Au lendemain des dernières élections, l'extrême-droite révisionniste du parti travailliste britannique - MM. Crosland, Jay et Cie avaient ouvert une offensive en règie contre le programme et les traditions du parti. Ce programme est loin d'étre marxiste; c'est un mélange de doctrine svndicaliste et social-democrate, cachet nettement visible des Fabiens, ses auteurs furent des hommes comme les webb, G.D.H. Cole et autres. Mais il comporte, dans son fameux point quatre, une protession de foi socialiste en faveur de l'appropriation collective de tous les moyens de production, de distribution et d'échange. cette profession de foi qu'il s'agissait d'éliminer, afin de « moderniser » le parti travailliste, c'est-à-dire de le transformer en une sorte de parti libéral-conservateur de gauche.
L'offensive de l'extrême-droite fut mal accueillie non seulement par la masse des membres du parti travailliste, mais encore par une bonne partie de la bureaucratie syndicale, attachée à la tradition du mouvement et sensible laux sentiments des ou-
Gaitskell commit l'erreur de s'identifier avec les révisionnistes. Il fut sur le point d'être mis en minorité au cours du Congrès du Parti travailliste qui devait de l'échec électoral. Bevan, selon lequel il fallait nationaliser « les positions dominantes de l'économie », rallia la plupart des hésitants.
Finalement, l'Exécutif du Parti élabora un compromis. Le « point quatre » serait conservé tel quel. Mais cet « Ancien Testament » serait complété par un « Nouveau
Testament » qui affirmait que, s'il fallait nationaliser les fameuses « positions dominantes », une économie socialiste devrait en même temps conserver un large secteur privé contrôlé par l'Etat. Ce compromis fut vigoureusement appuyé par Bevan et ses amis les plus proches. Néanmoins, à mesure que les mois passèrent, il s'avéra que la base, tant des sections locales que des syndicats, était plus à gauche que l'aile gauche de l'Exécutil, et qu'elle rejetait le compromis. Les uns après les autres, Congrès syndicaux se prononcèrent en faveur du maintien pur et simple du « poin
», sans amendement ou complément d'aucune sorte. Finalement, au début de juillet, l'Exécutif enregistra sa de retirer de l'ordre du jour du prochain Congrès travailliste le complément à la Charte du Parti, tout en se réservant le droit de la présenter comme une contribution valable à l'élaboration d'un programme travailliste à un futur Congrès.
Parallèlement au débat sur la modification de la Charte du parti, discussion sur la politique militaire du parti. On se rappelle qu'en 1958, Bevan évité que le Congrès travailliste ne se prononce en faveur du désarmement nucléaire unilatéral de la Grande-Bretagne en affirmant qu'il ne voulait pas « apparaître nu à la conférence au sommet ». Depuis lors, les partisans du désarmement unilatéral ont été considérablement renforcés. D'abord, le succès étonnant de la Marche d'Aldermaston à Londres ,organisée par le comité pour le désarmement nucléaire (il y eut 100.000 mantestants a Trafalgar Square à Pâques 1960, dans la plus grande manifestation politique que Londres ait connue depuis un siecle). Ensuite, Streak », la fusée nucléaire fabriquée en Grande-Bretagne. Le gouvernement MacMillan que son pays etait incapable d'assurer son propre armement nucléaire et qu'il devait emprunter ses armes de destruction massive à l'impérialisme américain
Les partisans du désarmement nucléaire unilatéral ouvrirent par conséquent une puissante offensive au sein du Parti travailliste. Ils reçurent l'appui de plusieurs grands syndicats, notamment le syndicat des transports et des industries diverses T.G. W.U., le syndicat des métaux A.E.U., le syndicat des mineurs et le syndicat des cheminots N.U.R. Voyant que la gauche était sur le point de remporter une victoire sur ce terrain également, Gaitskell se replia vers une position de compromis. Celle-ci affirme que la Grande-Bretagne doit cesser de fabriquer elle-même des armes nucléaires et qu'elle ne doit pas non plus tolérer des rampes de lancement pour fusées nucléaires sur son territoire. En même temps, cette motion se prononce en faveur de l'alliance atlantique. En fait, la droite travailliste se réfugie « sous le parapluie nucléaire Etats-Unis »; adopte précisément la position « centriste » que Gaitskell si vigoureusement condamnée comme « hypocrite » il y a quelques mois à peine.
Encore n'est-il pas certain que ce compromis sera adopté. S'il a l'appui du syndicat des mineurs, les métallurgistes se sont & SW. conduite par pratte Cours se tare du désarmement unilatéral et la T. à la tête du combat des « unilatéralistes ».
La position de Gaitskell en tant que leader du Parti est donc fortement ébranlée, même si son compromis en matière de politique militaire est adopté de justesse est rejeté de même que son amendement du « point quatre », on voit mal comment il pourrait conserver son poste. En réalité, sa succession est d'ores est deja ouverte S'il s'accroche avec un certain succes, c'est qu'on lui trouve difficilement un cesseur. Bevan, qui aurait pu maintenir l'unité du parti, est mort précisément moment où ses ambitions étaient sur le point de se Robens, le candidat le plus sérieux que l'appareil travailliste pouvait avancer, a préféré accepter la place bien rémunérée de président du National Coal Board (industries charbonnières nationalisées). Brown et Callahan, les autres candidats de la droite, manquent d'envergure et d'influence à la base. Quant à la gauche, elle n'a qu'un seul candidat : Hugh Wilson, qui est loin d'avoir la popularité Cousins, successeur de Bevan, à la tête de la gauche travailliste, refuse tout mandat politique. Il préfère faire un roi plutôt que d'être roi lui-même.
Le glissement a gauche du mouvement travailliste, qui est phénomène historique impressionnant, ayant débuté il y a près de dix ans et se poursuivant lentement mais súrement presque sans arrêt, révèle ainsi la crise de l'ensemble de la doctrine et du personnel dirigeant social-démocrate, à droite comme à gauche. La mort de Bevan prend la signification Bevan incarnait les meilleures qualités de l'ancienne social-démocratie qui, ne Toublions pas, s'est développée en Grande-Bretagne cienne social-démocratie qui, ne l'oublions pas, s'est développée en Grande-Bretagne, que mouvement de masse, avec européen. Issu classe ouvrière, il n'en a jamais perdu le contact; il en conservé un certain dédain des mœurs, des us coûtumes du monde bourgeois. trouvait les paroles qui exprimèrent l'esprit de rébellion et la volonté de reconstruire la société sur une base socialiste qui sommeillent dans le cœur de la plupart des travailleurs britanniques. Avec toute la différence d'époque et de lieu, il fut en quelque sorte le Bebel et le Jaurès du prolétariat britannique, Théritier de Keir Hardie, contemporain des grands leaders de la I1 Internationale avant qui n'avait pas encore à sa disposition un parti de la puissance de l'actuel Labour.
Bevan fut en même temps le miroir fidèle de toutes les faiblesses et insuffisances de l'ancienne social-démocratie. Il n'avait pas de doctrine. C'était un empirique pur, qui se contentait de résoudre les problèmes au fur et à mesure que ceux-ci présentaient. Il n'était pas opposé à la défense nationale dans le régime capitaliste; protestait seulement contre les budgets militaires ne voulait avec lalliance atlantique seulement acquérir indépendance plus grande au sein de cette alliance. Il ne voulait pas renverser le capitalisme de manière révolutionnaire, mais seulement accélérer la cadence des réformes socialisantes. incompréhension des problèmes d'organisation en firent en pratique un individualiste, un « outsider », un « trouble-shooter » que d'autres acceptèrent comme leader mais qui se refusait obstinément à construire une tendance. bevanisme meurt-il aves larges aussi bien doss la classe ou vaste cou parides festes intelles is, es vaste courant inorganisé, ayant Frank Cousins s'efforcera de diriger.
La faiblesse fondamentale d'un Gaitskell, c'est son absence totale de traditions et de liens avec le mouvement ouvrier, son incapacité à prévoir et à sentir la réaction de mill si ceutais onde diste un tat de lesargie dans une situaten de par dans une situation de pas totale de la classe ouvrière. Il ne peut le diriger alors que l'activité politique s'accroit à la base et que celle-ci glisse constamment vers la gauche.
Ce glissement continu à gauche, ensemble avec la faillite de Gaitskell et la mort tout le système politique sur lequel repose l'ordre bourgeois en Grande-Brtagne. La bourgeoisie l'a bien compris. Elle conseille à Gaitskell d'entrer en conflit ouvert avec le Congrès annuel travailliste, de refuser de se laisser lier par les décisions de ces Congres. Elle prédit que la minorité du groupe le sementaire « fidèle » au Congres ne disposerait pas de beaucoup de voix parlementaire « fidele " au Congrès ne disposerait beaucoup dans
Elle spécule en effet sur une profonde scission du travaillisme, qui est sa seule chance de salut à plus longue échéance.
Sen calcul semble cependant erroné. Les candidats-députés britanniques doivent être désignés par les syndicats et par les sections locales; si des députés refusent de reconnaître les décisions des Congrès, qui sont l'émanation des syndicats et des sections locales, leur candidature ne sera plus avancée. La grande masse des électeurs travaillistes suivrait les candidats des candidatures individuelles. Pareille scission de fait à la MacDonald pourrait prolonger tories pendant quelque un parti travailliste beaucoup plus radicalisé et plus dangereux pour le capitalisme britannique à plus longue échéance. jamais dans le courant de gauche des syndicats et du Parti, et d'offrir à ce courant Les marxistes révolutionnaires britanniques ont le devoir de s'insérer plus que un programme de revendications transitoires, capables de l'unir et de le conduire a la victoire, contre les tories autant que contre la droite travailliste.