Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › 18e année, n° 9

Leçons des élections en Argentine

Quatrième Internationale, 18e année, n° 9 · mai 1960 · p. 6-8 · 1 671 mots

In English: Editorial Notes: The Argentine Elections (Fourth International No. 9, Spring 1960).

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Les élections parlementaires argentines ont constitué une nouvelle manifestation a crise pont pe de la tour orse de insta conte politique et sociale du pation le la crise politique de la bourgeoisie, de l'impuissance de tous les secteurs et tendances politiques de la bourgeoisie à surmonter cette situation.

Les élections furent préparées au sein d'un processus de grandes luttes des ouvriers et des secteurs exploités de la population, contre la politique anti-ouvrière et pro- impérialiste du gouvernement, luttes s'exprimant par des grèves et des mobilisations incessantes, l'armée qui, deux semaines avant les élections, établirent un régime d'exception équien dépit d'une répression croissante du gouvernement Frondizi et de valent à la loi martiale, tout le pays étant soumis au contrôle direct de l'armée.

Les résultats électoraux montrent que les très grands partis de la bourgeoisie argentine - celui des radicaux intransigeants de Frondizi (1.783.000 voix), celui des rader blano (alaires de albin 2m seul ment celui des perte nouvel s en dépit de laugmentation de l'électorat, mais que tous ont légèrement régressé par comparaison avec les chiffres antérieurs des élections de 1957 et 1958.

L'impuissance de l'opposition bourgeoise à capitaliser le profond mécontentement populaire envers la politique frondiziste, à offrir une alternative réelle à cette politique, se traduit d'une part par le maintien des positions électorales du gouvernement, d'autre part par l'absence d'un centre politique bourgeois avant un poids national décisif, d'une force politique bourgeoise contrôlant électoralement un secteur majoritaire de la population. Aucun des trois principaux partis bourgeois n'a obtenu au moins 25 % des voix.

Ceci, d'une part, pousse encore une fois l'armée à agir directement comme arbitre bourgeois de la politique argentine, et aussi, d'autre part, encourage l'union des radicaux pour constituer un parti bourgeois majoritaire.

La campagne péroniste pour un vote blanc fut principalement poursuivie par les « 62 organisations », la centrale syndicale dirigée par les péronistes faisant partie M.O.U. Mouvement ouvrier unifié), qui ont mené une énorme propagande de réunions publiques, de tracts, de visites à domicile, etc... Le vote blanc allait à l'encontre de la tendance combative des masses. C'était une manifestation passive, signifiant un soutien indirect du gouvernement, niant aux masses une voie d'expression positive. Ni le Parti péroniste, ni la bureaucratie syndicale péroniste ne firent aucun effort pour « renverser » la décision du gouvernement, les empêchant de participer aux élections. En réalité, le vote blanc constituait pour eux le moyen de maintenir leur alliance indirecte avec le gouvernement et surtout de maintenir le prolétariat dans la passivité politique, pour empêcher ses mobilisations et sa maturation politique.

Bien que le principe fut accueilli avec résistance, le vote blanc reçut l'appui des secteurs fondamentaux du prolétariat et des masses exploitées qui, à défaut d'autre alternative, exprimèrent ainsi leur désir de maintenir leur unité et leur cohésion dans un vote contre le gouvernement et l'opposition bourgeoise liée à l'oligarchie.

Le vote blanc montre aussi le poids politique décisif des organisations syndicales, dont les directions et les appareils furent le principal soutien dans la campagne et l'argument décisif pour le prolétariat et les masses.

Cela confirme pleinement la politique des trotskystes argentins qui luttent pour i luttent pou la formation d'un parti ouvrier basé sur les syndicats, afin de transformer de cette façon l'énorme force politique centralisée dans les syndicats en une action positive indépendante de la bourgeoisie.

Le Parti communiste avait aussi appelé à voter blanc. Il ne mena aucune lutte réelle contre la décision du gouvernement de Frondizi interdisant son intervention électorale (en fait, au moins dans trois provinces, les autorités locales avaient ignore cette décision, en reconnaissant la personnalité électorale du P.C.). Il s'unit à la bureaucratie syndicale péroniste pour bloquer le chemin de la maturation politique des masses. La base communiste accueillit avec une profonde opposition et de nombreuses protestations la position passive du vote blanc, qui suivait la position vacillante du P.C. et sa bienvenue officielle à Eisenhower à l'occasion de son récent voyage. Il est certain que l'électorat communiste (peu nombreux) et une partie des militants ous aux trotskysteseL apport communiste vete banc peut tire consistes co mene désobéirent à l'appel à voter blanc et donnèrent leur vote aux socialistes de gauche dépassant pas 70 à 80.000 voix pour tout le pays. Le résultat du vote blanc constitue un nouvel échec de la direction stalinienne, qui approfondira sous peu la crise qui secoue le P.C. argentin.

Le seul parti bourgeois qui ait connu une augmentation importante de ses voix paysans et favorise par la polique du gouvernement de fondizi qui or les vement, renforce la confiance dans les secteurs restreints des électeurs de droite. Mais son poids comme force bourgeoise nationale continue à rester tout à fait secondaire.

Les socialistes se présentèrent divisés en deux secteurs : le Parti socialiste démocratique (droite) avec 297.000 voix, et le Parti socialiste argentin (gauche) avec 342.000 voix. En dehors des voix traditionnelles du P.S. (surtout petites bourgeoises), le P.S. de gauche obtint des voix péronistes et communistes, mais pas dans la proportion escomptée par ses dirigeants.

Les démocrates-chrétiens (345.000 voix) ont reculé par rapport à 1957, et une série de petits partis ont virtuellement disparu de la carte électorale.

Les voix obtenues par le Parti ouvrier (trotskyste) montrent l'évolution considérable ouvrier (aroskyste) présenta des listes dans cing provinces d'importante concentration l'une avant-garde prolétarienne : Buenos-Aires, Cordoba, Tucuman, Santa-Fe et la capitale fédérale, mais, en définitive, il ne put se présenter que dans les trois premières, le gouvernement ayant arbitrairement interdit sa reconnaissance légale dans les autres.

En dépit de la limite de ses moyens économiques et matériels, il a déployé une vigoureuse campagne électorale (réunions publiques aftiches, publication d'un hebdomadaire, ete...) malgré les tracas policiers permanents Tucuman, sa propagande fut totalement interdite dans les jours qui précédèrent les (interdiction de réunions, et, dans quelques zones,

Le Parti ouvrier (trotskyste) proposa la formation d'un front unique prolétarien électoral, englobant les syndicats (62 organisations, M.O.U.), le P.C., le P.S. de gauche et le Parti ouvrier (trotskyste). Cela fut rejeté par ces tendances.

Le Parti ouvrier (trotskyste) a obtenu 27.800 voix dans la province de BuenosAires, 8.340 à Cordoba et 1.602 à Tucuman. Au total, 37.742 voix.

A Buenos-Aires, le Parti trotskyste avait obtenu, en 1958, 11.700 voix, Mais l'augmentation de ses voix est plus marquée dans les zones de plus grandes concentrations prolétariennes. En effet, dans toute la ceinture ville de Buenos-Aires, le Parti ouvrier passe de 5.294 voix en 1958 à 19.342 en 1960, soit une augmentation de

: 471 quelques endroits à plus grande influence trotskyste, le chiffre est plus quelques endroits à plus grande influence trotskyste, le chiffre est plus Avellaneda, 641 % à Matanza, 556 % à Quilmes, 459 % à Berisso,

% à La Plata.

A Tucuman, où les trotskystes se présentaient pour la première fois, ils obtinrent 1.602 voix, contre 4.275 au P.S. et face aux 3.300 voix du P.C. en 1958.

A Cordoba, où ils intervenaient aussi pour la première fois, ils obtiennent 8.340 voix contre 9.325 au P.S., et face aux 7.736 voix du P.C. en 1958. centage d'augmentation, laquelle était générale, Le résultat des argentins ne doit pas seulement se mesurer mais aussi au fait que les 37.700 voix provenaient en majorité des lieux les plus prolétariens, les plus combatits, montrant l'existence d'un noyau important de militants ouvriers appuyant la politique trotskyste, et signifiant que le Parti ouvrier (trotskyste) dispose d'une base solide pour étendre son influence sur les millions d'ouvriers et des masses exploitées qui se sont maintenus unis à leurs syndicats, dans un vote blanc, et pour impulser une issue fondamentale aux masses argentines à l'étape actuelle : la formation d'un parti ouvrier basé les syndicats qui centraliserait et aiderait la maturation révolutionnaire de l'énorme force numérique et combative du prolétariat argentin. un vote biane, a repris sa itique de condition et de retire ce a berner, montant La direction syndicale péroniste, qui prétendait « battre le gouvernement » par clairement la nature passive et capitularde de son vote..

Voici les conclusions principales de « Voz Proletaria », organe du Parti ouvrier (trotskyste). crise des partis bourgeois continue et continuera. Les élections en au sujet des élections preuve. Les radicaux populaires ont senti qu'ils ne pouvaient gagner la majorité et seront tentés d'en finir par un coup. Le gouvernement, pour se maintenir, cedera et devra céder à la politique de capitulation devant l'impérialisme, à l'intimidation, aux accords avec la direction syndicale, mais s'appuiera réellement sur l'armée, Parce que la bourgeoisie ne se montrera pas capable de surmonter sa propre crise, l'armée tendra à intervenir plus ouvertement qu'aujourd'hui.

résultats électoraux soulignent aussi la crise du péronisme. Le vote du Parti ouvrier, la résistance de larges secteurs au vote blanc, l'inefficacité de la voie le vote bi vote blane, l'absence de résultats dans les luttes et de progrès concre's dans impulseront des secteurs plus larges d'ouvriers et de petits bourgeois péronistes à faire pression pour trouver l'issue dans une politique de classe indépendante et pour un programme de lutte du Front unique prolétarien.

conditions et les bases solides, la volonté du prolétariat et des masses exploitées sont autant de dispositions pour la lutte. Les ouvriers qui ont voté blanc sentent fortement qu'ils n'ont pas obtenu de victoire. Pour que la déception se dissipe dans les têtes des militants ouvriers et des secteurs du prolétariat, il est nécessaire d'organiser le front unique prolétarien sur le programme des 13 points du Mouvement Ouvrier Unifié. Il existe toutes les conditions pour l'organisation du parti ouvrier basé sur les syndicats, pour imposer le programme ouvrier contre le chômage, contre la cherté de la vie, pour le contrôle ouvrier sur la production, pour l'Assemblée Constituante et pour un gouvernement ouvrier basé sur les syndicats.

« C'est le programme sur lequel le Parti ouvrier a appelé à lutter dans un front unique prolétarien électoral. Maintenant, nous appelons à constituer le front unique prolétarien pour soutenir le même programme, sauver le pays du chaos où le onduisent la crise de la bourgeoisie et l'instabilité de son Etat ».

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