Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › 18e année, n° 11

Heures décisives du mouvement ouvrier britannique

Quatrième Internationale, 18e année, n° 11 · octobre-novembre 1960 · p. 9-11 · 1 448 mots

Texte lu par machine sur le scan (relu en 2026 colonne par colonne) : il peut contenir des fautes de lecture. Pour citer, reportez-vous au scan de la page.

La Congres des rades Unions a lile de Man au Congrès travailliste à Scarboroug tournant a gauche du mouvement ouvrier britannique est devenu chaque four ol net, plus impressionnant et plus lourd de conséquence. Les observateurs de tout bord ne s'y trompent guère : ce sont les relations futures entre les classes en GrandeBretagne qui sont actuellement décidées pour une longue période.

Au fur et à mesure que ce tournant à gauche se précise, le mouvement ouvrier britannique devient plus uni et non pas plus divisé. Ou plus exactement : l'aile droite de ce mouvement hier apparemment toute puissante derrière le large dos de bureaucrates vicieux comme Bevin ou Deakin, s'avère être aujourd'hui une agence relativement restreinte d'agents directs de la bourgeoisie au sein des organisations ouvrières. Le caractère bourgeois de plus en plus profilé de son chef de file Gaitskell devient dans ces conditions une cause constante de faiblesse pour l'aile droite.

Cela s'est clairement manifesté au Congrès des T.U.C. à propos du « Point Quatre ». Ce fut Gaitskell qui prit l'offensive sur cette question touchant à la nature fondamentale du parti en tant que parti voulant modifier la structure de la société. Le Congrès travailliste de 1959 l'obligea à entamer une première retraite. Celle-ci fut accentuée par la suite dans un projet de compromis au sein de l'Exécutif. La pression de la base obligea cependant l'Exécutif à retirer même ce projet de compromis. Et le Congrès syndical de Douglas (ile de Man), vota à une majorité écrasante une motion réaffirmant la nécessité du transfert des grands moyens de production et d'échange en propriété collective.

Le débat sur la politique militaire a suivi la même logique. D'abord, la droite de l'Exécutif s'est prononcée carrément en faveur du maintien de la fabrication d'armes nuclétaires et du maintien de bases, et de la par la Grande-Bretagne et demande à PO.T.A.N. de ne de destruction massive « les premiers », tout en se prononçant en faveur du maintien des bases américaines et de l'alliance atlantique

Mais au Congrès de Douglas, il était clair que les partisans du désarmement Col pol, la noter il oste se pose a moton de tel, tete aue leur conférence fédérale s'était bien prononcée en faveur de la première mais non pas contre la seconde.

Il en résulta un moment de confusion. Mais lorsqu'on compta les mandats, s'avéra que la motion « unilatéraliste » du syndicat T.G.W.U. de Frank Cousins l'avait emporté à une majorité trois fois plus élevée que la « majorité » obtenue par la motion de l'Exécutif. En outre, la manœuvre des bureaucrates dirigeant le syndicat des métallurgistes A.E-U. provoqua une tempête de protestations dans les sections syndicales locales. Non seulement les « unilatéralistes » sortaient vainqueurs de fait et vainqueurs moraux du Congrès de Douglas mais en abattant leur dernier atout de manière précipitée, les chefs de l'A.E.U. se sont placés en position plutôt embarrassée pour répéter cette manœuvre au Congrès travailliste à Scarborough. Et pour compléter le tableau : au sein même de l'Exécutif, le groupe du « centre » a commencé à se détacher de Gaitskell, ne voulant manifestement pas miser sur le mauvais

Une victoire de la « gauche » à Scarbdrough, sur la question des nationalisations comme sur celle du désarmement unilatéral de la Grande-Bretagne, terminerait toute une période historique du mouvement ouvrier britannique, période qui a commencé en 1951 ou plus exactement en 1945, avec l'avènement du Parti travailliste. Pendant toute cette période, le Parti travailliste a conservé l'appui loyal bien que critique de l'écrasante majorité des travailleurs britanniques conscients. Le P.C., T'I.L.P. et tous les petits groupements sectaires n'ont cessé de perdre de l'influence dans les masses. Les résultats électoraux sont là pour le démontrer. En même temps, les travailleurs d'avant-garde sont devenus de plus en plus critiques par rapport à la poir le de le socialiste en Grande Bretagon, pimen que de se ementer dune « vieille garde » réformiste. Ils ont cherché spontanément et empiriquement une voie

Grande-Bretagne, plutôt que de se contenter réforme « sociale » du capitalisme.

Cette recherche les a conduits naturellement vers la gauche travailliste, que Bevan et ses amis avaient d'abord cristallisée dès 1950. Mais ayant regroupé la grande magés par des bureaucrates de droite. Pendant huit ans, le mouvement ouvrier britannique fut ainsi profondément divisé entre une « gauche » politique et une « droite » syndicale.

Lorsque Frank Cousins prit la tête du syndicat le plus nombreux, le T.G.W.U., cet équilibre fut rompu. aurait tort d'en attribuer la cause fondamentale à accident de personne. En réalité, le bouleversement fut préparé par une longue chaîne de révoltes de la base contre la bureaucratie syndicale. Dans le syndicat T.G.W.U. lui-même, cette révolte avait atteint un point culminant au cours des années 50, par la succession de grèves « sauvages » des dockers de presque tous les ports britanniques, et l'apparition d'un syndicat concurrent qui canalisa temporairement cette combativité croissante,

La fusion spectaculaire des syndicats et de la gauche travailliste, symbolisée par les votes de Douglas et les votes de Scarborough, ouvre ainsi une phabe nouvelle dans l'histoire du mouvement ouvrier britannique, phase dans laquelle la majorité a mouvement, dans toutes ses arles, sest prononce franchement en faveur l s'est prononcée franchement en faveur d'un ocialisme plus radical que celui de la vieille social-démocratie

Les marxistes révolutionnaires britanniques doivent juger à la fois l'ampleur et los limites de ce tournant fondamental de leur classe - ou du moins de son aile politisée et active.

Certes, il ne peut être question de croire que la majorité des travailleurs britanniques sont devenus brusquement marxistes, ou partisans de la théorie léniniste de l'Etat ou de la conquête révolutionnaire du pouvoir. Bien que l'intérêt pour les théoriques cesse, l'influence du marxisme révolutionnaire reste encore limitée; un long et tenace travail d'éducation et de propagande s'impose plus que jamais en ce domaine. La revue Fourth International est, à propos, un instrument adéquat, et les conditions objectives en permettent une diffusion plus en plus large.

Mais l'expérience enseigne que l'action est un instrument de conviction autrement percutant que la propagande pure des idées au sein du mouvement des masses. C'est à cette action concertée, organisée, visant certains buts transitoires accessibles à court ou à moyen terme, que les marxistes révolutionnaires en Grande-Bretagne doivent aujourd hui donner la priorité.

Ces et port dacile Migrenia vites deton au sein au muglas, en sa vitite Ces buts sont faciles à déterminer. La situation au est en effet paradoxale. Malgré la victoire de la probable à Scarborough, cette gauche reste amorphe et non-organisée.

Elle se regroupe en partie autour de « Tribune » et en partie autour du journal de Frank Allaun. On en rencontre les éléments jeunes les plus dynamiques dans les groupes de Jeunes Socialistes qui réapparaissent, mais surtout dans le Mouvement pour le Désarmement Nucléaire et le Mouvement pour le Boycott de l'Afrique du sud. Elle est en partie active dans les syndicats; elle s'agite également dans les sections locales du parti les plus dynamiques.

La tâche centrale des marxistes révolutionnaires britanniques, à l'heure présente, consiste à regrouper au sein du L.P. toutes ces éparses de la gauche vailliste, sans ultimatisme ni sectarisme aucun, sans leur imposer artificiellement une direction parachutée de l'extérieur, autour d'un programme de revendications tranment lui-même, et ensuite une série de « positions dominantes » de la société capisitoires, afin de prendre d'assaut d'abord les « positions dominantes » du mouve taliste dans son ensemble.

Il ne s'agit pas de prôner l'illusion que le parti travailliste puisse être « conquis de l'intérieur » ou puisse changer de nature. Nous n'avons jamais défendu de telles thèses réformistes; ce n'est pas le moment de changer de conviction. Mais il s'agit de comprendre que la classe ouvrière britannique dans son ensemble ne pourra tirer les leçons de l'expérience extrêmement riche des 15 dernières années qu'à condition que ses organisations et son combat s'élèvent dans leur ensemble à un niveau plus élevé. Au cours de ces luttes à venir, l'avant-garde s'amplifiera, sa compréhension théorique progressera plus rapidement, les jalons seront posés pour qu'apparaisse pour la première fois dans l'histoire de la Grande-Bretagne une direction marxiste révolutionnaire d'une partie importante des masses laborieuses.

Cette tâche exaltante devrait aujourd'hui inspirer tous les trotskystes, tous les marxistes révolutionnaires de ce pays. Ils devraient s'élever à la hauteur des des possibilités historiques, que les potsde mis se de les, pues devre etat de oper le e leur ouvre la radicalisation de dirigeants, patients mais audacieux, de coordinateurs, d'unificateurs et d'éducateurs de toute la gauche. Le programme, la tactique la technique pour aboutir, sont connus et acquis. Tout dépend maintenant de l'action.

(1er octobre 1960.)

Une erreur sur cette page ?