Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › n° 14

Déclaration du camarade Santen au Tribunal d'Amsterdam

Sal Santen · Quatrième Internationale, n° 14 · novembre 1961 · p. 45-48 · 3 096 mots

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Monsieur le Président, Le premier jour de ce procès vous avez dit que le fait qu'on soit ému par le destin des Noirs aux Etats-Unis ne peut justifier une attaque contre la vie du Pré sident américain. Vous avez touché dans le mouvement ouvrier révo lutionnaire, des discussions passionnées, par exemple et surtout en Russie tsariste, ternationale, dans une période qui se oass asse période qui se troue derrière nos ses longtemps a cause trouve derrière nous depuis longtemps, a causé marxiste révolutionnaire représentée par la Quatrième confiance totale dans le réveil de la conscience et l'héroïsme des masses opprimées était et reste irréconciliablement adversaire de la terreur individuelle. Elle a une qui luttent pour leur libération sociale et nationale. L'idée de pouvoir remplacer ce processus historique inévitable par des actes de terreur individuelle lui est étrangère. Elle m'est donc aussi étrangère.

Mais, monsieur le Président, il y a maintenant des Noirs aux Etats-Unis qui violent la loi en prenant place, ensemble avec les citoyens américains blancs couradans le même solidarité complètes Honte aux juges qui, pour cette raison, jettent des êtres humains, quelle que soit la couleur de leur peau, en prison

Des centaines de milliers d'Algériens se trouvent dans des prisons et des camps de concentration, parce qu'ils désirent aussi une part de cette liberté dont on coutume de se targuer tellement en Occident. Appuyer effectivement tous ceux qui sont menacés de persécution parce qu'ils luttent pour une cause juste, c'est un levoir pour qui ne veux pas professer la cause de la liberté seulement avec des mots.

Pour moi, c'était plus qu'un devoir, monsieur le Président. Jadis, quand j'ai eu besoin d'une carte d'identité, d'autres ont risqué leur vie pour la fabriquer et me la fournir. J'ai l'amère, la douloureuse expérience que labsence de si simples chitfons de papier peut signifier la fin pour des parents et des amis.

Pour cette raison j'ai, au début de 1958, réalisé avec pleine conviction le contact avec Veldrich, quand amis algériens me l'ont demande, et je lui ai transmis les sommes d'argent nécessaires. Mon activité s'est limitée grosso modo à ce point. On n'a pas désiré davantage de moi. Tout cela, je le répète à nouveau, s'est passé dans une période où Michel Raptis ne se trouvait pas encore en Hollande. La preuve en a été fournie par Oeldrich même, en reconnaissant qu'il avait commencé ses expériences avant que je n'ai eu un accident.

Je ne peux juger si j'ai violé la loi par cette activité, cela ne m'a jamais préoccupé. Si votre Cour est de cette opinion, j'en accepte les conséquences, sans regretter in moment ce que jai fait. Mais, je le répète encore, moi, et moi seul, suis respon sable de ce fait. Condamner aussi Raptis sur ce point, serait un acte injuste et arbitraire, qui ne pourrait que me remplir d'irritation. cation de fausse monnaie. Nous sommes des gens, monsieur le Président, qui prela Michel Raptis et moi sommes accusés d'un deuxième point ; incitation à la fabrinons la responsabilité de nos actes. Nous ne nous serions jamais occupés fabrication de fausse monnaie, pour ne pas parler de son incitation. Nous ne sommes pas des terroristes, comme je l'ai déjà dit au début de ce mot final. L'idée de pouvoir perturber l'économie française par une telle action est vraiment trop naïve.

On nous reproche de ne pas avoir respecté la loi. Mais contre nous aussi choses étranges se sont passées, monsieur le Président. Même si on pouvait d'un délit commis à Osnabruck, ce que je conteste à nouveau avec énergie, l'exécution en aurait été inimaginable sans la « coopération » de la justice néerlandaise — à travers Hompe. Maintenant Hompe a essayé de cacher son rôle essentiel dans cette affaire, quoique lui, tout comme l'agent provocateur Zwart s'étaient occupés de les matériaux. Sans les connaissances techniques de Hompe, comme il l'a déclaré lul-même sous serment devant le juge d'instruction, toute l'affaire aurait été impossible ; n'était-il pas le « seul homme de métier » de la compagnie ? Si votre Cour pense autrement, elle devrait poursuivre Hompe pour faux serment.

Sur d'autres points également des choses bizarres se sont passées, monsieur le Président. Sous prétexte d'être confrontés avec Oeldrich et Schneeweiss - quoique nous n'ayons jamais contesté les connaître - on a voulu nous faire agir comme temoins devant le juge allemand, on a voulu obtenir une base légitime pour une declaration de temoin à charge d'Oeldrich contre nous. Oui, monsieur le président. le juge a voulu obtenir une déclaration de nous, nous trouver une base à un procès politique contre la Quatrième Internationale, comme il a été montré clairement dans les pièces du procès. C'est pourquoi il nous a fallu aller à Vaals. Et quoique le droit hollandais ne connaisse pas de délits politiques, le juge d'instruction a écrit dans une lettre au juge d'instruction Dierks, du Landgericht d'Essen, qui a dû pré parer un proces politique contre nous, le 20 septembre 1960 :

« Vous pouvez alors naturellement interroger nos accusés comme témoins, vous le voulez. Si ces gens veulent déclarer quelque chose, je ne le sais naturellement pas. Jusqu'ici, ils ont reconnu très peu de choses.»...

Mais il y a eu plus : la justice hollandaise a délivré des documents politiques à la justice allemande, comme jai pu le constater par hasard, peu de temps apres mon arrestation. force, quand je fus amené pour la première fois devant l'Officier de Justice, et j'ai même parlé d'un scandale, mais l'Officier a répondu alors que j'avais mal compris. Par les pièces du procès, il m'est devenu clair, Président. Oui, on n'a pas été trop scrupuleux en ce qui concerne l'application de cependant, que Javais très bien compris ce qui s'était la loi envers nous.

La même chose s'est passée avec la livraison de documents politiques aux autorités françaises, célèbres par leur Deuxième Bureau et leurs méthodes de torture contre les combattants de la libération algérienne.

Les formes de procédure les plus simples n'ont pas été respectées envers nous. Tandis que la présence à une audition de témoins au cours de l'instruction est toujours volontaire, monsieur le Président, même pour un inculpé, on nous a enchainés, Raptis et moi, l'un à l'autre comme des criminels pendant trois Jours, nous obligeant à écouter les calomnies d'Oeldrich.

Une détention de près de treize mois, c'est inhumainement long. monsieur le Président. Je sais maintenant, par les plaintes amères de co-détenus, que de longues détentions ne sont pas anormales en Hollande. Ainsi, on punit déjà les gens avant qu'ils ne soient condamnés. Doublement puni, primo, parce que le régime dans les maisons de détention - malgré la bonne volonté du personnel - est pire que dans les prisons, comme tous les prisonniers me l'ont assuré ; deuxièmement et surtout parce que les gens sont soumis à une tension nerveuse qui est presque intolérable qu'une libre décision du Juge en est rendue extrèmement dif troisièmement, parce ficile, une circonstance qui - Je le suppose - aura placé le juge quelquefois également dans la situation d'un « conflit de conscience ». Cependant, treize mois c'est extrêmement long, monsieur le Président, même en Hollande, surtout quand - comme été prouvé durant le procès — on n'a pas produit des preuves qui n'étaient cela a pas déjà au moins depuis huit mois dans la possession de la justice.

Les témoins de l'Officier de Justice et les nôtres, ils représentent d'autres mondes, monsieur le Président. Michel Raptis l'a déjà dit : Hompe n'est qu'un pauvre misérable, l'instrument d'autres qui, au moment où il n'avait plus de valeur pour eux, l'ont mis au ban de l'opinion publique. De cette manière, on l'a puni vraiment assez lourdement ; son destin misérable est un avertissement pour tous ceux qui pourraient avoir de pareilles ambitions. Hompe a déclaré la police en janvier 1960, mü par un conflit de conscience parce qu'un ouvrier français pourrait trouver un faux billet de banque dans son bulletin de paie. Cependant, un moment plus tard, il affirme qu'il n'a été mis au courant par Oeldrich qu'en mars 1960. C'est votre tâche, monsieur le Président et messieurs les Juges, d'établir la vérité, mais pour moi il n'y a le moindre doute à ce sujet.

L'officier de Justice a dit dans sa citation, que le « délit intenté ne ( fut) pas réalisé, seulement à cause de circonstances en dehors de leur volonté, qu'ils furent arrêtés et détenus le 10 juin 1960 a Osnabruck par la police allemande dans limmeuble Johanisstrasse 19-20 ». En réalité la police n'est pas intervenue le 10 juin 1960, mais déjà en janvier 1960, avant la date dont nous sommes chargés : du ler mars 1960 jusqu'au 10 juin 1960. A vous de juger, monsieur le Président et messieurs les Juges. si en conséquence il y a vraiment eu question, dans cette période, d'un effort.

J'ai écrit ces mots avant que M. le Commissaire Taconis n'ait été entendu comme témoin, avant que l'Officier Justice n'ait réquisitoire. Eux aussi ont sans le vouloir, jeté une lumière sur le vrai rôle d'Oeldrich...

L'Officier de Justice, pour sa part, vient de clarifier dans son réquisitoire le rôle d'Oeldrich en disant :

« Il faut mentionner à ce sujet la remarque d'Oeldrich qu'on avait été stupide en intervenant le 10 juin 1960. A son avis, si on avait attendu jusquau moment où les billets imprimes furent transportes, on aurait pu attraper toute l'organisation. Cette opinion est juste peut-être, vue avec des lunettes politiques ; cependant pour la justice ce ne fut pas un argument pour attendre. »

Quelles sont les lunettes politiques visées par l'Officier de Justice, à ce sujet ? Vraiment pas celles de la Quatrième Internationale, ni celles du F.L.N

Pour le reste, cet « avis » est assez intéressant, et non moins vil. Ou et quand a-t-il été émis, monsieur le Président ? Je ne l'ai pas trouvé dans les pièces. Je ne l'ai pas entendu à

Dans son réquisitoire, l'Officier de Justice a dit quelque chose avec laquelle je puis être d'accord La plupart des vérités, quand on les retourne, deviennent des contre-vérités ». C'est ainsi, monsieur le Président, c'est seulement grâce à cela que l'Officier a pu, plusieurs fois dans son réquisitoire, tâcher d'établir l'impression que je n'essaye que de couvrir Raptis.

Quelle est la réalité ? Toute cette affaire a été mise en scène par divers services secrets dans le but de frapper mortellement la Quatrième Internationale, en la personne de Michel Raptis. Par l'audition des témoignages de Hompe et de l'inspecteur Vos, il est prouvé clairement que ce fut l'intention de Zwart - et en conséquence l'intention de ceux dont il reçoit ses instructions de livrer Raptis à la France, ce qui aurait signifié sa mort certaine. Malgré le noble trio Oeldrich Zwart-Hompe, cette intention a échoué.

Quoique l'Officier de Justice veuille nous faire admettre à tout prix qu'il ne s'agit pas d'un procès politique, il n'emploie dans son réquisitoire que des consi dérations politiques. Dans la Quatrième Internationale, dit-il, Michel Raptis est le dirigeant politique le plus important; donc il est aussi le plus responsable pour les points en charge. Les capacités de Santen se trouvent surtout dans le domaine de l'organisation. Mais, monsieur le Président, cela ne plaiderait-il pas pour le fait que le soi-disant effort de couvrir Michel Raptis reflète une situation réelle ?

Je ne suis pas prêt à donner des informations sur mes activités. Cependant, les Algériens ont pris contact avec moi; mot j'ai pris contact avec Oeldrich : Schneeweiss a recherché contact avec moi. Le fait que Raptis ait pu se permettre d'être absent la plupart du temps, et par conséquent ne put se mettre au courant d'une certaine décision qu'a posteriori, cela ne vous dit-il réellement rien ? Maintenant l'Officier retourne l'affaire et dit : « Regardez le passeport de Raptis ; regardez. le nombre de ses voyages » Apres une si longue citation et apres un requisitoire d'un jour entier, une pauvre preuve, monsieur le Président !

C'est pourquoi la différence de peine demandée contre Michel Raptis et contre moi a une base politique et non une base de fait. Raptis est étranger, dit l'Officier de Justice, Santen pas. Mais Santen est rédacteur de Torgane « The Internationalist », monsieur le Président ! Il est internationaliste. Il ne se gêne pas du tout d'être un Hollandais, et dans sa yie, plus d'une fois, il a été ému par la franchise du caractère populaire hollandais, en ce sens qu'on peut en parler. Mais il n'appartient pas à ceux qui se targuent de leur nationalité que membres de la Quatrième Internationale, Raptis et Santen sont des citoyens conscients de ce monde, et ils l'ont montré : tous les deux comparaissent ici pour solidarité internationale.

Mais Santen « avait une famille si décente avant d'être arrêté », dit l'Officier. N'est-ce pas le même cas pour Raptis ? Y a-t-il un changement dans situation lepuis notre arrestation ? Nous sommes des gens avec une philosophie de la vie monsieur le Président, pour lesquels il est inimaginable de commettre un crime. Ce n'est pas un mérite ; ce côté de la vie nous est simplement complètement étranger.

C'est pourquoi je suis blessé plus que je ne puis l'exprimer par le fait que l'Officier de Justice ne m'a pas fait l'honneur de demander contre moi la même peine que contre mon ami Kaptis. Dans notre mouvement, il est inconnu, Monsieu le Président, que l'un soit la main droite de l'autre. Michel Raptis et Sal Santen sont tous les deux membres du Secrétariat International de la Quatrième Internationale : en ce sens ils forment une seule personne. Mais chacun de nous a ses propres responsabilités ; nous ne connaissons pas des instructeurs et des subordonnés. S'il en était autrement, mous ne serions pas membres de la Quatrième Internationale.

L'Officier de Justice a voulu prouver avec beaucoup de mots que ce procès n'est pas un procès politique. Pour une discussion, le problème serait intéressant, et je regrette sincèrement que maintenant je ne puisse pas avec des contre-arguments suffisants faire aux considérations de l'Officier sur ce point l'honneur qu'elles méri tent, des considérations qui, du point de vue juridique, sans doute sont moins subjectives que l'imputation de faits. (Cependant, les faits sont des choses têtues. Et cest un fait que nous avons exclusivement, mais vraiment exclusivement, agi pour des motifs politiques. Encore une fois : tout motif personnel nous est étranger. La reconnaissance de cela par votre Cour, monsieur le Président, et par l'Otficier de Justice, nous l'apprécions beaucoup.

Nous apprécions aussi que vous reconnaissiez que nous avons agi par conviction de conscience. Cette conviction de conscience était très urgente, monsieur le Président, car en 1958, les combattants algériens de la libération, on les avait laissés seuls, complètement seuls. Le mouvement ouvrier français capitula honteusement devant de Gaulle, dans ces jours-là encore le champion des ultras. Nous ne nous sentions pas seulement obligés d'aider nos frères algériens inconditionnellement, notez bien inconditionnellement, parce qu'ils se trouvaient devant un ennemi et avec le dos contre le mur, mais nous l'avons voulu aussi pour sauver l'honneur du mouvement ouvrier envers nos frères des pays coloniaux. quellle qu'elle soit.

Que l'Officier de Justice soit d'opinion, « que nous ayons manqué dans la formation de notre opinion et quen outre, aurions pu et dû éviter très facilement la situation de conflit », mol je suis convaincu du contraire, monsieur le Pré sident. Encore une fois : les faits sont des choses têtues. Me sentant responsable devant l'histoire, je suis prêt à informer votre Cour, en tant que Cour dans un proces qul, dans certain sens, est un procès historique, comment le premier contact s'est réalisé. Un ami algérien avait pris contact avec moi ; nous mangeâmes quelque part et à cette occasion il me dit : « On nous prend el sandwich ». Je comprenais pas bien ce qui voulait dire. Alors il prit deu tartines et dit : * Regarde, nous sommes entre les deux, ils veulent nous manger ». Si je connaissais encore des hésitations, Monsieur le Président. je les ai jetées bas à ce moment. Ainsi ma conviction de conscience s'est formée. Et la défaite des ultras en Algérie, en formation de notre conviction était loin d'être superficielle. En ce qui concerne la la liberte proche du peuple algérien courageux, tout cela prouve que la situation de conflit, elle fut le résultat de notre solidarité complète avec la lutte libératrice algérienne. Si cela plaide pour ou contre nous, je préfère le jugement de l'histoire à celui de l'Officier de Justice, monsieur le Président

Dirigeons, pour cette raison, le regard vers l'avenir. Cet avenir, il sera à la Quatrième Internationale, parce que l'avenir sera aux masses travailleuses et opprimées héroiques de ce monde. La vague inconnue de solidarité qui submerge ce procès de tous les coins de la terre me remplit d'une grande reconnaissance. Au nom de la Quatrième Internationale, j'exprime à tous ceux qui sont accourus à notre aide pendant ces mois difficiles, la gratitude la plus sincère.

Je porte hommage à Hélène Raptis, alliée fidèle de Michel Raptis. Mon amour se dirige vers ma femme courageuse, fille exemplaire de Mien Sneevliet, et vers mes enfants courageux pour la manière exemplaire dont ils se sont trouvés à mes côtés durant cette année difficile.

J'exprime ma reconnaissance à nos défenseurs combattifs et — pour moi personnellement — je veux témoigner mon amitié chaleureuse à Maître Smeets, qui m'a épaulé si généreusement et si courageusement, en me laissant complètement libre dans mes décisions, décisions pour lesquelles moi - et moi seul - porte la responsabilité définitive.

Je m'adresse enfin à Michel Raptis, homme d'intelligence et d'audace inconnues. La crise de l'humanité, qui se révèle dans des guerres et de la terreur fasciste, c'est, Léon Trotsky l'a dit une fois, la conséquence de la crise de la direction révolutionnaire. Le mouvement ouvrier traditionnel a fait faillite dans l'effort de créer cette direction. Mais c'est la Quatrième Internationale qui frappe maintenant à la porte de l'histoire, comme il a été prouvé clairement au cours de ce procès. En la personne de Michel Raptis, elle a trouvé un dirigeant de format historique. Pour cette raison, c'est un grand privilège, non seulement d'appartenir à ses coopérateurs les plus proches, mais aussi de partager la prison avec lui. Je vous prie pour cette raison, monsieur le Président et messieurs les Juges, de me condamner à la même peine que mon ami Michel Raptis.

Vive la Révolution Algérienne ! Vive la Quatrième Internationale ! Amsterdam, le 28 juin 1961.

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