort discutables même d'un point de vue strictement économique, lorsque la critique concerne les phénomènes ci-dessus, elle est absolument fondée, même si en principe personne ne conteste lutilité pour un Etat ouvrier d'aider parfois même des Etats à direction bourgeoise.
L'affaire des Caraïbes, qui représenta le danger de guerre le plus grave depuis la fin de la guerre, devait d'autre part mettre en lumière la signification différente que la politique de la coexistence pacifique, en principe admise par tout le monde, acquière selon les différentes interprétations et applications. Si pour Khrouchtchev elle passe par un accord avec les Etats-Unis, pour les Chinois elle consiste, par comire, avant tout dans une lutte constante et généralisée contre l'impérialisme, contre l'impérialisme américain en premier lieu, pour lui infliger sans cesse des coups, le bloquer et l'empêcher de déclencher une guerre mondiale. Si dans l'optique soviétique, dans le but suprême de conserver la paix, il est légitime de sacrifier même les nécessités de développement d'une révolution — ce qui a déjà été fait en pratique, hien qu'on se refuse naturellement à l'admettre -- selon les Chinois c'est justement en propulsant des révolutions nouvelles et en assurant leur développement « ininterrompu » que l'impérialisme peat être mis dans les conditions les plus aficiles pour déclencher une guerre générale. Les Chinois soulignent en effet que des guerres locales, plus ou moins « civiles », sont inévitables dans le contexte international actuel et, sur la base de l'expérience des quinze dernières années, il serait dificile de réfuter leur argument.
Dans le cas concret de Cuba, les Chinois ont désapprouvé le recul de Khrouchtchev en affirmant, essentiellement, qu'un recul de telle nature avait encouragé limpérialisme, qu'il était presque sans conditions car les cing points de Fidel Castro n'avaient pas été acceptés par l'impérialisme, gu'il fallait mobiliser les masses du monde entier pour la défense de Cuba, pour lacceptation des cing points, et finalement qu'il était absurde de faire confiance aux déclarations de Kennedy qui soi-disant aurait renoncé de débarquer dans l'ile (6). L'acceptation de la part de Khrouchtchev, contre la volonté de Castro, de l'inspection de TO.N.U. sur le sol cubain était particulièrement visée car, disait-on, ce n'est pas en demandant aux peuples de renoncer à leurs droits élémentaires qu'on arrête la main de l'impérialisme et qu'on garantit une paix véritable.
(4) En ce qui concerne la position officielle de la Quatrième Internationale sur le conflit sino-indien, cf. Quatrième Internationale, décembre 1962.
(5) Cf. par exemple l'article déjà cité du 15 décembre et le discours du délégué chinois au Congrès de Berlin-Est.
(6) Cf. notamment les articles des organes chinois reproduit par Hsinhua Daily
Bulletin du 31 octobre, des ler 5 et 30 novembre. Dans un article du 15 novembre, on lit : « Les expériences historiques montrent que plus la lutte contre l'impérialisme sera résolue, plus la paix du monde sera sauvegandée. Por contre, si l'on recule, si l'on s'incline et même si l'on supplie la paix en face de l'impérialisme aux dépens du peuple révolutionnaire, on ne fait qu'encourager l'impérialisme à développer d'une façon plus agressive politique d'agression et de guerre ».
Les ripostes des partisans de lorientation khrouchtchévienne, dénongant une prétendue sous-estimation du danger de guerre et des conséquences d'une guerre nucléaire de la part des communistes chinois, amenèrent ceux-ci à mieux préciser leurs positions — ce qui était d'ailleurs nécessaire car justement sur ce plan s'étaient manilestées dans le passé des faiblesses adroitement exploitées par leurs adversaires. Ce sont surtout les très remarquables articles parus dans le Quotidien du Peuple le 15 et le 31 décembre qui ont apporté des clarifications opportunes.
Ainsi, on a appris que, dans l'affaire cubaine, les Chinois critiquaient Khrouchtehev SOUS un angle double. « Le monde sait, écrit le Quotidien du Peuple (15 décembre) que nous n'avons ni demandé l'introduction d'armes nucléaires à Cuba ni entravé le retrait des « armes offensives» du pays». Il est done clair que Mao et les siens reprochent aussi aux dirigeants soviétiques des attitudes parfois aventuristes. Dans le même article, ils proclament d'ailleurs plus généralement que « les pays socialistes n'ont aucun besoin d'utiliser d'armes nucléaires pour riposter et effrayer les autres », tandis que, dans l'article du 31 décembre, ils écrivent : « Nous n'avons iamais considéré que c'est une attitude marxiste léniniste de brandir des armes nucléaires comme moyen pour régler les conflits internationaux ». Dans ce sens, la critique chinoise a des analogies assez frappantes avec les critiques que la IV: Internationale a adressées à plusieurs reprises à la direction soviétique dont l'opportunisme foncier n'est pas du tout exempt d'incartades aventuristes caractérisées (7).
En ce qui concerne la question de la guerre, souvent discutée sous une forme scolastique, les Chinois, comme ils l'ont fait d'ailleurs dans le passé, ne contestent pas que la guerre puisse être évitée, mais ils en précisent la condition, à savoir la lutte opiniâtre et unitaire de toutes les forces anti-impérialistes sans la moindre illusion dans telle ou telle autre tendance « pacifiste » de la bourgeoisie. C'est dans ce sens que la répétition de l'idée que « l'impérialisme n'a pas changé de nature» - qui en soi pourrait ressembler à une formule rituelle - acquiert sa signification concrète.
Tout cela implique qu'il serait « absurde de croire qu'on puisse atteindre un monde Il est inévitable que des guerres civiles et sans guerre par la coexistence pacifique... des guerres de libération nationale se produisent ». En dernière analyse, « les marxistes-léninistes ont toujours expliqué que ce n'est qu'après que le système impériatina sera renversé, et tout système d'oppression et d'exploitation de l'homme aboli, et pas avant, qu'il sera possible d'éliminer
NALT 17 toutes les guerres et d'atteindre le monde sans guerre » (8). Cette position également est de loin plus correcte que l'orientation khrouchtchévienne qui mise et met l'accent sur la possibilité d'éliminer le danger de guerre même si le régime capitaliste sabsiste.
A propos de la force destructive des armes nucléaires et des conséquences qui en découlent, les Chinois ont précisé que leur parti est tout à fait convaincu du fait que « les armes nucléaires impliquent une puissance de destruction sans précédent et que, si une guerre nucléaire éclatait, cela serait une calamité sans précédent pour l'humanité », et ils ont rappelé toutes leurs prises de position sur l'interdiction des armes et des essais nucléaires. Mais ils ajoutent que l'existence de ces armes nouvelles n'implique pas, en premier lieu, un changement dans la nature de la guerre, ne justifie pas, pas, deuxièmement, les perspectives catastrophiques envisagées en particulier par le leader italien Togliatti sur la destruction totale 'de l'humanité ou de la civilisation (9), et finalement n'exelut absolument pas des divergences sur les moyens à utiliser pour empêcher la guerre nucléaire. A une politique qui serait basée sur la peur el les reculs constants, ils opposent une ligne orientée sur la mobilisation des masses. Ils ajoutent qu'il faut mettre au courant les masses sur la portée des armes nouvelles pour éviter des erreurs de sousestimation et pour pousser à la lutte contre la politique de guerre de l'impérialisme.
On pensera tout de même que la possibilité d'un holocauste nucléaire ne cesse pas dy être sous-estimée. En effet, Thypothèse qu'une guerre nucléaire sur une grande échelle puisse provoquer la desthèse qu'une guerre sur truction de la vie humaine sur la planète ne saurait être écartée tout simplement comme « révisionniste » ou propre à des gens effrayés. Il s'agit au fond d'une hypothèse scientifique — que la plupart des savants compétents considèrent comme plausible et, si les Chinois sont condition de démontrer qu'elle est fausse, en ils doivent le faire par des arguments scientifiques et non par des rappels à des
(7) Cf. la résolution du Secrétariat Internatienal sur la crise des Caraïbes (Quatrième crise de Berlin (ibidem, novembre 1961), Internationale, décembre 1962) sur
(8) Cf. en particulier l'article cité du 31 décembre.
(9) D'une part les Chinois s'en tiennent à la position, retenue aussi dans un passage de la résolution de Moscou (1960), d'aprês laquelle, si compte, ce serait le capitalisme qui en sortila guerre éclatait, en fin de rait détruit, d'autre part ils avancent l'hypothèse d'un accord pour exclure l'utilisation conclus dans le passé pour les armes chimi- d'armes nucléaires à l'instar des acconds ques et bactériologiques (cf. ibidem).
vérités premières du marxisme. Toutefois, les dernières prises de position du Quotidien du peuple indiquent que certaines attitudes désinvoltes — que nous avions nous-mêmes critiquées - ont été sensible-
La logique même du conflit a poussé les Chinois à exprimer d'une facon beaucoup plus nette que par le passé leurs critiques de la politique des « voies pacifiques et démocratiques » au socialisme. Leur choix -- dans une certaine mesure déterminée par des nécessités défensives — est tombé sur le P.C. italien, le plus fort parti des pays capitalistes avancés, dirigé par une équipe qui se place littéralement à lavantgarde du khrouchtchévisme. Si en 195960 ils se limitèrent à des rappels sommaires sur la nature de l'Etat, mettant l'accent sur la probabilité plus grande des solutions caractérisées par une rupture révolutionnaire, maintenant la critique est de loin plus ouverte et plus serrée. L'orientation du P.C. italien est passée au crible, dénoncée dans certains de ses aspects essentiels (voie italienne, interprétation de la Constitution italienne en vigueur, conception des réformes de structure, etc.) et caractérisée comme social-démocrate. Les Chinois en arrivent même à une comparaison entre Togliatti et Kautsky qui, à juste titre, peut être énuméré parmi les ancêtres de la conception de la voie pacifique.
En fait, les points essentiels de l'orientation de Togliatti sont saisis pertinemment : le leader du P.C. italien ne croit plus à la nécessité d'une révolution prolétarienne, il mise sur une évolution « progressive » et « pacifique » vers le socialisme, par une série de réformes de structure, il considère désormais, sinon tout carrément dans ses déclarations, mais en réalité dans sa politique effective, l'Etat italien actuel comme un instrument qui n'est pas nécessairement de nature capitaliste et qui pourrait, par contre, être conquis de l'intérieur et utilisé en tant que tel par le prolétariat dans sa lutte pour le socialisme (10). Cette ligne, disent les Chinois, découle au fond d'une interprétation opportuniste de la coexistence. Les concep-
Les longues réponses de Khrouchtehev aux critiques les plus récentes des Chinois n'ont apporté aucun élément essentiellement nouveau mais ont exprimé avec une clarté plus grande la portée de la politique actuelle de la direction soviétique (13).
En ce qui concerne, avant tout, la crise des Caraibes l'argument est connu : l'atment rectifiées et, plus encore, que les eritiques contre le soi-disant aventurisme chinois qui envisagerait à la légère l'éventualité d'une guerre correspondent à une déformation abusive des positions réelles. tions de collaboration de classe qui se précisent au sujet de la politique mondiale, sont transférées sur le plan de la politique intérieure.
Derrière cette dernière critique se cache-t-il une critique plus générale et plus fondamentale concernant le rapport entre ce qui peut être une politique internationale d'un Etat ouvrier et la politique des partis communistes dans leur propre pays, laquelle ne devrait jamais être subordonnée aux nécessités diplomatiques et tactiques, d'ailleurs transitoires, d'un Etat ouvrier ou d'un bloc d'Etats ouvriers ? On est tenté de répondre par l'affirmative, car le Drapeau rouge a rappelé récemment une prise de position de Mao-Tsé-Toung en 1946 à propos du compromis entre IU.R.S.S. et les pays impérialistes sur le plan international. « Ce compromis n'implique pas que les partis du monde capitaliste se placent sur le même plan et fassent des compromis chez eux. Le peuple de ces pays devra continuer à déclencher des luttes sur la base de ses conditions spécifiques » (11).
C'est l'un des pivots de la conception stalinienne classique qui est mis en question dans ce passage. La politique effectivement pratiquée par Mao au tournant crucial de la situation chinoise en 1946-47 a montré sans possibilité d'équivoque que ses affirmations n'étaient pas des propos abstraits (12).
(10) L'article contre Togliatti, c'est celui du 31 décembre, publié intégralement par le bulletin chinois du ler janvier 1963, et en brochure.
(11) Voir le texte dans Hsinhua Daily Bulletin, 6 janvier 1963.
(12) Il est avait conseillé tout prix avec tre son avis ont adopté la désormais connu que Staline aux Chinois de s'accorder à
Tchang-Kaï-Chek et c'est concommunistes chinois que les perspective de la guerre civile.
titude de l'U.R.S.S. a sauvé le monde d'une guerre nucléaire, a évité l'invasion de Cuba, a obtenu un engagement de la part de Kennedy de ne pas entreprendre de nouvelles agressions. Plus généralement,
(13) Cf. en particulier le texte publié par la Pravda, le 7 janvier 1963, et le discours de Khrouchtchev au Congrès de Berlin-Est.
L'ATTAQUE CONTRE LES DIRIGEANTS DU P. C. ITALIEN
LA CONTRE - ATTAQUE SOVIETIQUE
L'ATTAQUE CONTRE LES DIRIGEANTS DU P. C. ITALIEN
LA CONTRE - ATTAQUE SOVIETIQUE les dirigeants soviétiqu critiques de concevoir cialisme par la gue d'une façon irrespons me représenté par les de prôner une politi trainerait lisolement surtout dans les pays
Nous avons vu khrouchtchéviens ne très partiellement fon faux. Faut-il d'autre la politique de Khr faire des fusées à C dernière analyse, un défense de lile rév l'attitude de Khroucl prouvée aussi par la naire cubaine, KI abstraction de celle-ci pection de TO.N.U. bain ? Faut-il rappeler une première déclarati explicitement refusé d garantie ? Est-il d'aill ligner, comme le fon boucs émissaires alba Cubains, qu'en tout ca confiance dans des d de l'impérialisme amér
On peut rétorquer g Soviétiques se sont pour les cing points reusement soutenus pi il ne s'agit de toute pure hypocrisie: car, de l'Union Soviétique ment un rôle essentiel points ne pouvait sig dination de l'accord ceptation des deman part de celui-ci. Khro a retiré non seulemen si les avions sans mi quoi que ce soit en r points qui, par conség qu'une pure valeur d
Quant aux thèmes polémique, les Soviéti core une fois l'idée ‹ victoire complète du s re, lorsque le capital dans des régions du possibilité réelle d'élin diale de la vie de l: outre, ils ont proclam rite si la guerre n'a rentes occasions et n tique aux révolutions rôle très important. dans son autodéfense, au défi les Albanais exemple d'un parti co es reprochent à leurs * lavénement du sonre, de sous-estimer ible le danger extrêarmes nucléaires et que sectaire qui endes communistes, capitalistes (14). que ces reproches sont désormais que dés, sinon carrément part rappeler que suchtehev, dans l'aluba, a impliqué, en affaiblissement de la olutionnaire el que itchev a été désapdirection révolutionrouchtchev faisant en acceptant l'insque Kennedy, après on assez vague, s'est • donner la moindre eurs si faux de sou: non seulement les nais, mais aussi les s on ne saurait avoir iclarations du leader icain ? (15). ue, somme toute, les exprimés eux aussi le Castro, si chaleuir les Chinois. Mais évidence que d'une dans les conditions qui jouait directe, le soutien des cinq nifier qu'une suborvee Kennedy à l'acles cubaines de la schtehev, par contre, les fusées mais ausime tâcher d'obtenir apport avec les cinq uent, n'ont pour lui • propagande. ›lus généraux de la ques ont repris enmu'« avant même la ocialisme sur la tersme existera encore nonde, il y aura la ainer la guerre monsociété » (16). En é que c'est leur mépas éclaté en difféde le soutien soviécoloniales a joué un En allant plus loin Khrouchtchev a mis de citer un seul mmuniste qui, dans
Nous ne savons pas si les Albanais ont répondu jusqu'à maintenant. De toute façon, venons en aide à la mémoire défaillante du leader soviétique. Que Staline ait « déconseillé » une ligne révolutionnaire en Chine au moment crucial, c'est généralement admis. Ce seul exemple suffirait, du fait qu'il concerne une révolution d'un peuple de 600 millions d'êtres humains ! Mais, dans le cas de la Yougoslavie, une chose analogue s'est passée. D'après Staline la lutte des Yougoslaves n'aurait pas dû avoir des buts socialistes, mais impliquer une collaboration avec la bourgeoisie « antifaseiste », « progressiste » et c'est essentiellement contre ses instructions que le mouvement de résistance en Yougoslavie s'est transformé assez rapidement dans un mouvement d'émancipation sociale. Last but not least, la longue emprise de Moscou sur les P.C. de l'Amérique latine a amené ces partis à adopter une ligne sans rapport avec les nécessités de la révolution latino-américaine : ce qui est apparu absolument clair avec la révolution cubaine, qui est née, s'est développée et a atteint le stade de l'édification socialiste non sous la direction, mais en dépit des communistes cubains, fidèles au Kremlin (17). Faut-il ajouter, par exemple, que dans le cas de la révolution irakienne, la ligne khrouchtchévienne en entrava le développement logique, que l'U.R.S.S. a attendu Evian pour reconnaitre le G.P.R.A. et que, dans les mois critiques que traverse l'économie de l'Algérie indépendante, elle ne s'est pas encore engagée à fournir une aide économique et technique pourtant si nécessaire ?
(14) A Berlin-Est, le leader soviétique a parlé de la guerre nucléaire sur un ton particulièrement dramatique. en réalité envisageant des destructions et des hécatombes irréparables dans l'éventualité d'une guerre
(15) D'après la version parue dans l'Unità, organe du P.C. italien, Khrouchtchev aurait dit dans son discours au Soviet Suprême du 32 décembre : « Si on ne croyait pas à la parole de Kennedy, il faudrait alors reconmaître que l'humanité n'a que la perspective de la destruction mutuelle ». La perspective de la lutte révolutionnaire pour paraiyser avant. et après détruire l'impérialisme, est ici tout simplement oubliée !
(16) Il s'agit du rappel d'un passage de la Conférence de Moscou (1960).
(17) Un texte considéré comme fondamental par les intéressés — la déclaration de Moscou (1960) - est visiblement embarrassé par le phénomène cubain qui échappe à son schéma arbitraire de soi-disant Etat de démocratie nationale, il ignore In véritable nature de la révolution castriste et sa leçon fon. damentale qui implique une confirmation éclatante de la théorie de la révolution permanente. Le programme nouveau du P.C.U.S.
qui a pourtant la prétention d'être une synthèse théorique et historique organique - ne souffle pas un seul mot sur la révolution cubaine, à savoir sur l'événement historique qui est la première révolution socialiste sur le continent américain !
situation révolutionnaire, aurait été une conseillé par le P.C.U.S. de renoncer à une perspective de lutte armée.
D'ailleurs le cas cubain permet de comprendre une autre divergence qui a trait à la politique envers le monde colonial et semi-colonial. Bien sûr, quand une révolution est victorieuse et se trouve menacée par l'impérialisme, la bureaucratie soviétique elle-même, dans son propre intérêt, est obligée d'exprimer sa solidarité, y compris par l'aide économique et militaire. Mais l'expérience cubaine n'a pas changé la ligne fondamentale du Kremlin qui reste la recherche d'une alliance avec les bourgeoisies nationales des pays coloniaux et semi-coloniaux, ce qui implique évidemment que ne se trouve encouragé sous aucune forme — au contraire ! — le développement socialiste des révolutions coloniales. Les Chinois, par contre, exaltent l'exemple cubain en ne le considérant pas comme un cas isolé ou tout à fait spécifique, et, d'autre part, ils ne cessent de reprendre de temps à autre le thème de la révolution ininterrompue. La différence est donc assez nette, même si les Chinois eux-mêmes devraient être plus clairs sur ce problème capital pour ce secteur du monde où, à l'étape actuelle, ils ont les meilleures chances de faire triompher leurs points de vue.
Mais le noyau essentiel de la réponse des dirigeants soviétiques parue dans la Pravda est décelé surtout par l'énumération des tâches du mouvement communiste dans sa lutte contre l'impérialisme, à savoir : développer l'économie de la SOciété socialiste de façon que les pays socialistes exercent une influence de plus en plus décisive sur le développement historique ; appliquer une politique étrangère de paix qui puisse affaiblir l'impérialisme et faciliter la lutte des peuples pour leur liberté et leur indépendance, en évitant toute attitude qui aide l'impérialisme dans ses manœuvres de division des forces de la paix ; être vigilants en face de l'impérialisme et assurer la défense militaire efficace du « camp » socialiste ; démasquer inlassablement les menées de guerre impérialistes, organiser mieux les forces de paix et intensifier l'activité des masses
L'ATTITUDE
Au fur et à mesure que la polémique sino-soviétique s'est élargie à toutes les questions fondamentales de notre époque, en touchant en même temps à des événements politiques d'actualité dans lesquels d'autres que les Soviétiques et les Chinois étaient aussi directement engagés, elle est devenue et devient de plus en plus une confrontation majeure dans le mouvement communiste mondial, parmi les différentes pour la paix, en collaborant aussi avec les Etats qui ne sont pas intéressés à de nouvelles guerres ; renforcer les liens avee les Etats d'Afrique et d'Amérique latine qui luttent pour conquérir ou renforcer leur indépendance, aider le mouvement de lbération nationale ; contribuer à assurer la collaboration de tous les groupes et organisations de la classe ouvrière internationale. Rien, absolument rien sur le rôle de la lutte du prolétariat international pour le renversement révolutionnaire du capitalisme, laquelle pourtant représente toutouljours la garantie suprême contre le danger d'un holocauste nucléaire !
Tout cela indique clairement que Khrouchtchev s'en tient plus que jamais à sa conception du passage du capitalisme au socialisme à l'échelle mondiale, conception que les marxistes révolutionnaires n'ont jamais cessé de dénoncer. Pour lui, le facteur principal, qui en dernière analyse va décider de tout, c'est le développement économique de l'Union Soviétique et des autres Etats ouvriers ; la lutte des peuples coloniaux et des prolétaires des pays avancés, c'est une force d'appoint qui ne jouera qu'un rôle subordonné (18). Il est clair que non seulement les marxistes révolutionnaires, mais aussi les communistes chinois ne peuvent que rejeter une telle perspective qui efface tout simplement le facteur « révolution » et peut être caractérisée à juste titre comme réformiste, réformiste d'un type nouveau si l'on veut.
(18) La plus claire expression du khrouchtchévisme se trouve dans le passage suivant du rapport fait par Khrouchtchev lui-même sur la Conférence des 81 : « La victoire de l'U.R.S.S. dans la compétition économique avec les U.S.A. et la victoire du système socialiste tout entier sur le système capitaliste marqueront un tournant radical dans l'histoire, exerceront une influence encore plus grande sur le mouvement ouvrier du monde entier Alors, il sera clair, même pour les plus indécis, que seul le socialisme apporte tout ce qui est nécessaire à l'homme pour une vie heureuse, et ils feront leur choix en faveur du socialisme. Gagner du temps dans la compétition économique avec le capitalisme: voilà ce qui est la chose importante aujourd'hui». DES CUBAINS tendances qui existent ou s'esquissent aussi bien nationalement qu'internationalement. Il est clair, d'autre part, qu'en dépit de toute fiction bureaucratique, le ralliement d'une direction à l'une ou l'autre orientation n'implique absolument pas que l'unanimité règne parmi ses troupes.
Khrouchtchev a réussi jusqu'a maintenant à garder et à renforcer ses positions.
UNE CONFRONTATION INTERNATIONALE :
UNE CONFRONTATION INTERNATIONALE :
Il a en réalité avec lui les partis des démaes tes ope tires une serie ins capite mocraties pays capitade partis de pays coloniaux ou semi-coloniaux, ce qui représente une majorité assez. large. Mais, avant tout, son front n'est pas sans fissures et sans différentiation dans son sein même : il est clair, en effet, par exemple que l'orientation de Togliatti est assez différente de celle de Thorez, lorientation de Gomulka de celle de Novotny. Il y a, en outre, des partis, même puissants (19) qui n'ont pas voulu se prononcer clairement, tandis qu'on ignore les rapports de force exacts entre les diflérents courants qui effectivement existent dans une série de partis communistes latino-américains ou africains (20). Cela veut dire que la partie reste ouverte et que ce serait commettre une erreur grossière que d'apprécier la force et, encore plus, les possibilités des Chinois d'après le bilan médiocre de leurs alliés actuels.
Nous avons à maintes reprises souligné que les communistes yougoslaves représentaient une troisième tendance du mouvement communiste internationale, dont lapport plus positif réside dans l'expérience des conseils ouvriers et l'élaboration d'une série d'idées fort valables en matière d'organisation d'une démocratie socialiste. Cet apport, et la signification, surtout aux yeux des petits pays, de sa lutte contre la tutelle de la bureaucratie stalinienne et, finalement, l'aide pratique qu'ils ont accordée mouvements révolutionnaires (21), ont créé de par le monde de larges courants de sympathie envers les Yougoslaves, sans parler des courants « titis tes » qui sans doute existent dans les Etats ouvriers. Mais, malgré cela, il est difficile que la tendance yougoslave, à l'étape atuelle, puisse devenir une tendance importante à l'échelle internationale. En effet, sur des problèmes capitaux comme l'orientation envers les bourgeoisies nationales du Tiers Monde, comme la coexistence et la guerre, comme les voies au socialisme, qui sont au fond les problèmes sur lesquels s'opère le choix, les positions de la Ligue yougoslave sont absolument droitières et souvent carrément révisionnistes. Sur ce plan, d'ailleurs, ils risquent d'apparaître comme le fer de lance du khrouchtchévisme, pouvant eux-mêmes dire avant Khrouchtchev et plus explicitement que lui ce que celui-ci ne peut présenter à ses troupes que par doses successives et dans une version édulcorée.
C'est le courant fidéliste, par contre, qui joue et va jouer davantage un véritable rôle international. Né sous une forme tout à fait originale, inspiré constamment par une révolution vivante et stimulé par la situation objective de toute l'Amérique latine, le fidélisme a su exprimer une ligue claire, fondamentalement marxiste-révolutionnaire, sur plusieurs problemes-cles, en provoquant une puissante vague en sa faveur, surtout dans les pays du sud et du centre de l'Amérique. Il est vrai que la direction cubaine ne s'est pas engagée jusqu'ici dans le différend du mouvement communiste, et Castro a souligné avec énergie la nécessité de sauvegarder l'uni. té. C'est logique de sa part, car Cuba a besoin du soutien de tous les Etats ouvriers et, en particulier, ne peut pas risquer de compromettre Jaide économique considérable que l'Union Soviétique lui apporte (dans ce domaine, la Chine ne serait pas en condition de prendre effectivement la relève).
Mais, si on se rappelle l'orientation de base des révolutionnaires cubains — exprimée dans la Deuxième Déclaration de La Havane d'une façon magistrale — et leurs prises de position les plus récentes, il est absolument évident que le courant fidé. liste est beaucoup plus près de la tendance chinoise que de la direction soviétique. Sur le dénouement de la crise des Caraïbes - qui implique la question plus générale de la coexistence → les critiques cubaines à l'Union Soviétique, surtout à propos des inspections par IO.N.U. et des « engagements » de Kennedy, sont connues. « Ce qui intéresse le plus, a déclaré Castro au Secrétaire de TO.N.U., ce n'est pas de payer maintenant un prix pour la paix, mais de garantir la paix d'une façon définitive et non pas de payer chaque jour le prix d'une paix éphémère » (22). « Je veux dire en premier lieu, a-t-il dit au congrès des femmes américaines, que pour nous la crise des Caraïbes n'est pas résolue. Je veux dire que notre opinion, l'opinion des dirigeants révolutionnaires du pays, est qu'une guerre a été évitée, mais la paix n'a pas été gagnée : ce sont deux choses différentes... Nous ne croyons pas aux déclarations de Kennedy et, qui est plus, Kennedy n'a rien déclaré. S'il a fait quelques promesses, il les a déjà retirées. »
(19) En premier lieu, le P.C. indonésien, qui d'une part peut difficilement se SouStraire à l'influence de la Chine sur ses propres masses, mais d'autre part suit une politique de collaboration poussée avec le bourgeois national Soukarno dans le style du « meilleur » khrouchtchévisme.
(20) La ligne actuelle du P.C. d'Afrique
Sud, par exemple, se rapproche plus de l'orientation chinoise que de celle du P.C.U.S.
(21) Dernier exemple : l'aide rapide et importante en tracteurs au nouvel Etat algé rien, dans un moment économiquement très critique.
(22) Le fait que Fidel ait lu à la télévision le texte sténographique de ses pourparlers avec U Thant est significatif de son attitude envers les masses.
Il y a un an la Deuxième déclaration de La Havane précisait une ligne pour toute l'Amérique latine, tirée de l'expérience victorieuse cubaine. Malgré quelques réticences mineures, en réalité l'orientation des partis communistes d'Amérique latine (confirmée par la Conférence des 81) y était rejetée. An lieu de rechercher la collaboration avec la bourgeoisie nationale dans le but de créer des « Etats indépendants de démocratie nationale », elle opposait la lutte révolutionnaire conséquente, au fond inspirée par la théorie de la révolution permanente. Aux bavardages sur les voies pacifiques et parlementaires, dont paradoxalement se complaisent même des partis communistes agissant dans des pays où il n'y a pas l'ombre d'un parlement et où la démocratie n'est qu'une farce tragicomique, elle opposait la nécessité d'une lutte armée, basée avant tout sur la paysannerie pauvre. Dans son discours aux femmes américaines, Castro vient de revenir plus explicitement que jamais sur toutes ces questions, en se plaignant du sort réservé dans « des pays frères » à la Déclaration de La Havane et en polémiquant très vivement contre des théoriciens des voies pacifiques qui sont allés qu'à présenter la révolution cubaine elle-même comme un exemple de voie pacifique ! (23).
Puisqu'il s'agit pour une grande partie de l'Amérique latine de problèmes d'une actualité brûlante qui impliquent des questions d'orientation et de lutte à échéance très proche ou immédiate. le conflit entre l'orientation qui domine encore chez les dirigeants des P.C. latino-américains et la ligne fidéliste est inévitable, en fait il se développe déjà depuis un certain temps,
UN COMPROMIS
Les directions bureaucratiques engagées dans le conflit — aussi bien celle des Soviétiques que celle des Chinois — se rendent de plus en plus compte du danger que la poursuite et l'approfondissement d'un tel conflit impliquent pour elles, au-dela des intentions conscientes. Elles se rendent compte qu'à la longue il sera impossible même aux directions les plus fer. mées d'imposer par en haut une position « unanime » sans des différenciations croissantes au sein-même de chaque parti. D'où les tentatives de cacher la polémique
June période ou de s'en pendant toute prendre aux boucs émissaires de Tirana el de Belgrade, d'où les accusations réciproques d'avoir tiré les premiers, d'où les différents propos sur le devoir de ne pas attaquer des partis frères et de ne pas intervenir dans les questions intérieures d'un Etat ouvrier ou d'un parti communiste. Ce qui a fait particulièrement scandale parmi les bureaucrates de Moscou, ce sont les plus ou moins ouvertement. Il est facile de prévoir que, les conditions objectives aidant, Castro a beaucoup de chances de gagner largement soit en stimulant un peu partout le développement de mouvements révolutionnaires nouveaux soit en propulsant une aile « cubaine » dans certains partis communistes. Dans cette éventualité, le fidélisme apparaîtrait plus que jamais comme un courant du communisme international qui, à cause de tous ses aspects hautement progressifs, pourrait élargir son influence à d'autres parties du monde et aux Etats ouvriers eux-mêmes (24).
C'est une telle dynamique possible que Khrouchtehev devrait considérer pour dresser un tableau plus réel des différentes forces en présence.
(23) On a entendu des «théoriciens» d'une telle envergure besoin de par exemple, dans le P.C. italien. Est-il rappeler d'autre part que, selon le discours de Mikoyan au XX* Congrès, même la révolution chinoise serait un exemple de voie pacifique ?
Dans ce discours, Castro accuse des organisations révolutionnaires « dans certains pays frères » d'avoir « enfermé dans un titoir la Déclaration de La Havane au lieu de la faire circuler, comme elle le méritait». En ce qui concerne les voies au socialisme. sans nier totalement la possibilité d'une transition « pacifique » (« nous ne sommes pas dogmatiques »). il souligne que jusqu'ici il n'en existe aucun exemple et que, de toute façon, la voie révolutionnaire s'impose pour l'Amérique latine.
(24) Les événements de mars 1962 (limogeage d'Esealante) et les discours de Castro à l'époque indiquent que les Cubains se placent à lavant-garde aussi sur le plan vital la lutte contre la bureaucratisation : ce qu'on ne saurait dire malheureusement pour les Chinois. EST-IL POSSIBLE ? affirmations des Chinois sur la minorité qui peut avoir raison et des majorités qui ne seraient que provisoires. Dans nombre d'articles — dont celui de la Pravda déjà cité - les Soviétiques ont attaqué avec violence comme si les Chinois — en rappelant somme toute une vérité première que personne n'aurait songé à contester du temps de Lénine - avaient commis un crime inexpiable ! A vrai dire, du point de vue de la bureaucratie cela peut être un crime de diffuser des idées « dangereuses », dont bien des militanis pourraient être tentés de généraliser l'application (25).
Tout cela, ajouté à la nécessité réelle
(25) L/idée que certains débats ne devraient pas être publics pourrait même être admise si tous les membres des différents partis pouvaient effectivement discuter. Mais pour les bureaucrates, cela signifie discuter entre eux, au niveau des directions et tout au plus des Comités centraux.
d'opposer un front unitaire aux menées de l'impérialisme mondial, pousse de temps à autre à la recherche d'un compromis. Comme l'on sait, la tentative la plus sérieuse dans ce sens fut la Conférence des 81, dont toutefois les résultats s'avérèrent éphémères (26). Avant le Congrès du S.E.D. a Berlin-Est, certains pensaient qu'il y aurait eu une tentative nouvelle de redresser, du moins en partie, une situation devenue assez grave. En fait, les Chinois ont proposé un Congrès international qui tranche sur les questions controversees, tandis que les Soviétiques ont avancé l'idée d'une trève prolongée. Toutefois, dans le contexte concret, il s'agissait beaucoup moins d'une tentative de compromis partiel que d'escarmouches tactiques visant à montrer surtout à certains partis « neutres » que la responsabilité d'une tension accrue incombait aux autres.
Il se peut, bien sûr, qu'il y ait des tentatives ultérieures, plus sérieuses, même avec des trèves comme celles qu'on a déjà connues. Mais, encore une fois, toute soJution recherchée par cette voie ne sera que provisoire, tout à fait provisoire. Les problèmes en discussion, répétons-le encore, sont les problèmes fondamentaux de cette étape historique : aucun louvoiement n'est à la longue possible ; d'autant plus que notre analyse des pays coloniaux et semi-coloniaux, des Etats ouvriers et des pays capitalistes avancés nous amène à la conviction que, dans tous les domaines, il y aura, en ligne générale, des conflits de plus en plus aigus, des contradictions de plus en plus ouvertes et que personne ne pourra se soustraire aux choix décisifs. De toute cette période de crise intérieure du mouvement communiste déjà ouverte depuis quelques années et qui n'est pas près de sa conclusion, le résultat sera, en dernière analyse, un reclassement des forces et des positions, prélude nécessaire au renouveau impérieux de l'ensemble du mouvement ouvrier international. Les bureaucrates de différentes souches seront de moins en moins en condition de bloquer ce processus que, par leurs contradictions et leurs différends propres, ils auront contribué, en dépit de toutes leurs intentions, à provoquer.
La IV* Internationale a déjà maintes fois précisé son attitude : dans le conflit qui oppose le P.C. chinois et la direction soviétique, c'est le premier qui globalement défend les positions les plus progressistes, celles qui ont le plus d'analogie avec les positions des marxistes révolutionnaires (27). Nous ne pouvons que confirmer cette appréciation au moment où les Chinois ont clarifié davantage certains points importants.
Toutefois, les Chinois sont entravés par des handicaps assez lourds.
le, nous ne nous relerons Ici, nous ne nous référons pas tellement Pas tentemen aux handicaps matériels, qui ne permettront pas à la Chine de faire ce que peut taire T'U.R.S.S. sur le plan de l'aide économique et technique — ce facteur joue, comme nous l'avons certaines positions d vent la pénétration d
Nous avons dit un qu'ils précisent dava la question du carac guerre nucléaire. En si la révolution col d'avoir la clarté d'ur sont eux aussi dispo tuels avec des boi Quant aux pays capi cacité d'articles comn Togliatti, ils se limite analyses sommaires, situation économique tage sur des schémas que sur une connais faits.
Mais leur faiblesse Khrouchtchev et les fond - c'est leur al nais et leurs liaison liniens dans l'Union Molotov-Kaganovitch). chinoise publie chac dithyrambiques d'Env clame ouvertement d la possibilité à leur accuser d'être des ne te de la personnalité paraître d'autant plu problèmes de la désta les Chinois ne cessen ce. En mème temps miquer contre les e ves rappelle les form y a quinze ans; non pas de nature à convai qui pis est, elle disc servent (28).
(26) Nous l'avions vu - mais plutôt à *s Chinois qui entrae leurs idées. mot sur la nécessité ntage leur ligne sur tère destructif de la ce qui concerne ausoniale, ils "sont loin 1 Fidel Castro et ils sés à des flirts évenirgeoisies nationales. talistes, malgré l'effile celui dirigé contre nt trop souvent à des où en particulier la paraît jugée davantout à fait généraux sance minutieuse des fondamentale → que siens exploitent à fiance avec les Albaavec les groupes sta-
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Quand la presse ue jour des éloges er Hodja qui se rée Staline, ils offrent 3 adversaires de les •stalgiques du « cul»: ce qui peut ap; fondé que sur les linisation en général, t de garder le silenleur façon de poléimmunistes yougoslaules stéréotypées d'il seulement elle n'est nere quiconque, mais, rédite ceux qui s'en d'ailleurs prévu sans difficulté dans l'analyse de la Conférence des 81, publiée dans Quatrième internationale, juillet 1961.
(27) A part les deux articles de Quatrième Internationale déja cités, cf. la résolution du VIe Congrès mondial et la résolution du S.I. après le XXII* Congrès (Quatrième Internationale, janvier 1961 et avril 1962).
(28) L'affirmation qu'en Yougoslavie
Use rétablit le capitalisme est particulièrement absurde (on tâche de le « prouver » en mettant en épingle des phénomènes de dégénérescence réels, mais tout a fait secondaires dans le contexte socio-économique du pays). D'autre part, les cris d'indignation des khrouchtchéviens à ce sujet ne devraient troubler personne, car ces mêmes messieurs ont utilisé pendant de longues années et dans plusieurs cas jusqu'a une date très récente, des formules et un langage analogues. Faut-il rappeler que les chastes bureaucrates de Berlin-Est, qui ont hué • le délégué chinois, gardent encore en prison des « titistes », dont Wolfgang Harich, condamné à dix ans de détention ?
Tout cela a des explications, dont nousmêmes avons parlé. Mais la contradietion jaillit du fait que les Chinois en réalité n'ont pas du tout une orientation stalinienne, ni en politique internationale, ni en politique intérieure (économique avant tout), même si le pays a traversé et traverse encore une phase d'un resserrement bureaucratique indéniable (29). A plus forte raison, ils seront constamment poussés à clarifier leurs positions aussi sur cette question dont ils ne sauraient sousestimer l'importance dans le cadre même du conflit en cours. Dans l'écrasante majorité des partis communistes, ceux qui tolèreraient sans réagir d'être considérés comme staliniens, n'auront aucun succes. Cela est encore plus vrai pour l'Union Soviétique et les démocraties populaires. Comme, en dernière analyse les processus à l'inté. rieur du P.C. de I'U.R.S.S. lui-même joue- ront un rôle de premier ordre dans l'issue de la controverse, tous ceux qui laissent planer le doute sur leur attitude en face de la déstalinisation, partent battus par avance. Ce ne sont pas des staliniens attardés, mais des « réformateurs » plus conséquents que Khrouchtchev qui pourront éventuellement sonner le glas de l'équipe khrouchtchevienne.
Nous sommes d'ailleurs convaincus que sur ce plan aussi, l'avenir nous réserve d'autres événements spectaculaires.
Janvier 1963.
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(29) Dans certains partis communistes, il y a encore des « staliniens de gauche» qui sont contre Khrouchtchev surtout pour sa conception des voies pacifiques. Ils oublient que Staline lui-même s'était placé sur ce terrain, comme l'a d'ailleurs rappelé Khrouchtchev à Berlin-Est.