Documents de la IVe Internationale

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La revue › 18e année, n° 8

La révolution coloniale au Congo « belge » et au Rwanda-Urundi

Philippe Van Damme · Quatrième Internationale, 18e année, n° 8 · janvier 1960 · p. 20-26 · 6 028 mots

In English: The Colonial Revolution reaches the "Belgian" Congo and Ruanda-Urundi (Fourth International No. 8, Winter 1959/1960).

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Pendant de longues années la révolution coloniale qui grondait au Kenya et se , développait dans diverses parties de l'Afrique noire semblait arrêtée aux frontières du Congo.

Avant 1956, la seule manifestation politique de quelque importance au Congo fut le développement de la secte politico-religieuse Kimbanguiste dont la propagande rappelant celle des anabaptistes, se répandit surtout dans la province du BasCongo pendant les années 1920 et jusqu'a nos jours.

Condamné à mort par l'administration coloniale belge, Simon Kimbangu, créateur de cette secte et l'un des initiateurs de la révolution congolaise, mourut en 1951

L'industrialisation du Congo, assez lente avant 1940, s'est grandement accélérée au cours des vingt dernières années. C'est ainsi que la production électrique minière du Katanga, est passée de 300 millions à 2 milliards de kW/h., entre 1949 et 1957, grâce à la création de trois nouvelles centrales hydro-électriques. La production de cuivre de l' « Union Minière du Haut Katanga » (U.M.H.K.), le principal trust congolais — le cuivre étant le principal produit d'exportation - est passée de 143.000 tonnes en 1946 à 247.000 tonnes en 1956.

D'autre part, l'industrie minière s'est mécanisée dans de très larges proportions et n'occupait plus en 1957 que 6,63 % de la main-d'œuvre salariée du Congo, chiffre extrêmement bas pour une économie de type colonial.

L'industrialisation a également provoqué la constitution d'entreprises groupant un grand nombre de salariés. En mai 1957, 1l y avait au Congo 89 entreprises comptant plus de 1.000 salariés dont 2 qui en comptent plus de 10.000. Ces dernières emploient 170.000 travailleurs.

Le nombre des salariés, non compris les domestiques, atteint 1.198.000 en 1956, ce qui représente 39 % des « hommes adultes valides » (1), contre 27 % 10 ans plus tôt ; ceci compte tenu de la mécanisation des mines surtout, montre bien l'ampleur n coloniale dans une prison où il fut détenu pendant trente ans.

Ce sont les grandes victoires anti-impérialistes que représentent l'indépendance du Ghana, puis celle de la Guinee, les de'veloppements de la lutte du peuple algérien et de la révolution arabe au ProcheOrient, et simultanément la crise économique touchant sérieusement l'économie congolaise par la baisse des prix des matières premières dans le courant de l'anmisi sui ont présentente fil porscie née 1957, qui représentent les facteurs déextrêmement rapide de masses congolaises relativement larges dans tous les centres urbains et bon nombre de régions rurales du Congo. de l'industrialisation et de la prolétarisation très rapide. Le Congo est donc devenu la 2' puissance industrielle d'Afrique, après l'Union Sud-Africaine mais avant l'Egypte.

L'industrie demeure cependant orientée essentiellement vers l'exportation et l'économie congolaise compte des déficiences fondamentales comme celle de tout pays colonial ou semi-colonial. C'est seulement depuis peu d'années qu'une certaine industrie légère mal équilibrée s'est développée dans deux ou trois grandes villes (textile, bicyclettes, etc.).

Les techniques brutales de recrutement de main-d'œuvre forcée et les mauvais traitements ont fait place depuis 15 ans à une attitude paternaliste caractérisée par la construction de cités ouvrières pour les travailleurs, etc.

L'exode rural vers les centres urbains. et industriels a pris des proportions énor-

(1) Le nombre total des salariés atteint, par province (chiffres de 1956) : Prov. Léopoldville : 306.000 - Prov. Kivu : 216.000 -Prov. Katanga : 175.000, soit pres de 50 % de la population des • hommes adultes valides ». Dans les autres provinces, les pourcentages sont plus bas : Prov Orientale et celle de Equateur : 30 a 32 % - Prov. du Kasai : 22 %.

L'ECONOMIE ET LA SOCIETE CONGOLAISE

L'ECONOMIE ET LA SOCIETE CONGOLAISE mes détruisant l'organisation du milieu • coutumier ». Comme le signale Basil Davidson dans son livre « Le réveil de l'Afrique » : « Nulle part peut-on dire, nulle « part le chef n'administre plus en réalité « sa tribu ; nulle part le groupement ne * reste intact. Les liens qui unissaient * autrefois les membres d'une même tribu « entre eux comme à leur chef, se rela* chent partout et souvent se brisent... • La vie au village se désintègre. C'est un « fait que lévolution des villes pénètre « jusqu'aux régions tribales elles-mêmes. « L'organisation tribale est contraire aux * vœux de ceux qui désirent participer a « cette évolution, Les villageois se saisis* sent d'idées sur la civilisation. Ils cher* chent les moyens de les appliquer à « leur vie quotidienne comme le font les « gens des villes. »

La population qui a quitté le milieu coutumier est passée de 1.017.000, soit 9,85 en 1943, a 3.047,000, Soit 23,13 % en 1957 et le phénomène n'a fait que s'accroître depuis lors.

Les salaires de ces travailleurs noirs ont bas jusqu'aux toutes dernières été tres années, bien que sensiblement plus élevés qu'en A.E.F., en Rhodésie britannique et premier trimestre de 1957 45 % des sasurtout en Angola portugais. Pendant le lariés du Congo gagnaient moins de 11 frs congolais par jour et 73 % gagnaient moins de 20 frs (1 frs congolais est regal de 10 frs français * légers »). Une augmentation sensible s'est manifestée depuis deux ans mais le niveau de vie reste très bas.

A Léopoldville et dans les centres industriels du Katanga, régions de « hauts » salaires, ceux-ci se situent actuellement autour de 40 frs à 50 frs par jour pour un travailleur « lourd » et 35 à 40 frs par jour pour un travailleur « léger ».

salariés européens s'octroyaient 9.700 milnons, le reste représentant les autres revenus, les impots, les epargnes el surtout les bénéfices des entreprises et des particuliers européens (2).

Les bénéfices de la seule « Union minière du Haut Katanga » s'élevaient, pour un capital de 3 milhards, à 1.454 milions en 1948, pour grimper en 1956, pour un capital porté à 8 milliards, à une somme de 5.471 millions de frs congolais dont 900 millions étaient consacrés aux amortissements divers et 4.571 millions formaient les bénéfices nets. 90 millions de ceux-ci étaient répartis entre les 15 administrateurs belges et anglais.

Les seuls bénéfices nets de dix sociétés congolaises importantes faisant partie du groupe financier U.M.H.K. - Société Générale s'élevaient en 1957, année de récession cependant et de chute des bénéfices, à la somme de 4.810 millions de frs congolais.

Si le revenu des salariés s'est élevé depuis deux ans, celui des agriculteurs reste très bas et peut étre estimé en moyenne à la moitié de celui des ouvriers (3).

En face de cette masse considérable de salariés et d'agriculteurs noirs aux revenus minimes, le nombre des Européens est très restreint : 0,7 % de la population ; quelque 100 à 105.000 sur les 14 millions d'habitants du Congo. Ce pourcentage est cable du Tiblemena, ts mine qui nue faible, sensiblement plus par exemple que cependant pas considéré comme colonie de peuplement et où les Européens sont environ 1,4 % à l'heure actuelle.

Ces 100.000 Européens dont les 3/4 sont Belges comprenaient notamment à la fin de 1957 : 1.000 fonctionnaires de l'administration, 8.000 missionnaires et environ 2.000 colons. Le personnel des sociétés comprend l'écrasante majorité du reste de la population européenne active : 21.700 personnes dont 17.200 Belges en 1957. Le nombre des travailleurs indépendants, professions libérales et petits patrons, est l'Europe. Le nom du roi Léopold Il restera sinistrement attaché à cette période tera sinistrement attaché à cette période où des gangs d'aventuriers à son service se ruaient sur lAfrique centrale. Ce premier stade de la colonisation peut etre appelé stade du caoutchouc et de l'ivoire,

(3) Une ordonnance législative du 19 mai 1959 fixe le prix du coton-graines acheté aux Indigènes, seuls producteurs, à des prix variant de 4 francs a 5.85 franes congolais selon la qualité. Le prix de vente F.O.B. à Matadi, le port d'exportation, pratique par la société monopoleuse COTONCO s'éleve dans le même temps à quelque 46 francs congolais le kilo de coton-balle, après un usinage et une manutention relativement peu importants !

En 1953, la masse de plus d'un million ne représentait que congolais alors que

- Gagnaient moins de par mois : 1.5 %. - Gagnaient de 10.000 par mois: b6 %. - Gagnaient de 20.000 par mois : 31,5 %. - Gagnaient de 30.000 par mois : 7 %. - Cagnaient plus de meis % globale des salaires de salariés congolais

10.130 millions de frs revenu national le

10.000 à 20,000

30.000 à 40.000

40.000 fr. congolais fr. congolais fr. congolais fr. congolais fr. congolais milliards, sur était estimé à plus de lesquels quelque 24.000 fonctionnaires et très peu élevé.

tros net élevé

L'EVOLUTION POLITIQUE DU CONGO

Avant de devenir colonie belge en 1909, e Congo connut sous le titre d' « Etat indépendant du Congo » vingt années d'exploitatien et de brutalités inoues, large ment dénoncées à l'époque par la presse social-démocrate et même libérale de toute

(2) Salaires des Européens en 1957 :

lesquels quelque 24.000 fonctionnaires et

L'EVOLUTION POLITIQUE DU CONGO

Avant de devenir colonie belge en 1909, e Congo connut sous le titre d' « Etat indépendant du Congo » vingt années d'exploitatien et de brutalités inoues, large ment dénoncées à l'époque par la presse social-démocrate et même libérale de toute

(2) Salaires des Européens en 1957 :

INTERNATIONALE parce que ces deux produits naturels representaient • la source de profits essentiels pour les bandes de pillards européens qui venaient « civiliser » le Congo en y organisant de brillantes razzias. Ils laissaient sur leur passage la ruine et la désolation et dans de nombreux villages dont la population n'avait pas fourni la quantité exigée de caoutchouc et d'ivoire, ils massacraient les adultes valides ou Jeur coupaient la main droite en représaille.

Victime de cette répression barbare, la population du Congo fut réduite de 2 à 3 millions entre 1890 et 1905 selon les estimations dignes de foi signalées par B. Davidson.

Le portage obligatoire fut instauré au cours de cette période et - le fait vaut d'être signalé — ce n'est qu'en 1928 que là • Commission permanente pour la protection des indigènes instituée par le Parlement belge, obtint l'abolition de la corvée obligatoire du portage pour les femmes congolaises.

Il faut rappeler aussi les morts innombrables — un pour chaque traverse que coûta la construction du chemin de fer du Bas-Congo doublant les rapides du fleuve de Matadi à Léopoldville...

De 1929 à 1940 la crise économique et ses suites amenerent un très net renforcement des pouvoirs de la police au Congo. Jusqu'à une date toute récente des sanctions pénales frappaient les travailleurs « négligents » que la condamnation transformait vite en travailleurs forcés, utilisés par l'administration pour construire les routes, etc...

En 1957, le nombre total des relégués, envoyés dans des camps de travail sous surveillance policière, s'élevait à 4.815, soit une diminution de 300 par rapport à 1956. La décision fut prise en décembre 1957 de ne plus mettre des personnes en résidence surveillée, du simple fait de leur appartenance à une secte religieuse interdite (ce fait a été signalé par le rapport de 1957 des « Affaires Indigènes et Maind'Œuvre »).

Vers mai 1956 l'on pouvait estimer que des tendances politiques précises se de velopperaient à partir des sectes politicoreligieuses Kitawala et Kimbanguiste clandestines. En réalité le mouvement national est né avec l'appui de membres de ces sectes, mais davantage sur la base de mouvements tribalistes comme l'ABAKO, né en 1952 dans le Bas-Congo et qui rassemble les populations du groupe ethnique Bakongo, dont une partie d'ailleurs se trouve en Angola portugais et en A.E.F. dans la « République du Congo ».

L'Eglise catholique qui représente avec la famille royale et les sociétés financiè res holdings, l'une des trois puissances qui dirigent effectivement le Congo, est depuis plusieurs années favorable à l'indépendance. Depuis longtemps le Vatican et les puissantes missions catholiques belges caressaient le rêve d'un Etat catholique indénendant au Congo. Des mai 1956, les missions favorisèrent la constitution du grimement " Conscience Africaine » qui publia ce mois-là un manifeste nationaliste modéré. En 1957 d'autres groupes politiques naquirent, représentant diverses tendances. Au début de 1958 |' « Action socialiste congolaise » fut créée par des syndicalistes noirs affiliés à la F.G.T.-Congo, fihale de la F.G.T. belge, appuyés par quelques socialistes belges installés au Congo.

Lorsque l'administration esquissa, en décembre 1957, le timide tournant que representaient des élections communales à Léopoldville, puis dans les chef-lieux de quatre des cinq autres provinces, le résultat de ces élections surprit tout le monde. A Léo plus de la moitié des suffrages se portèrent sur les candidats de TABAKO considérée jusque là par l'administration comme l'association culturelle sans influence des Bakongos. Les résultats electoraux de Léo permirent indiscutablement un bond en avant dans la prise de conscience nationale. L'ABAKO se révéla aussitôt comme la première organisation nationaliste congolaise de quelque importance.

Le discours que son leader, Kasavubu, prononça le 20 avril 1958 devant 15.000 personnes provoqua un autre bond en avant de la conscience nationale : le maire de Dendale (l'un des quartiers de Léo) entrant en fonctions réclamait la liberté de la presse et l'autonomie interne, revendications jugées extrémistes un an et demi auparavant.

Le reste de l'année 1958 vit une évolution accélérée, marquée notamment par la manifestation du ler mai à Léo, organisée par l'Action Socialiste, puis par la publication de son manifeste le 26 mai. Partout des groupements nationalistes apparurent, même à Bukabu, chef-lieu de la province du Kivu et principal centre du colonat réactionnaire et raciste, où le chercha à obtenir sa reconnaissance légale « Centre de regroupement africain » parmi mille difficultés.

Le « Mouvement National Congolais » (M.N.C.) se constitua en automne 1958 et unifia une foule de groupes divers sous la direction de P. Lumumba et Kalonji. Ce fut Lumumba qui représenta le M.N.C. à la conférence panafricaine d'ACCRA en décembre 1958.

Le 4 janvier 1959, Kasavubu consacrait un meeting de L'ABAKO à cette dernière. Le meeting fut interdit et la manifestation qui s'ensuivit, jointe à une provocation policière, déclencha la répression sanglante des 4, 5 et 6 janvier dans l'immense agglomération de Léo qui compte un demi-million d'habitants. Aux 72 morts officiels, tués principalement par la police commandée par des blancs, s'en ajoute à coup sûr une centaine d'autres massacrés par les policiers et par des civils blanes armés. Le rapport a la Chambre établi par la commission parlementaire d'enquête sur les événements de janvier à Léo signale à ce sujet que le « corps de volontaires européens » créé par un cret de 1948 dans le but d • organiser dél'auto-défense des entreprises et assurer la défense de certains points d'importance vitale » comptait 120 membres le 4 janvier mais en eut rapidement un millier. Des fusils furent mis à la disposition de ces volontaires. Ils ne furent récupérés que le 18 janvier !

LA BOURGEOSIE BELGE FACE AU NATIONALISME CONGOLAIS

Surprise par l'ampleur des événements de Léo, la bourgeoisie dut la pression vigoureuse du

Baudouin),

(discours

(autant Jean XXIII que les du grand capital, le person choisir. Sous palais royal l'Eglise de missions) et politique inel bourgeois dut s'incliner, malgré les prétentions matamoresques de certains de ses représentants. Le ministre Van Hemerlrijk, l'homme providentiel du parti social-chrétien prononça le discours-programme du 13 janvier, promit lindependance sans en fixer la date, annonça un renouvellement de l'administration coloniale, un large accès des indigènes au cadre administratif et diverses autres réFormes. L'indépendance promise serait assez formelle et permettrait de sauver les investissements que le capitalisme belge a opérés au Congo et de sauver l'essentiel des bénéfices que la bourgeoisie belge en tire et qui représentent le tiers de la totalité de ses bénéfices en Belgique et à l'étranger. L'impérialisme belge, qui ne dispose pas comme la France de traditions militaristes solides, se sentait trop faible et mal armé pour engager une guerre coloniale qui aurait comme principale conséquence un arrêt plus ou moins complet des exportations congolaises ou une énorme élévatien du prix de revient des produits minéraux et végétaux qu'il faudrait exporter par rail et non plus par voie d'eau, à travers l'Angola ou le Tanganyka. Une certaine confusion subsistait dans l'opinion belge, peu préparée par le calme apparent des années précédentes à admettre soudain l'idée de l'indépendance du Congo. La presse socialiste . pendant les quatre ou cinq premiers mois de lannée entretint cette confusion en insistant exagérément sur le caractère social de l'insurrection de Léo (misère des chômeurs sans allocation, enfants non scolarisés envieux à l'égard de ceux qui ont accès aux études, etc.) et en minimisant le caractère national, beaucoup plus réel et clairement mme fois reieste par ile slesdanet le cri maniteste slogan et le cri

«indépendance ». -La direction du P.S. belge embarrassée et divisée adoptait une attitude peu prononcée, se gardant fort heureusement de s'associer comme les Mollet-Lacoste, aux colons et aux couches réactionnaires de la petite bourgeoisie coloniale.

Par contre, le programme progressiste de Van Hemelrijk devait se heurter à une résistance croissante de la part de l'administration coloniale retardataire, des colons, de la fraction des groupes financiers belges ayant le moins de capitaux immobilisés au Congo (Brufina, groupe de Launoit) et enfin de la famille royale qui a découvert l'irréalisme (!) d'un royaume indépendant du Congo attribué à Léopold ou à son fils Albert.

Cette opposition se fit spectaculaire avec la démonstration des colons du KIVU - seule province où leur poids a quelque importance — lors du passage du ministre à Bukavu les 13 et 14 juin. La pression de toutes ces forces conjointes eut pour résultat une sorte d'immobilisme teinté de quelques bonnes paroles du ministre jusqu'à son discours très réticent de Leopoldville le 2 juin. Pourtant, au cours de rete, la situation continua à « se détériorer ». Après la répression dans le district des Cataractes, dans la province de Léo de janvier à avril des manifestations nationalistes à travers tout le Congo et il devenait évident que les forces de police commençaient à être insuffisantes pour agir partout à la fois. Le ministre Van Hemelrijk, fidèle à son ambition d'être le Mendès France belge, prétera quitter le gouvernement plutot que d'appliquer une politique qu'on voulait lui imposer et qu'il jugeait en retard sur les événements. Son successeur. De Schrijver, social-chretien comme lul, fut rapidement forcé d'aller plus loin qu'il ne l'avait pré vu dans la voie des concessions.

Depuis le début de l'année l'attitude du mouvement nationaliste s'est précisée. La direction nationaliste congolaise représente actuellement dans son ensemble, en l'absence totale d'une bourgeoisie nationale, un courant petit-bourgeois très radical envisageant des nationalisations, etc., comparable en cela à l'ancien M.T.L.D. algérien, ou au parti de Sekou Touré qui conduisit la Guinée à lindépendance. Loin d'etre des bourgeois, les dirigeants natio nalistes congolais ne sont même pas généralement des représentants des professions libérales, mais le plus souvent des employés porteurs d'un certificat d'enseignement moyen. Les membres de leurs organisations sont avant tout des salariés habitant les agglomérations urbaines.

D'autre part, l'Action socialiste congolaise qui publie depuis le 18 avril 1959 un bimensuel intitulé " Emancipation, organe de combat socialiste, édité par des Congolais » s'est transformée depuis le 26 avril en un parti intitulé « Parti du Peuple ». Organisé sur une base de classe, ce parti ouvrier compte quelque 1.500 membres répartis dans plusieurs provinces. A l'heure actuelle, ses relations semblent fort bonnes avec T'ABAKO qui représente encore le principal courant politique congolais, bien que son audience soit limitée à deux provinces. Il est peu probable que la masse des travailleurs se regroupera autour du Parti du Peuple avant l'indépendance du Congo : pourtant sa création avant le point culminant de la lutte pour l'indépendance lui donne des chances assez sérieuses de jouer un rôle décisif.

Malgré leur influence dans la constitution des premières tendances nationalistes congolaises (Conscience Africaine et même M.N.C. a ses débuts). les missions voient leur importance politique diminuer de jour en jour. L'action du clergé ne sera certainement pas déterminante dans le futur Congo indépendant. Presque partout en elfet, les missionnaires apparaissent aujourd'hui comme de petits chefs d'entreprise, exploiteurs hypocrites dont le paternalisme suscite une sourde hostilité chez les Congolais.

Pendant les derniers jours de novembre, un parti hétérogène, bien accueilli par l'administration, a vu le jour. Il s'intitule * Parti National du Progrès » et rassemble les modérés les plus divers.

Signalons encore que divers hebdoma-

A la mi-octobre eut lieu à Luluabourg et dans les environs de cette ville, capitale de la province du Kasai, une soudaine explosion interraciale : Lulua et Baluba, les deux groupes ethniques de la région se mirent a sentretuer. Le rôle provocateur de Administration et plus particulièrement du gouverneur de la province paraît indiscutable, surtout lorsqu'on sait qu'une étude laite le 8 juillet par le bureau du district de Luluabourg suggé rait de prendre des mesures discriminatoires à l'égard des populations Baluba lors des élections communales de décembre. La grande bre. La grande presse belge en profites presse belge en profita la preuve est faite, disait-elle, Congolais s'entretueront dès qu'ils seront indépendants. Ils ne sont pas mürs pour l'indépendance, etc., etc.

Une autre provocation, plus manifeste encore, devait avoir lieu quelques semaines plus tard à Stanleyville, capitale de la province orientale. Le Mouvement National Congolais y tenait son congrès statutaire. Le Lo octobre, cloturant ce congrès, Patrice Lumumba critiquait vivement les nouvelles propositions du Ministre du Congo. Au cours de son meeting, un mandat d'arrêt fut lancé contre lui et la police intervint, à bord de voitures blindées, dans le but de l'arrêter. Capturé le lendemain, il est toujours en prison a heure actuelle. Au 3 novembre, le calme étant revenu, le nombre des victimes s'établissait officieusement à 70 tués et 200 blessés. Un important incident est encore à sıgnaler. Il eut lieu à Matadi le 13 octobre lorsque la police voulut disperser une assemblée de la secte Kimbanguiste. Il y eut officiellement 6 morts et 30 blessés. L'opinion belge ne resta pas indifférente devant tant de sang versé Le ministre De Schryver, en place depuis le début de septembre, fit une déclaration le 16 octobre dans laquelle il précisait que l'indépendance serait octroyée au Congo dans un délai de quatre ans et qu'un gouvernement congolais présidé par le gouverneur général pourrait être constitué à la fin de 1960. Au cours de cette année 1960, annonçait-il, les élus communaux de décembre éliraient au second degré les assemblées provinciales qui désigneraient, au 3ª degré, une sorte de Parlement dont une partie des membres serait nommée d'office par l'Administration. Cette déclaration allait plus loin que celle de janvier mais n'était déjà plus acceptable pour les partis congolais. Elle explique bien la réponse claire de Lumumba : « Le divorce est définitif entre la Belgique et le Congo ». M. Kalonji, second leader du M.N.C., daires, publiés par les principales tendances nationalistes paraissent depuis quelques mois à Léo principalement ; c'est le cas pour « LIndependance », organe du M.N.C. et pour « Congo », journal de l'ABAKO. arrêté après la provocation de Luluabourg, fut relaché peu après et il associa son mouvement aux prises de position très fermes de l'ABAKO, du Parti du Peuple et d'autres partis nationalistes. Dès le dé but de novembre, il était manifeste qu'un désaccord complet existait entre le ministre du Congo et les partis congolais. Ceux-ci, estimèrent à juste titre qu'ils ne disposaient pas des garanties nécessaires pour présenter des candidats aux élections communales du 15 décembre. La tension s'accrut. A la Chambre belge eut lieu, le nait de décider ou Socialistes F.G.T. ve- 3 novembre, une séance capitale. Le Bureau des Syndicats socialistes F.G.T. venait de décider qu' .S opposera par tous les moyens, à Tenvoi, sous quelque pretexte que ce soit, des miliciens au Congo belge ». Lapres-midi, au : Parlement, Léo Collard, président du parti socialiste, interpella le ministre et déclara, exigeant une Table Ronde de tous les partis belges et congolais : « Annoncez que le dialogue « est ouvert à tous et « belge tout entier qu que c'est le peuple que c'est le peuple vient s'asseoir à « la Table Ronde. Ce grand acte, posez-le « tout de suite, sinon vous irez à l'aven* ture et ALORS VOUS IREZ SEULS D»

Depuis 1945, c'est la première fois que la direction d'un grand mouvement ouvrier, socialiste ou stalinien, parle aussi fermement en matière coloniale et refuse nettement au moment critique de s'associer aux préparatifs d'une guerre coloniale ou tout au moins d'une répression partelle du nationalisme d'un pays sous tutelle.

Cette fermeté, pour surprenante qu'elle soit, n'est pas étrangère à l'évolution à gauche qui s'est manifestée depuis décembre 1906 dans le parti socialiste belge. La pression constante de talle gauche syndicale, des Jeunes Gardes Socialistes, et de aile gauche du parti, qui s'exprime depuis trois ans dans l'hebdomadaire « La Gauche » et dans son équivalent flamand « Links » depuis un an, explique ce refus de s'associer au plan de répression du gouvernement bourgeois.

Cette fermeté d'un parti social-démocrate qui rassemble près de 40 % des voix du corps électoral belge, obligea le gouvernement bourgeois à effectuer un recul important. Le ministre de la Défense Nationale, Gilson, déclara qu'il n'était pas question d'envoyer des miliciens Congo. Quant au ministre du Congo, De Schrijver, il accepta de rencontrer avant les élections les leaders des partis congolais qui avaient décidé le boycott électoral. Ces deux ministres étaient ainsi amenés à agir à l'opposé de leurs plus récentes déclarations. Le Premier ministre socialchrétien, Eyskens, jugea même nécessaire

LES DERNIERS EVENEMENTS: D'OCTOBRE A DECEMBRE

LES DERNIERS EVENEMENTS: D'OCTOBRE A DECEMBRE de créer un second poste ministériel pour le Congo et de le contier a son collègue secial-chrétien Scheyven, connu pour ses positions progressistes.

Ces événements méritent un intérêt particulier. us montrent a quel point la bourgeoisie a besomn de la social-démocratie pour entreprendre une guerre coloniale ou simplement pour en courir le risque en commençant une répression sur une large échelle. Si la direction du mouvement ouvrier décide, pour quelque raison que ce soit, de ne pas entreprendre elle-même l'indispensable propagande d'apPyser pour la guerre coloniale, qui paracoloniale, qui parason avant-garde ou l'isolera et désorientera la masse des travailleurs en la poussant vers le nationalisme, la bourgeoisie, privée de cette caution indispensable et provisoirement coupée de son habituelle agence social-démocrate dans le mouvement ouvrier est virtuellement paralysée et n'ose agir seule.

Si le Congo est un pays industriel, predans le mode, ciproie pro dateur de mier ou second cuIvre, etc. les petits territoires du Rwanda et de l'Urundi, sont avant tout des réserves de main-d'œuvre pour les mines du Katanga, distantes de 1.000 kms, et ne connaissent presque pas l'industrie.

Portion surpeuplée de l'ancienne colonie allemande du Tanganyka, ces deux royaumes féodaux avaient en 1958 quelque 4.700.000 habitants, soit 85 au km2, dont moins d'un dixième de Batutsi, de race hamitique, les nobles, propriétaires de la terre et du bétail (un million de bovidés), et près de 90 % de Bahutu, de race bantoue, les serfs.

L'Administration belge s'est évidemment gardée de toucher à la structure féodale du pays et a couvert d'honneurs les deux roitelets et les quelques familles de grands féodaux qui se partagent les chefferies et le pouvoir. L'alimentation du pays, basée sur le maïs (150.000 tonnes en 1955) donne un état de santé déficient à la population. Pendant la deuxième guerre mondiale, une année de mauvaise récolte provoqua une famine atroce qui réduisit sensiblement la population... Le seul produit important exporté est le café : 18.600 tonnes en 1958, pour une valeur de 170 millions de francs belges. La production electrique ne selevait qu'à un million de kW/h avant 1954, 4 millions depuis lors, soit moins que n'en

La divergence principale qui subsiste entre le gouvernement belge et les partis congolais vient de la volonté du gouvernement d'octroyer l'indépendance, plutôt que de la négocier. Ne trouvant pas en face d'elle d' «interlocuteurs valables» bles, la bourgeoisie belge, qui ne port ne- c'est-à-dire assez corrompus ou corruptigocier avec une bourgeoisie congolaise inexistante, feint de nier le caractère représentatif des partis congolais. Elle a battu en retraite au sujet des techniques électorales imposées dans la province de

Sans doute n'est-il pas possible d'éprouver une confiance sérieuse dans la socialdemocratie belge apres ce zig-zag a gauche qui peut être suivi d'un zig-zag à droite lors d'un reflux de son courant centriste actuen empêche que la bourgeoisie s'est engagée plus nettement encore qu'en janvier ou en octobre dans la voie des concessions et que les craintes majeures que l'on pouvait éprouver encore au début de novembre paraissent à présent dépassées. Le voyage au Congo de De Schrijver, habile Jeu politique de la coalition des trois principaux partis congolais : ABAKO, M.N.C., P.S.A., dont les leaders arrivés à Bruxelles le 3 décembre demandèrent aussitôt une entrevue à la direction du P.S. belge et conditionnent leur participation aux élections du 15 décembre à des négociations sous forme d'une table ronde démocratique, montrent l'ampleur du recul gouvernemental. consomment les 25.000 habitants du Groenland • et, par tete d habitant, 2.000 tois 1954, il n'y avait qu'un médecin pour 67.000 moins qu'en Belgique. Par allleurs, en habitants (un pour 20.000 au Congo et un pour 950 en Belgique).

Dans ce pays sous tutelle belge, trois partis politiques aux programmes apparemment peu différenciés, font depuis un an une propagande qui a contribué, comcomme les événements du Congo, à préparer l'explosion de haine sociale et raciale des Bahutus à l'égard des Batutsis. Les informations en provenance du Rwanda et de l'Urundi, firent soudain état le 12 novembre, d'opérations militaires engagées par la police, la gendarmerie et, pour la première fois, par les troupes belges aéroportées des bases congolaises. Ces opérations militaires étaient engagées après le déclenchement d'une véritable guerre civile menée par les serfs révoltés contre les seigneurs. Des le 13, le communiqué du * Q. G. des forces belges du Congo, opérant en Rwanda-Urundi » annonçait la mort de 50 « incendiaires » comme bilan des « patrouilles aériennes et terrestres »Le lendemain le quotidien socialiste « Le Peuple » titrait « l'état d'exception est proclamé au Rwanda ! Des centaines de Batutsi fuient vers l'Ouganda » Depuis lors les informations, soigneusement filtrées, Jaissent entendre que des opérations militaires se poursuivent : la « pacification » n'est pas encore terminée... Léopoldville, mais elle hésite à confier le futur Etat congolais à des hommes susceptibles de penser à nationaliser les richesses minières du pays !

Animés par cette crainte, certains ont même envisagé ouvertement une sécession éventuelle de la province minière du Katanga et de celle voisine du Kivu, centre du colonat. Cette politique ne serait cependant qu'une solution de désespoir de la bourgeoisie, puisque des problèmes de transport annihileraient les bénéfices...

Une autre tendance séparatiste larvée

LA GUERRE CIVILE AU RWANDA

VERS L'INDEPENDANCE

LA GUERRE CIVILE AU RWANDA

VERS L'INDEPENDANCE existe dans l'ABAKO. En effet, certains de ses leaders, craignant de voir les provinces plus arriérées que celle de la capitale, Léo, noyer sous leur masse électorale les votes progressistes de la pro vince pilote, ne se contentent pas d'une demande de structure fédérale, d'ailleurs rejetée par l'Administration, et rêvent de recréer, sans attendre, l'Etat unitaire de Bakongos, depuis les confins du Gabon, au nord, jusqu'au milieu de l'Angola portugais, au sud, qui fut un royaume organise, avant la colonisation portugaise au XV siecle.

Le journal du Parti du Peuple « Emancipation » a répondu clairement à cette quesnon, dans son numéro du 15 juin dernier •: le problème des groupes nationaux divers enfermés dans les frontières du Congo « belge » ou morcelés par ces frontières devra être résolu APRÉS l'indépendance. A l'heure actuelle, il faut unir toutes les forces dans la lutte pour l'indépendance, contre l'oppression colonialiste, précise le Parti du Peuple.

Ce point de vue est juste. Les marxistesrévolutionnaires en Belgique devraient cependant manifester leur solidarité inconditionnelle avec le peuple Bakongo s'il était victime de la répression colonialiste dans une lutte menée par les masses pour l'indépendance nationale des Bakongos. Leur appartenance à la nation dont la bourgeoisie exerce l'oppression nationale et coloniale contre les Bakongos et les autres peuples congolais, leur interdirait dans ce cas de prendre position au sujet de la façon dont les victimes du colonialisme belge voudraient s'organiser, s'unir ou se separer, conserver abolir les frontières imposées par l'impérialisme à la fin du XIX siècle, lorsque fut partagée la proie coloniale.

Au cours de l'été, la bourgeoisie prit des mesures d'un ordre particulier pour Preet degas os rapatries en Belgique. préserver ses possessions. Des capitaux Sans doute, l'essentiel des 160 à 180 milliards de francs belges investis au Congo ne fut pas touché par ces mesures, mais certaines sociétés, y compris de grosses societes, cesserent de reinvestir une partie importante de leurs benetices sur place. Simultanément, le gouvernement préparait l'affaiblissement économique du futur Etat congolais en imposant dès maintenant d'étroits liens financiers entre Congo et la Belgique dont les monnaies sont d'égale valeur. Enfin des marchandages avaient lieu au sujet de la construction éventuelle à Inga, sur le BasCongo, du plus puissant barrage du monde, est pevie depuis les issances finanen projet depuis deux ans. cières hésitent à investir d'énormes capitaux pour construire ce barrage et les industries voisines appelées à utiliser son potentiel énergétique, notamment la fabrication d'aluminium. Depuis le début de 1959, les grèves se sont en effet multipliées à travers tout le Congo qui en a connu plus en un an que pendant tout le reste de son histoire ! Certaines ont revêtu une réelle ampleur, comme celle des 25.000 travailleurs des transports de l'OTRACO. Certaines autres ont donné lieu à une répression violente. Ce fut le cas notamment aux « Huileries du Congo belge » à Elisabetha, petite ville de la province orientale, ou plusieurs ouvriers furent blessés. La classe ouvrière congolaise n'est encore touchée que faiblement par le syndicalisme. Creees par les Belges, la F.G.1.congo et la C.E.C.-Congo (syndicat chre ien) auront surtout servi à former de cadres pour le futur syndicat noir de masse lié au mouvement nationaliste. Celui-ci est peut-être né avec l' « Union Générale des travailleurs congolais », mais ce syndicat de création récente, mal vu de l'Administration, n'a pas encore trouvé le chemin des larges masses de travailleurs.

L'expérience des 15 dernières années a montré que lacquisition de l'indépendance politique et même une certaine lutte contre les positions économiques de fimpérialisme étaient possibles sous une direction nationaliste bourgeoise ou petitebourgeoise, à condition que ces directions puissent contrôler et diriger le mouvement des masses. Disposant d'un parti ouvrier bien implanté dans diverses régions dès avant l'indépendance, privé de toute bourgeoisie nationde et doté par contre d'un prolétariat nombreux, le Congo connaitra très probablement dans un délai relativement court un mouvenent ouvrier organise capable de pretendre à la direction de l'Etat et d'enleve le pouvoir réel des mains de l'impérialisme belge qui restera maitre des mines, des usines et des plantations, au lendemain de l'indépendance.

La lutte pour l'indépendance s'accompagne aujourd hui, à travers toute l'Afrique noire, d'une aspiration protonde a la réalisation d'une vaste fédération panafricaine des « Etats-Unis d'Afrique » rassemblant des Etats ou des Fédérations nationales et couvrant tout le continent au sud du Sahara.

Mais pas plus que l'unification réelle de la nation arabe, du Maroc à l'Irak, ne peut se réaliser sous la direction bourgeoise des Nasser ou des Kassem, celle de l'Afrique noire ne pourra se réaliser sous la direction bourgeoise des Nkrumah, des Senghor ou des petits-bourgeois con golais. Seul un parti ouvrier de masse seule une direction marxiste-révolutionnaire, pourront accomplir cette tache historique d'envergure colossale. Seule une Fé dération d'Etats ouvriers pourra de même exproprier les grandes sociétés coloniales et réaliser une industrialisation générale de l'Afrique noire qui impliquerait au Congo « belge » la création d'une large industrie de biens de consommation à peine esquissée à l'heure actuelle.

Un soutien actif du jeune mouvement aussi indispensable, après l'indépendance, un soutien actif du jeune mouvement ouvrier congolais par le prolétariat belge et européen, après l'indépendance s'avèrera aussi important que l'est à l'heure actuelle l'appui inconditionnel à la lutte pour l'indépendance et contre les visées colonialistes de l'impérialisme belge. Alors comme aujourd'hui les marxistes-révolutionnaires belges et l'avant-garde du mouvement ouvrier de ce pays devront s'efforcer d'entraîner tout le prolétariat de leur pays dans ce sens.

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