C'est le 1er novembre 1954 qu'a commencé la lutte armée du peuple algérien, la Révolution algérienne. La France avait alors un gouvernement dirigé par Mendès-France, avec comme ministre de l'Intérieur (responsable pour l'Algérie, départements français) Mitterrand. Ces deux champions de la gauche prononcèrent alors des paroles qu'ont reprises les ultras à plusieurs reprises : « La France, c'est l'Algérie », « la seule négociation, c'est la guerre ». C'est Mendès-France qui nomma Soustelle comme gouverneur général de l'Algérie.
Que de chemin parcouru au cours des six années de cette lutte engagée au nom du mouvement révolutionnaire algérien, de tout un peuple par une phalange de deux à trois mille hommes, cadres moyens, déçus par les rivalités au sein d'une direction impotente!
L'impérialisme français a mobilisé constamment, depuis 1956, plus d'un demimillon d'hommes pour tenir un pays de neuf millions d'habitants : jamais l'histoire n'a connu d'expédition coloniale de cette envergure. Environ un d'Algériens ont été « regroupés » dans des camps, dans des conditions scandaleuses, pour qu'ils ne puissent aider les fellaghas. Des dispositifs militaires comme la ligne Morice ont été édifiés à grands frais pour faire de l'Algérie un pays fermé à ses voisins. Les moyens les plus cruels, les tortures, les sévices les plus monstrueux été monnaie courante au cours de cette « pacitication ». En France même, environ 400.000 Algériens, Indispensables comme main-d'œuvre pour l'économie, ont été soumis à un régime d'exception et aux violences systématisées.
La Kévolution algérienne ne reçut qu'une aide minime, sans rapport aucun avec les moyens dont disposait l'impérialisme français, de la part des pays arabes. L'aide des Etats ouvriers ? De YU.R.S.S., rien. De bien peu quoiqu'en dise la presse mondiale. Quant au mouvement ouvrier français, on sait que ses directions tirent tout pour briser les élans naturels des masses contre la guerre : c'est le gouvernement Guy Mollet, avec le vote des pouvoirs spéciaux auquel participèrent les élus communistes, qui envoya le contingent en Algérie et établit un régime de les Algériens en France; ce ces dirigeants qui abandonnèrent les manifestations des rappelés en avril-mai 1956; ce dirigeants qui soutinrent Pflimlin en mai 1958, quand celui-ci, exploitant la menace du coup de force d'Alger, assura la venue au pouvoir de de Gaulle.
Comment se fait-il que des négociations aient pu s'engager ? Les Algériens n'ont rien fait qui puisse ressembler à une capitulation. C'est de Gaulle qui, à la diverses déclarations en termes variables, souvent équivoques, a fini par prononcer le 14 juin 1960 des mots qui permettaient au G.P.R.A. de s'engager formellement sur un pied d'égalité. La réaction en France ne s'y est pas trompée : elle sait impérialisme français a reculé et elle voudrait enrayer un processus au bout duquel voit la défaite pour l'impérialisme. Ce qui a déterminé de Gaulle à entrouvrir légèrement la porte à des négociations, c'est d'une part un renforcement des positions algériennes sur le plan international, notamment du fait que 1960 s'est montré l'année de l'Afrique par l'accession à l'indépendance de nombreux pays africains, que les Etats Unis ont donné un signal discret avec la reconnaissance du G.P.R.A. par le gouvernement du Libéria, et, d'autre part, parce que, depuis l'échec du putsch fasciste d'Alger en janvier 1960 et une déclaration de de Gaulle que la guerre durerait encore des années on assiste à une ranimation des masses en France même, à un intérêt croissant sur la question algérienne, et surtout à des manifestations grandissantes dans la jeunesse universitaire contre cette
Gallant jusqu'au refus de servir et à l'aide au F.L.N. Pour ne pas être pris de vitesse, de Gaulle a prononcé quelques mots que le G.P.R.A. a saisis pour envoyer une délégation préliminaire en France.
La distance est grande entre les interlocuteurs. Il ne peut faire de doute que si le peuple algérien a la possibilité de s'exprimer librement, sans pression de nistration française, sans pression de l'armée française, si les hommes du F.L.N. peuvent défendre librement leurs positions en Algérie, le résultat serait une majorité écrasante pour une République algérienne indépendante. De Gaulle, intérêts du capitalisme français, tout en parlant d'une « Algérie algérienne » n'est pas encore pret a accepter une Republique algerienne, meme si elle devait pour un temps se trouver dans la « Communauté ». Le vrai problème n'est pas celui des Européens en Algérie, problème qui a été gonflé et entretenu artificiellement, pour entraver indépendance de l'Algérie. Le problème, c'est, d'une part, l'effet sur l'armée française de l'évacuation de l'Algérie, survenant après une succession de défaites vingt années; cela la saperait sans qu'elle puisse trouver une raison de vivre dans la « force de frappe » que de Gaulle lui fait miroiter. Le problème, c'est, d'autre part, l'absence de garantie du maintien du capitalisme un pays où six révolution et l'absence d'une réelle bourgeoisie indigène font quasiment coincider l'indépendance nationale avec la libération sociale la plus audacieuse. L'Algérie d'aller bien au-delà de Cuba, de la Guinée, et de donner une impulsion irrésistible à la révolution socialiste dans tout le Maghreb.
Dès les premiers contacts, on a vu la distance considérable qui sépare le pouvoir en France du G.P.R.A. Il nest guere besoin de souligner l'attitude absolument inoule de de Gaulle (car seuls des imbéciles peuvent Debré à de Gaulle, là où il y a division du travail). Les délégués du G.P.R.A. auraient à accepter des conditions de vaincus et le bon vouloir et la générosité de sa grandeur ! Il est évident que de telles conditions ne seront pas acceptées et que le gouvernement français devra rabattre énormément de ses prétentions. On ne prononcera peut-être pas d'un côté et de l'autre le mot de rupture, on se regardera peut-être des semaines même des mois sans bouger, mais il faudra nécessairement que le gouvernement français ait une appréciation plus réaliste du véritable rapport des forces.
Mais la Révolution algérienne a besoin plus que jamais, au moment où elle entrevoit les premiers résultats de sa lutte, une aide de toutes les forces anti-impérialistes dans le monde. Nul doute que les peuples qui sortent du joug colonial ne fassent leur devoir. La rupture de Conférence est, elle certaine mesure favorable à une aide plus substantielle des Etats ouvriers. Mais ce qui importe le plus, ce qui peut jouer le rôle décisif dans la suite des événements, c'est l'hostilité des masses travailleuses de France à la guerre d'Algérie. Il est vraisemblable que de Gaulle espérait endormir à nouveau les masses en permettant l'ouverture de négociations. Son domestique Guy Mollet s'était aussitôt empressé de dire qu'il fallait laisser de Gaulle poursuivre tranquillement les négociations. Mais, face à ces mancuvres et à ces ruses, il est permis de penser que la ranimation qui a été unanimement constatée dans les masses travailleuses en France, et notamment la volonté exprimée qu'un terme soit mis à la guerre par la jeunesse universitaire, loin de dispa raître, vont être stimulées par les prétentions de l'impérialisme français et donneront lieu, au bout d'un certain temps, à de grandes manifestations dirigées contre la guerre et contre le régime.
Ce qui donne les espérances les plus grandes, ce sont divers signes qui témoignent d'une évolution très profonde dans les masses. Une volonté d'unité d'action se fait jour jusque dans le P.S. de Guy Mollet et dans les syndicats réformistes de Force Outre la geece tains dire de di subion en a posant un catel det la galishe sans le Ouvrière, que certains dirigeants subissent à leur corps défendant, tandis que Guy P.C.F. et la C.G.T. Dans la jeunesse, une avant-garde réfractaire, passant aux côtés de la Révolution coloniale, puise son courage dans la sympathie plus ou moins nettement affirmée des couches les plus larges.
La Révolution algérienne commence à gagner la bataille; mais, après tant d'années où c'est la réaction qui avait eu l'initiative, il faut profiter du renversement des tendances pour agir vite et fort afin que l'Algérie devienne indépendante et que l'aspect social de la Révolution algérienne acquière sa plénitude la plus complète. Les journées révolutionnaires du Japon