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La revue › n° 14

La crise bourgeoise au Brésil et la révolution latino-américaine

Quatrième Internationale, n° 14 · novembre 1961 · p. 80-85 · 3 836 mots

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La surprenante démision de Quadros à la présidence du Brésil a déchaîné une crise aux conséquences incalculables. Toute la faiblesse du capitalisme et de l'impérialisme apparaissent ouvertement en cet épisode. On pouvait prévoir des des chocs et des luttes sérieuses entre la tendance de Quadros et le reste de la bourgeoisie, !Eglise et une partie de l'armée brésilienne. Il est possible que, pressé par une partie de l'armée, •de I'Eglise et un secteur important de la bourgeoisie de changer sa politique extérieure, de rompre avec Cuba et d'abandonner les négociations avec les Etats Ouvriers, Quadros n'ait pu recourir à l'armée pour se défendre ou trouver un soutien. Il pouvait recourir aux masses en dénonçant la pression qu'on lui faisait subir. Il préféra fuir plutôt que de recourir à la mobilisation des masses. Comme Vargas (qui se suicida) et Peron qui également prit la fuite plutôt que de mobiliser, d'appeler aux armes et à la grève générale révolutionnaire, de courir le risque de mettre les masses en mouvement, il s'inclina pour laisser le pouvoir aux mains de la bourgeoisie. Il ne s'agit pas de mobilisation pour des augmentations de salaire ou de défense de quelques nationalisations, mais pour se maintenir au pouvoir.

Il devait appeler les masses à se mobiliser, à la grève généra'e, aux armes.

Quand en Juin 1955, en Argentine, éclata la contre-révolution et que le centre de Bueno-Aires et autres endroits furent bombardés, espérant être suivie par une partie importante de l'armée

(comme cela se vérifia ultérieurement en septembre 1955), la C.G.T. appela à la grève générale et à la mobilisation des masses, celles-ci sortirent, inondèrent la ville et écrasèrent le soulèvement militaire. Quand en septembre

1955, Peron empêcha la mobilisation des masses, la contre-révolution prit le pouvoir avec seulement quelques dizaines de chefs et d'officiers, parce que

Peron prit la fuite.

Les événements du Brésil montrent la profondeur des contradictions de la bourgeoisie et l'énorme pression qui la fait se décomposer. D'une façon négative, il montre qu'un secteur de la bourgeoisie pour détendre son droit, de soutenir la politique extérieure convenant à ses intérêts commerciaux au nom de l'intérêt du développement commercial et industriel du pays, ne peut le faire par les voies normales du vote populaire et parlementaire. Ou bien il cède à l'armée ou il en appelle aux masses. Il préfère céder plutôt à l'armée.

Quadros gagna les élections par une alliance avec l'oligarchie du café, du coton, du sucre et du cacao. Dans le Marché Commun européen, le développement de la production du café, du cacao, du coton et du sucre en Afrique enlève les marchés du café à la bourgeoisie oligarchique au Brésil. Quadros tentait de soutenir une politique de recherches de marchés à l'extérieur et d'augmenter le marché intérieur par l'obtention de devises. Mais en même temps, il prit une série de décrets et de lois qui tendaient à renflouer le capitalisme au détriment des masses. Quadros œuvra non au nom de la bourgeoisie industrielle en particulier, mais pour sauver le capita'isme brésilien menacé profondément par une inflation énorme due au manque de marchés et par un grand chômage.

L'alliance avec l'oligarchie fut pour Quadros un moyen de mener cette politique qui en dernière instance tenait compte des intérêts de la bourgeoisie en tant que classe, pour sauver le régime. Il essaya d'étendre le commerce extérieur et de développer l'industrialisation, de tirer parti de la conjoncture favorable (faiblesse de l'impérialisme, développement des Etats ouvriers, révolution cubaine) pour faire du chantage auprès de l'impérialisme et en même temps sur cette base, élargir les bases du capitalisme brésilien. Telle fut sa ligne politique. La faiblesse de l'impérialisme est démontrée par le fait qu'il ne put freiner cette politique.

Aucun secteur de la bourgeoisie brésilienne n'a assez de force pour imposer une issue. Quadros fut le pont pour cette étape historique au Brésil. D'une certaine manière, il prouva la prise de conscience d'un secteur important des idéologues bourgeois qui voient que c'est seulement en développant le régime qu'i's peuvent se défendre des masses et ils essaient de le faire. Mais les conditions historiques ne le leur permettent pas. Ce qui les prive de la volonté et de la résolution d'avancer sur cette voie, surtout que leur énorme limitation de vant les masses est démontrée face au développement impétueux de la révolution coloniale. L'oligarchie du café a besoin des Quadros mais elle tâche d'empêcher la réalisation de la politique qui augmente le pouvoir et les forces économiques et politiques de la bourgeoisie industrielle et elle essaie de combattre la révolution.

Ce n'est pas le danger du parti communiste qui est en jeu. Aucune des oligarchies ne suppose que Quadros protégeait le communisme ou la révolution cubaine. Mais Quadros, pour les nécessités du marché du café, le développement de l'industrie, la lutte contre le chômage, le développement économique du pays, devait réaliser cette politique en général. Et l'oligarchie courait le risque de cette politique au sujet de Cuba et du commerce avec les Etats ouvriers. Les idéologues de la bourgeoisie nationale comme Quadros œuvraient en fonction de l'issue qu'ils sentaient possible pour le développement du capitalisme dans le pays.

La bourgeoisie industrielle croyait pouvoir donner de meilleurs salaires, de meilleures conditions de vie à une étape postérieure du développement capitaliste et contenir les masses, surtout avec la collaboration de la politique conciliatrice, pacifiste, réformiste, du parti communiste et grâce au contrôle du mouvement ouvrier par le travaillisme. C'était une politique risquée mais il n'y avait pas d'autre issue. L'oligarchie voulait que la politique de Quadros s'exerça contre les masses à l'intérieur, qu'on vende aux Etats ouvriers mais qu'on ne reconnaisse pas lU.R.S.S. et la Chine et qu'on ne s'oppose pas à l'invasion de l'Etat ouvrier cubain. L'oligarchie ne pouvait supporter une telle politique parce qu'elle se sent faible et désemparée devant les masses et qu'elle n'a pas comme le secteur de Quadros et de Goulart des moyens de contrôle, de négociation et de corruption des directions ouvrières. Elle n'a pas la marge de manœuvres sur laquelle comptait Quadros à travers Goulart. Sa crainte de la politique extérieure de Quadros ne concernait pas seulement les masses mais le renforcement de la bourgeoisie industrielle et de certains secteurs bourgeois de l'agriculture et de l'élevage qui ont des intérêts dans le marché intérieur. En conséquence, l'oligarchie craignait de perdre le contrôle du pays.

Lacerda était le porte-parole de l'oligarchie et de la haute finance, et des industries liées à l'impérialisme yankee, sa tâche était de s'opposer à la politique extérieure de Quadros. Celui-ci fut expulsé du gouvernement par l'armée pour sa politique extérieure, mais sa politique extérieure n'était pas définitive, il pouvait changer; il espérait bien asseoir l'économie et après adopter une attitude définitive à l'égard des Etats ouvriers. Mais ce qui sépara d'avantage Quadros de Lacerda et de l'oligarchie était la possibilité d'une retorme agraire bourgeoise limitée qui épouvantait l'oligarchie. Les contradictions de la bourgeoisie amenèrent l'alliance Quadros-Lacerda, mais avec Goulart comme vice-président ; ce qui obligea Quadros à aller plus loin que prévu en politique extérieure. La pression de l'armée et de l'oligarchie contre Quadros reflète d'une façon nette les énormes contradictions et la crise politico-sociale

Le renoncement de Quadros a démontré l'insigne faiblesse de la bourgeoisie et de l'impérialisme et leur impuissance, même pour soutenir leur propre politique extérieure. (Comme celle que soutient l'impéria'isme yankee et anglais envers les Etats ouvriers et l'Angleterre envers Cuba.) Un secteur de la bourgeoisie brésilienne montre qu'il ne suffit pas de l'appui électoral, mais qu'i faut recourir à des moyens extraparlementaires.

Le développement de l'économie de l'industrialisation du Brésil (comme de tous les pays sous-développés) dévoile les contradictions profondes qui debouchent sur des situations pré-révolutionnaires ou révolutionnaires. L'impérialisme yankee essaya de contrecarrer la politique extérieure de Quadros et se servit de l'armée et de l'oligarchie, mais sans succès. La renonciation de Quadros n'était pas prévue. L'opposition. au lieu de mettre fin à la crise, l'ouvrit et l'approfondit. La bourgeoisie est déconcertée. La tendance légaliste de tenir compte de la Constitution se révèle comme la plus consciente de la bourgeoisie, non par amour des lois et respect pour le peuple, mais parce qu'elle craint une réaction en chaîne et que d'importants secteurs de la petite bourgeoisie, déçus par la po'itique bourgeoise, soient attirés vers des solutions du type Cuba. En outre, des secteurs de la bourgeoisie industrielle et moyenne sentent le danger d'une dictature militaire au service de l'impérialisme yankee et de l'oligarchie. Ces couches industrielles craignent de payer aussi les coups portés aux industries et au marché intérieur. Diles pensent encore contrôler les masses au travers du travaillisme de la bourgeoisie brésilienne. L'impérialisme tenta de contenir Quadros.

L'impérialisme, après l'échec de Punta del Este, tenta de chercher sans brusquer un changement au Brésil. Par l'armée, il essaya d'obliger Quadros à changer de politique, les pressions s'accompagnant d'offres de dollars. Si Quadros soutenait cette politique extérieure, c'était parce qu'il avait au moins le consentement de hautes sphères de la bourgeoisie et de l'armée qui comprenaient la nécessité de tirer parti de la conjoncture historique pour développer le capitalisme national, en donnant de plus grands profits à la bourgeoisie indigène et acceptaient les risques de cette politique. et du P.C. Les contradictions de la bourgeoisie sont énormes, . la crise englobe toute la bourgeoisie du pays. Trois jours après la démission de Quadros, ils n'ont pas été capables de trouver une solution. La crise se développe et tend à s'aggraver par l'intervention directe de l'armée. L'impérialisme essaie fébrilement de trouver en sous-main une solution favorable. Au moins pour le moment une dictature militaire ne lui convient pas, il essaie de trouver une issue constitutionnelle, un gouvernement qui cède en partie à la bourgeoisie industriel'e et rompe avec Cuba et TU.R.S.S. I. s'arrête à cette politique pour, grâce à l'armée, mener une offensive contre Cuba. Mais une telle solution n'est pas facile. L'impérialisme redoute que toute la situation ne se détériore et que dans la guerre civile l'armée n'ait pas la certitude de triompher, surtout qu'elle est divisée. La crise politique et sociale de la bourgeoisie brésilienne reflète la crise de toute la bourgeoisie latino-américaine. Aux yeux des masses, il est évident que, pour appliquer une po'itique extérieure indépendante, le gouvernement devra s'appuyer sur les masses si cette politique affecte les intérêts de l'armée. Les masses sont en train d'apprendre rapidement que pour mener une politique indépendante, elles devront prendre le pouvoir, désorganiser l'armée et former leurs propres milices ouvrières.

Quadros a fui pour ne pas faire appe! aux masses et dépendre d'elles; Goulart n'est pas rentré immédiatement au Brésil pour les mêmes raisons. Il a l'appui des syndicats et de la classe ouvrière. Mais revenir pour affronter l'opposition de l'armée, c'est dépendre des

L'INSTABILITE DE LA BOURGEOISIE S'APPROFONDIT

L'INSTABILITE DE LA BOURGEOISIE S'APPROFONDIT masses et d'une mobilisation de la classe. Il tâche de négocier, c'est pourquoi il hésite entre rentrer ou rester à l'étranger. L'armée qui évidemment a le pouvoir maintenant ne s'est

PERSPECTIVES D'UNE

Actuellement au Brésil, une dictature militaire ne serait pas de longue durée. Fille ouvrirait les portes à mille formes de lutte révolutionnaire qui feraient perdre le contrôle à l'armée et à la bourgeoisie. Le prolétariat n'est pas battu. Les masses paysannes se mobilisent de plus en plus pour la terre. En dépit de ses effets désastreux contre les masses à la première étape, une dictature militaire tendrait à unir les paysans avec les ouvriers et les petits bourgeois et à réaliser le front unique révolutionnaire.

Il n'y a pas eu de manifestations prolétariennes importantes, massives. Le prolétariat a manifesté son profond appui à la révolution cubaine, sa haine contre l'impérialisme. Les votes en faveur de Quadros et de Goulart étaient contre le capitalisme et l'impérialisme. Mais à peine à la présidence, Quadros prit une série de lois qui déterminèrent une hausse immédiate du coût de la vie. Les dirigeants syndicaux y compris ceux du PC ont subordonné les revendications prolétariennes à l'alliance avec la bourgeoisie. Il était logique qu'à la démission de Quadros, ressentie comme un coup de la réaction et de l'impérialisme, les masses n'aient pas réagi spontanément et ne soient pas sorties dans la rue. Il ne s'agit pas d'indifférence, de neutralité. Elles désirent intervenir. Elles l'ont démontré par leur appui massif à la révolution cubaine. Les étudiants du nord du Brésil ont entrepris des luttes résolues pour la défense de Cuba. En armes, les paysans ont manifesté pour la défense de l'Etat ouvrier cubain ; par la force, ils ont occupé des terres et y sont restés. Les directions du mouvement ouvrier socia'iste, communiste et travailliste, qui sont majoritaires ont empêché tout mouvement et mobilisation centralisée et indépendante du prolétariat. C'est pourquoi une partie de l'armée hésite à Rio Grande. La bourgeoisie se montre confuse. La classe ouvrière n'est intervenue que faiblement. Les directions syndicales et le PC la maintiennent inactive et n'ont pas intérêt à l'appeler à la lutte et à une mobilisation indépendante. Elles espèrent la contrôler s'il y a une grève générale. Cependant la crise que déchaîna la dé-

NALE 83 pas décidée à imposer une solution mides conséquences et de sa propre unité litaire parce qu'elle ne se sent pas süre interne. DICTATURE MILITAIRE mission de Quadros peut conduire à une issue révolutionnaire.

La situation en Amérique latine est favorab'e. A Punta del Este, l'impérialisme n'a pas réussi à grouper les bourgeoisies en un front unique, ce qui lui aurait permis d'envahir Cuba. Les bourgeoisies les plus fortes (Mexique, Argentine, Chili), sont plus ou moins dans la même situation que la bourgeoisie brésilienne. C'est pourquoi elles n'acceptent pas la pression yankee. Les masses brésiliennes ne sont pas appelées à intervenir, elles n'ont pas de partis de classe, de masse. Le travaillisme est le parti de Goulart qui aspire à une politique de plus grande industrialisation du pays et de défense du marché des grandes entreprises agricoles et de bétail. Les syndicats sont dirigés par des agents du travaillisme ou du PC qui se mettent actuellement au service de l'aile bourgeoise de Goulart. L'armée qui parait forte est cependant faible. Les soldats et les officiers sont sous la pression de la grève générale révolutionnaire, des masses et de la vraie issue populaire. La classe ouvrière doit intervenir pour résoudre les problèmes que crée la crise politique et sociale. Il est possible de penser que la démission de Quadros est une manœuvre pour revenir ensuite au pouvoir mais cette manœuvre comporte de grands risques. Ce qui est le plus probable, c'est que, pressé par l'armée, il préféra s'en aller avant d'appeler les masses. Cela aurait provoqué un soulèvement général dans presque tout le pays. A la crise il faut répondre par des mesures révolutionnaires. La montée de Goulart n'est pas une solution. Il va tenter de négocier pour que l'armée ne s'y oppose pas. Il y a un potentiel énorme inutilisé au Brésil. Ce sont les masses ouvrières et paysannes. Dans le Nord, des millions espèrent manifester et combattre ; les ouvriers aspirent à lutter contre l'impérialisme. C'est la base de la solution de la crise brésilienne, ouverte par les contradictions de la bourgeoisie elle-même. Que!le que soit la solution adoptée par la bourgeoisie, el'e évitera l'intervention des masses et la crise continuera parce que sont apparues en pleine lumière toutes les contradictions profondes pour répondre aux nécessités réelles de pro- grès, au développement économique et social, et donner des droits démocratiques aux masses. Celles-ci apprennent rapidement que la bourgeoisie el'emême ne peut pas appliquer les droits démocratiques bourgeois.

Les problèmes du Brésil sont : la réforme agraire, l'expropriation de l'impérialisme et la nationalisation des en-

La classe ouvrière doit intervenir en toute indépendance, appelant une Assemblée constituante et groupant derrière el'e la paysannerie et la petite bourgeoisie. La classe ouvrière doit indiquer l'issue de la crise grâce à un gouvernement ouvrier et paysan qui devra répartir la terre, exproprier l'impérialisme et les principales propriétés d'intérêt public. Elle doit appeler à la formation de conseils, de comités d'ouvriers, de soldats et de paysans pour mener à bien cette tâche. C'est l'issue à la crise. Les ouvriers et les paysans sont immobilisés parce que leurs dirigeants le veu'ent. Le capitalisme perd constamment son autorité sur les masses qui ne peuvent intervenir parce qu'il n'y a pas de Centrale syndicale unique ; les paysans ne sont pas organisés massivement en syndicats et les ouvriers ne comptent pas comme parti indépendant de classe et de masses. L'alliance ouvrière et paysanne pour un programme de partage des terres, d'expropriation de l'impéria'isme, de nationalisations sans indemnité, de planification économique, n'est possible qu'avec un gouvernement ouvrier et paysan. Voilà la voie pour la solution de la crise. Quel'e que soit la solution imposée au peuple brésilien par des factions de la

LA CLASSE OUVRIERE

Les conséquences de la crise au Brésil seront énormes surtout en Amérique latine. Le développement économique du Brésil ne peut être contenu par l'armée dans le cadre du capitalisme. Aux yeux des masses d'Amérique latine, la crise de la bourgeoisie brésilienne offre une image c'aire de la faiblesse du catalisme en Amérique latine. L'impérialisme n'a pas réussi encore à imposer une solution à son goût au Brésil. La déroute militaire encouragera les masses dans son processus d'organisation politique et syndicale et renforcera les forces révolutionnaires. Les masses paysannes aspirent à entrer dans le combat, elles veulent la terre. Un appel aux paytreprises impérialistes sous contrôle ouvrier. La crise est liée à tous les problèmes du développement du Brésil. La réforme agraire est une des bases fondamentale de la crise brésilienne. Derrière ce que les militaires, Quadros et Goulart appellent le problème institutionne!, sont les problèmes réels qui empêchent le progrès réel du Brésil. bourgeoisie et de l'armée, la crise se prolongera. Il n'y aura pas de stabilité. Les bases de la crise et les pressions économiques sociales et financières sont énormes. La pression de la révolution coloniale est énorme. L'impérialisme recule et les Etats ouvriers progressent. La nécessité de marchés pour le café, le cacao, le coton, etc... les nécessités du capital, la pression constante de la révolution coloniale et des Etats ouvriers, surtout de Cuba, ont des effets sur les masses du Brésil. Tout cela empêche la bourgeoisie de trouver l'équilibre nécessaire pour affronter unie et ferme la révolution coloniale. Quand l'armée doit intervenir comme facteur de la politique bourgeoise, toute la faiblesse de celle-ci se révèle : disproportion entre son pouvoir économique et sa faiblesse sociale devant le problème de la réforme agraire, comme devant l'impérialisme pour le développement économique du Brésil.

L'impérialisme essaie de réaliser un accord entre les diverses fractions bourgeoises pour rompre avec Cuba et les Etats ouvriers. Les causes historiques de cette crise sont les contradictions accumulées journellement par l'impérialisme et les bourgeoisies latino-américaines. DOIT INDIQUER L'ISSUE sans mobiliserait la moitié du Brésil. Ce serait léveil d'une masse gigantesque qui s'unirait au prolétariat et mettrait en déroute les militaires et l'impérialisme. Mais ni Quadros, ni Goulart, ni Brizola n'appellent les paysans, car ils ont peur qu'ils échappent à leur contrôle. Goulart Quadros et Brizola accusent l'impérialisme, mais n'appellent pas lattaque contre l'impérialisme de peur que se développe un sentiment de classe, que les masses mettent en avant leurs propres revendications anti-capilistes et que s'établissent les bases organisationnelles en vue de "al'iance ouvrière et paysanne. Les syndicats ouvriers et les ligues paysannes doivent

ECHEC DE L'IMPERIALISME A PUNTA DEL ESTE

ECHEC DE L'IMPERIALISME A PUNTA DEL ESTE

Q organiser des milices, il faut appeler directement les paysans à occuper les terres et à organiser des milices pour défendre ces terres, en appelant les ouvrirs à les appuyer. Il faut appeler les

Il faut organiser la grève générale dans les quartiers, les usines, les syndicats avec des milices ouvrières, paysannes, d'étudiants armés. Il faut appeler à des manifestations gigantesques accompagnées par la grève générale et l'intervention des milices, occuper toutes les usines et organiser un état-major des milices jusqu'à la déroute du soulèvement militaire impérialiste et imposer une Assemblée constituante révolutionnaire. Le secteur de l'armée qui essaie de s'imposer comme arbitre de la crise dans les intérêts de l'impérialisme yankee n'a atteint jusqu'à maintenant aucune solution stable, il n'a groupé ni toute la bourgeoisie, ni toute l'armée. Cela montre l'énorme résistance aux prétentions impérialistes. Goulart et Brizola résistent en cherchant à parlementer, à arriver à un accord en s'appuyant sur la combattivité anti-impérialiste des masses pour faire du chantage, sans mobiliser les masses, sans leur donner des armes, sans appeler les paysans à occuper les terres. La force de Goulart et de Brizola, la faiblesse de Denys et de l'impérialisme partent de la même base : la combattivité des masses, la volonté des paysans d'occuper les terres et d'agir à la cubaine. Les conditions objectives sont mûres au Brésil pour que les masses abattent le capitalisme et imposent le programme et le pouvoir du gouvernement ouvrier et paysan révolutionnaire. anti-impérialiste, anti-capitaliste. Ce sera le meilleur appui à la révolution socialiste cubaine.

Les masses doivent s'armer, s'organiser en milices et intervenir contre l'armée de l'impérialisme, appeler les soldats, officiers, sous-officiers à défendre le peuple pour expulser l'impérialisme, défendre le partage des terres, pour la planification de l'économie, pour le gouvernement ouvrier et paysan, la lutte pour la Centrale unique et le Parti ouvrier de masses, indépendant. Cette crise ouverte au Brésil continuera. Les masses verront que, pour défendre leurs soldats et leurs officiers à passer aux côtés du peuple pour l'expulsion de l'impérialisme et une solution révolutionnaire à la crise déchaînée par la bourgeoisie. moindres droits démocratiques à penser a juger, à diriger, elles devront intervenir comme classe pour donner une issue révolutionnaire à l'instabilité et à la crise du Brésil. Masses latino-américaines !

Le mouvement ouvrier, paysan, estudiantin, latino-américain doit accourir à la défense et au soutien des masses brésiliennes, contribuer à développer la crise de la bourgeoisie brésilienne et mettre en échec les tentatives impérialistes d'imposer un gouvernement et une politique impérialistes. Les mouvements ouvriers et révolutionnaires latino-américains doivent organiser le Front Unique anti-impérialiste pour unifier la lutte dans toute l'Amérique latine pour Texpulsion de l'impérialisme du Brésil, pour la réforme agraire, le contrôle ouvrier, etc... Ce front doit appeler toutes les organisations scientifiques, culturelles, artistiques, à soutenir une telle lutte, aidant les masses exploitées à expulser l'impérialisme du Brésil. Le cours de la crise et son issue auront de grandes répercussions dans la lutte des masses exploitées et dans la crise économique, politique et sociale des bourgeoisies latino-américaines. Le prolétariat latino-américain devra intervenir dans la crise brésilienne pour aider les masses exploitées à donner une issue plus progressive et révo utionnaire qui fasse avancer les luttes révolutionnaires anti-impérialistes et anti-capitalistes des masses brésiliennes et latino-américaines. Il est nécessaire d'organiser le front unique prolétarien dans chaque pays en un front unique latino-américain pour expulser l'impérialisme et briser le capitalisme au Brésil et pour l'instauration du gouvernement ouvrier et paysan. Il faut appeler à une grève générale dans toute l'Amérique latine et l'organiser pour appuyer les masses brésiliennes.

Le Bureau latino-américain de la « Quatrième Internationale ».

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