Reconstitution de la section de la IVe Internationale
Le Parti Ouvrier Révolutionnaire (section cubaine de la IV° Internationale) a été reconstitué. Le mouvement trotskyste a des traditions anciennes dans le mouvement des masses cubaines. C'est en 1934, au retour d'U.R.S.S. du membre du P.C. Sandalio Junco, que fut constituée l'organisation trotskyste à Cuba ; le camarade Sandalio Junco fut assassiné par les staliniens. L'organisation fonctionna ouvertement jusqu'en 1946, quand la répression s'abattit sur elle.
Le Parlement élu le 18 mars n'aura eu qu'une vie brève, d'à peine un mois. Ceylan connaîtra de nouvelles élections le 20 Juillet. Ce seul fait montre l'instabilité de la situation politique. Mais quels sont les enseignements des dernières élections ? Nous publions ci-après l'analyse de notre correspondant ceylanais.
Aux élections parlementaires du 19 mars, le L.S.S.P. (section ceylanaise de la IV internationale), tout en obtenant 324.000 voix, n'a gagné que 10 sièges. La disproportion entre les voix et les sièges résulte clairement du fait que le principal parti bourgeois, U.N.P., a obtenu 50 élus avec 900.000 voix. Les dispositions constitutionnelles et les modifications dans les circonscriptions ont donné une prépondérance aux masses rurales, faisant de l'électeur rural arriéré l'arbitre aux élections.
Le Parti s'est présenté aux élections, pour la première fois comme revendiquant le pouvoir sérieusement. Cela fut readu possible par suite du role joue par le Parti lors des émeutes communalistes et de l'assassinat de Bandaranaike. Partout dans le pays, le Parti reçut une oreille attentive des masses : mais cette attitude amicale ne signifiait pas encore un soutien actif du Parti.
Par la suite, des trotskystes jouèrent un rôle important dans la section « Action et Sabotage » du Mouvement du 26 juillet. Ils y trouvèrent d'autres membres exclus du P.C. en 1949, parce qu'ils se dressèrent contre la politique pro-Batista, et en 1953.
La section cubaine reconstituee groupe ainsi des militants qui ont participé activement à la lutte révolutionnaire a Cuba. Elle bénéficiera aussi du respect réel qui existe dans le pays pour la pensée et les traditions trotskystes.
Celui-ci procède actuellement à une analyse critique de sa propre position. Bien que la situation économique actuelle soit sérieusement préoccupante, il faut dire qu'elle n'a pas soulevé des questions économiques profondément ressenties qui entraineraient décisivement les larges masses rurales.
En outre, espoir que les elections donneraient une polarisation entre IU.N.P. d'une part et le L.S.S.P. et le groupe Philip d'autre part, tandis que le S.L.F.P. serait brisé et démoralisé en conséquence de la faillite de sa politique au gouvernement, s'est avéré incorrect. Les élections se sont montrées être une lutte entre I'U.N.P. et le S.L.F.P. tandis que le L.S.S.P. et le groupe Philip furent écartés.
Comment expliquer ce développement ? En 1956, les masses rurales rompirent pour la première fois avec TU.N.P. dont l'influence sexerçait par intermediaire des proprietaires fonciers, des éléments conservateurs et des fonctionnaires gouvernementaux. A partir de 1956, elles ont suivi la direction de l'intelligentzia villageoise, des moines bouddhistes et d'autres éléments petits bourgeois. La force du S.L.F.P. provient du fait que les masses y voient une libération de leurs oppres-
CEYLAN
Le résultat des élections du 19 mars
CEYLAN
Le résultat des élections du 19 mars seurs locaux, malgré le discrédit résultant de la politique du gouvernement.
C'est aussi cela qui explique pourquoi l'U.N.P. n'a pas remporté une victoire déqui le représente dans chaque village, de expériences sociales, comme le programme du L.S.S.P. en impliquait. Doutes en seul se de dans les régions Ajoutons enfin que le L.S.S.P. n'a pas de langue tamile, bien que dans ces régions, son chilire de voix soit en moyenne le même que dans les regions de langue cinghalaise dans leur ensemble.
tenir en mains les masses rurales, cellesci n'étant pas encore prêtes à de nouvelles
Voici un tions :
tableau des résultats des élec-
1947
Voix
Sièges
Voix
1952
Sièges
1956
Voix
1960
19 mars
Sièges
Voix
Sièges
United National
Party
Sri Lanka Freedom
Party
Federal Party
(tamil) ..
Lanka Sama Samaja Party
Mahajana Eksath*
Peramuna
Peramuna
(groupe Philip) ..
Lanka Prajathanthawadi Party
(Dahanayake)
. . .
Parti Communiste .
Coalition formée de
SLFP, VLSSP,
Bhasha Peramuna et indépendants
Partis mineurs ..
Coalition Parti communiste et
VLSSP
....
Indépendants
Total
% des votants
751.432
-204.020
-
70.331 306.208 549.381 1.881.312
1.026.00
361.25
45.33
-
305.13
718.164
142.036
274.204
119.715
68.424
289.491
2.616.759
907.036
711.601
-
176.452
324.654
324.251
145.505
146.759
396.988
253.284
3.129.246 au Kérala
Les élections au Kerala furent marquées par un pourcentage d'électeurs élevé : 80 à 90 % des inscrits participèrent au vote.
Les résultats en sièges sont connus le P.C., 29 sièges ; le Front unique démocratique, comprenant le Parti du Congrès, le Parti socialiste Praja et la Ligue musulmane, 94 sièges, ainsi répartis : Congrès, 63 ; P.S.P. 20 ; Ligue musulmane, II. Trois autres sièges revinrent respectivement au Revolutionary Socialist Party, au Karnatac Samity et à un indépendant.
Sur le plan des voix, les résultats furent les suivants:
1960: nombre de
1958
: nombre de
Parti du
Ligue
P.S.P.
votants votants
Total
%
P.C.
des voix des voix
52,8
3.550.136
43,3
51,5
2.308.408
39.
Pis.t.
Congrès musulmane
4.337.251
2.791.294
1.146.029
399.928
1960
3.043.210
205.698
1957
2.209.251
528.261
2.327.627
74 %
INDE
1.045.725
128.597
134.528
326.783
2.327.627
61.3 %
74 %
INDE
Les élections
8.200.000
5.900.000
Le P.C. avait présente — ou soutenu -des candidats dans 125 circonscriptions. En plus des 29 sièges qu'il obtint, il y en eut I1 qu'il perdit pour moins de mille voix. Mais il avait 96 sièges dans l'Assemblée précédente. Une partie des pertes s'explique par le fait de la coalition qui lui fut opposée à ces élections, à la différence des élections précédentes. Mais cette explication n'est pas valable pour 18 sièges qu'il avait emportes la fois précédente à la majorité absolue. Ce tut, entre aute, le cas de s des anciens ministres. Un examen plus serré des votes montre
Dans les derniers mois, évolution de la situation en Bolivie a été marquée par des l'article publié dans ce numéro ait été événements importants. Apres que écrit (décembre 1959), non seulement il va eu de nouveaux mouvements paysans, mais aussi les ouvriers ont réussi à porter des coups sérieux à leurs ennemis de classe, affermissant la perspective d'une pour faire sortir la révolution de la stanouvelle étape et de nouvelles chances gnation et de l'impasse où elle piétine depuis des années, sous la direction petite bourgeoise du M.N.R.
Parmi ces événements, on peut signaler:
— La « Proclama de Achacachi », lancée par les paysans et la Centrale Agraire de cette region, avec un programme represan du P.O.R., et sous l'inspiration directe nant plusieurs points du programme payde celui-ci.
- Le triomphe armé des mineurs de
Huanuni sur l'appareil bureaucratique Terroriste armé jusqu'aux dents, monté au syndicat mineur de Huanuni par le gouvernement et par la droite du M.N.R.
(Guevara). L'insurrection des mineurs de
Huanuni a triomphé avec l'appui décisif des milices armées des mineurs de Catavi-
Siglo XX, qui ont pris d'assaut les nositions des agents du gouvernement, leur infligeant une écrasante défaite (voir le (voir le récit dans « La Vérité des Travailleurs », avril 1960).
- La candidature présidentielle pour les prochaines élections (juin 1960) de la formule Victor Paz Estenssoro - Juan Lechin
(leader de la C.O.B. et de la Fédération des Mineurs), proclamée au dernier Congrès du M.N.R. et qui y a triomphé sur la candidature droitière de Guevara.
— La défaite d'un coup d'Etat guevariste (contre la candidature Paz-Lechin).
lancé par un secteur des carabineros, police semi-militaire), qui a été écrasé après secteur de l'armée, avec l'appui des mi. plusieurs heures de combat, par un aute lices. Ces evénements ont scellé, au moins pour le moment, l'échec de l'aile du que les pertes du P.C. furent plus sensifurent plus sensibles dans les centres urbains, tandis qu'il gagna relativement des voix dans les campagnes. Par conséquent, si les réformes progressives en matière agraire lui furent profitables, sa politique anti-ouvrière notamment son attitude contre les grèves à Trivandrum et à Ernakulam — a servi la réaction. Il est à présumer que les élections au Kerala auront pour résultat de développer la crise au sein du P.C. indien qui, depuis de longues années, se trouve partagé en tendances opposées. ions présidentielles M.N.R. la plus liée à l'impérialisme. On Lechin, maintenant consolidée, escompter entraînera secteur le plus important des masses boliviennes, étant donne que les paysans d'espoirs en Paz Estenssoro pour la solution de leurs proont encore beaucoup blèmes, et que les ouvriers voient la candidature de Lechin comme l'ascension de leur dirigeant à la vice-présidence de la
République.
Cependant, si le M.N.R. peut ainsi maintenir encore pour une période (dont la durée, à prévoir courte, dépend surtout de l'intervention de l'avant-garde révolutonnaire), son controle sur les masses et les conditions de ce contrôle seront très différents du passé.
La candidature Paz-Lechin peut donner.
un certain délai encore au M.N.R., mais signifie, en même temps, un encouragement aux luttes des masses, et cest surtout cela que craignent l'impérialisme, l'oligarchie, la droite du M.N.R. et Paz
Estenssoro lui-même. D'où le fait que lopposition droitière ait été portée jusqu'au soulèvement armé, et on peut attendre encore de nouvelles pressions et tentatives de ce genre jusqu'au jour des élections.
Siles, ne pourra donner une solution réelle Paz Estenssoro au pouvoir, pas prus que aux profonds problèmes de la révolution.
absolument les en compta, et par eut A la Estenssoro, aidé par Lechin, tient surtout à défendre ce régime contre les assauts des masses.
Les problèmes de la réforme agraire, de la nationalisation des usines, du contrôle ouvrier, du niveau de vie des travailleurs,
Use poseront avec la plus grande ete.... acuité dans la prochaine période, et cela en présence d'un mouvement ouvrier et paysans centralisé et organisé dans ses syndicats et milices qui, malgré son soutien électoral à Paz-Lechin, a développé:
a travers hut annees de revolution et de grandes luttes contre les mesures réactionnaires du M.N.R. au pouvoir, un profond
BOLIVIE addr Paz Estenssoro-Lechin
La Candidature -a
BOLIVIE addr Paz Estenssoro-Lechin
La Candidature -a aux prochaines élect esprit critique et une remarquable confiance dans ses propres forces.
On peut y ajouter, comme autre élément de l'avance de la conscience des masses, non seulement la révolution coloniale dans son ensemble, mais, beaucoup plus concrètement, l'exemple de la révolution cubaine, qui a une énorme répercussion dans les masses boliviennes.
Le problème de la direction révolutionnaire, qui est le problème central de la révolution bolivienne à son stade actuel, a été abordé comme tel à la dernière Conférence nationale du P.O.R. bolivien, et se pose ainsi encore une fois avec une extrême acuité.
Dans l'inévitable crise avec les masses, à laquelle sera amené à nouveau le M.N.R après un triomphe électoral de Paz et Lechin (ses dernières réserves de prestige), c'est le P.O,R. qui, non seulement peut donner une réponse programmatique et organisationnelle aux besoins aigus des masses, mais aussi éviter, par son inter-vention, que la crise ne mène à une nouvelle impasse et même à une défaite sérieuse de la révolution. Dès maintenant, le P.O.R. prépare la lutte en appelant à la formation d'un Front d'Action Révolutionnaire avec toutes les forces et organisations syndicales et politiques ouvrières, paysannes et anti-impérialistes, pour participer aux élections avec des listes de front unique en dehors de la candidature capitaliste du M.N.R. (Paz-Lechin). C'est la tâche centrale du P.O.R. de réussir à organiser, en temps utile, une nouvelle direction ouvrière syndicale et politique (dont le noyau central sera le P.O.R. lui-même) pour la révolution bolivienne, capable de diriger les nouvelles luttes révolutionnaires, anti-capitalistes et anti-impérialistes, des masses ouvrières et paysannes, vers un gouvernement ouvrier et paysan, seul capable d'en finir avec la stagnation de la révolution et d'ouvrir la voie pour donner satisfaction aux urgents besoins des masses.
FRANCE
Les étudiants contre la guerre d'Algérie
Si la situation en France est marquée avant tout par la pius grande apathie polilique, ainsı qu indiqué par ailleurs dans ce numéro, cela ne veut pas dire que rien ne se passe.
Nous traitons, aussi à une autre rubrique, du livre de Baby, qui constitue une nouvelle manifestation de la crise du P.C.F.
Un fait important est la constitution du Parti socialiste unifié, par fusion du P.S.A. de l'U.G.S. et du groupe Tribune du communisme, La nouvelle formation est marquée par un éventail de tendances des plus large : il va de bourgeois radicaux (Mendès-France) à des marxistes de nuances diverses (Naville, Rosenfeld), en passant par des socialistes traditionnellement révisionnistes (Philip), des chretiens, etc., etc... Mais la direction repose principalement sur des socialistes du genre blumiste, dont l'objectif est d'une part de dégager un Parti socialiste de l'aventure gaulliste où l'a entraîné la direction Guy Mollet, et, d'autre part, d'offrir à la bourgeoisie une autre direction ou une partie d'une autre direction pour après de Gaulle.
Malgré ses prétentions, ce Parti ne mordra guère sur les cadres ouvriers du P.C.F. ; mais son existence posera la question du front unique en termes nouveaux. En outre, la vie intérieure de ce parti, qui sera sans aucun doute animée par de fortes luttes de tendance, ne sera également pas sans effets indirects sur la crise chronique du P.C.F.
Un événement très important est la prise de position de T'U.N.E.F. (Union Nationale des Etudiants de France) à son récent Congrès, demandant, sur l'Algérie, en fait des négociations avec le F.L.N. à la fois sur les conditions d'un cessez-le-feu et sur les garanties de lautodétermination. Ce vote fut acquis à une très forte majorité. La presse bourgeoise, en général, à l'exception du « Monde », a tente de mınimiser l'affaire. Mais ce vote traduit à sa façon l'état d'esprit de larges couches petites bourgeoises envers la guerre d'Algérie. Elles n'y voient aucune issue victorieuse, mais sentent que cette guerre bouche l'avenir au développement économique, intellectuel, avec tout ce que cela peut signifier pour l'avenir des étudiants d'aujourd'hui.
Ce vote sert à souligner d'autant plus fortement les lourdes responsabilités des directions du mouvement ouvrier français.
On comprend aussi que les milieux intellectuels, artistiques, et que la jeunesse qui se prépare pour ces milieux, aient fourni, en l'absence d'actions de masse, un nombre relativement notoire de personnes qui, pour des raisons de conscience, ont fourni en France une aide, sous une forme ou une autre, aux militants de la Révolution algérienne. Les arrestations qui ont eu lieu à propos de la publication du Bulletin « Vérités pour » ont peut-être pour la première fois, remué une certaine opinion publique. Aux journalistes de gauche, comme Bourdet et Domenach, qui ont pris des distances par rapport a ces activités, ont répondu des hommes, comme le professeur à la Sorbonne Mayoux, qui n'ont . pas hésité à dire que le probleme algérien ne soulevait pas que des questions « humanitaires », mais nécessitait une prise de position plus générale.