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La revue › n° 17

Les difficultés de l'agriculture soviétique

E. Germain · Quatrième Internationale, n° 17 · décembre 1962 · p. 29-32 · 3 087 mots

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L'agriculture soviétique continue à traîner la patte. Elle ne réalise pas les objectifs du plan septennal. Au Comité Central de mars avait indiqué qu'en 1961 la production de 1962 Khrouchtchev céréales était restée inférieure de 10,6 aux objectifs du plan pour l'année, la production de viande sur pied de 25 % et la production de lait, de 20 % aux objectifs du plan. Sur les « terres vierges » du Kazakhstan, la production de céréales resta resta 30 % en dessous des prévisions. Pour atteindre les objectifs fixés par le plan pour 1962, la production de viande sur pied devrait être accrue de près de 50% par rapport a celle de 1961, un ob jectif manifestement irréalisable (Pravda, 6 mars 1962). Selon des chiffres officiels (Voprossi Ekonomiki, n° 6, 1962), la pro duction de céréales n'a augmenté que de 6,5 % entre la moyenne des récoltes 1956-1958 et la moyenne des récoltes 19591961, c'est-à-dire sur une période de six ans. A ce rythme, il s'avèrera impossible de réaliser les objectifs finaux du plan septennal de satisfaire les besoins de base de la population et d'assurer à l'élevage une base matérielle suffisante.

En relevant brusquement les prix des produits agricoles de qualité (viande e beurre), le gouvernement soviétique a di reconnaitre à la fois que l'offre de ces produits augmente moins rapidement que la demande, et que le seul moyen d'accélérer l'offre consiste à octroyer de nouveaux avantages aux agriculteurs. Pendant toute l'ère stalinienne, parler d'une véritable crise de l'agriculon a pu ture soviétique. Elle se rattache directement a la maniere dont fut effectuée la collectivisation forcée de cette agriculture et aux réactions violentes qu'elle provoqua au sein de la paysannerie. En outre, le travail des kolkhozes fut en grande partie non rentable — vu les importantes parties de la moisson enlevées aux paysans sous forme de paiements des services des MTS et sous forme de livraisons obligatoires à des « prix » purement nominaux. Les minuscules lopins de terre privés rapportèrent à une bonne partie de la paysannerie soviétique autant sinon davantage que le travail sur les kolkhozes. Ce rendement très bas du travail kolkhozien provoqua un désinté ressement, sinon une fuite du paysan devant ses tâches au sein du kolkhoze, ce vant ses qui accentua à son tour le très bas niveau de productivité et le rendement insignifiant.

Dès le lendemain de la mort de Staline, Malenkov d'abord, Khrouchtchev ensuite, ont cherché à guérir ces blessures. Ils ont relevé en plusieurs étapes les prix que leurs ventes de produits agricoles paysans obtiennent en échange de l'Etat. Ils ont ainsi permis un accroissement considérable du pouvoir d'achat entre les mains tant des paysans kolkhoziens que des kolkhozes eux-mêmes (1). Une partie de ce pouvoir d'achat a été accumulé, faute de marchandises à acheter et, pour l'éponger, Khrouchtchev est allé jusqu'à vendre aux kolkhozes les tracteurs et machines agricoles des MTS, et à leur permettre d'acheter des moyens de production de l'industrie légère, vue de créer des usines, surtout dans les industries alimentaires et dans l'industrie des matériaux de construction (2). En étendant en même temps la culture aux « terres vierges » de Sibérie, Khrouchtchev a ainsi permis un relèvement de la production agricole d'environ 50 % entre croissement de la population, les dispo- 1953 et 1961. Mais, compte tenu de l'acnibilités en, produits agricoles par tête d'habitant ne se sont accrues, depuis la mort de Staline, que d'environ 35 % (rapport de Khrouchtchev, Pravda, 6 mars 1962).

(1) Un président de kolkhoze dans la région de Smolensk indique qu'entre 1953 et 1961, le revenu global de chaque membre de ce kolkhoze a sextuplé, alors que la production de blé a quintuplé et celle de viande augmenté vingt fois ! (« Selskoya Shisa », 11-5-1962).

(2) Dans un article paru dans Voprossi Ekonomiki, n° 8, 1961, G. Achmev souligne un problème théorique compliqué que soulève l'apparition de ces entreprises appartenant à plusieurs kolkhozes. En principe, ces entreprises devraient surtout employer les kolkhoziens pendant les temps morts à la ferme En pratique, ils emploient souvent beaucoup de main-d'œuvre salariée. Mais le surproduit social créé par cette main-d'œuvre salariée est incorporé dans les « fonds indivisibles » de ces entreprises, c'est-à-dire bel et bien « accumulé», « capitalisé». Il y a donc, à strictement parler, exploitation de l'homme par l'homme, puisque l'ouvrier de ces entreprises ne participe pas à leur propriété. Néanmoins, des théoriciens soviétiques affirment qu'il s'agit là d'une « forme supérieure » de la propriété sociale, par rapport à la propriété coopérative, les kolkhozes ne peuvent pas embaucher de alors que main-d'œuvre salariée.

Cet accroissement de la production s'est avéré tout à fait insuffisant pour faire face à la demande accrue au fur et à mesure qu'augmente le niveau de vie — surtout à la demande accrue de produits de qualité d'origine animale. Khrouchtchev signale que les ventes de viande à la population ont augmenté de plus de 200 % entre 1953 et 1961, qu'elles ont doublé pour le beurre et plus que quadruplé pour le lait. Cependant, même si on ne rapporte ces chiffres qu'a la seule population urbaine (ce qui est incorrect, puisqu'un nombre croissant d'habitants du village achète également des produits alimentaires), les quantités consommées viande bovine. viande porcine .. ..•..• volailles

......

Plus grave est le fait que le rythme de croissance de l'agriculture s'est considérablement ralenti depuis 1959, c'est-àdire précisément depuis la mise en chaniter du plan septennal. Quelles sont les causes de ce ralentissement? Elles peuvent être groupées en trois catégories:

1) L'insuffisance des investissements. Cest la cause essentielle, qui s'exprime notamment par un degré de mécanisation absolument insuffisant de l'agriculture soviétique, par un énorme retard dans l'emploi d'engrais par rapport aux pays capitalistes avancés, et par une puissance énergétique inadéquate.

Bien qu'en chiffres absolus les investissements dans l'agriculture aient été considérablement accrus par rapport à l'époque de Staline, ils ont à nouveau tendance à fléchir relativement, par rapport à l'ensemble des investissements réalisés dans l'économie soviétique. Cette part est tombée en dessous de 10. %; 9,5 % pour la période 1951-1955, 9,1 % pour la période 1956-1960 et 7,7 % pour la période 19591960 (début de réalisation du plan septennal), d'après l'article précité de Lemechev dans Voprossi Ekonomiki. On aura une idée de l'insuffisance de ces investissements - ou plus exactement du sous-emploi qu'ils engendrent - quand on sait que près de la moitié de la maind'œuvre soviétique travaille encore dans l'agriculture. On ne met donc annuellement à sa disposition que 10 % des machines nouvelles créées, alors que l'autre moitié de la main-d'œuvre soviétique reçoit chaque année plus de 90 % du nouvel outillage. A remarquer que les premières années du plan septennal furent marquées par un nouveau déplacement de l'accent en • faveur de l'industrie lourde - ce dont l'agriculture a surtout souffert.

On sait qu'au plénum du C.C. de mars 1962, Khrouchtchev avait essayé d'obtenir une répartition nouvelle des investissepar tête d'habitant sont encore médiocres: un œuf par semaine et par habitant, 120 g de beurre par tète et par semaine, etc.. C'est donc surtout dans le domaine des produits d'origine animale qu'une pénurie aiguë se fait sentir.

Cette pénurie serait due à un fait assez evident : jusqu'au dernier relèvement des orix, les kolkhozes touchaient pour leurs produits d'origine animale moins que les prix de revient moyens de ces produits. Plus leur production s'accroissait, plus le déficit augmentait. M. Lemechev donne a ce propos les chiffres suivants (en roubles) pour l'année 1961: prix de revient prix d'achat par l'Etat par 50 kg par 50 kg

88,00 59,10 118,00 82,30 133,50 82,20 (Voprossi Ekonomiki, n° 6, 1962) ments — au profit de l'agriculture et aux dépens de l'industrie lourde. Il a dû reconnaître dans son discours de clôture qu'il ne l'avait pas obtenue.

L'insuffisance des investissements s'exprime de manière très nette dans le domaine des machines, des engrais et des disponibilités énergétiques. Dans le rapport de Khrouchtchev au plénum du C.C. de mars 1962, il est indiqué que l'agriculture soviétique ne détenait au ler janvier 1962 que 40 % des tracteurs dont elle avait besoin pour une exploitation rationnelle, que 50% des camions et que 50 % des moissonneuses-batteuses nécessaires. En 1961, la moisson du mais se faisait encore pour 67 % à la main; 94 % des vaches sont encores traites manuellement.

La situation énergétique de l'agriculture soviétique est encore plus misérable. Seuls 3 % de l'électricité produite en U.R.S.S. ont été consommés dans l'agriculture 1961 (Voprossi Ekonomiki, n° 6, 1962). La même année, la capacité énergétique par travailleur occupé dans l'agriculture a atteint 5,6 chevaux-vapeur, soit le double de ce qu'elle était en 1953. Mais on reste rêveur quand on sait que, dans la même année, la capacité énergétique par travailleur dans l'agriculture américaine atteignait 50 chevaux, soit dix fois plus qu'en U.R.S.S. (et ceci sans te nir compte des autos privées). Le secret de la productivité supérieure de l'agriculture américaine ne doit pas être cherché ailleurs que dans ces chiffres.

Quant aux engrais, la consommation par ha en U.R.S.S., en 1960, était trois fois moindre que celle des Etats-Unis, huit fois inférieure à celle de la France, treize fois inférieure à celle de la Grande-Bretagne et vingt fois inférieure à celle de l'Allemagne occidentale !

La leçon de ces chiffres est très claire: malgré les énormes ressources dont dispose déjà l'économie soviétique, elle est incapable de mener à la fois à bonne Sin quatre ou cinq entreprises gigantesques: assurer la croissance industrielle prévue par le plan septennal; accroître la puissance militaire du pays; relever rapidement le niveau de vie de la population; reloger des dizaines de millions de citoyens; rééquiper, mécaniser et moderniser de fond en comble lagriculture. Au cours des trois premières années du septennat, il semble bien que ce fut l'agriculture qui fut surtout négligée, Khrouchtchev signale que le plan septennal prévoit une augmentation de la production d'engrais chimiques de 12 à 35 millions de tonnes; au bout de trois ans, la production n'a été augmentée que de 12 à 14,9 millions de tonnes. Le plan de création de capacités de production nouvelles dans l'industrie des engrais chimiques n'a été réalisé pendant ces trois années qu'à concurrence de. 44 %, c'est-à-dire pour moins de la moitié. Et ainsi de suite.

2) L'utilisation irrationnelle des moyens de production disponibles: en ce domaine, on peut citer beaucoup d'exemples: énormes différences de rendement sur des terres d'une même qualité et d'une même région; degré très insuffisant de l'emploi des machines agricoles existantes; gaspillage résultant de la multiplication d'installations ou de travaux parallèles, etc.

Ainsi, un très grand nombre de kolkhozes obtiennent leur courant électrique de petites centrales rurales, qui ont des prix de revient supérieurs à ceux des centrales urbaines ou industrielles. La presse soviétique est remplie de comparaisons entre « bons » et « mauvais » kolkhozes, entre rendements élevés et insuffisants obtenus sur des terres comparables, de même qu'elle est remplie d'innombrables récits sur l'utilisation insuffisante des tracteurs ou sur le manque de pièces détachées pour réparations. Il faut ajouter que ces phénomènes ont été en partie aggravés du fait de la vente des tracteurs et machines agricoles aux kolkhozes -alors que Khrouchtchev avait précisément espéré que cette réforme aboutirait à un emploi plus rationnel du matériel agricole.

En effet, maintenant que les kolkhozes sont devenus propriétaires des machines agricoles, ils sont obligés de calculer l'emploi optimum de ceux-ci en tenant compte des prix de l'essence, des pièces de rechange, des réparations, etc. Très souvent, ces prix ne sont pas fixés de manière rationnelle. Ainsi, on a calculé que les frais de réparation annuelle du tracteur « DT-54 A » s'élèvent à 30,5 % du prix d'achat. Le seul renouvellement des pneus du tracteur « Bjelarus » coûte le quart du prix d'achat de ce tracteur. Aussi le gouvernement soviétique a-t-il annoncé dans un appel du 16 juin 1962 qu'en même temps qu'il relevait les prix d'achat pour la viande et le beurre, li reduisait les prix de vente des machines, de l'essence et des pièces détachées à destination des kolkhozes. Mais, étant donné que Khrouchtchev n'a pas obtenu les cré dits supplementaires demandes à cette tin au C.C. de mars 1962, ce sont les consommateurs qui payent les frais de cette opération, par l'augmentation brutale du prix de la viande, du beurre et d'autres produits.

3) L'intérêt insuffisant des kolkhoziens et des travailleurs des sovkhozes dans l'augmentation de la production: malgré les avantages successifs obtenus par les paysans soviétiques depuis l'arrivée au pouvoir de Khrouchtchev, la vie à la campagne continue à être beaucoup plus pénible que dans les grandes villes industrielles; le revenu moyen des kolkhoziens continue à être largement inférieur au revenu des ouvriers, kolkhozes d'avant-garde. Le calcul du revenu en « journées de travail » décourage « l'émulation », et, en général, le kolkhozien ne voit pas son revenu augmenter proportionnellement à l'effort supplémentaire qu'on lui demande.

Il en résulte en général une importance majeure accordée aux lopins privés, non seulement dans les kolkhozes mais également - phénomène récent ! - dans les sovkhozes des « terres vierges ». Selon les chiffres officiels, presque toute la production en viande du cheptel privé, élevé sur les lopins privés, est destinée à l'autoconsommation. En effet, 89 % de la viande et 94 % du lait commercialisés proviennent des kolkhozes et des sovkhozes, alors que, par exemple, la moitié des vaches est encore propriété privée.

La Pravda a récemment publié des reportages sur la vie dans les sovkhozes des « terres vierges » au Kazakhstan, d'où il ressortait que chaque ouvrier y cherche à élever son « cochon privé » et y cultive « ses pommes de terre privées ». Le rédacteur de ce journal critique vertement la « fin de l'idéalisme des pionniers » et la « renaissance d'une mentalité fondée sur l'intérêt privé ». Divers travailleurs des sovkhozes lui répondirent, l'un d'eux concluant de manière laconique: « Ce qui se passe sur les « terres vierges » a moins à voir avec un manque de conscience des jeunes gens qu'avec un manque de vivres »...

D'une manière générale, l'intérêt des lopins privés semble, depuis un certain temps, augmenter aux yeux des autorités soviétiques. Ainsi, la Pravda du 25 août 1962 reproduit un article d'abord paru dans la Pravda Ukrainy. article rédigé par la paysanne N. G. Saglada, membre du Soviet Suprême et trois fois héroine du travail. L'article sensationnel — qui semble avoir échappé à l'attention de la presse mondiale - s'étend sur cinq colonnes à la première page et comporte notamment le portrait de l'auteur. Il ne plaide ni plus ni moins que pour la mise à la disposition des machines agricoles aux lopins privés, sinon de leur vente aux kolkhoziens. Le raisonnement est fort prag- mațique; jusqu'ici, on s'est toujours plaint que le paysan travaille davantage sur son lopin privé que sur les terres du kolkhoze; 11 en résulte une importante perte de production pour l'Etat. •N'est-il pas plus facile de rémédier à cette perte en étendant les lopins privés et en y facilitant un accroissement de la production, plutot que d'exhorter sans cesse le kolkhozien — avec peu de resultats ! -à porter davantage son attention sur l'entreprise coopérative ?

La publication de cet article ne fut pas un accident isolé. Le 4 septembre 1962, la Pravda revint sur le même thème en ва вора. publiant diverses réponses reçues à l'article du 25 août; et il faut souligner que la plupart de ces réponses étaient positives, sinon enthousiastes...

Se trouve-t-on à la veille d'un nouveau tournant important de la politique agricole de Khrouchtchev? Ces articles de la Pravda n'en sont pas les seuls indices. A plusieurs reprises, Khrouchtchev a vanté la politique agricole de Gomulka, alors qu'en Pologne 87 % des terres arables appartiennent à des propriétaires privés et que l'influence des coopératives de production tend plutôt à reculer qu'à augmenter. La presse soviétique a souligné qu'en 1961, la Pologne a obtenu le meilleur résultat de toutes les « démocraties populaires » en matière de production agricole: une augmentation de près de 11 %, sans y ajouter pourtant qu'en Pologne, contrairement à l'U.R.S.S., les investissements dans l'agriculture augmentent plus vite que la production (ils se sont accrus de 30% depuis 1960). En Bulgarie, où l'on suit en général de très près les fluctuations de la ligne de Khrouchtchev, s'est également manifesté un intérêt accru pour les lopins privés.

Néanmoins, ces indices ne suffisent pas pour conclure que Khrouchtchev considère aujourd'hui l'expansion de la production privée comme seul moyen de relancer lagriculture soviétique. « L'intéressement matériel » des kolkhoziens est stimulé d'autres manières: on s'efforce de généraliser le travail d'équipe et le salaire au rendement, on sécarte de plus en plus du paiement en « journées de travail ». Tout appel direct à « l'initiative privée » serait une grave défaite morale pour le système soviétique, et Khrouchtchev s'efforcera sans doute de l'éviter.

Dans le contexte économique et social d'aujourd'hui, totalement différent de celui de l'époque de la N.E.P • la capitalisme da parle danger d'une restauration tir du secteur privé de l'agriculture a disparu en U.R.S.S. La production agricole fondée sur l'emploi de plus d'un million de tracteurs et de diverses techniques agronomiques et zootechniques de grandes entreprises rend impensable une division des kolkhozes entre propriétaires prives. Par contre, il devrait etre possible d'accroitre la production agricole en aug mentant l'importance marginale des lopins privés, en y facilitant l'emploi de techniques plus modernes ou plus rationnelles, en y permettant davantage d'investissements, en légalisant une extension modérée de leurs surfaces et une certaine coopération entre les paysans. L'économie soviétique peut sans doute se permettre le luxe d'aborder ce problème de manière purement pragmatique; elle n'a plus à craindre des « menaces » de ce côté-là.

Mais il ne peut s'agir d'une solution véritable et durable des difficultés agricoles de T'U.R.S.S. Cette solution ne peut résider que dans une combinaison de facteurs qui permettent un accroissement rapide de la productivité du travail: investissements accrus, rationnellement sélectionnés et appliqués; amélioration des termes d'échange entre la campagne et la ville; accroissement de la masse des moyens de consommation industriels mis à la disposition des paysans, à prix réduits, ce qui constituerait, en définitive, le meilleur stimulant de la production ; établissement d'une véritable démocratie kolkhozienne qui libérerait l'initiative créatrice de millions de paysans. C'est le rétablissement du développement proportionnel de l'agriculture et de l'industrie qui constitue à la fois le but à atteindre... et le moyen le plus rationnel d'y arriver.

1* novembre 1962.

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