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La revue › 18e année, n° 9

La lutte du peuple indonésien dans le contexte du « retour à la Constitution de 1945 » (Extrait des thèses du Parti Acoma, octobre 1959)

Quatrième Internationale, 18e année, n° 9 · mai 1960 · p. 75-82 · 6 502 mots

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Nous reproduisons ci-dessous des extraits des thèses du Parti Acoma. Nous rappelons que ce parti, formé par une rupture des Jeunesses Communistes Indonésiennes, est parvenu par son développement propre aux positions ci-après ; et il a été ainsi amené — comme nous lavions mentionné dans notre précédent numéro — à demander son adhésion à la IV• Internationale.

LES PROMESSES DU TEMPS DE

Dans les périodes de difficultés, les puissances coloniales ont Su montrer qu'elles n'étaient pas hostiles à des promesses ressemblant à ce. que le peuple pouvait demander. L'impérialisme japonais au bord de son effondrement a présenté la promesse connue « l'Indonésie libre à bref délai ». Déjà, sous la formule de nous avions l'expérience de la manœuvre hollandaise avec la promesse de « l'Indonésie indépendante dans le cadre du royaume néerlandais ».

Ni les promesses japonaises, ni les promesses hollandaises n'étaient destinées à donner une orientation au mouvement d'indépendance existant chez les masses. Lesdites promesses impérialistes n'avaient qu'un seul but : celui de maintenir la domination coloniale. Considérées de plus près, de telles promesses impérialistes apparaissaient essentiellement comme des tentatives de défaire une éventuelle révolution des masses.

A ce propos, il est bon de souligner ici que la promesse japonaise de « l'Indonésie libre à bref délai » a presque compromis la proclamation de notre indépenavaient pris cette promesse au sérieux dance le 17 août 1945. Les groupes voulaient ajourner l'affaire et attendre en toute lovauté le jour où les Japonais octroieraient la souveraineté. Ils comptaient si fermement sur la promesse des Janonais qu'ils ne voulaient croire à la capitulation du Japon. Les errements de ce groune allèrent jusqu'à condamner la « Proclamation du 17 août 1945 » comme

LA DOMINATION COLONIALE une provocation des espions de l'ennemi cherchant à troubler l' « indépendance de l'Indonésie », indépendance qui, en tout en tout état de cause, serait obtenue de la part des Japonais.

D'autre part, face aux promesses hollandaises d'une « Indonésie indépendante au sein du royaume néerlandais », une partie importante du peuple indonésien a manqué de dispositions révolutionnaires, voire les a perdues. Du fait de cette promesse hollandaise, le « hollandisme », l'opportunisdans l'organisation de notre révolution et me et le detailisme se sont developpes ainsi le cours de la révoiution du 17 août a été dévié en droite ligne vers Linggardjati, Renville et la Conférence de la Table Ronde. Voilà qui prouve le rôle contrerévolutionnaire joué par les promesses hollandaises ; malheureusement, nous n'avons pas pu les contrebalancer par notre volonté révolutionnaire.

L'histoire a prouvé qu'il faut accueillir les promesses des gouvernants avec des dispositions révolutionnaires ces promesses n'ayant pas pour objet de répondre traire, d'endormir ces dernières afin de aux exigences des masses, mais au consauvegarder la situation des gouvernants. La volonté révolutionnaire est indispensable si l'on veut ménager l'énergie révolutionnaire.

1) L'énergie révolutionnaire d'août 1945 n'a pas été gaspillée. Cela grâce à la volonté révolutionnaire existant à l'époque où s'organisait le « mouvement pour la tenue des promesses », mouvement qui avait pour objet de lutter pour tout ce que la puissance qui avait fait des promesses serait amenée à ne pas tenir.

2) Après août 1945, l'énergie révolutionnaire a subi des préiudices et des défaites par manque de préparation révolutionnaire ; on a oublié que le gouver-

Après l'expérience de 14 années d'un pouvoir ayant abandonné la voie révolutonnaire, cependant que les masses soutfraient et se plaignaient, le President de la République d'Indonésie a tenu un discours, le 17 août 1959, intitulé « Redécouverte de notre révolution ». Ce discours a constitué le manifeste politique du gouvernement Sukarno, dans le cadre du contenu de la Constitution de 1945.

Ce discours constituait une promesse de gouvernant. Dans ce discours était faite la promesse de « nourriture et vetements, sécurité et liberté pour les millions de gens du peuple ». Il se .pose maintenant la question de savoir si cette promesse est destinée à orienter les désirs des masses ou si elle ne représente pas une simple manœuvre politique en vue de sauvegarder la position des gouvernants actuels. Si nous interrogions à ce sujet le Président-Chef des Forces Armées-Premier Ministres Sukarno, il nous répondrait certainement que la promesse en question n'avait d'autre objet que la réalisation des objectifs révolutionnaires, c'est-à-dire de guider les aspirations des millions de gens du peuple. C'est la réponse qun ressort d'un discours de Sukarno à l'occasion d'un 17 août antérieur, discours où, entre autres choses, il est dit :

« En réalité, quand nous faisons la révolution, quand nous menons le combat et faisons des sacrifices et faisons face à la mort, serait-ce pour hisser le drapeau rouge-et-blanc, ou pour faire voler dans le ciel Aigle indonesien ? Non, nous sommes en mouvement à cause de notre misère, parce que nous aspirons à vivre plus correctement et plus pleinement ; nous ne sommes pas seulement en mouvement pour un idéal, nous sommes en mouvement parce que nous voulons plus nourriture, de vêtements, de terre, de maisons, d'enseignement et de culture ; en bref, nous sommes en mouvement pour améliorer notre sort sous tous les rapports. Cette amélioration de notre sort ne peut se réaliser à 100 % que dans la mesure où la société cesse d'être capitaliste et impérialiste. Parce que ce système (capitaliste) s'est développé comme une sorte d'esclavage sur notre corps, vivant et prospérant aux dépens de nos forces, de d'existence, de la substance nos moyens de notre société. Aussi notre mouvement n'est pas une affaire négligeable. Notre mouvement doit se proposer de changer radicalement le caractère de notre société Les exigences de justice sociale, de liberte et d'indépendance, de démocratie, etc... se manifestent impétueusement au grand nement de la République indonésienne issu de la révolution était en réalité un pouvoir à qui il incombait de réaliser les objectifs de la révolution, lesquels, par nature, n'avaient plus rien à voir à voir avec les promesses faites en d'autres temps par un autre pouvoir fondé sur la contrerévolution. jour en notre génération ; ceci après que nous ayons porte la famme pendant des décades, enfermée dans notre cœur ; et ces exigences du peuple indonésien devront être satisfaites, puisqu'elles forment un torrent révolutionnaire - et non pas litre par litre ou kilo par kilo, non pas par une voie réformiste, par des phrases s ni sous forme de compromis • et ann que ces exigences solent satistaites, nous devons, à l'instar d'un torrent révolutionnaire, nous devons être empreints d'un esprit révolutionnaire ».

Les objectifs révolutionnaires ne peuvent être atteints avec des forces qui font diversion et obstruction à la révolution. Une experience, longue de nos quatorze annees l'independance, est la qui démontre que les groupes qui font diversion et obstruction à la révolution ne sont autres que la grande bureaucratie.

La bureaucratie est composée de civils et de militaires qui, dans leurs modes de vie et de pensée, se différencient des tendances populaires et leur sont hostiles. Ils sont une espèce de maffia qui s'agrippe fermement aux fonctions importantes et aux positions stratégiques dans les ministères, services, trusts, institutions gouvernementales et para-gouvernementales, divers comités et organisations, partis et associations. Derrière la bureaucratie se tient le capital monopoleur étranger. Avec cette bureaucratie, il est impossible de réaliser les objectifs révolutionnaires. Si nous tenons vraiment à réaliser le contenu du discours ci-dessus de Sukarno, il est nécessaire de briser la bureaucratie ; autrement, toute entreprise ne serait qu'absurdité.

Après avoir expliqué la nécessité d'un état d'esprit révolutionnaire face aux promesses gouvernementales, faites dans le seul but de maintenir en place les gouvernants, il nous faut maintenant ajouter que les promesses du gouvernement, avec la vue objective de réaliser les aspirations révolutionnaires, ne sont pas, dans la réalité, tenues avec promptitude, cela parce que les aspirations nent des mesures de cessus de complétion révolution. Sans le nentionnées entraiforce dans un pro la réalisation de la érieux et les capacapacités dans cette exigence, les aspirations positives ne pourront qu etre deviees et viendront s'ajouter à la lutte pour la prolongation de la vie de la bureaucratie, qui doit être en fait combattue. Nous avons un moyen de prévenir que la bureaucratie, et derrière elle le capital monopoleur étranger, ne renversent la vapeur de la révolution.

LES PROMESSES DE SUKARNO

LES PROMESSES DE SUKARNO

LA BUREAUCRATIE ET LES PARTIS GOUVERNEMENTAUX

Dans la période de la domination hollandaise, de tres bonnes conditions de vie furent données à la noblesse et a ses descendants; aussi devint-elle une bureaucratie de loyaux agents du capital monopoleur étranger.

Durant la période d'occupation japonaise, cette bureaucratie eut à subir des hauts et des bas (des oscillations) mais en réalité elle resta très stable et finalement le Japon s'en servit comme d'un canal pour arracher et piller les forces et la nourriture du peuple. A l'époque de la révolution d'août 1945, la bureaucratie pro-hollandaise fut partiellement dans le chaos, mais, grace a la deviation des leaders droitiers de la révolution, elle put se réorganiser et même se renforcer des jeunes générations de bureaucrates ; nous nommons la génération de Linggardjati, Renville et de celle de la Conférence de la Table Ronde. Ces deux bureaucraties ont comme base les monopoles étrangers les deux sont agents du capital colonial étranger qui est hostile aux intérêts et besoins du peuple. Si certains trouvent une différence entre la viellle et la Jeune bureaucrate, celle-ci ne peut pas etre trouvée dans leur fonction, mais dans leur

SUKARNO ET

Sukarno lui-même ne dirige pas les partransitoire mesente, il n'a pas, en fait, dans cette periode clair point de vue concernant la position et le rôle des partis comme moyens de maîtriser les problèmes nationaux qui sont dans tous leurs aspects compliqués.

Il y a environ deux ans, le jour consacré à la « Jeunesse », Sukarno, comme chef de l'Etat, exposa, dans une émission, les tendances anti-parti et semblait souhaiter la liquidation des partis. Peu après, Sukarno, comme chef de l'Etat, à une réception du P.N.I. (Parti National Indonésien), fit connaître son désir d'un parti à caractère progressiste, radical, ré volutionnaire. Finalement, Sukarno souleva la question de la simplification du système des partis. Cela fut suivi par

L'attitude ci-dessus mentionnée de Sukarno atteint d'une certaine manière la position de la bureaucratie. Cette burcaucratie ne resta pas silencieuse. Des éléments de cette bureaucratie désirèrent se libérer des décisions qui les concernent. Les partis, qui ont de temps en temps la puissance du gouvernement et sont en fait entièrement sous la coupe des agents bureaucratiques du capitalisme étranger, montrent de temps en temps et de façon toute extérieure une autonomie d'action car leurs forces sont minées. Parmi eux, le P.N.I. veut l'interdiction d'appartenance aux partis pour les fonctionnaires civils.

Pour les membres conscients d'un parti, celui-ci est un sujet idéologique duquel on ne peut se tenir a recart sous pretexte on ne peut se tenir à l'écart sous prétexte composition. La vieille bureaucratie est exclusivement formée de nobles et de leurs descendants, alors que la jeune comporte des hommes des mouvements politiques. Parmi eux, certains se distinguèrent et se firent une renommée dans les luttes d'avant-guerre.

Nous sommes maintenant face au problème de la cassure dans les bureaucraties pro-hollandaise, de Linggardjati, Renville et de la Contérence de la Table Ronde. Cette bureaucratie se maintient grace a la persistance de l'acceptation par les partis de gouvernements des ventes de noix de coco en -dessous de leur prix. La bureaucratie, agent du capitalisme colonial, se maintient en soutenant n'importe quel parti arrivé au gouvernement. Il est clair que les partis au gouvernement sont incapables d'endiguer les dangers que représente cette bureaucratie. Les partis du gouvernement sont, en réalité, tout dévoués aux agents bureaucratiques du capitalisme colonial, ce qui, certainement, nuit à la réputation des partis concernés. Ceci explique la gêne croissante que l'on a utilisée récemment comme point de départ, pour promouvoir une activité antiparti. LES PARTIS Labandon, par les ministres et les hauts fonctionnaires, de ladhésion au parti. A fin, il écarta du Conseil national des ministres, les relations et disciplines de partis. De ces événements, on peut conclure qu'il est très désappointé du développement du système des partis en Indonésie. Malgré tout, Sukarno demeure très occupé à saisir les opportunités présentes pour poser les fondements d'un pouvoir qu'il détiendra directement dans . ses mains. En écartant les ministres et hauts fonctionnaires, dans tous les departements, tonctions, institutions gouvernementales et semi-gouvernementales, de leurs obligations de parti, Sukarno espère discipliner et mobiliser les forces mentionnées pour le développement national direct. d'une interdiction ; la discipline du parti est une chose qui ne peut être balayée par la formule « renoncer à l'adhésion au parti ». Pour eux, la discipline de parti est une chose qui se développe dans un contexte de réalisation idéologique du parti. D'un autre côté, pour la bureaucratie - agent du capital étranger — le parti est un moyen de protection, une sorte de bouclier contre lopposition du peuple.

entrer et sortir d'un parti, puis d'un autre, est pour la bourgeoise - agent du capital étranger - une affaire de routine. Cela signifie que si, en fait, un parti ne peut plus être utilisé par la bureaucratie, elle cherchera d'autres moyens pour maintenir ses positions. Dans une structure où l'autorité extérieure est com-

LA BUREAUCRATIE ET SUKARNO

LA BUREAUCRATIE ET SUKARNO munément concentrée dans les mains du Président, premier ministre, la bureaucratie ne se refusera certainement pas à entourer et à diriger la personne de Sukarno. L'interdiction d'appartenance aux parts qui trappe les ministres et touche les fonctionnaires civils, dans ce sens ne résout pas le problème, mais le déplace.

Il est clair que la discipline révolutionnaire et les besoins révolutionnaires ne peuvent être acquis seulement par le moyen de l'interdiction d'adhésion pour les gens haut places. Le point de vue des anti-parti n'est pas non plus une garantie pour la réalisation des buts de la révolution. Le désir d'utiliser la bureaucratie pro-hollandaise et des générations de Linggardjati, Renville et de la Conterence de la Table Ronde, comme la base d'une action pour s'acheminer vers une société prospère et juste est également mal placé. Nous avons à abattre la bureaucratie — agent du capital étranger — ce que nous espérons réaliser. Il y a un moyen d'abattre la bureaucratie en changeant l'opinion des individus parmi ceux qui peuvent encore être corrigés.

Licenciement et, si nécessaire, impor-

La bureaucratie - agent du capital étranger - qui, de coutume, flirtait et entrait dans tout parti susceptible de faire partie du gouvernement, a maintenant l'occasion dement er cette ta pagais presidentiel en de changer cette tactique par un rassemblement criant bien haut : « Longue vie au frère Karno ». Mais cela n'est pas une petite affaire. Les mesures doivent être appliquées avec énergie, sans considération de personne, toute loyauté et honnêteté en considération des intérêts et besoins du peuple. Ce travail ne peut être confié à personne. Aussi le point de vue de confier tous les problèmes à la personnalité de Sukarno pour les résoudre est faux, il doit être • reieté par le peuple. Dans ce but, la vie démocratique des masses doit être élargie. Les projets de vouloir remplacer les vieilles forces conservatrices en progressistes, de rigides en dynamiques, etc., auront pour résultat final la création d'une nouvelle bureaucratie si le changement ne s'accompagne pas du fort vouloir de préserver la promotion des masses à la vie démocratique. Pour faire péné trer dans les masses une vie plus démocratique, il y a lieu d'écarter les jeunes progressistes et fonctionnaires dynamiques du contrôle qu'ils exercent sur le peuple. DES CHEMINS les révolutionnaires et les contre-révolules révolutionnaires et les tionnaires dans le prolétariat et la paysannnerie d'un côté et les capitalistes étrangers de l'autre sont lepine dorsale de la classe nationale bourgeoise. Outre la bourgeoisie, il y a la petite bourgeoisie n'a pu donner naissance des capitalistes nationaux. De cette faillite a résulté, le désir de garder la direction révolutionnaire par le moyen de la conception de la « démocratie guidée », un concept qui ne repose pas en fait sur la force d'une classe solide mais est exclusivement dépendant de la personnalité de Sukarno.

Une moitié de la bourgeoisie nationale - dans son désespoir - est devenue une classe de compradore du capitalisme étranger.

Le système de démocratie populaire pourra se développer lorsque les bonapartistes et la bourgeoisie nationale auront failli dans tous les domaines, lorsque le mouvement des ouvriers les plus retardataires se mettra en marche contre le bo napartisme. Avec le système de la démo cratie populaire qui a des racines dans les larges masses, la liquidation de la contre-révolution est possible. de la bourgeoisie nationale dans la direction du gouvernement est utilisée autant que possible pour réaliser ce désir. Notre bourgeoisie nationale oscille entre les rétante amende pour des fautes. Cela est atteindre l'autorité

La lutte contre la du capital étranger ceux qui commettent un bon moyen pour de la bureaucratie.

A LA CROISEE bureaucratie - agent - n'est pas un nouveau problème. Il existait déjà avant la Révolution. Ce fut encore un problème après celle-ci et maintenant nous nous trouvons face à lui.

Dans le champ de la lutte, il y a trois groupes. Sur la gauche, nous trouvons les groupes révolutionnaires, sur la droite les contre-révolutionnaires. Dans les deux groupes, 1l y a des mouvements qui jouent un rôle dans toutes les classes dans le cadre de cette polarisation, groupes que dans notre terminologie nous appelons « bonapartistes».

Les groupes révolutionnaires veulent mettre les affaires nationales complètement en ordre par le moyen du système de la démocratie pour le peuple où les délibérations prennent place parmi les amis du peuple. Du côté des contre-révolutionnaires, on demande la liquidation de la révolution par un système bureaucratique qui porte continuellement de mauvais coups à la Révolution. La base de classe des groupes révolutionnaires s'étend dans le prolétariat et dans la paysannerie. La base de classe des contrerévolutionnaires consiste dans le capital étranger. Les bonapartistes présents chez

Le noyau de classe de ce système est la bourgeoisie nationale. Le contenu de ce système est le plus cher désir de cette classe de devenir capitaliste. La position

ABATTRE LA BUREAUCRATIE

LE SYSTEME DE LA DEMOCRATIE LIBERALE

ABATTRE LA BUREAUCRATIE

LE SYSTEME DE LA DEMOCRATIE LIBERALE volutionnaires et les res.

Les champions de tiste proviennent de nale...

Dans le système bérale qu'ils louent partistes ne désirent contre-révolutionnaila politique bonaparla bourgeoisie natiode la démocratie libien haut, ces bonapas en fin de compte manque ses objectifs de devenir des capitalistes nationaux, La bourgeoisie nationale elle-même a - dans ce système -remarqué que ses positions deviennent difficiles à sauvegarder. A part une minorité de gauche, ils ont choisi la contrerévolution avec son slogan « contre le communisme ». Ce slogan entre dans le système de la « démocratie sans les communistes », autrement dit la dictature de dit le dictature de la bourgeoise compradore. duit au maximum le contenu. Le bonapartisme de Sukarno met Sukarno dans une position précaire parce qu'avec son bonapartisme, la distance entre ses discours et la réalité devient de plus en plus grande.

Comme un leader hors parti, le bonapartisme fait apparaitre sa personnalite complexe, s'appuyant sur plusieurs classes, un Sukarno qui essaie, dans la pratique. de résoudre les problèmes mais qui n'y parvient pas et les laisse s'accumuler sans leur donner de véritables solutions. Sukarno est plus dépendant qu'il ne le paraît de la bureaucratie. Avec ce système de « démocratie dirigée » basé sur la personnalité de Sukarno, l'expérience ne peut aboutir qu'à un échec, car elle ne peut pas briser la bureaucratie. furent ceux qui se battirent contre Linggardjati, etc...

Les souffrances endurées par les militaires ne peuvent être mises à part de celles des civils... Notre réponse doit être de regrouper les éléments sains, civils et militaires... Les juntes militaires se servent des méthodes militaires d'obéissance où la masse n'est pas autorisée à penser, mais doit obéir aux ordres des supérieurs. Les juntes militaires, c'est la dictature des chefs militaires. Parce que les soldats n'étaient pas autorisés, par le passé, à faire de la politique et qu'ils devaient se soumettre aux ordres de Linggardjati, etc. qui allaient à l'encontre de leurs intérêts et des besoins du peuple, l'armée est po litiquement l'élément le plus arriéré La condition des juntes militaires est objecuvement tres instable, elle est facilement ébranlable et dans la situation interne concrete de nos torces, les juntes militarres sont une proie facile pour la bureaucratie - agent du capital étranger — qui, dans son développement, peut devenir le moyen d'une dictature de la bourgeoisie.

2) La situation spéciale de l'armée en temps de guerre (dans le cadre de la législation sur létat d'urgence).

Le cours bonapartiste, qui n'est pas re. poussé par Sukarno en tant qu'individu, est un cours négatif qui ne laisse pas un combattre la politique de leurs ennemis. Dans ce système la bourgeoisie libérale

Parce que la bourgeoisie nationale a failli dans son objectif de conquérir la direction du capitalisme national, la « démocratie dirigée » ne s'est pas clairement montrée comme l'interprète et le défenseur de la bourgeoisie nationale. Le concept « socialisme » a été introduit dans la forme de la « démocratie dirigée ». Ce * socialisme » de la bourgeoisie nationale est vraiment une affaire particulière. Le système de la démocratie dirigée, qui est bonapartiste dans sa structure, repose essentiellement sur la personnalité de Sukarno, Et ce Sukarno abreuve de_discours sur le socialisme la nation, pendant que, Silencieusement, la bourgeoisie nationale... use dans tous les cas les opportunités de s'enrichir. Le prolétariat et la paysannerie veulent le socialisme dont parle Sukarno, tandis que la bourgeoisie nationale en ré-

Le systême repose sur l'armée. Les juntes militaires se justitient ainsı : les polticiens ont failli dans leur projet de développement national. Les politiciens sont des civils et l'armée, comme on sait, n'est pas autorisée à faire de la politique.

l'armée n'est-elle pas responsable des fautes actuelles. Nous ne pouvons tolérer que ces fautes continuent à exister indéfiniment. Et maintenant, c'est au tour de l'armée de prendre des mesures. Les militaires doivent prendre en main le développement futur de l'Indonésie, De ce point de vue, la condition dans les casernes et le niveau de vie des familles de militaires sont loin d'être satisfaisants et constituent un facteur tres favorable au développement de juntes. D'un autre côté, il existe de nombreux movens d'empêcher la formation de telles juntes. Il est bon d'examiner attentivement les motivations suivantes : Si l'on est d'accord que les fautes commises l'ont été par les politiciens, on doit dire que c'est le fait des politiciens de Linggardjati, Renville et de ceux de la Conférence de la Table Ronde. Ceux qui ne se trompèrent pas

Le développement de la démocratie dirigée est soutenu par les forces suivantes :

1) L'influence personnelle de Sukarno en tant que Président, chef des Forces Armées, Premier Ministre de la République d'Indonésie ;

LE SYSTEME DE LA « DEMOCRATIE DIRIGEE »

LE SYSTEME DES JUNTES POPULAIRES

L'INEVITABLE DILEMME

LE SYSTEME DE LA « DEMOCRATIE DIRIGEE »

LE SYSTEME DES JUNTES POPULAIRES

L'INEVITABLE DILEMME rand ecart entre la democrate dirigee du Sukarno et le danger d'une dictature militaire. A l'heure de la démocratie dirigée, les tâches ne sont pas remplies comme elles devraient l'être ; sous ce régime, l'Indonésie se trouve confrontée avec le choix inéluctable suivant : démocratie populaire ou dictature militaire. Nous répondons : il faut développer la démocratie populaire en liaison avec les éléments des forces armées qui sont contre une dictature militaire.

Les différences personnelles et politiques parmi les officiers supérieurs et subalternes, les différences de mode de vie entre officiers et soldats, qui sont très importantes, nous donnent la possibilité de remplir cette tâche qui n'est pas des plus faciles.

L'avenir de l'Indonésie va dans le sens de la démocratie populaire parce que la dictature militaire n'est pas à même de surmonter les contradictions internes de l'armée et incapable de résoudre les pro-

Le système de la démocratie populaire est fondé sur la classe des ouvriers et des paysans et d'autres éléments progressifs. nésie, nous sommes confrontés avec l'exis- Ce système suppose des partis. En Indotence de partis multiples. On dénombre plusieurs partis nationaux-bourgeois,_rellgleux aussi bien que nationaux. Manifestement, nous avons affaire à plus d'un parti ouvrier.

Dans le cadre d'une démocratie populaire, le processus de simplification du svstème des partis s'inscrit dans la pratique de la lutte contre la féodalité et contre l'impérialisme.

Le système de la démocratie populaire exige l'existence de partis et les partis qui peuvent subsister dans un tel système sont les partis révolutionnaires et progressifs. Les partis réactionnaires sont rejetés, vu que le système de la démocratie populaire poursuit une politique de lutte directe contre les ennemis du peuple. Dans le rapport des forces actuel où la bureaucrane — agent du capital etranger - dirige encore sur toute la ligne. toute tentative de discipliner les partis par le haut, suit les méandres de la loi.

En fait, les partis et organisations semblables ne sont, pour la bureaucratie, qu'un canal lui permettant de se maintenir en place ; il faut onposer une résolution révolutionnaire face à l'entreprise de la bourgeoisie nationale et des bonapartistes, dite de « simplification du système des partis ».

En d'autres termes, dans l'organisation de la puissance populaire contre la bureaucratie - agent du capital étranger l'existence de partis répondant à leur vocation révolutionnaire est indispensable, partis révolutionnaires aussi bien aue partis progressifs. Une organisation des partis realetins asie aussits doit etre tis révolutionnaires et progressifs doit être

Pour notre part, nous ne pouvons adblèmes nationaux dans l'intérêt de la masse du peuple. Après l'échec du gouvernement de la bourgeoisie nationale, qui a voulu devenir la classe capitaliste nationale, le système de la démocratie populaire va mettre en œuvre une orientation dans le sens d'un gouvernement du peuple, excluant le capitalisme. Cela signifie que nous sommes maintenant dans une phase historique déjà plus avancée qu'en 1945, lorsque nous avions pour mot d'ordre : « Un gouvernement du peuple ». A présent, ce mot d'ordre est insuffisant. II est à renforcer de la façon suivante : un gouvernement du peuple sans capitalisme.

Compte tenu du fait que, dans l'armée même, il n'y a pas que des partisans de la dictature militaire, le système de la démocratie populaire va réunir la masse des ouvriers et des paysans d'une part, et la masse des soldats de l'autre, dans l'organisation d'un front vriers, paysans et soldats, qui s'orientera des ouprogressivement vers un gouvernement du peuple excluant le capitalisme. mettre la tentative de liquider des partis qui mènent un combat révolutionnaire et progressif ; par contre, la simplification du système des partis doit se réaliser à la base dans un développement véritable. Cela ne peut être organisé et construit par le haut... Une fusion de partis qui n'est pas une fusion véritable, n'est pas un fait progressif, mais, au contraire, réactionnaire. Cela est illustre par le developpement des partis nationaux bourgeois. Le parti catholique et le parti chrétien indonésien (Parkindo) combattent ment contre une fusion, même si ces deux certaine partis se réclament du même prophète, Jésus.

Les deux partis nationalistes : le parti national indonésien (P.N.I.) et le parti indonésien (Partindo) ont beaucoup de difficulté à fusionner. La même difficulté existe pour les partis islamiques. Le Nahdatul Vlama (N.V, - parti orthodoxe islamique) combat toute fusion avec Masjumi dans un seul parti islamique.

La même chose pour le Perti, le P.S., etc.

Entre les partis de caractères socialistes, communistes ou marxistes léninistes, il y a plusieurs différences qui ne peuvent être réconciliées... Entre le Parti Acoma et le P.K.I. (parti communiste indonésien), on observe les différences suivantes

1) Le P.K.I. est d'accord avec la bourgeoisie nationale lorsque celle-ci ne contrecarre pas la politique etrangère de l'Union

Soviétique et, dans ce but, le P.K.J. sacrifie les intérêts des masses de travailleurs et de paysans indonésiens. Dans ce contexte, la politique du P.K.I. a choisi la voie de la liquidation de la révolution d'août 1945 avec Linggardiati et Renville, car, en accord avec le P.K.I., à cette époque. l'Union Soviétique n'était pas prête à d'autres éventualités. Dans ce contexte, le P.K.I. a choisi la voie de la révolte de

Madium, parce qu'en 1948, selon le P.K.I.

l'Union Soviétique était de nouveau assez

LA SIMPLIFICATION-LIQUIDATION DU SYSTEME DES PARTIS

EN INDONESIE

LA SIMPLIFICATION-LIQUIDATION DU SYSTEME DES PARTIS

EN INDONESIE forte. Essentiellement, le P.K.I. a pris des positions détensives ou offensives, non pas en considération des capacités de la masse du peuple indonesien, mais en fonction de la politique de Union Soviétique.

Ainsi, dans les années qui suivirent la révolution d'août, le P.K., qui suivait les positions de Linggardjati, Renville, se trouva en-dessous du potentiel d'action des masses. Dans l'affaire de Madium, le P.K.I., au contraire, s'est trouvé en avant des masses. La retraite du P.K.I. avait causé des dommages, mais sa poussée en avant en fit de plus grands encore. Ainsi, le P.K.I., de toutes les façons, a causé des dommages.

2) Le P.K.I. observe le développement du compromis entre l'U.R.S.S. et les U.S.A. En vue de ne pas troubler ce compromis, l'action du P.K.I. est modérée et fait des concessions à la bourgeoisie nationale. Prenant ce chemin défensif, le P.K.I. n'est pas à l'abri du mécontentement de ses membres et sympathisants.

3) Le P.K.I. n'a pas de position critique vis-à-vis des développements internes des Etats ouvriers. Tout ce que dit Moscou est loi pour le P.K.I. Par exemple, le P.K.I. donna la priorité à la lutte contre le trotskysme et le titisme parce que cela est le point de vue de lUnion Soviétique. Le parti Acoma n'a pas pris cette attitude.

Le parti Acoma s'est fixé comme tâche de remplacer le gouvernement bonapartiste du peuple sans capitalisme. Dans ce libre national bourgeois par un gouvernement choix, l'Acoma ne tient pas compte des objectifs de l'U.R.S.S., mais de ceux des la révolution indonésienne est partie intégrante de la révolution mondiale, mais il

DE L'ECONOMIE part les différences, compétitions et intrigues entre les groupes et partis, qui donnent lieu à de nombreux sujets de considération, il est nécessaire d'indiquer ici les progrès de l'économie interne qui, dans un sens objectif, ne peuvent être négligés. L'action des masses travailleuses en 1945, qui fit confisquer les entreprises capitalistes, fut repoussée par la contrerévolution, nourrie par les sociaux-démocrates et les staliniens (P.K.I.), collabo-

Tant avec le capital. A la fin de 1957, les masses travailleuses se remirent en action, et cette fois, se limitèrent aux intérêts de la Royal Dutch. La contre-révolution ne put, cette fois-ci, obtenir satisfaction complete. Elle réussit seulement à transformer la confiscation en une nationalisation.

La classe ouvrière s'est renforcée idéofogiquement, mais n'a pas acquis une maturité suffisante pour prendre la direction de la révolution.

Grâce à l'action des masses en 1957, le secteur nationalisé put s'étendre et devenir pius important. Nous avons une torce collective pour sauvegarder les résultats de cette lutte des masses travailleuses.

Et toute chose acquise doit être prise comme point de depart pour une action ultérieure vers la révolution. Sous la presveut que l'on sache que la révolution indonésienne est une partie très importante de la révolution mondiale, Il y a la voie de l'aide par l'U.R.S.S. et les autres pays socialistes, du développement de la révo lution indonésienne, mais d'une manière effective. Ce qui sacrifie les intérêts de la révolution n'est pas notre voie. Notre voie est de conduire la révolution et d'arracher la direction révolutionnaire des mains à la bourgeoisie nationale. Bien sür, neus devons accepter ce qui est bon dans la politique de coordination entre la bourgeoisie nationale et les Etats ouvriers, mais ceci n'est pas suffisant pour nous faire accepter qué la bourgeoisie nationale bonapartiste conserve solidement la direction de la révolution, car aussi longtemps que cette direction sera dans ses mains, notre révolution ne pourra se développer et la contre-révolution pourra encore triompher.

L'Acoma se tient aux côtés des Etats ouvriers et des révolutions de libération dans la bataille contre la pression exercée par les forces capitalistes et impérialistes. Dans ce domaine, l'Acoma agit avec le P.K.I. Mais cependant, l'Acoma garde une attitude critique et objective sur les points concernant le développement des contradictions internes des Etats ouvriers. En cela, l'Acoma diffère du P.K.I.

Les différences entre les deux partis ne peuvent pas être surmontées par une une fusion. De notre point de vue, la bourgeoisie nationale, qui ne peut pas vaincre les différences fondamentales de ses partis en les fusionnant en un seul parti, n'a pas le droit moral de forcer la liquidation ou la simplification des ce qui touche aussi les positions et le partis en rôle de l'Acoma et du Parti communiste.

NATIONALISEE sion des masses travailleuses, le gouvernement a agi pour la formation de huit corporations nationales d'import-export.

Mais ces corporations nationales sont en développement progressif. Mais même avec la nationalisation des entreprises hollandaises et la formation de corporations d'export-import, nous sommes loin d'une société juste et prospère.

La bourgeoisie nationale (qui ne put devenir la bourgeoisie capitaliste durant la période de la démocratie libérale) et qui veut monde de là démocratie dirigée, apparaît maintenant se maintenir dans le comme parasitaire à côté des intérêts nationalisés et des corporations qui viennent d'être formées par le gouvernement. Comme geoisie nationale conserve les vieiles me foumisseur. revendeur, pratiques. L'idéologie de la bourgeoisie nationale a encore une grande influence sur le comportement et le travail des dirigeants des firmes nationalisées. Sous l'influence et la pression de la bourgeoisie nationale, ces dirigeants protègent les intrigues de la bourgeoisie, qui considère les compagnies nationales seulement comme un champ d'action, de corruption et d'enrichissement pour elle, en sacrifiant les intérêts et les besoins du peuple. En

L'ELARGISSEMENT DU SECTEUR

L'ELARGISSEMENT DU SECTEUR vue de permettre à la production de dépasser le niveau d'avant-guerre, de telles façons d'agir doivent disparaître. Pour maintenir et développer les résultats de la révolution, nous devons nous battre pour la participation des masses travailleuses au contrôle et à la mise en œuvre de la production et de la distribution dans les sociétés. L'énergie et le potentiel créateur des travailleurs doivent être stimulés et conduits d'une manière autonome. Nous avons besoin d'un conseil ouvrier (quel que soit son nom) dans lequel la représentation ouvrière pourra exister à côté des représentants de la direction des sociétés. La bourgeoisie usera de tous les moyens pour empêcher la constitution de tels comités. Pour combattre l'idéologie et les intrigues de la bourgeoisie nationale dans son flirt avec les intérêts nationalisés, il faut une grande unité d'action de la masse des travailleurs. Cette unité doit se réaliser dans le contexte d'un front des prolétaires, des paysans et des soldats, tendant à l'instauration d'un gouvernement du peuple sans capitalisme. Pour réaliser cette unité, nous avons besoin de maintenir et d'élargir les résultats de la lutte des masses, de contraindre et d'élargir l'activité des partis autour des syndicats. Notre chemin est de combiner le développement de cette aile gauche avec l'organisation d'une base vers l'unification des syndicats. L'infection qui trouble l'économie - et qui existait avant — ne doit pas être sousestimée vu le danger des investissements du capital étranger qui peut être un aliment à cette infection et que nous devons extirper, Derrière le capital hollandais, qui n'est pas encore nationalisé dans sa totalité, il y a a encore d'autres capitaux étrangers dont la position est encore indécise. La loi sur les investissements de capitaux étrangers permet encore intro duction de ceux-ci. Il est de notre interet que la collectivite des travailleurs demande l'annulation de cette loi sur les investissements étrangers en même temps que l'extension et l'élargissement du secteur nationalisé. L'accroissement de la production d'une façon efficace dans le secteur de l'économie nationale a, dans les présentes circonstances, une grande influence sur le développement des coopératives. Tant que le secteur de l'économie nationalisée ne sera pas débarrassé des obstacles qui le detruisent, les coopératives seront directement ou indirectement for cées de se soumettre à l'emprise de l'économie capitaliste qui leur est fondamentalement opposée.

LA QUESTION DU FRONT NATIONAL

Pour surmonter les âpres controverses tout en consolidant la force nationale, les bonapartistes mettent en avant le mot d'ordre d'unité nationale pour laquelle ils proposent une sorte de front national. Dans tous les fronts nationaux conduits par les bonapartistes, il y a une tendance à castrer la classe ouvriere, en excusant les manœuvres de la bourgeoisie nationale, qui sacrifie les intérêts des masses. Et il est clair qu'en sacrifiant ces intérêts, on sacrifie l'intérêt général. Après les amères expériences que nous avons eues avec les différents fronts nationaux durant notre révolution, il est nécessaire de donner notre ferme opinion que nous ne voulons pas d'un front national conduit par les bonapartistes. Dans les circonstances présentes, nous nous donnons entièrement à la tâche de constituer un front de travailleurs formé des prolétaires, paysans et soldats, un front de travailleurs pour un gouvernement du peuple sans capitalisme, et rien d'autre.

Notre ligne permanente doit être l'unité d'action, qui est la question vitale pour le prolétariat, les paysans, les soldats. Cette unité d'action doit être combinée avec l'action politique de critique de l'idéologie et de la politique de la bourgeoisie nationale. Sur cette voie, la masse des prolétaires, des paysans et les soldats doit se préparer à lutter pour un gouverne ment du peuple sans capitalistes. Cette activité de critique de l'idéologie de la bourgeoisie nationale doit s'amplifier dans le peuple. Cette activité est nécessaire pour libérer les travailleurs de l'influence des partis bourgeois. Cette activité est nécessaire pour réaliser une politique indépen-dante du peuple, libérée de l'influence du bonapartisme national bourgeois. Le système de la démocratie populaire doit etre propagé. La faiblesse de la « démocratie dirigée » de Sukarno doit être critiquée et • danger de juntes miltaires combattu. Nous devons devenir conscients de la nécessité de commencer une activité révolutionnaire sérieuse vers un front ouvrier qui embrassera les masses de prolétaires, de paysans et de soldats. La division de l'autre camp doit être utilisée par nous au maximum. De nombreux intellectuels, pauvres et sans travail, sont attirés par le travail révolutionnaire, Par différentes voies et pour différentes raisons, ils seront conduits vers le front ouvrier.

L'antithèse entre la révolution et la contre-révolution se poursuivra certainement dans la période à venir avec une âpreté toujours aussi virulente dans le corps de la République indonésienne... Il est clair que ce n'est pas le bonapartisme qui apportera une solution. Le plus beau projet que pourra réaliser le Conseil National du Plan ne pourra être réalisé à l'avantage du peuple. L'idéologie bourgeoise ne peut être à la base d'une société prospère. Les récentes opérations financières du gouvernement, cui ont placé les questions financières au-dessus de celles de la production et de la distribution, en sont une preuve suffisante. Tout nous force à agir en vue de la formation d'un gouvernement du peuple sans capitalisme. La route n'est pas facile, mais c'est la seule qui puisse être prise.

Djakarta, le 7 octobre 1959.

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