En août 1962, la Jamaïque est devenue un Etat « indépendant» du Commonwealth britannique, mais cette indépendance est factice. Le pouvoir a été transmis à une équipe de serviteurs indigènes de l'impérialisme. La Jamaïque est un pays qui vit dans de telles conditions de misère qu'un très grand nombre de ses habitants émigre. Dans les dernières années, les Jamaïcains ainsi que les originaires des autres possessions britanniques des Indes occidentales constituent les « Algériens» de Londres et des grandes villes britanniques. Dans Vile, une lutte conséquente est menée par le People's Freedom Movement (Mouvement de Libération du Peuple) dont nous publions ci-après la déclaration de principes qu'il formula à l'occasion de l'accession à l'indépendance. Ce Mouvement était, à l'origine, sous influence stalinienne, mais, la Jamaïque étant à moins de cent kilomètres de Cuba, les leçons de la Révolution cubaine ont amené la majorité de ce Mouvement à évoluer sur des positions voisines de celles de la théorie de la révolution permanente. On pourra le constater à la lecture du document ci-après dont on appréciera en même temps que les positions fermes, la forme vigoureuse dans laquelle elles sont exprimées.
Depuis le 6 août, c'est encore le monarque britannique régnant qui demeure à la tête de l'Etat jamaïcain, et c'est encore un Gouverneur général britannique, agissant sous les ordres du gouvernement anglais impérialiste, qui se trouve à la tête du Parlement jamaïcain, afin de faire obstruc. tion à la volonté démocratique du peuple jamaïcain. Est-ce cela, l'indépendance politique ?
Il est vrai que des pouvoirs accrus ont été accordés à la clique capitaliste qui dirige notre pays, la clique BustamanteMantey, mais ceci en accord avec la domination prolongée de l'impérialisme ; d'une façon qui exprime leur association dans le gouvernement du pays et le pillage de la richesse nationale.
Vous - citoyens de la Jamaïque — avez bien été invités par les oppresseurs de votre pays, l'Angleterre impérialiste, les Etats-Unis, et leurs associés indigènes, la clique Bustamante-Manley, à vous joindre à eux pour fêter la simili-indépendance de la Jamaïque.
Ces joyeuses festivités, payées par l'oppression et le pillage du pays, n'ont pas constitué un élément réel de la solution de vos problèmes — chômage des masses, problème du logement, analphabétisme et maladies — et plus généralement du problème de votre misère effroyable. En elfet, c'est leur gouvernement, qui vous refuse le droit à la terre et aux richesses qu'elle produit, qui a engendré les conditions économiques et sociales iniques dans lesquelles vous êtes enserrés, et qui vous donnent votre niveau de vie arriéré. Voilà pourquoi leurs fêtes de l'indépendance n'étaient pas justes pour vous, et ne pouvaient pas signifier la fin des longues années du joug impérialiste sur notre pays, ni la fin de l'eselavage de notre peuple, comme dans d'autres pays, où la célébration de l'indépendance a été l'expression d'une joie véritable, qui marquait un tournant dans une histoire de souffrances imposées par une domination étrangère.
Dans notre pays ce sont nos maîtres impérialistes et leurs laquais — les traîtres nationaux : - qui nous racontent qu'ils nous ont libérés et nous invitent à nous réjouir, non sans avoir fait venir des navires de guerre dans nos ports, avec des milliers de soldats, et des canons pointés vers les côtes de notre pays, et des avions de guerre qui sillonnent le ciel au-dessus de nos têtes, prêts à une destruction massive de nos villes et de nos maisons, au cas où nous aurions l'audace de protester contre ce truquage frauduleux. Il s'agissait
La dégradation de la souveraineté jamaïcaine et l'asservissement de notre peuple, dûs principalement aux impérialismes anglais et américain, ont été perpétrés par le même acte constitutionnel qui devait prétenduement faire de la Jamaïque une nation libre. La proclamation du 6 août a, au contraire, établi les droits constitutionnels de l'impérialisme à prolonger sa possession de la terre et des biens, et sa domination sur notre peuple; la proclamation a renouvelé l'interdiction faite aux Jamaïcains de s'opposer à l'oppression et au pillage impérialistes.
Bien sûr, ce n'est pas vous, Jamaïcains, qui avez décidé ce que serait le statut politique de votre pays après le 6 août, c'est l'Angleterre impérialiste, c'est la clique des traîtres Bustamante-Manley. Et, outre cette sauvegarde constitutionnelle, pour être bien assurés d'un statu quo favorable au pillage impérialiste, les impérialistes anglais et américain et la clique Bustamante-Manley sont en train de préparer une nouvelle forme, militaire, d'assujettissement de la souveraineté jamaïcaine.
Nous avons déjà dénoncé la trahison qui était ouvertement exposée dans la signature du traité sur les bases yankee aux Indes Occidentales, par la clique Bustamante-Manley et autres traîtres locaux, traité qui donnait à l'impérialisme américain le pouvoir légal d'occuper notre pays.
Le peuple jamaïcain a détruit ce traité, en portant un coup mortel à la « Fédération des Indes Occidentales ».
Actuellement, la clique Bustamante propose de nouveaux accords militaires avec les Etats-Unis par l'intermédiaire de FOrganisation des Etats Américains (O.E.A.), projet également approuvé par la clique Manley.
Nous devons, une fois encore, déclarer que tout accord militaire qui permettrait aux Etats-Unis le libre accès militaire sur le sol jamaïcain, ou qui tendrait à créer une machine militaire contrôlée et dirigée
Le 7 août, juste après la fin des cérémonies de l'indépendance formelle au Parlement jamaïcain, eut lieu un événement remarquable : le vice-président des EtatsUnis, Lyndon Johnson, vint sur la place de notre ville, distribuer des centaines de drapeaux américains aux Jamaïcains, en les
NALE 37 done bien d'une indépendance d'oppresseurs, de l'intimidation de la volonté de notre peuple. par le personnel militaire américain, ne serait en réalité qu'une nouvelle mutilation de la souveraineté nationale.
La question qui peut alors naître dans votre esprit est celle-ci : Pourquoi la clique Bustamante-Manley a-t-elle ces intentions ?
Ce qu'il faut bien comprendre à ce sujet, c'est que, bien que cette clique réactionnaire capitaliste indigène soit envieuse du pillage impérialiste, et profondément désireuse de prendre la direction pleine et entière du pays, sa terreur des masses opprimées est plus forte que sa jalousie de l'impérialisme. Elle n'a donc pas l'intention de se séparer de l'impérialisme.
De plus, depuis que l'impérialisme a attiré tous les pays du monde dans sa sphère, l'indépendance des nations capitalistes a cessé d'être une réalité ; en vérité, toutes les nations du monde sont entrées dans un état d'interdépendance qui constitue un fait irréversible du développement socio-économique universel.
D'autre part, on dit que l'impérialisme a volontairement émancipé les colonies ; mais une telle affirmation est contredite par la réalité objective : c'est par la subjugation des peuples et le pillage de leurs richesses que l'impérialisme maintient son existence. Et même, l'impérialisme fera tous ses efforts pour maintenir son op-
Uses pression sur les nations et les peuples, afin de satisfaire sa voracité.
Le partage du pouvoir entre l'impérialisme et la classe capitaliste coloniale réactionnaire est effectué sur la base de leurs relations économiques. C'est là que se trouve la raison des pactes militaires entre l'impérialisme et les gouvernements capitalistes réactionnaires des pays dominés qui éclosent sur le globe, trait essentiel de cette nouvelle phase de la colonisation impérialiste, où les capitalistes des colonies se font volontairement les fonctionnaires de l'impérialisme, le capitalisme monopoliste. poussant ainsi à lever sur eux le symbole de la domination yankee. Signe très net de l'intention des Etats-Unis de croquer notre petite nation, qui s'est battue pour sa liberté pendant de longues années de servitude.
Que ceci nous rappelle la fin du XIX•
LA TRAHISON DE LA CLIQUE BUSTAMANTE-MANLEY
LES BUTS DE L'IMPERIALISME AMERICAIN
LA TRAHISON DE LA CLIQUE BUSTAMANTE-MANLEY
LES BUTS DE L'IMPERIALISME AMERICAIN siècle, où les peuples de Porto-Rico et de Cuba, après une guerre sanglante de libération contre l'Espagne, furent avalés par l'impérialisme des Etats-Unis, qui se posait en libérateur, et en défenseur de la liberté.
La différence actuellement, à la Jamaïque, est que ce n'est pas par la guerre que lAngleterre impérialiste cède devant les Etats-Unis, c'est par la pénétration économique américaine à la Jamaïque pendant les dernières années, facteur évident dans toutes les possessions britanniques, dû à l'affaiblissement de l'Angleterre impérialiste par les deux guerres mondiales et à sa dépendance vis-à-vis de l'impérialisme des Etats-Unis pour raffermir son existence en tant que puissance coloniale en face de laccélération de la révolation coloniale.
Le projet de remplacer l'occupation militaire britannique de la Jamaïque par l'occupation militaire américaine est la conséquence de la pénétration économique américaine sur le territoire, caractéristique de l'occupation militaire américaine du monde.
Le proiet de faire entrer la Jamaïque dans l'Organisation des Etats Américains doit être pris au sérieux par les Jamaïcains.
Sous couvert de défense des territoires de l'Amérique, l'impérialisme des EtatsUnis a mis pour des millions de dollars d'armes à la disposition des dictateurs latino-américains, pour écraser la volonté démocratique des masses latino-américaines.
Ce sont des armes américaines, réparties par lO.E.A., qui ont renversé les gouvernements démocratiquement élus du Guatemala, de lArgentine, du Pérou, pendant dernière décennie, et oui ont donné naissance aux énormes machines militaires de répression contre les masses d'ouvriers et de paysans, d'étudiants et d'intellectuels, et tous ceux qui sont dans le camp de la démocratie pour les larges masses.
Rappelons plus spécialement que ce sont des armes américaines, distribuées par TO.E A., qui ont soutenu la dictature Trujillo à Saint-Domingue pendant plus de trente ans de barbarie, ainsi que la dietature Batista à Cuba, qui massacra plus de vingt mille Cubains pendant les six dernières années de son existence, bousculant la volonté du peuple cubain.
Ce n'est pas seulement dans cette région du globe que les Etats-Unis impérialistes sont responsables par leurs traités militaires du massacre de millions d'hommes, de femmes et d'enfants, au mépris de la volonté de la grande majorité. En Enrope, en Asie, en Afrique aussi, l'impérialisme américain commet ces crimes monstrueux.
D'une part, les Etats-Unis parlent à TO.N.U. de la libération des peuples coloniaux, d'autre part, ce sont des armes américaines, distribuées par intermédiaire des nombreux traités militaires avec les puissances coloniales existantes, qui assurent la domination coloniale. Ce sont les armes des Etats-Unis qui massacrent les peuples du Congo, de l'Angola, de l'Asie du Sud-Est. Ce sont les armes des EtatsUnis qui ont soutenu le pouvoir français en Algérie pendant les huit années de la guerre de libération des Algériens, noyant ce pays dans le sang humain.
Mais que pouvait-on espérer de mieux des Etats-Unis impérialistes, nation qui dénie sans vergogne dans ses propres frontières les droits de plus de 30 millions de citoyens, parce que leur peau se trouve être de couleur noire ?
Les Jamaïcains seront certainement soumis à la barbarie yankee, s'ils permettent une intervention militaire américaine dans leur pays.
Astucieusement, les Américains ont refusé les bases, sous prétexte de l'opposition mondiale à l'occupation militaire impérialiste des territoires étrangers, et pour la raison qu'ils pensent, à propos de la Jamaïque, que les conditions permettent la mise sur pied graduelle d'une force locale massive contrôlée et dirigée par du personnel britannique et américain, aidée par l'intermédiaire de TO.E.A.
Par là, l'impérialisme yankee a pu se protéger de l'accusation de supprimer les peuples de nombreux pays - Amerique latine principalement - en soumettant les officiers indigènes à l'influence corruptrice du dollar.
Le statu quo à la Jamaïque, qui permet cette manœuvre de l'impérialisme des Etats-Unis, contraste violemment avec les conditions objectives dans d'autres pays, comme l'Asie du Sud-Est, où les troupes américaines occupent ces territoires contre la volonté populaire.
Afin de justifier son projet d'installer la domination militaire yankee sur la Jamaïque, la clique Bustamante-Manley parle de la « défense du monde occidental» comme s'il était menacé d'une grande invasion.
La seule menace sur le monde occidental, c'est la menace de la révolution sociale, engendrée par l'oppression sociale qui refuse le pain aux affamés, les vêtements aux loqueteux, les logements aux sans-abri, et plus généralement refuse une existence civilisée aux masses, alors que la eivilisation apporte l'abondance à l'humanité; un tel état de choses est favorisé par le pouvoir réactionnaire de l'impérialisme lui-même.
Ce que l'on peut dire de la clique des traîtres Bustamante-Manley, c'est qu'ils se sont alignés du côté de l'impérialisme et de la réaction mondiale pour prolonger loppression de humanité et que c'est cette position qu'ils cherchent à défendre.
Les activités militaires des Etats-Unis sur le sol jamaïcain constitueraient aussi une nouvelle menace contre la souveraineté de Cuba. L'impérialisme américain ne dissimule pas ses intentions agressives à l'endroit de Cuba, ni son utilisation de terri. toires étrangers pour développer ses comCitoyens de la Jamaïque.
Il ne faut pas renoncer à notre souveraineté au profit de l'impérialisme américain, sinon nous subirons l'humiliation de la domination yankee, ils nous assassineront de leurs baïonnettes et de leurs balles. Il ne faut pas non plus laisser les Etats-Unis et leurs bandes de rénégats contre-révolutionnaires cubains s'installer sur notre sol pour fomenter leur agression contre le Gouvernement du Peuple de Cuba. Nous devons respecter la souveraineté de toutes les nations, de la même façon que nous luttons pour que l'impérialisme nous rende notre souveraineté.
En outre, le combat de la nation cubai ne a une signification particulière pour nous : il illumine le chemin que nous devons suivre pour conquérir notre souveraineté.
C'est pourquoi nous devons élever notre protestation contre la nouvelle atteinte à la souveraineté de notre pays par les Etats-Unis impérialistes, au moyen de IO.E.A. Il faut réclamer notre droit démocratique de décider de l'engagement de notre pays dans n'importe quel accord international.
Nous devons prendre fermement place dans les rangs des peuples qui combattent pour établir une paix durable, dans les rangs des peuples d'Europe, d'Asie, d'Afrique, d'Amérique, d'Australie et plus particulièrement aux côtés des pays socialistes qui ont démontré leur désir sérieux d'une paix durable.
DEVELOPPER
Au sujet de la véritable indépendance politique de notre pays, il faut prendre des mesures immédiates pour raviver notre agitation pour une nouvelle constitution de la Jamaïque, adoptée par les larges masses du peuple jamaïcain, destinée à éliminer tous les traits d'assujettissement colonial déposés dans la constitution actuelle.
C'est le développement des transformations politiques, traduisant l'emprise des
ALE 39 plots, comme dans le cas de la malchanceuse « invasion d'avril ».
De surplus, la bande des contre-révolutionnaires cubains, soutenue par les EtatsUnis, a déjà opéré dans notre pays et cherche maintenant à obtenir du présent régime un statut légal, comme le montre le Daily Gleaner du 14 août 1962. Mais le peuple jamaïcain doit se souvenir que ceux qui sément le vent de la guerre n'en récolteront que la tempête.
Pas un instant nous ne pouvons envisager de nous associer à l'impérialisme qui provoque la guerre et menace d'annihiler le genre humain.
Ce que nous voulons, c'est conquérir une vie pleine et prospère, celle que la civilisation nous réserve, celle qu'il n'est possible de réaliser que par la possession et le contrôle des ressources nationales, nos propres ressources, la terre, les mines, les usines et les services qui permettent la création et la distribution des richesses nationales, qui sont actuellement entre les mains de l'impérialisme et de la clique réactionnaire Bustamante-Manley. Ainsi seulement, pourrons-nous les faire servir à vaincre notre misère, à satisfaire entièrement nos besoins matériels, et à réaliser notre progrès culturel. Cet objectif n'est pas seulement le nôtre, c'est aussi celui de nos pères, celui de tous les peuples du monde dans toutes les phases de leur histoire. Il ne s'agit ici en aucun cas d'un désir utopique, mais bien d'une possibilité basée sur les suecès de notre travail social.
Ceux qui ont servi la cause de la réaction dans l'histoire, ceux qui ont volé et dépossédé l'humanité des produits de son travail social, ceux-là seuls ont fait obstruction au désir de progrès social de l'humanité.
A présent, c'est l'impérialisme qui forme le noyau de la réaction qui opprime et pille, voilà pourquoi nous cherchons à extirper l'impérialisme de notre pays. LE COMBAT larges masses sur le pouvoir central du pays, qui permettra l'extension de leurs progrès économiques et sociaux car le pouvoir politique des classes sociales reflète leur position économique et sociale.
Les pouvoirs arbitraires actuellement déposés entre les mains de l'Angleterre et de la clique réactionnaire BustamanteManley sont l'expression de leur domination économique actuelle sur le pays, leur
POUR UNE DEMOCRATIE DES MASSES
POUR UNE DEMOCRATIE DES MASSES association pour posséder la terre, les usines, les services ei autres sources de richesses, en dépossédant les masses jamaïcaines. Le combat pour un progrès économique et social des masses jamaïcaines est donc un combat pour dépouiller cette « association » réactionnaire de son contrôle économique actuel du pays. Ce combat doit être précédé d'une lutte pour le pouvoir politique.
Actuellement, chez nous, 77 % de la population agricole doivent vivre sur 14 % des terres cultivables, tandis que 350 personnes (0,8 % des agriculteurs actifs actuellement) détiennent 45 % des terres cultivables. Si l'on veut que ces dizaines de milliers de familles paysannes misérables puissent être assurées de moyens d'existence modernes, il faut prendre la terre et les instruments nécessaires, à « l'association » réactionnaire qui les en prive.
Le taux de chômage actuel dans notre pays avoisine un tiers de la force de travail totale. D'autre part, plus de la moitié des travailleurs actifs reçoivent un salaire moyen de deux livres sterling par semaine,
Dans cette période de luttes, les syndicats de travailleurs ont un rôle tout particulier. C'est de développer avec vigueur le combat des travailleurs contre leur exploitation par le capitalisme monopoliste et contre la politique réactionnaire du gouvernement, ainsi que de tâcher de gagner des victoires substantielles dans la défense de leurs droits démocratiques.
Ce combat doit être articulé sur un programme ouvrier qui comprenne des revendications fondamentales des travailleurs, comme : - Echelle mobile des salaires, en relation avec le coût de la vie ; - Réduction à 40 heures de la semaine de travail, sans diminution de salaire ; -• Sécurité sociale pour tous les travailleurs ; - Salaires égaux et avantages sociaux égaux aux femmes et aux hommes ; - Reconnaissance de la représentativité des syndicats dans les négociations collectives entre les travailleurs et le gouvernement, pour les problèmes des tratravailleurs ; - Action immédiate pour l'abrogation immédiate de la législation anti-ouvrière, qui met obstacle à une action syndicale démocratique ;
- Défense de la lutte des chômeurs qui cherchent du travail.
A propos de ce dernier point, la nécesalors que le minimum qui, d'après le gouvernement, est nécessaire à assurer un niveau de vie individuel de civilisé est fixé à 300 livres par an.
Si les travailleurs veulent se débarrasser de la menace du chômage, augmenter leurs salaires et hausser leur standard de vie à un niveau décent, ils ne le pourront qu'en luttant victorieusement contre les rapines de « l'association » réactionnaire, lutte qui doit s'épanouir par son éviction du contrôle des usines, services et tous moyens de production et de distribution des richesses.
Mais dans le combat pour dépouiller les « associés » réactionnaires de leur pouvoir économique, les masses opprimées auront d'abord à s'opposer à leur pouvoir étatique arbitraire, légalisé par la présente constitution réactionnaire ; elles doivent done tâcher de la déposséder de ces pouvoirs. Car c'est précisément dans la lutte pour le progrès économique et social, qui frappe cette « association » réactionnaire dans ses intérêts, qu'elle se servira de ses pouvoirs politiques pour faire obstruction à ce progrès. sité d'organiser cette grande force est rendue évidente par le fait que les chômeurs sont constamment employés à saper la lutte syndicale ; on voit donc la nécessité de tourner cette grande force des chômeurs en alliée des syndicats dans leur combat antimonopoliste. Dans le développement de cette lutte, les travailleurs sont forcés de débarrasser leurs syndicats du subjectivisme imposé par les directions syndicales officielles, qui ont délormé les syndicats et apportent leur aide au capitalisme monopoliste dans son exploitation des travailleurs.
Une mesure essentielle à prendre dans ce sens est la création de comités ouvriers sur les divers lieux de travail, sur la base des principes démocratiques les plus larges. Ceci renforcera l'unité parmi les travailleurs sur leur lieu de travail et permettra une meilleure compréhension des nombreux objectifs sur lesquels porlera leur action, ce qui les placera dans une position plus commode pour déjouer les manœuvres perfides des directions syndicales.
Dans leur combat pour faire progresser les travailleurs et défendre leurs droits démocratiques, les syndicats sont destinés à jouer un rôle essentiel dans la lutte pour le progrès économique et social des masses et pour une démocratie populaire. Ils doivent donc être préparés à leur rôle historique.
LES TACHES ESSENTIELLES DES SYNDICATS
DANS LA PERIODE ACTUELLE
LES TACHES ESSENTIELLES DES SYNDICATS
DANS LA PERIODE ACTUELLE
LES POSITIONS DES CLASSES MOYENNES
Au sujet des classes moyennes de notre pays, qui sont principalement formées de la paysannerie moyenne, des petits patrons et des petits commerçants, l'alliance réactionnaire qui domine le pays les atteint douloureusement : ils doivent participer, aux côtés des masses opprimées, à apporter des transformations politiques véritables au gouvernement du pays pour réaliser une une large démocratie.
Il y a longtemps que la paysannerie moyenne a fait l'expérience des barrières du marché et du manque d'une assistance véritable lui permettant de développer lagriculture à l'échelle moderne. Ces barrières ont été créées par l'assujettissement du développement agricole national au profit de la commercialisation dans notre pays des produits agricoles étrangers.
La lutte des paysans moyens, menée au moyen des organisations paysannes existantes, pour réaliser des changements dans l'administration politique et pour abattre la politique de sujétion, bute sur des obstaeles imposés par le pouvoir réactionnaire qui tend à museler ces organisations et à les rendre impuissantes, ce qui se traduit par la dictature du gouvernement sur ces organisations.
Avec l'augmentation du coût du travail agricole, s'approfondissent les contradictions qui tendent à la destruction de la paysannerie moyenne en tant que classe sociale.
Effrayés par cette situation, les paysans moyens cherchent à renforcer leur opposition à de nouvelles hausses des salaires agricoles, comme l'indique la récente déclaration commune des organisations paysannes unies afin de combattre l'effort des syndicats pour améliorer les salaires agricoles ; ils essaient d'imposer une barrière à l'élévation du très bas niveau de vie de ces travailleurs, en se plaçant à cette occasion du côté de l'impérialisme et de la clique Bustamante-Manley.
Mais la tendance actuelle du développement qui les engloutit, leur disparition en tant que classe sociale, est irréversible. La décision qu'ils ont prise ne fera qu'affaiblir leur position en face de l'alliance réactionnaire de l'impérialisme et de la clique Bustamante-Manley ; ils brisent leurs liens avec leurs alliés les plus capables et les plus sûrs, les travailleurs, pour rester isolés et se faire écraser. Car il est impossible de modifier les intentions fondamentales de l'impérialisme à propos du développement agricole dans les pays soumis : l'impérialisme s'efforcera toujours de maintenir sa domination sur le développement agricole dans les pays coloniaux et semicoloniaux afin de préserver son marché actuel. Avec l'intention de la Grande-Bretagne • d'entrer dans le Marché Commun européen, se dessine le péril d'un assujettissement aceru, étant donnée la pénétration des Etats européens intéressés sur le marché anglais.
Les paysans moyens doivent donc se placer aux côtés des masses opprimées pour renforcer la lutte contre le pouvoir de cette alliance réactionnaire. Ils doivent aider à arracher le pouvoir des mains de la clique réactionnaire, de façon à ce que le pouvoir politique soit partagé par les larges masses.
D'après les forces sociales qui les composent, les organisations paysannes également un rôle particulier à jouer. Elles doivent s'efforcer d'apporter des modifications fondamentales à la politique économique du pays, qui porte atteinte actuellement au développement agricole. Ce faisant, elles doivent rechercher le soutien des masses paysannes en considérant sincèrement leurs problèmes comme une part inséparable de la lutte.
Non moindre en importance est le fait que les paysans doivent faire tous les efforts pour briser la contrainte bureaucratique exercée, et du dedans, et par le gouvernement, sur leurs organisations de manière à pouvoir déployer toutes leurs forces dans la bataille.
Il importe également que la lutte des paysans soit menée sur un programme comprenant les revendications fondamentales des paysans, soit par exemple : - Instauration de la démocratie la plus large dans les organisations paysannes, et reconnaissance de celles-ci comme intermédiaires entre les paysans et le gouvernement pour les problèmes agricoles; - La terre à tous ceux qui veulent la cultiver ; - Un équipement agricole moderne, des tracteurs, des connaissances scientifiques, des engrais, des semences, à la disposition de tous les cultivateurs ; - Irrigation convenable, électrification, organisation des transports, amélioration les routes ; - Modernisation de la commercialisation et garanties de marché : — Prêts et crédits à tous les paysans qui le demandent pour être à même de faire face aux nécessités domestiques de base,
Centre les récoltes, pour leur permettre d'améliorer leurs conditions d'existence pendant ces périodes ; — Libération, à toutes les étapes de la réalisation de ce programme, du contrôle des intérêts privés ;
- La construction de logements modernes pour tous les paysans nécessiteux doit être considérée comme une partie insé.
parable du programme de développement agraire. De même pour la modernisation des villages, à qui il faut fournir tous les services publies et les équipements utiles.
Si les organisations paysannes entament le combat pour la réalisation d'un tel programme, qui s'attaque aux problèmes socio-économiques généraux de la paysannerie, elles réussiront à jouer un rôle efficace dans la lutte des masses contre le pouvoir réactionnaire pour réaliser une démocratie pour le peuple, et elles finiront par remporter la victoire.
La position sociale des petits patrons indigènes et des petits commerçants est assez peu différente.
Pour les premiers, ils n'ont aucune protection en face des produits importés par le commerce impérialiste. Par suite, ces industries périssent, ou, si elles s'efforcent de survivre, elles transforment leur statut d'entreprises indépendantes nationales en celui de filiales des compagnies monopoleuses impérialistes ; de sorte que cette classe de petits patrons, naguère indépendants, est transformée en employés du capital monopoliste.
En outre, ces industries marginales ne sont pas stables ; la conjoneture fluctuante
LA TACHE DES ETUDIANTS
Les étudiants et les intellectuels représentent tout particulièrement les couches moyennes de la société. Etant donnée leur formation intellectuelle privilégiée, ils sont appelés à apporter un concours spécialement qualifié aux masses opprimées, et à constituer un allié puissant dans la lutte pour la libération finale contre la domination impérialiste, et pour le développement culturel des masses.
Ils doivent tenir compte du fait que, se placer aux côtés de l'impérialisme, qui affermit sa culture basée sur l'oppression, le pillage et la guerre, c'est être, pour l'histoire, dans le camp de la réaction.
Ils doivent avoir conscience, clairement, que leur couche sociale détient les connaissances scientifiques et techniques nécessaires au développement national.
Ils doivent savoir que c'est grâce au concours de leur classe, avec tous ses acquits, que Timpérialisme a pu réaliser loppression de millions d'êtres humains, et l'obstruction au progrès général de l'humanité. Pour maintenir son existence, l'impérialisme en a fait des mercenaires, au service de la principale force de réaction au monde.
du marché impérialiste détermine leur existence, ce qui conduit à leur fermeture en période de crise, phénomène mis actuellement en évidence par le soubresaut de la Bourse de New-York.
La classe des petits industriels se trouve donc emportée par le flot de l'histoire, et dans sa lutte désespérée pour préserver son indépendance, elle se trouve engagée aux côtés de l'impérialisme et de la réaction.
Mais elle doit comprendre l'histoire, et soutenir la revendication du renversement de la politique actuelle d'industrialisation du pays, afin de briser l'emprise économique de l'impérialisme sur notre pays. Dans ce cas, elle doit aider à arracher le pouvoir politique des mains de l'alliance réactionnaire de l'impérialisme et de la clique Bustamante-Manley, dans le cadre du combat pour l'élargissement et la démocratisation du pouvoir.
Quant aux petits commerçants locaux, à eux aussi l'histoire interdira une existence de classe autonome ; l'intrusion du capital monopoliste dans les circuits commerciaux de notre pays est en train de les liquider. La création de « supermarchés » et de centres commerciaux élimine les petits détaillants individuels. Cette progression irréversible entraîne la dilution de cette classe dans les masses opprimées, ce qui les force à aider les masses dans leur combat libérateur.
ET DES INTELLECTUELS
Mais ils doivent également savoir, et accepter le fait que l'histoire les pousse sur le chemin du progrès et de la civilisation, le chemin de la défaite de l'impérialisme et de la réaction mondiale.
La nécessité immédiate de s'opposer à l'alliance réactionnaire de l'impérialisme et de la clique Bustamante-Manley, avec toutes les forces politiques qui se battent authentiquement pour la libération nationale, est rendue évidente par les cyniques abus de pouvoir perpétrés par ce régime, au mépris de la volonté du peuple jamaïcain.
Entre autres actions, le désir de Bustamante d'engager la Jamaïque dans des accords militaires avec des pays étrangers, sans même consulter le parlement sur la question, montre bien qu'il est prêt à outrepasser les bornes de la démocratie parlemetaire qui est à la base même de son pouvoir.
Et les lois actuelles qui permettent aux ministres du gouvernement d'arrêter et d'emprisonner arbitrairement et sans jugement, ainsi que de museler l'opposition du peuple, permettent de voir le peu qu'il faudrait à la réaction pour transformer le
QUATRIEME présent régime en une dictature latinoaméricaine ; tout le développement actuel y lend
Les pouvoirs constitutionnels que la Grande-Bretagne a conservés sur le gouvernement de la Jamaïque ne constituent en aucun cas un frein dans cette évolution ; bien au contraire, ils la favorisent.
C'est l'impérialisme qui a nourri le développement des dictatures dans les pays soumis, par son aide aux éléments les plus réactionnaires des classes capitalistes indigènes ; pour la raison que l'installation de cette alliance réactionnaire, sous la forme de dietatures fascistes, est dans l'intérêt de l'impérialisme ; c'est son unique chance de réprimer la lutte des masses dans ces territoires, la lutte pour l'abolition de la domination et du pillage impérialistes.
Dans les dernières années, la Jamaïque a pu en faire l'expérience. La brutale interdiction des grèves et des autres formes démocratiques d'action dans les masses, l'application au pays de lois réactionnaires, afin de mettre un terme à la lutte des masses, toutes ces mesures ont eu la bénédiction de l'impérialisme ; pour le motif que la lutte démocratique des masses jamaïcaines sapait les bases mêmes du pillage impérialiste, où la clique Bustamante-Manley est partie prenante.
Il paraît donc évident que le combat contre la montée d'une dictature fasciste à la Jamaïque, dictature qui menace à l'horizon, ne peut avoir le soutien que des forces sociales qui désirent sérieusement un
BRISER LES ANCIENS
Nous ne pouvons pas laisser de côté la nécessité de rompre les anciens liens économiques du pays qui l'enchaînaient aux nations impérialistes ; nous devons chercher à établir de nouvelles relations économiques avec tous les pays qui le voudront, sur la base des avantages réciproques.
Les anciens liens économiques avaient la forme de prêts, garanties, investissements, et de commerce.
Les prêts ont été un fiasco retentissant.
L'assistance économique réclamée par un pays quelconque a toujours été établie par rapport à un état d'arriération socio-économique: comparaison entre, d'une part, la croissance de sa population et son taux de croissance économique, et d'autre part, un niveau de vie admis à l'échelle mondiale. Ensuite, cette assistance est prévue pour un certain type de développement.
Dans les conditions actuelles du monde moderne, il n'y a pas réellement industrialisation sans tout d'abord la création d'une pouvoir démocratique et populaire. Ces forces doivent maintenant se déployer pour la bataille contre l'association réactionnaire de l'impérialisme et de la clique Bustamante-Manley.
Quant aux classes moyennes, étant donnée leur position sociale, elles hésitent actuellement à prendre cette voie, car elles ont tendance à croire les propos des impérialistes, selon qui une amélioration est en vue.
Mais les conditions économiques qui existent à la Jamaïque, engendrées par la soumission à l'impérialisme, indiquent une oppression économique accrue pour un futur très proche, et les masses s'y opposeront certainement avec violence; de sorte que la façade de démocratie parlementaire «bourgeoise » sera jetée par-dessus bord ; le pouvoir prendra alors son aspect véritable de barbarie. Les hésitations des classes moyennes lui faciliteront grandement la tâche.
C'est pourquoi le devoir des représentants intellectuels de ces couches sociales, voyant le besoin d'une profonde unité des forces sociales qui désirent sincèrement un pouvoir plus largement démocratique, est d'apporter immédiatement leur concours pour développer dans leur classe la conscience de ce besoin.
Le point cardinal de la lutte des masses la période actuelle est qu'elle doit dans prendre nettement la forme d'un combat pour la démocratie des larges masses jamaïcaines. LIENS ECONOMIQUES industrie de base, par exemple le fer et lacier, l'électricité, la chimie, les constructions automobiles (principalement pour les gros transports) et le ciment. Ainsi on a l'infrastructure qui soutiendra les autres industries en évitant tout goulot d'étranglement.
Prenons lélectricité, source d'énergie ; c'est un élément de premier plan pour les progrès de l'industrialisation, étant donné l'accroissement rapide de sa consommation. Et sa production, étant données les conditions locales (chutes d'eau, charbon ou pétrole) peut réclamer le concours d'autres industries.
Corrélativement, le besoin en techniciens et scientifiques doit être couvert par l'accroissemeni des moyens de l'enseignement.
Vu la nécessité de suivre ce schéma fondamental dans tout pays sous-développé, il s'ensuit que les dépenses dans ces domaines doivent surpasser celles engagées dans d'autres directions, si l'on veut obtenir un développement réel.
AVEC LES NATIONS IMPERIALISTES
AVEC LES NATIONS IMPERIALISTES
A la Jamaïque, l'examen des 17 dernières années d'administration, pendant lesquelles on a fait un grand battage sur l'assistance de l'impérialisme, ne le montre nullement.
Quels qu'ils soient, les industries de base et les services publies également, sont possessions étrangères et n'ont pas été installés pour permettre la poursuite de l'industrialisation du pays, mais bien pour aider au pillage de la richesse nationale, sous la forme des profits des compagnies monopolistes impérialistes. Les prêts et les garanties accordés au gouvernement n'ont servi qu'à frayer le chemin à ces investissements des pillards.
A la place de l'assistance économique, ce qui a lieu, c'est le draînage continuel des richesses nationales, qui laisse notre peuple dans le dénuement.
Il n'est pas sans signification, désormais, que la croissance des problèmes économiques et sociaux de la Jamaïque ait dépassé la croissance économique, la conduisant au chaos.
Jutre les pourcentages de chômage, le chiffre de l'accroissement du chômage, elabli sur les quatre dernières années, s'établit à 16.000 par an en moyenne.
La mortalité infantile s'éleva à 472 pour mille, l'an dernier.
Les besoins en logements neufs concernent 300.000 familles, actuellement. Bien qu'un expert américain du logement, attaché au plan gouvernemental du logement, ait déclaré qu'il fallait construire au moins 20.000 nouvelles maisons par an, si lon voulait faire quelque chose de sérieux, le plan gouvernemental de logement n'a mê me pas fourni 20.000 maisons en dix ans.
Pour l'instruction : à la suite du programme gouvernemental d'instruction pour les sept dernières années, les places ont manqué dans les écoles primaires pour plus de 6.000 enfants par an. Et pour ce qui est des moyens, combien limités, fournis aux niveaux supérieurs, quel avantage en auront retiré ceux dont la formation secondaire ou technique reste inutilisée et qui demeurent sans emploi, par milliers, dans la situation de chômage chronique du pays.
De même, le manque d'autres services sociaux dénonce à l'évidence la banqueroute générale des liens créés créés par les nations impérialistes.
La volonté manifestée actuellement par les Etats-Unis d'assister la Jamaïque par le canal de PO.EA., sur un programme de logement, d'instruction et d'adduction d'eau à la campagne, n'est pas sans motif. Cette assistance a, comme dans le cas de l'impé. rialisme britannique, une contrepartie: l'asservissement économique du pays à l'impérialisme américain.
Est-ce que les mal-logés peuvent acheter une maison, si on ne leur fournit pas d'abord du travail et des bons salaires ?
Est-ce que les parents peuvent envoyer leurs enfants à l'école sans les nourrir et les vêtir ?
Allons donc ! Si l'impérialisme a sérieusement l'intention de nous aider à ter notre misère et notre arriération, qu'il cesse done de nous serrer à la gorge, qu'il cesse de piller nos richesses, car c'est ainsi qu'il nous a rendus misérables, qu'il nous a réduits à cet état d'existence primitive. Lâchez notre terre, rendez-nous les usines, les services publies qui ont été édifiés par le pillage de nos richesses ; ayant mis un terme à vos rapines, nous saurons nourrir nos affamés, vêtir nos nécessiteux, loger nos sans-abri et accroître notre progrès social.
Les cadeaux que vous nous oftrez ne nous éblouissent pas ; nous savons bien que ce ne sont guère que les miettes de ce que vous nous avez volé, et que vous nous volez encore tous les jours. Si vous êtes tellement désireux de nous voir libres et souverains, alors lâchez-nous !
Mais nous avons percé à jour vos mensonges, nous savons bien que vous ne le ferez pas de bon gré, et c'est pourquoi nous nous préparons à vous chasser • de chez nous.
Au sujet de nos relations commerciales avec les nations impérialistes, il nous bien fallu, étant donné qu'elles manipulaient par leurs investissements notre économie à leur gré, acheter ce qu'elles voulaient nous vendre, et aux prix qu'elles voulaient.
Un des exemples les plus aveuglants de notre subjugation commerciale est celui de la bauxite et de son troc avec les EtatsUnis.
Par accord commercial avec les EtatsUnis, nous avons eu droit à leurs surplus agricoles, pour plusieurs millions de dollars par an, au détriment de notre développement agricole, tandis qu'ils ont emporté nos ressources en bauxite, à l'allure de 8 millions de tonnes par an en quatre ans.
La clique réactionnaire BustamanteManley déclare que l'annulation du contrat d'échange de la bauxite ruinerait l'industrie de la bauxite ainsi que l'économie nationale. Mais ne serait-il pas possible de vendre cette bauxite à d'autres pays? En outre, il serait certainement préférable d'extraire moins de bauxite par an et de développer à grande échelle le traitement du minerai et la production des divers produits qu'on peut en tirer; un tel schéma de développement absorberait une quantité de travail plusieurs fois supérieure à ce qui est utilisé, , ferait circuler plus de richesses, élargirait le marché et donnerait une bien meilleure impulsion à l'économie nationale. C'est là certainement une mesure bien plus rationnelle que de laisser partir vers les Etats-Unis des montagnes de bau-
QUATRIEME xite (50 millions de tonnes en 10 ans), car, si nous laissons faire, avec nos réserves totales, estimées à 200 millions de tonnes, et à lallure accélérée avec laquelle les Etats-Unis se préparent à exploiter, bientôt toute notre bauxite aura été engloutie par les Etats-Unis.
L'asservissement impérialiste de notre pays et le pillage de ses biens par des transactions commerciales malhonnêtes se
Il y a done trois aspects principaux du combat que nous devons rapidement engager contre l'alliance réactionnaire qui tient notre pays sous sa coupe :
1) reprendre l'agitation pour l'abolition de cette constitution réactionnaire, et pour que le peuple jamaïcain puisse en établir une nouvelle. Ceci offrira une base pour une lutte large contre la collusion réactionnaire de l'impérialisme et de la clique Bustamante-Manley, et un moyen important de faire progresser la compréhension du peuple jamaïcain au sujet d'une réelle indépendance politique ;
2) opposition à une soumission militaire de la Jamaïque par les Etats-Unis, ainsi qu'à tous les enrôlements militaires qui menacent l'indépendance des nations, comme ceux qui sont dirigés à travers FO.E.A. Déclarer que la Jamaïque se trouve dans le camp de la lutte pour la paix. Par là, on porte un coup direct aux efforts que déploie l'impérialisme pour empêcher la libération du peuple jamaïcain, et à ses intentions belliqueuses contre les peuples pacifiques ;
3) tenter de briser les vieilles chaînes économiques de la Jamaïque avec les nations impérialistes, ouvrir des relations nouvelles avec les pays qui le désirent sur un pied de profit mutuel, et transformer la politique d'industrialisation du pays en montrent dans toutes nos exportations (sucre, rhum, bananes, citrons..), par le contrôle qu'ils ont de nos marchés actuels.
Il est d'importance vitale pour nous de briser les liens commerciaux actuels qui nous enchaînent aux nations impérialistes, afin de libérer notre nation de la sujetion économique, et d'établir des relations nouvelles avee les pays qui le désirent sur la base du bénéfice mutuel. une industrialisation tournée vers la satisfaction des besoins nationaux. Sans une telle réorientation, il ne peut y avoir de solution aux problèmes économiques et sociaux de la Jamaique.
Dans la réalisation de ces tâches, il est essentiel de lancer dans la lutte la plus large représentation des forces sociales, afin d'exprimer la volonté des larges masses, et de les amener à une conscience précise de ces problèmes vitaux de la libération authentique de la nation.
Nous devons nettement étaler, par une lutte résolue, notre volonté intransigeante d'obtenir l'indépendance et la liberté complète de notre nation.
Notre but est de donner des chances égales à tous les citoyens ; égalité devant le travail, devant le logement, devant laequisition de toutes les facilités sociales qui forment une existence civilisée, ainsi que devant le progrès culturel. Tous ces projets, tous ces désirs sont incompatibles avec l'existence de l'impérialisme et des autres forces de la réaction dans notre pays. L'histoire nous pousse donc à poursuivre notre libération finale.
Voilà notre position de principes.
(Traduit de Socialist Revolution, 30 août 1962 - organe du People's Freedom Movement).