Le deuxième tome de la biographie de Léon Trotsky par I. Deutscher vient de paraître en Angleterre aux éditions Oxford University Press.
La parution a été trop tardive pour que nous ayons pu préparer pour ce numéro la critique que merite ce ivre de tout premier plan. Nous ne voulons cependant pas attendre pour inviter nos lecteurs qul lisent l'anglais à se procurer ce nvre, qui prend | histoire a la in de la guerre civile en Russie, lorsque le Parti bolchevik va commencer à connaître les plus fatales des luttes intestines, et se termine avec la déportation de Trotsky pour son troisième exil.
Donnons aussi la conclusion de Deutscher :
« Très peu d'hommes dans l'histoire se sont trouvés dans une harmonie aussi triomphante avec leur temps, comme Trotsky le fut en 1917 et après ; aussi n'était-ce pas en raison de quelque aliénation intime des réalités de sa génération qu'il entra ensuite en conflit avec son temps. Il y fut conduit par son tempérament et son caractère de précurseur. Il avait été, en 1905, le héraut de 1917 et des soviets ; il ne le cèda à personne comme dirigeant des soviets en 1917 ; il fut l'inspirateur de l'économie planifiée et de l'industrialisation dès le début des années 1920 ; et il devait rester le grand mais non infaillible précurseur d'un certain futur réveil des peuples ré. volutionnaires (de ce réveil politique, le besoin de dépasser le stalinisme qui s'empara de l'Union soviétique dans les années 1953-56 en est un indice important, encore faible mais sür). Il lutta « contre l'histoire » au nom de l'histoire elle-même et, contre ses faits accomplis qui furent trop souvent des faits d'oppression, il défendit les réalisations meilleures et émancipatrices dont elle serait un jour capable ».