Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › 18e année, n° 9

Nouvelle phase de la Révolution algérienne

Quatrième Internationale, 18e année, n° 9 · mai 1960 · p. 5-6 · 909 mots

In English: Editorial Notes: New Phase of the Algerian Revolution (Fourth International No. 9, Spring 1960).

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La décision prise par le G.P.R.A, à sa dernière réunion à Tripoli, de faire appel à des volontaires étrangers « sans distinction d'origine », marque une nouvelle phase dans le développement ininterrompu de la Révolution algérienne.

La révolte des ultras d'Algérie, leur opposition ouverte au régime de Gaulle, décision et la fermeté du moins apparentes aveo lesquelles ce dernier a su faire face à cette révolte, ainsi que ses propos tenus à la population de France lors d'un voyage proche, acceptable par le F.L.N., ouvrant la voie au cessez-le-feu et à « l'autodétermiqui précéda celui en 'Algérie même, avaient créé l'illusion d'un compromis possible nation »

Sur la Révolution algérienne et l'organisation qui la dirige : le F.L.N., pesaient a ce moment, outre la pression combinée des impérialistes et de Moscou en faveur de la politique « raisonnable », sinon « généreuse » de de Gaulle, préconisant la « pro cédure démocratique de l'autodétermination », la pression non moins négligeable de

Bourguiba et du roi du Maroc, ainsi que probablement celle de toute une aile du F.L.N.

Cette aile, à composition du reste hétéroclite et changeante, est sensible à ces pressions, ainsi qu'à celle d'une partie de la population algérienne, incontestablement atteinte par la longueur des hostilités, les pertes, les sacrifices, les souffrances immen- ses que la guerre barbare d'un impérialisme exaspéré a infligés au peuple algérien. Ce n'est pas exactement une aile numériquement importante, defaitiste, mais des éléments divers qui, soit par leur origine sociale, leur âge, leur rôle dans la Révolution, soit par manque de perspectives claires, se découragent de temps en temps, et sont plus enclins que d'autres à envisager avec soulagement la perspective d'un compromis acceptable.

Le peuple algérien, il est vrai, a consenti jusqu'ici un effort énorme et a déjà payé un tribut incroyablement lourd à la poursuite tenace de sa Révolution : plus de 600.000 mor's, surtout civils ; plus d'un million de personnes déplacées, mises dans des camps

Algérie même ; plus réfugiés, enfants, vieillards en Tunisie et au Maroc ; plus de 25.000 prisonniers et déportés en France même.

Pour un peuple de 9 millions d'habitants, il s'agit là d'une saignée immense. On ne doit d'autre part jamais oublier que le peuple algérien combat en réalité depuis 6 ans déjà pratiquement seul. Ni le prolétariat français, ni le prolétariat européen ne lui sont venus encore en aide de manière efficace. Quant à l'aide des pays arabes et africains, et des divers Etats ouvriers, celle-ci, importante sur le plan matériel, n'est ni complète, ni décisive.

Lorsqu'on étudie les détails, les modalités, les limites de cette aide, on a du mal à s'empêcher de penser que tout se passe en réalité comme si les diverses forces qui : aident » n'exploitaient l'attaire algérienne à leurs fins propres : soit pour qu'elle dur ans vaincre, soit pour des buts de propagande interieure aupres de leurs peuples. E on se souvient invariablement de l'Espagne des années 1936-1938.

Les propos tenus par de Gaulle lors de son voyage en Algérie, la reddition deman dée de l'A.L.N., la perspective énoncée en opposition d'une guerre longue, le rejet de 'indépendance réelle, le chantage au « partage » en cas de « sécession », ont provoqué un redressement unanime des esprits dans les rangs du F.L.N. révolut coma ce qun les idri par Texans, ne ce e cotives, dans ses radies, es plus- Du coup, ce sont les idées, les plans, les perspectives les plus hardies, les plus breux jeunes cadres du F.L.N., qui éclosent, et qui s'imposent.

La décision concernant la formation d'une Brigade Internationale sans distinction d'origine, se place dans le cadre de cette nouvelle étape de mûrissement de la Révolution algérienne. C'est là un choix décisif qui élargit l'horizon politique de la Révolution, la popularisera davantage parmi les masses révolutionnaires dans le monde, et qui fera également tomber les derniers tabous pesant encore sur l'héroique mouvement plébeien des masses algériennes.

Leur lutte devient la lutte de toute l'Afrique, de toute la nation arabe, et de toutes les forces révolutionnaires de par le monde.

Et l'esprit de la solidarité internationale agissante des exploités et des opprimés animera de sa puissance invincible le peuple en lutte, et purifiera sa Révolution de tout résidu anachronique.

Il est maintenant nécessaire de combiner ce pas très important en avant, avec une mise en application pratique de mesures telles que la structuration du F.L.N. en un parti politique avec un programme social plus concret, une organisation interne plus définie. plus contrôlée par sa base plébéienne, une liaison plus directe avec les combattants de l'intérieur et les masses du pays, le transfert du pouvoir essentiel en Algérie même, et le contrôle du gouvernement par le F.L.N. ainsi structuré et les masses.

La puissance invincible de la Révolution algérienne, malgré le combat inégal qu'elle mene sur le plan strictement matériel avec un impérialisme puissant, se trouve dans l'attachement des masses algériennes au contenu national et social de la Révolution et dans les ressources inépuisables des masses internationales qui veulent aider la Révolution.

C'est la raison pour laquelle il est nécessaire de définir plus clairement le visage social de la Révolution et de la placer dans un contexte plus large, africain, arabe, el international.

La IV* Internationale salue la décision prise d'organiser la Brigade Internationale et appelle les prolétaires conscients de par le monde à s'engager dans la lutte effective aux côtés de leurs frères de la Révolution coloniale.

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