Nous publions ci-après la résolution adoptée par le dernier Congrès du L.S.S.P. (section ceylanaise de la IVe Internationale) ; cette résolution est suivie d'un additif, écrit à la suite de la crise survenue récemment dans le gouvernement MEP.
La troisième année du gouvernement M.E.P. tire vers sa fin et sa servitude vis-à-vis du capital à la fois étranger et local est établie de façon irréversible. Son incapacite a mener léconomie de Ceylan de l'avant est reconnue par tous. Son impuissance à réformer radicalement ou de quelque mamere que ce soit le système reconnue de façon générale. Son élan initial vers . des reformes progressives sur les terrains politique, social et economique est presque épuisé. En conséquence, ses heurts avec les masses en montée sont devenus plus fréquents, plus violents et plus directs. En particulier, ces heurts tendent à avoir un caractère plus brutal et à poser les questions politiques avec une clarté croissante. La classe ouvrière de Ceylan est déjà aujourd'hui confrontée avec la tâche d'une lutte de plus en plus directe et ouverte contre le gouvernement M.E.P. pour regrouper les masses laborieuses non ouvrières autour d'un programme de reconstruction radicale de la structure politique, économique et sociale de la nation. La lutte pour renverser le gouvernement M.E.P. est donc aussi la lutte pour ouvrir la voie à la reconstruction radicale nécessaire et urgente des systèmes politique, économique et social de Ceylan.
LA SITUATION DANS LE MOUVEMENT DES MASSES
Il y a deux principaux traits dans la situation politique actuelle, qui doivent etre soigneusement saisis dans le but de déterminer les tactiques de la lutte pour le renversement du gouvernement M.E.P. D'une part il y a la confiance subsistante des grandes masses, y compris la classe ouvrière, dans le suffrage universel. D'autre part, il y a eu durant la dernière année et demie une tendance parmi des secteurs des masses et particulièrement de la classe ouvrière à recourir à l'action directe extra-parlementaire.
Depuis novembre 1957, nous avons assisté à une série de grèves de la classe ouvrière, toutes étant des luttes économiques à l'exception de la manifestation d'un jour de grève générale du 3 mars dernier qui est cependant un cas particulier. La révolte communaliste de mai 1958 et les rigueurs des premiers mois d'état d'urgence qui la suivirent ne firent qu' interrompre ces grèves mais n'empêchèrent pas leur réapparition dans les derniers mois. Les travailleurs sont certainement prêts à faire grève pour des buts économiques précis.
A part ces grèves des ouvriers, nous avons aussi assisté dans les derniers mois à des phénomènes politiques tel que la résistance des masses à la destruction de masures, l'occupation massive de terres de la couronne et le satyagrapha (occupation de masse) sur les voies de chemins de fer. Sans aucun doute ces manifestatations de mécontentement ne se sont pas étendues de la même manière que des grèves dans la classe ouvrière. Néanmoins ce sont des phénomènes dignes d'intérêt en ceci qu'ils revêtent à la fois un caractère de masse et d'action directe et qu'ils ont été déclenchés par d'autres secteurs de travailleurs que les ouvriers. II faut aussi noter que ces actions étaient également directement basees sur les besoins quotidiens.
En bref, les masses ont toujours cor fiance dans les méthodes et processus constitutionnels ; mais elles sont également prêtes, sur des questions sensibles, à recourir à l'action directe même en dehors de la légalité constitutionnelle afin de faire pression sur le gouvernement.
La seule importante lutte gréviste des travailleurs qui n'était pas directement ou même pas du tout basée sur un problème économique précis fut la manifestation d'une journée de grève générale du 3 mars dernier exigeant le retrait par le gouvernement du projet de loi de sécurité publique. Cela a représenté le premier etfort important depuis la venue au pouvoir du M.E.P. pour amener la classe ouvrière dans son ensemble, ou tout au moins dans la grande majorité de ses secteurs syndiqués, à l'action politique directe. Marquée comme elle le fut par l'action conjointe des principales Unions syndica les des travailleurs des plantations avec d'autres importantes organisations syedicales, des travailleurs des industries et des employés, marquée également par l'action conjointe de grosses fédérations syndicales tant du secteur gouvernemental que du secteur privé et enfin, marquée par le nombre massif et la large variéte d'activités économiques et administratives qu'elle affecta, cette action a indubitablement représenté un tournant dans l'histoire du mouvement syndical de Cevlan. Elle constitue le premier effort d'envergure du mouvement syndical pour entrainer la classe ouvrière à l'action politique directe.
En même temps, il est vrai que la Conférence de l'organisation syndicale n'a réussi à entraîner cette fois dans l'action que certains secteurs, même parmi les ouvriers organisés. Par exemple, les syndicats dirigés par • les staliniens ou par le M.E.P. ne participèrent pas à l'action mais furent en fait hostiles. De même, les larges masses de travailleurs non organisés et aussi de travailleurs qui bien qu'organisés sont éparpillés en petits groupes, ne furent pas entraînés dans l'action bien que n'y étant pas hostiles. Même certains secteurs de travailleurs appartenant aux syndicats en grève ne participerent pas à l'action. En d'autres termes, cette grève générale n'entraîna pas à l'action ni l'ensemble de la classe ouvrière ni même l'ensemble des travailleurs organisés.
Néanmoins, il faut répéter que le mouvement pour le 3 mars et le 3 mars luimême ont représenté une gigantesque action politique directe de la classe ouvrière organisée à Ceylan. Elle a fait franchir une étape importante au processus de politisation de la classe ouvrière dans tous ses secteurs.
Elle a démontré que les illusions dans le gouvernement M.E.P. ont déjà été ébranlées chez un nombre considérable de travailleurs. C'est un résultat remarquaun résultat remarquable si lon considère lampleur des illu sions dans le gouvernement M.E.P. qui règnaient chez les travailleurs il y a seulement trois ans.
La réaction du gouvernement M.E.P aux phénomènes d'action directe mentionnés plus haut et au soulèvement communaliste de l'année dernière (qui fut bien sûr lui aussi un cas d'action directe politique de masse d'envergure, bien qu'il ait eu des objectifs politiques réactionnaires et fut marqué par des méthodes grossièrement anti-sociales) a été de s'armer avec des pouvoirs répressifs de plus en plus étendus qui peuvent être utilisés sans avoir recours au processus parlementaire. La loi de Sécurité Publique a été conservée dans le code, malgré une promesse d'élection générale pour l'annuler. L'ensemble des lois d'urgence promulguées en vertu de la Loi de Sécurité Publique fut, sans motif, prolongé outre mesure, et la Loi elle-même a été renforcée dans ses pouvoirs répressifs au moyen des amendements récents. La vérité est qu'en raison à la fois de sa politique communaliste et de sa politique anti-grève, les pouvoirs extraordinaires de l'état d'urgence sont devenus pour le gouvernement M.E.P. une nécessité de chaque jour.
Cependant, entre la capacité d'un, gouvernement à obtenir des pouvoirs répressifs et sa capacité de les utiliser, il peut y avoir bien entendu un grand fossé. Des gouvernements faibles peuvent se briser dans un effort de répression massive et le gouvernement M.E.P. est un gouvernement faible.
La principale source de faiblesse du gouvernement M.E.P. est son manque cohésion politique. C'est une coalition sans un programme. C'est aussi bien plus assemblage de personnalités diverses qu'une coalition de partis. Sa base sociale est elle aussi très diversifiée, allant d'éléments bourgeois, à travers différentes couches de la petite bourgeoisie jusqu'à des éléments ouvriers non négligeables. Audessus et au delà des pressions des classes adverses il est aussi sujet à des groupes de pression continuelle et variable sur lesquels il s'est appuvé et doit continuer à s'appuyer. Ces groupes qui pour les principaux sont des groupes communalistes raciaux et religieux et des groupes organisés d'éléments intermédiaires avec les masses rurales, bhikkus, médecins Avurvedic, maîtres d'école cyngalais etc., font subir au gouvernement M.E.P. leurs sions spécifiques propres auxquelles Pres peut, dans son propre intérêt, résister. Le résultat de tout cela est que le gouver nement M.E.P., loin de guider la nation sur la voie d'une politique précise, tend de plus en plus à être bousculé par les différents courants de masse, de classe et par les groupes de pression.
Sous-jacente à cette situation du gouvernement M.E.P. existe cependant une tendance constamment renforcée à résister à la pression de la classe ouvrière et à refuser ses revendications. Cette résistance, bien qu'elle soit exercée au nom de la soi-disant population en général contre la classe ouvrière en tant que telle, sert bien entendu à préserver et à protéger les intérêts du capitalisme à Ceylan. Les pouvoirs extraordinaires pris par le gouvernement M.E.P. sont conséquent les pouvoirs quil a pris dans l'intérêt de a classe canitaliste
En dépit de cette tendance renforcée et de cette aptitude croissante à résister à la classe ouvrière et à ses exigences, le dilemme de base du gouvernement M.E.P., en tant que gouvernement de réforme bourgeois subsiste avec une force intacte. Ce dilemme consiste à donner satisfaction aux aspirations des masses sans détruire la structure fondamentale des relations économiques et sociales capitalistes. La situation économique rend ce dilemme plus aigu que jamais.
Deux caractéristiques ressortent principalement de la situation économique. Le gouvernement finance ses dépenses en augmentation rapide au moyen d'un déficit croissant des entrées par rapport aux dépenses. Le résultat est l'inflation qui se reflète dans l'augmentation des prix. En même temps, en dépit de ces dépenses accrues, le programme d'investissements gouvernement lui-même additionné aux investissements privés est si insuffisant par rapport aux moyens nécessaires pour faire croître l'économie conformément aux besoins d'une population qui croît d'environ 2,6 % par an, que l'économie nationale est en déclin relatif. Les conséquences en sont un chômage croissant continuellement et une pression intolérable sur les ressources en terres du pays. Tous les efforts accéléres du gouvernement pour une colonisation parcellaire n'ont pas réussi à apaiser la pression montante de ceux qui ont faim r travail et de terres. L'effort d'industrialisation total du gouvernement et du capital privé continue à être notoirement insuffisant pour les besoins de la situation.
Il est évident qu'une crise sociale et politique d'envergure est en train de mûrir dans le contexte de la crise économique fondamentale qui s'approfondit. Les questions que pose cette situation ne sont pas des questions de simples concessions aux masses dans le cadre des relations capitalistes existantes.
Ce sont des questions relatives à la continuation du système capitaliste lui-même. Dans le cadre d'une économie en déclin relatif, les limites des concessions ont peut-etre deja été atteintes. Certainement, les reserves reelles et en credit du gouvernement ne sont pas grandes : le vo lume des réserves disponibles sur le plan privé semble strictement limité et les perspectives d'aide étrangère ne sont pas même en rapport avec les besoins minima. Des concessions supplémentaires doivent donc amener le taux de profit en dessous de ce qui est localement nécessaire pour stimuler l'entreprise capitaliste, mettant ainsi en danger le fonctionnement même de l'économie existante. En bref, quel que puisse être le désir gouvernement, aucune autre concession importante aux masses n'est maintenant possible.
LA SITUATION
Les problèmes économiques pressants et la montée de la lutte de classe ont tendu à mettre en veilleuse le problème communaliste et à le renvoyer à l'arrière plan. Cependant, il serait erroné de considérer que cet obstacle sur la voie de la lutte de classe a été surmonté et dangereux de méconnaître ses potentialités réactionnaires. Bien qu'il se puisse qu'on n'assiste pas à un nouveau Mai 1958, le communalisme demeure une arme puissante dans les mains de la réaction.
Tout d'abord, la position « le Cingalais seulement » continue à détériorer les relations raciales. Bien que les masses tamiles de Ceylan soient calmes et que la résistance ouverte des Tamils ait cessé, le ressentiment des masses continue d'être très vif parmi les Tamils et la volonté de ne pas ceder subsiste parmı eux. Ni le M.E.P. avec sa dispositior statutaire pour l'utilisation raisonnable du tamil, ni U.A.. avec ses promesses de projet administratif pour l'usage du tamil ne peu-
Cependant, les masses n'ont pas été tirées de leur niveau de pauvreté par les concessions qu'elles ont arrachées au gouvernement M.E.P. Beaucoup de ce qu'elles ont gagné a été neutralisé par l'augmentation des prix et le chômage croissant. En même temns les promesses mêmes du gouvernement M.E.P. ont stimulé chez les masses le désir d'améliorations immédiates, cependant que l'atmosphère qui suivit avril 1956 a permıs organisation massive de secteurs entiers de la population pour l'action en faveur de leurs revendications. En conséquence, la pression des masses our d'autres concessions se poursuit dans le contexte de l'incapacite croissante du système économique capitaliste à accorder des concessions importantes.
La situation politique pose ainsi inexorablement le problème du choix entre le maintien des relations capitalistes à Ceylan et leur remplacement par ce qui est maintenant généralement considéré comme lalternative, c'est-à-dire les relations socialistes. Il n'existe pas d'autre voie en dehors de la réalisation de ce changement fondamental ; et c'est précisément l'incapacité et le refus fondamental de réaliser ce changement qui ont mis en lumière la nature essentiellement capitaliste du gouvernement M.E.P. et l'ont amené à se heurter directement à la classe ouvrière.
Cependant, il y a un fossé considérable entre la nécessité objective de ce changement et sa réalisation par les masses. Bien que la nature capitaliste du gouvernement apparaisse clairement aux secteurs politiques avancés des masses, elle n'est pas claire pour toutes les couches de celles-ci. De même la nécessité de renverser le gouvernement M.E.P. n'apparaît pas encore clairement à de larges secteurs des masses. C'est en cela que consiste le caractère fondamental de la situation politique présente et de cela que découle la tache fondamentale du parti aujourd'hui. COMMUNALISTE vent règler la situation et encore moins résoudre le problème des langues. La seule politique qui peut logiquement remplacer la parité est d'une part loppression des Tamils et d'autre part la division du pays. Bien entendu c'est un désastre national qui est au bout de l'une et l'autre voie.
Il y a une autre voie par laquelle le racisme menace de ruiner la solidarité nationale. Cependant que U.N.P. essaye de battre le M.B.P. avec le bâton du « problème indien » non résolu, le M.E.P. adopte de plus en plus une position antiindienne comme moyen de détourner les masses en général et la classe ouvrière en particulier d'attaques contre le gouvernement M.E.P. De même que la politique du « Cyngalais seulement » a été présentée comme un moyen de résoudre le problème du chômage parmi les Cyngalais recherchant des emplois de fonctionnaires, de même lanti-indianisme est presente comme un moyen de résoudre le problè-
INTERNATIONALE me du chômage dans les zones rurales cingalaises en général et dans la région de Kandy en particulier.
Il est nécessaire de comprendre les possibilités explosives et réactionnaires de l'anti-indianisme. La situation économique désespérée qui règne dans la population villageoise des régions de plantations où est concentrée la main-d'œuvre immigrée, donne à la compétition pour le travail un aspect racial direct. Comme, de plus, la masse des travailleurs immigrés est également privée de droits politiques et tenue en dehors du processus parlementaire normal par la privation du droit de vote, le recours à l'anti-indianisme donne également un avantage électoral aux politiciens capitalistes. S'il existe une influence modératrice sur cette tendance, c'est la concentration des travailleurs des plantations dans un secteur vital du pays, leur organisation et leur militantisme
Malgré l'évidence de plus en plus claire du mensonge de la prétention du gouvernement M.E.P. à etre socialiste, malgre sa perte de vitesse meme en tant que gouvernement bourgeois réformateur, et malgré son caractère maintenant ouvert et direct de serviteur du capital local et étranger, la majeure partie de la grande bourgeoisie et des secteurs entiers de la bourgeoisie demeurent d'une façon générale en opposition au gouvernement M.E.P . Cela, parce que le gouvernement M.E.P. n'a pas réussi à créer une atmosphère de sécurité pour leurs investissements actuels et encore moins pour des investissements ulterieurs. I y a aussi une profonde défiance bourgeoise envers ce qu'ils considèrent être l'aile gauche du gouvernement. Divre fille si trouve, in appui pour garre situation, l'effort pour faire très large. Néanmoins, la bourgeoisie s'est trouvée devant la difficulté de donner à I'U.N.P. une direction acceptable pour ellemême dans son ensemble et aussi populaire par rapport aux masses. Cependant va campagne UN.P. a indubilablement rela campagne U.N.P. a indubitablement re des secteurs qui suivaient auparavant l'ancien U.N.P. et a même regagné des secteurs qui avaient rejoint le M.E.P. après les élections générales de 1956. il ess dis icile dasprnier es ds quelle mes Mais sure la désaffection des masses vis-à-vis du M.E.P. les a de nouveau fait refluer vers I'U.N.P. La seule chose certaine, c'est que celui-ci n'a opéré aucun gain dans la classe ouvrière. De toute manière, et particulièrement depuis la révolte communaliste de mai 1958, I'U.N.P. ne peut plus être traité comme un facteur négligeable dans la politique nationale.
Le S.L.F.P., bien qu'à prédominance petite bourgeoise dans sa composition, est essentiellement un parti bourgeois. Son rôle spécifique consiste à essayer, au travers du gouvernement M.E.P., de contenir le mouvement des masses dans les limites de l'ordre bourgeois. Il diffère de I'U.N.P. de plusieurs façons. Il a peu d'appui dans la bourgeoisie ; le peu d'appui hautement développé. Toute tentative de violence communaliste de grande envergure contre eux peut créer les conditions de la guerre civile.
Il y a un troisième aspect des relations communalistes qui est important. C'est l'aspect des relations entre groupes religieux. Il v a certainement un effort gouvernemental pour la consolidation de la predominance cingalaise bouddhiste dans la structure politique de Ceylan. son caractère anti-chrétien a peut-être été un peu atténué récemment, cependant que son caractère anti-marxiste, c'est-à-dire son opposition à l'idéologie de la classe ouvrière a commencé à être un peu plus vif. Il est nécessaire de comprendre que le communalisme cingalais bouddhiste continue en tant que moyen pour le M.E.P. de rallier la petite bourgeoisie cingalaise contre le parti et le programme de la classe ouvrière. qu'il a vient de secteurs économiquement moins puissants, et cela, uniquement parmi na burgeoisie celalaise. en contien-
Il contient en son sein un groupe de radicaux petits bourgeois cingalais qui reflètent la pression de la petite bourgeoisie cingalaise radicale dans le pays. Il est par conséquent plus réceptif à une pression de masse que ne le fut jamais I'U.N.P.
Le S.L.F.P. est l'organisation principale et la puissance prédominante dans la coalition du M.E.P. L'autre organisation dans la coalition est le groupe petit bourgeois cingalais de Philip Gunawardene. La coalition est maintenue par le communalisme cingalais et lauto-interet,. c'est-à-dire le besoin commun de se maintenir au pouvoir.
En ce qui concerne la haute petite bourgéoisie, les propriétaires terriens parmi eux ont profité des projets généraux de subsides pour l'engrais, la replantation, le soutien des prix etc. Cependant des secteurs de propriétaires et de commerçants dans la haute petite bourgeoisie cingalaise qui avaient autrefois soutenu le gouvernement M.E.P. se sont détournés en direction de I'U.N.P. Ils ont été influencés par ce qu'ils considèrent la faiblesse du gouvernement, manitestee principalement au sujet des grèves et de l'explosion communaliste de mai 1958. L'effet de la loi des terres Paddy sur les propriétaires de ces terres et des cooperatives a buts multiples sur les intérêts des détaillants a également contribué à ce résultat.
Des secteurs de la petite bourgeoisie cingalaise, petite et moyenne, dans la ville et la campagne, sont mécontentes du gouvernement M.E.P. et politiquement se sentent frustrées. Atteints à la fois par la montée des prix et par le chômage grandissant, manquant des moyens de défense et d'organisation dont dispose la classe ouvrière, ne pouvant obtenir un secours économique en raison de la politique communaliste stérile, ils ne voient aujourd'hui aucune claire voie pour aller de l'avant. Bien qu'ils soient aujourd'hui inertes
LES CLASSES ET. LEURS PARTIS
LES CLASSES ET. LEURS PARTIS comme masse, une fermentation se poursuit parmi eux.
Le ressentiment provoqué parmi les masses cingalaises rurales par la répression d'urgence de juin-juillet 1958 a réduit la base du gouvernement M.E.P. chez elles. Ce ressentiment a décru avec l'arrêt de la répression et le temps. Des facteurs plus permanents jouent aujourd'hui rôle principal pour former et déterminer l'opinion de masse des campagnes. condition économique des masses rurales se détériore, principalement en résultat de la montée des prix et au chômage croissant. Leur faim de terres n'a pas été apaisée par la politique de colonisation accentuée du gouvernement du M.E.P. La loi sur les terres Paddy et les coopératives à buts multiples ne leur ont pas encore apporté de profit appréciable. Dans ces conditions, le mécontentement grandit, même parmi les très larges secteurs qui ont soutenu le M.E.P., mais ce mécontentement n'a pas encore trouvé moyen d'expression politique.
Dans la petite bourgeoisie, l'énervement de cette couche sociale à la ville et à la campagne, qui consiste en ceux que l'on peut appeler les intellectuels swabasba est réel, mais il n'est pas le même dans tous les secteurs. Il est vain de nier que le gouvernement M.E.P . a fait quelques pas en vue d'aller à lencontre de leu revendication pour une égalité de traitement avec intelligenzia éduquée en anglais. Saut dans le cas des Tamils, la politique même du « cingalais seulement » sert cela sans aucun doute. Dans le même sens agit l'élévation du statut des pirivenas et du système d'éducation pirivena. L'effort de modernisation des cours des écoles swabasha a eu la même conséquence. L'insistance sur la progression des ayurveda est aussi un pas en direction d'une égalisation de statut entre les ailes anglaise et swabashu de l'intelligenzia. Le soutien de la culture indigène et, malgré le communalisme qui l'affecte, le soutien donné à la progression du bouddhisme ont également des conséquences de caractère semblable.
En même temps, la couche des intellectuels swabasha reste mécontente et « sousprivilégiée ». Les intellectuels swabasha n'ont pas obtenu quoi que ce soit qui puisse être considéré comme l'égalité de statut ou même approximativement l'égalité de statut avec les intellectuels éduqués en anglais. On connaît bien le fossé entre les traitements des maîtres anglais et des maîtres swabasha. Le fossé entre les honoraires des praticiens ayurvedic et ceux des docteurs alléopathiques est énorme. Il n'y a pas encore d'avocats basha mais il y en aura bientôt. Par desswasus tout la jeunesse S.S.C. swabasha inemployée reste dans un état de frustration. De sorte que la voie swabasha ne mène pas encore aux sommets qui vent être atteints le long de la voie de peuTanglais.
Ainsi les causes fondamentales de la rébellion des intellectuels swabasha continuent d'exister Certains secteurs, parmi lesquels les enseignants, les médecins ayurvedic, et la jeunesse S.S.C. en chô mage, sont à nouveau en marche pour leurs revendications et sont entrés ou vont entrer en conflit direct avec le gouvernement sur la base de leurs doutes sur la volonté du gouvernement à tenir ses promesses. Les mouvements des enseignants et de la jeunesse spécialement ont déjà montré une promptitude à se lier aux organisations de la classe ouvrière et une tendance à écarter la perspective réactionnaire communaliste qui autrefois empêchait le développement des luttes.
Les luttes de ces secteurs aideront à détruire leurs illusions dans le gouvernement M.E.P. et créeront l'occasion pour le Parti de trouver de nouvelles voies vers les masses rurales.
Bien que les secteurs organisés de la concessions de salaires, comme l'augmenclasse ouvrière aient arraché certaines tation de 17/50 roupies, ces concessions n'ont pas été même pour ces secteurs une compensation adéquate à la montée du coût de la vie depuis 1956. Des secteurs entiers de la classe ouvrière qui sont inorganisés n'ont même pas obtenu ces gains. En même temps le prix des marchandises essentielles a tendu à se stabiliser aux niveaux élevés atteints l'année dernière. La condition économique générale ouvrière s'est donc détériorée.
Les victoires acquises par la classe ouvrière organisée ent accru la confiance de la classe ouvrière dans son ensemble en sa capacité de lutter pour de nouveaux gains. D'autre part le chômage croît sans aucun doute et ramène quelque chose de l'atmosphère d'insécurité du travail qui regnait si nettement dans la période de I'U.N.P. En outre la resistance du patronat aux revendications de la classe ouvrière est devenue plus déterminée et même plus aggressive.
La politique du gouvernement envers la classe ouvrière est en gros de tenter d'établir la paix entre les classes par divers moyens. Il a promulgué certaines améliorations législatives qui, soit n'ont touché que la périphérie des besoins de la classe ouvrière, soit dans le cas du Fonds de Providence n'ont pas encore été rendues effectives. Le gouvernement essayé d'éviter les questions fondamentales désignant des commissions, tout en faisant des concessions partielles, limitées et tardives quand il était obligé de le faire. Dans les conflits industriels dans le secteur gouvernemental, il a systématiquement cherché à détourner les syndicats de la lutte vers des procédures longues de conciliation et d'arbitrage, même par l'obligation et l'intimidation.
Le gouvernement a supprimé quelques obstacles à la voie du mouvement syndical. Mais, tandis que les syndicats grandissaient, le gouvernement a employé divers moyens pour les mettre sous son contrôle. Il a essayé d'établir des conseils communs, avec peu de succès. Il a continué à dénier, comme |'U.N.P., les droits fondamentaux d'organisation syndicale et politique aux employés du gouvernement. Il a voulu scinder les syndicats sous patronage gouvernemental. Quand toutes les autres méthodes firent faillite, il n'a pas hésité à employer la violence et d'autres méthodes d'intimidation envers les grévistes. En outre, par la loi sur la Sécurité Publique (amendée) il s'est armé de nouveaux pouvoirs de répression direct des grèves et des syndicats ouvriers.
Les ouvriers indiens de Ceylan continuent d'être privés de droits politiques tels que le refus de la citoyenneté et le droit de vote. Comme dans le cas d'autres questions fondamentales concernant la classe ouvrière, le gouvernement M.E.P. a également esquivé ces questions aussi. En même temps, les politiciens M.E.P. se sont livrés à des attaques communalistes de plus en plus treguentes contre les ouvriers indiens de Ceylan, tandis que le gouvernement M.E.P. se trouve lui-même attaqué par l'U.N.P. et d'autres communalistes pour n'avoir réussi à résoudre la question indienne suivant une ligne communaliste cingalaise. Dans cette situation l'insuffisance des organisations traditionnelles de ces ouvriers commence à devenir évidente à ces ouvriers eux-mêmes. La nécessité de participer à la politique du pays est de plus en plus comprise par eux et le désir de le faire a grandi. A grandi parallèlement la pression sur leurs organisations pour participer au mouvement politique national. La politique des ouvriers indiens de Ceylan doit donc être anti-gouvernement M.E.P. en raison de l'anti-indianisme du gouvernement M.E.P.
Avec l'établissement de l'ambassade soviétique, le P.C. de Ceylan s'est trouvé sous le direct contrôle de la bureaucratie soviétique. Les interférences de la bureaucratie soviétique dans la politique locale se sont aussi accrues. Craignant un retour de l'U.N.P. au pouvoir et inquiète de la possibilité réelle d'un gouvernement L.S.S.P., la bureaucratie soviétique a un curect interet au maintien au pouvoir du gouvernement M.E.P. Outre l'accord d'une aide financière au gouvernement M.E.P., à cette politique, converti le P.C. ceylanais en une agence
You moins directe du gouvernement M.E.P. dans la classe ouvriere,, , en particuler et dans le pays en général. Tou-
La tâche politique fondamentale du parti des masses et, avant toul a une réaliest, aujourd'hui, d'amener la conscience celle de la classe laborieuse organisée, sation active du besoin de renverser le mouvement M.E.P. Ce n'est pas une tâche de propagande pure et simple. Elle sera seulement accomplie par le parti conduisant les masses à travers l'expérience nécessaire de la lutte. Et la période qui vient est une période de lutte de la part à la fois de la classe ouvrière et de secteurs des masses laborieuses, sur leurs revendications respectives.
En ce qui concerne la classe ouvrière, le gouvernement M.E.P. et la classe capitaliste ont presque atteint la limite des concessions compatibles avec le maintien de l'ordre capitaliste. Bien que des concessions mineures soient encore possibles, les revendications fondamentales des tratefois, en vue de conserver une clientèle, le P.C. s'engage dans diverses actions de pression, y compris par l'action directe, mais toujours dans la perspective de maintenir le gouvernement M.E.P. au pouvoir. Il cherche également à s'infiltrer dans le gouvernement et à augmenter son influence dans les rangs gouvernementaux en soutenant les petits bourgeois radicaux dans le M.E.P. En résultat, le P.C. a d'une part tendu à perdre une partie de ses soutiens en faveur du M.E.P et d'autre part à s'aliéner les secteurs anti-M.E.P. des masses. Cherchant à s'adapter à cette situation, il a adapté plus ou moins clairement sa politique au communalisme cingalais bouddhiste du gouvernement M.E.P.
Les événements de mai 1958 et l'expérience de l'état d'urgence qui suivit ont aigri davantage les masses tamiles contre gouvernement M.E.P. La loi sur l'emploi raisonnable du tamil n'a, en aucune raçon, moditte leur mination se poursuivant contre la poulation de langue tamile, continue d'ajouter à son amertume. Cependant, jusqu à présent, il n'y a aucun signe de reprise d'une action directe de la part des populations tamiles. Malgré la sympathie créée en taveur du Parti fédéral par la proscription de celui-ci et la détention de ses chefs pendant quelques mois, durant la période d'urgence, Temprise politique du Parti fédéral parmi les populations tamiles s'est affaiblie. Ces populations commencent à sentir que la ligne politique du Parti fédéral ne fournit pas de moyens pour resoudre les problèmes soulevés par la politique anti-tamile du gouvernement M.E.P. Les populations tamiles commencent aussi à comprendre que la solution de leurs problèmes par la conquête de leurs droits de minorité, est dans la liaison de leur lutte à la lutte anticapitaliste des masses de Ceylan dans leur ensemble. Il est significatif que le Parti fédéral n'ait eu aucun rôle à jouer dans la grève générale du 3 mars, qui fut la plus importante action de masse contre le gouvernement du M.E.P. dans ses trois ans de règne.
valleurs:
en des salaires, en raison de se ouvrière, particulier dans le domaine ne peuvent être accordées ; l'humeur actuelle de la claspar conséquent, s'ouvre la perspective de luttes étendues et déterminées de la part des ouvriers sur de telles revendications. Ces luttes, à la fois, mettront de plus en plus en conflit les ouvriers et le gouvernement, et soulèveront des questions politiques. La tâche du parti sera, tandis qu'il organise et conduit les luttes, de mener les ouvriers, à travers leur expérience dans de tels combats, la réalisation du besoin de renverser le gouvernement M.E.P. et l'ordre capitaliste qu'il maintient.
En outre, dans les conditions d'aujourd'hui, des questions politiques directes (tel que l'amendement à la Loi de Sécurité publique, la question des droits politiques pour les employés du gouverne-
NOS TACHES
NOS TACHES ment, etc...) ou des faits qui impliquent des questions politiques (tels que l'absence de mise en application du Plan du fonds prientat omme et sens sein national d'aide aux employés, labsence portance est ressentie par un grand nombre d'ouvriers. Ce sera la tâche du parti de soulever de telles questions en temps opportun et de conduire des campagnes d'agitation sur elles avec la perspective de lutte. Ceci aidera à accélérer la politisation de la classe ouvrière.
Particulièrement, en vue des eltorts du M.E.P . et de T'U.N.P. pour provoquer une hostilité parmi les masses rurales envers la classe ouvrière, il est d'autant plus nécessaire aujourd'hui de rendre la classe ouvrière de plus en plus consciente de son rôle de direction des masses rurales. Avec ce but en vue, le parti doit diriger les ouvriers dans une tâche visant à forger les liens avec les masses rurales pour l'action sur des questions appropriées. Des efforts pour obtenir la sympathie des masses rurales envers les ouvriers dans leurs luttes, la défense par les ouvriers des revendications des masses rurales et l'action conjointe sur des revendications communes, favoriseront ment de cette tâche.
La position affaiblie des staliniens parmi les ouvriers fournit au parti une occasion d'obtenir des gains à leurs dépens dans le domaine des syndicats. Les syndicats M,E,P, bâtis sur la base du communalisme cingalais, du patronage gouvertenues à travers les Tribunaux industriels, nemental et de concessions mineures s'adressent principalement aux ouvriers plus arriérés. Le rôle de ces syndicats est de détourner la lutte de ces ouvriers dans des canaux inoffensifs et de les leurrer avec de petites concessions. C'est la tâche du parti d'exposer à ces ouvriers le rôle traître de ces syndicats qui sont hostiles à toute lutte sérieuse et de les gagner par sa direction militante. Au même moment, cependant, le parti lui-même doit utiliser sa propre capacité et son prestige dans le domaine syndical pour organiser ces couches arriérées d'ouvriers, qui viennent de plus en nlus dans les organisations syndicales. Dans cet effort, le parti ne doit pas hésiter à utiliser, partout où c'est nécessaire, la procédure des commissions d'enquête et des tribunaux, établie à la faveur de la Loi sur les conflits du travail.
Il est nécessaire pour le parti de saisir l'importance actuelle du travail politique à l'intérieur des organisations de masses des travailleurs en col blanc, et à la fois des couches anglaise et swabasha.
En mobilisant la classe ouvrière pour l'action commune, le parti évitera le sectarisme et essayera de rassembler pour la lutte les organisations de la classe ouvrière sur la plus large échelle possible. La première grève générale réelle dans l'histoire du mouvement de la classe ouvrière à Ceylan a suscité la création de la Conférence des Syndicats. Le maintien et le développement de ce centre comme point de ralliement d'un syndicalisme indépendant et militant, aideront à la fois à éliminer la direction servile du M.E.P. et les syndicats staliniens et à mobiliser la classe ouvrière sur la plus grande échelle pour les grandes batailles qui s'annoncent.
Le parti doit reconnaître la faiblesse de ses activités parmi les masses rurales et exercer d'une manière plus systématique et élargie, son agitation et sa propagande parmi ces masses. Tout en saisissant chaque occasion pour faire de l'agitation sur des questions locales concrètes et chercher à inciter les masses rurales à l'action sur de telles questions partout où cela est possible, le parti doit accorder une importance particulière à la propagande et à l'agitation sur les questions du chômage rural, du coût élevé de la vie, de la demande de terre et de l'oppression exercée par les contremaîtres, la police et d'autres fonctionnaires, et les retards dans le système administratif. Le parti doit essayer de présenter de telles questions sous une forme concrète aui touchera les masses rurales. Un effort doit être fait pour entrer dans les coopératives à buts multiples et dans les Comités de culture, pour utiliser ces organisations au maximum dans l'intérêt des masses rurales, des fermiers et des cultivateurs petits propriétaires, et pour démontrer en tique les restrictions et les inconvénients de la politique du gouvernement dans ce domaine.
Le parti doit reconnaitre, quant aux intellectuels swabasha, qu'il n'a pas encore été capable de trouver une méthode effective pour se lier avec eux. Le parti doit en effet reconnaître que la suspicion existe naturellement dans cette couche sociale, qu'il ne soutient pas réellement et qu'il ne s'identifie pas lui-même avec les revendications swabasha. Une raison essentielle en était la déviation du mouvement swabasha dans les régions cingalaises dans des canaux communalistes. Cependant, 1 existe des manifestations, aujourd hul, selon lesquelles des secteurs entiers de cette couche sociale sont en train de passer à l'action ou de se préparer à l'action, pour leurs revendications sur des voies non communalistes. Dans ces actions, ils entrent nécessairement en conflit avec le gouvernement M.E.P. L'occasion est ainsi créée pour le parti de pénétrer dans cette couche par une participation active dans la préparation et la conduite de ces luttes. Le parti doit s'engager systématiquement dans ce travail, particulièrement parmi les jeunes chômeurs S.S.C. qui peuvent, le plus aisément, être amenés sous l'influence du mouvement de la classe ouvrière. Par ce travall, le parti peut gagner tout un groupe d'adhérents répartis à travers tout le pays, qui constituerait un lien valable entre le parti et les masses rurales. celle qui les tâches. Parmi ci-dessus formulées, consiste à s'opposer constamment aux divers moyens discriminatoires employés par le gouvernement contre les minorités ne doit pas être oubliée. Le partl a un énorme credit aupres des minorités, et la tâche de renforcer et de consolider la base du parti parmi les minorités demeure essentielle.
LES PROCHAINES ELECTIONS
Le parti doit se préparer des maintenant, consciencieusement et soigneusement, pour les prochaines élections générales parlementaires, en se fixant la majorité comme objectif.
Les illusions des masses dans le bulletin de vote comme moyen de parvenir au pouvoir politique et d'accomplir la transformation sociale sont extrêmement répandues et réelles. Les réformes qui sont entreprises en matière électorale sont de nature à renforcer ces illusions. Ces illusions ne peuvent être perdues qu'à travers l'expérience. D'autre part, les élections fournissent au parti une occasion inestimable de laire progresser la conscience des masses et d'atteindre les secteurs des masses avec lesquels, ordinairement, le parti n'a pas de contact.
Il y a une revendication étendue dans la classe ouvrière et les masses laborieuses généralement, que le parti devrait miser sur une majorité aux prochaines élections
Le parti entreprendra les tâches specifiques décrites ci-dessus, par rapport aux divers secteurs du peuple, dans le contexte d'une propagande et d'une agitation générales pour le renversement du gouvernement M.E.P. et son remplacement par un gouvernement L.S.S.P. Le parti démontrera que c'est le moyen nécessaire de préserver et de renforcer l'unité nationale, de mettre fin à la corruption, d'entreprendre la réorganisation urgente de la structure politique, administrative, économique et sociale du pays, à la fois de libérer et de mobiliser les énergies de la nation pour de telles tâches.
Dans le cours de son agitation et de sa propagande, le parti mettra en pleine lumière les questions suivantes :
Le chômage grandissant et la hausse des prix, déjà élevés
Le parti montrera que ces questions ne peuvent être résolues que par une série de mesures anti-capitalistes parmi lesquelles la nationalisation des secteurs-clés de léconomie, la prise en charge du commerce extérieur qui permettra un controle adéquat des prix et un plan de développement socialiste rationnel. En relation avec les nationalisations, le parti mettra
Men avant la participation des ouvriers à la gestion des entreprises nationalisées.
Les Services du logement, des questions sociales et du bien-être général
Le parti attirera l'attention sur la faillite complète du gouvernement dans la question du logement, et l'insuffisance des ser-
GENERALES PARLEMENTAIRES générales. Malgré la privation du droit de vote des ouvriers ceylanais-indiens et malgré le découpage des circonscriptions défavorable à la classe ouvrière, le parti peut se fixer un tel but et cela servirait ses buts politiques, s'il emploie des méthodes appropriées et dans une perspective correcte. Certainement un tel objectif aidera marquer sur les masses le caractère sérieux de l'action du parti pour le pouvoir. Le parti s'engageant dans les élections s'efforcera de convertir les élections elles-mêmes en un combat de masse, c'est-à-dire il cherchera à donner aux élections un caractère de lutte de classe. De plus, le parti doit comprendre clairement que la lutte pour une majorité parlementaire est en premier lieu un combat pour gagner le contrôle d'un appareil d'Etat qui peut être utilisé aux fins de la lutte des masses, et qu'une majorité parlementaire ne peut être une substitution à la mobilisation des masses révolutionnaires. vices sociaux et du bien-être général, et il montrera que c'est seulement un gouvernement doté d'un plan socialiste qui peut frayer un chemin à la solution réelle de ces problèmes.
Corruption
Le parti attirera l'attention sur la mauvaise volonté manifeste du gouvernement M.E.P. comme du gouvernement U.N.P. à prendre des mesures contre la corruption grandissante de l'appareil d'Etat. Le parti montrera que seul un gouvernement qui est lui-même au-dessus de la corruption peut entirperla e destin de la vis puis peut entreprendre des
Administration bureaucratique
Le parti attirera l'attention sur le caractère dilatoire et l'absence d'efficacité de l'administration bureaucratique actuellement en place, qui est isolée des masses et qui agit d'une façon harassante et coercitive. Le parti montrera que la réorganisation complète de l'appareil administratif, qui est essentiel si cet appareil doit devenir attentil aux besoins des masses, ne peut être effectuée par un gouvernement dont les bases elles-mêmes sont la police, les forces armées et la bureaucratie, mais seulement par un gouvernement qui repose lui-même sur les masses éveillées.
De cette façon, le parti montrera aux masses que non seulement le renversement du gouvernement M.E.P. est nécessaire, mais aussi le renversement du système capitaliste lui-même.
CONCLUSION
CONCLUSION
En exposant ainsi l'origine de nos maux politiques, économiques, administratifs et sociaux, le parti montrera aussi concrètement, en termes de mesures spécifiques, le besoin d'une réorganisation socialiste de la structure économique et sociale de Ceylan. La création d'une large compréhension de ce que le parti ferait concrètement au pouvoir aiderait à porter le parti au pouvoir.
La tâche politique relative à la question du gouvernement nécessaire en vue d'en-
Les conflits internes du gouvernement M.E.P. l'ont mis sens dessus-dessous. Non seulement le gouvernement, mais le M.E.P. lui-même n'est plus. Mr. S.W.R.D. Bandaranaike dirige maintenant un strict gouvernement S.L.F.P., tandis que le S.L.F.P. devient le seul parti au pouvoir.
Le groupe de Philip Gunawardene, un groupe cingalais communaliste de radicaux, a été exclu du gouvernement et a quitté le parti gouvernemental. Ce groupe munaliste de radicaux petits bourgeois du a été suivi par un groupe cingalais S.L.F.P. Avec de tels développements, le gouvernement Bandaranaike a subi modification de sa composition de classe. D'un gouvernement formé d'un parti bourgeois en alliance avec un groupe peti bourgeois el repondant dans des imites données à la pression de ce groupe et de rentre en un souvernement drun d'autres éléments similaires petits bourgeois dans le parti bourgeois pur et simple. Mis à part le fait que le soutien essentiel du S.L.F.P. vient, non pas de la grande bourgeoisie, mais des secteurs les moins puissants économiquement de la bourgeoisie cingalaise, l'actuel gouvernement S.F.L.P. n'est pas très différent du gouvernement U.N.P. du passé.
Deux conséquences découlent de cette situation. Premièrement, la coloration de gauche que le gouvernement Bandaranaike exposa pendant les trois dernières années, a disparu et le caractère capitaliste qui possédait toujours se trouve maintenant expose a la vue de tout le monde.
Secondement, un glissement plus prononcé à droite dans la politique du gouvernement peut être prévu. Même avant la crise actuelle, le glissement à droite du gouvernement avait déjà commencé. Mais elimination dans son sein de la pression petite bourgeoise représentée par le groupe de Philip Gunawardene et, dans une moindre part, par les elements petits bourgeols dans les rangs du parti parlementaire du S.L.F.P. lui-même, accélèrera ce déplacement politique vers la droite. La récente attaque contre le marxisme par le gouvernement S.L.F.P. Tillustre. Les services du gouvernement S.L.F.P. au catraîner en avant toute la nation vers une nouvelle ère, est par conséquent celle de gagner l'assentiment populaire pour l'idée que l'alternative correcte au gouvernement M.E.P. est un gouvernement L.S.S.P. parce que l'alternative nécessaire à l'ordre actuel est un ordre socialiste. Nous devons présenter à la nation d'une façon conséquente et complète qu'un gouvernement L.S.P.P. est l'instrument nécessaire à la construction d'une société socialiste. pital seront maintenant plus directs, plus ouverts et plus complets.
Le changement dans le gouvernement Bandaranaike reflète aussi un important changement de la situation à l'intérieur même de la classe capitaliste. Le bouleversement politique aux élections générales d'avril 1956 laissa, politiquement, la classe capitaliste à la fois : désorientée et désorganisée. Le grand capital, c'est-à-dire la partie décisive du capital, bien qu'il conservât ses positions économiques dans les secteurs-clés de l'économie (plantations, banques, assurances, commerce extérieur) ne put donner à la classe capitaliste dans son ensemble, soit une ligne claire d'action politique, soit une direction politique ume et terme. Le grand capital, par suite, marqua le pas. Mais le grand capital commença à se remettre politiquement sur pied des que le gouvernement M.E.P. progressa dans laccomplissement du rôle dévolu aux gouvernements de type Front populaire. C'est le rôle de contenir les masses évoluant à gauche dans les cadres du capitalisme, tout en gagnant du temps pour que la classe capitaliste se regroupe politiquement en préparation d'une nouvelle offensive de classe. Le gouvernement M.E.P. se distinguait d'un gouvernement de Front populaire dans les points de vue essentiels suivants: 1) il gagna une Yare e pante ds son soutien pal ni les nasses en soulevant le communalisme cingalais ; 2) il n'y avait aucune représentation substantielle de la classe ouvrière dans le Front populaire. Cependant, il est vrai que le M.E.P. évoquait, particullerement parmi les masses cingalaises, des espoirs d'une nature comparable à celle évoquée par les Fronts populaires de type_classique. Comme le gouvernement M.E.P. se tenait ferme dans le cadre capitaliste, même pendant qu'il imposait à la classe capitaliste d'importantes concessions politiques et économiques, la classe capitaliste classe caci se retenda ut conforde de commença le domaine économique, comme par exemple dans l'intransigeance du grand capital dans le domaine de l'exportation, par une résistance croissante à chaque menace de pénétration dans les domaines de l'exploi-
A BAS LE GOUVERNEMENT M.E.P. !
EN AVANT POUR LE SOCIALISME!
ADDITIF
A BAS LE GOUVERNEMENT M.E.P. !
EN AVANT POUR LE SOCIALISME!
ADDITIF
QUATRIEME tation des «entreprises privées » (Loi sur les Banques coopératives : l'expansion du domaine d'opérations du C.W.B.). Le grand capital a recouvré sa confiance politique et commence, avec ses revendications, à faire pression sur le gouvernement. Pas la défense des positions essentielles du capitalisme seulement, mais la défense du capitalisme sur tous les fronts, telle est la revendication du grand capital sur le
; et la reconstitution du gouvernement Cabinet représente une preparation pour l'accomplissement de cette tâche.
Bien que le gouvernement M.E.P. fût un type de gouvernement Front populaire, sa dislocation n'a pas provoqué de desorientation dans la classe ouvrière. Au contralre, elle a eu pour résultat un accroissement de confiance dans la classe ouvrière. La raison principale de ceci est le fait cue, à la différence des gouvernements de Front populaire classique en Europe, le gouvernement M.E.P. était confronté, dès le début, avec l'opposition du parti de la classe ouvrière révolutionnaire, ayant un appui de masse, le L.S.S.P. La classe ouvrière fut, par conséquent, capable a) de recueillir les avantages d'un gouvernement de type front populaire sans en devenir son partisan ; b) d'échapper à la désorientation quand le gouvernement M.E.P. échoua et, finalement, se dissocia.
La classe ouvrière dans son ensemble n'a ras d'illusions au sujet du caractère de classe du gouvernement S.L.F.P. et, par là même, demeure en opposition contre lui. Toute question du S.L.F.P. conservant, ou obtenant une base significative dans la classe ouvrière, est exclue. Deuxiemement, la classe ouvrière, consciente des grandes victoires syndicales et du renforcement considérable de son organisation, obtenus contre le gouvernement lui-même et aussi contre les capitalistes généralement, demeure capable, dans des circonstances appropriées, d'une offensive générale sur tous les fronts, y compris le front politique. Troisièmement, la possibilité de mobiliser direction du te po ete considerablela classe ouvrière sous la ment renforcée par l'affaiblissement sérieux de la position du groupe de Philip Gunawardene, des staliniens et du S.L.F.P. dans la classe ouvrière, et par la croissance plus poussée de la confiance dans la direction du L.S.S.P. dans les luttes de classes.
La situation parmi les masses rurales est en contraste profond avec ce qui existe au sein de la classe ouvrière. Les masses rurales sont plongées dans une confusion générale. par l'éclatement du gouvernement M.E.P. Le L.S.S.P. fut incapable de l'empêcher, d'une manière quelconque, parce que d'abord, en tant que parti de la classe ouvrière, sa base principale était parmi les ouvriers, et deuxièmement parce que même la base limitée qu'il possédait dans les régions rurales, était sérieusement affaiblie par le développement du communalisme cingalais sous le gouvernement M.E.P. Le danger existe dans cette situation que les masses rurales se tournent à droite. Cependant, la croissance du mé contentement rural au sujet du chômage et des prix élevés, qui soulèvent des questions de classe, et la concurrence entre les deux partis bourgeois, le S.L.F.P. et l'U.N.P., pour bénéficier du soutien des ruraux, fournit à la classe ouvrière l'occasion d'offrir une direction aux masses rurales.
Dans la situation politique changée, le S.L.F.P. demeure grandement affaibli, et le gouvernement S.L.F.P., dans la période qui vient, doit probablement se discréditer de plus en plus vis-à-vis des masses. Il n'est aussi pas moins vraisemblable que ce gouvernement sera battu au Parlement et contraint de procéder à une élection générale avant l'expiration de son mandat.
Le renouveau de l'U.N.P. recemment, ce parti politique éprouvé du grand capital de Ceylan, reflète non seulement la faillite du gouvernement M.E.P., mais aussi le gain de confiance de la classe capitaliste Le grand capital s'est mobilisé derderrière I'U.N.P. et, avec l'éclatement du gouvernement M.E.P., l'U.N.P. fait une tentative résolue pour un retour au pouvoir.
Cependant, si la classe capitaliste commençait à redouter une tentative pour s'emparer du pouvoir de la part d'une classe ouvrière vigoureuse, il se peut que I'U.N.P. et le S.L.F.P. fusionnent, d'une façon ou d'une autre, pour unir la classe capitaliste autour d'une bannière politique unique, contre la classe ouvrière.
Le groupe de Philip Gunawardene, dont l'influence dépendait pour une large part de ses positions ministérielles, demeure désorienté et même démoralisé par la perte de ces positions et l'échec complet dans sa politique de jonction avec le S.L.F.P. pour former le M.E.P. Tandis qu'il y a une certaine sympathie pour Philip Gunawardene, particulièrement dans les secteurs ruraux, les perspectives du groupe Philip Gunawardene, isolé ou rattaché avec les éléments d'autres scissions du M.E.P., sont pales, aussi longtemps que leur but essentiel est de continuer la politique discrédité du M.E.P. délabré.
Le Parti communiste est aussi impliqué dans la faillite du gouvernement M.E.P. en raison de son soutien à ce gouvernement. En outre, le Parti communiste, malgré tous ses efforts pour maintenir une apparence contraire, soutient encore profondément le gouvernement Bandaranaike parce que celui-ci continue sa politique de maintien de bonnes relations avec le bloc des pays soviétiques. Cependant, il est impossible pour ce parti de se tourner vers les masses avéc une politique de soutien ouvert au gouvernement S.L.F.P. Le Parti communiste est, par conséquent, contraint de compliquer de telles manœuvres habituelles sans principes, sous le couvert d'un appel pour un frent uni des forces progressives (y compris celles qui demeurent encore au gouvernement) sous la direction de la classe ouvrière. Ce n'est que la vieille ligne anti-U.N.P. briquée à nouveau, et la vieille politique du M.E.P. dans un nouvel accoutrement, pour se mettre au niveau de la nouvelle situatien. Et c'est avant tout une ligne dirigée contre la position révolutionnaire L.S.S.P.
Dans les provinces du Nord et de l'Est, l'éclatement du gouvernement M.E.P. et la position parlementaire précaire du gouvernement S.L.F.P. ont suscité de nou- veaux espoirs dans la possibilité de lapparition d'un gouvernement qui ne serait pas un gouvernement communaliste cingalais. Ceci aidera le parti dans ses efforts pour détacher les masses de ces secteurs, de l'influence fédéraliste.
La tâche posée au parti est de mobiliser les masses sous la directiion de la classe ouvrière pour renverser le gouvernement S.L.F.P. et le remplacer par un gouvernement L.S.S.P. Cette tâche devient urgente du fait que l'éclatement du gouvernement M.E.P. a accéléré le processus de polarisation de la société ceylanaise, entre la classe ouvrière d'une part et la classe capitaliste d'autre part. Des luttes dans lesquelles la question du pouvoir sera posée sont une possibilité certaine dans la période qui s'avance. Il y a aussi une possibilité de la part de la classe capitaliste de lancer une offensive contre la classe ouvrière, appuyée par le gouvernement S.L.F.P. et avec les masses rurales indifférentes, ou même hostiles à la classe ouvrière.
Il est par conséquent d'une importance vitale que la classe ouvrière fasse un eftort resolu pour entramer les masses rurales qui n'ont pas encore opté.
L'intelligentsia petite bourgeoisie cingatisans du M.E.P., est aujourd'hui, les masses rurales, plongée dans la confupar l'éclatement du gouvernement M.E.P . Un effort particulier doit être entrepris pour attirer au . mouvement de la classe ouvrière révolutionnaire les éléments mécontents de ces secteurs.
En ce qui concerne la classe ouvrière elle-même, la tache du parti est la préparation politique et organisationnelle de la classe pour prendre la conduite du renversement du gouvernement S.L.F.P. et mettre un terme au régime capitaliste. La compréhension large dans la classe ouvrière de la nature capitaliste du gouvernement S.L.F.P. aussi bien que la prise de conscience de la faiblesse de ce gouvernement rend cette tâche plus aisée.
Dans la période de lutte qui se dessine, il est important que la classe ouvrière, tout en s'engageant dans les luttes partielles qui peuvent se présenter, tende à conserver ses énergies en faveur de luttes principales portant sur des revendications d'un caractère généralisé qui l'amèneront face à face avec Tordre capitaliste et le gouvernement S.L.F.P. qui le défend. En conséquence, le parti sefforcera de formuler, de . populariser et d'avancer des revendications généralisées appropriées dans la situation comme elle se presente.
Avec le développement de la lutte de masse, le parti doit aussi être sensible à la nécessité de mettre en avant des mots d'ordre pour la création d'organisations des ouvriers, correspondant au niveau de la lutte. Le temps est venu aujourd hui d'appeler à lédification de corps de volontaires sous l'égide des syndicats.
Le parti doit aussi être conscient que la position précaire du gouvernement S.L.F.P. au parlement, rend possible une défaite de ce gouvernement au parlement a un moment quelconque et par suite une élection generale. En consequence, le parti, tandis qu'il continue ses efforts au Parlement pour tenter d'assurer la défaite du gouvernement au plus tôt, doit sérieusement et sans retard prendre toutes les précautions nécessaires pour condeste sieges une election nerale dans sinon tous, du moins la plupart le but d'obtenir une majorité parlementaire.
Il est nécessaire pour le parti de combattre vigoureusement l'idée d'un front large avec les soi-disant groupes qui se sont séparés du M.E.P. L'expérience de l'échec et de l'éclatement du M.E.P. fournit la preuve de la futilité et du danger de combinaisons de cette nature sans principes, et démontre que c'est seulement sur un programme anti-capitaliste clair que peuvent s'unir tous les secteurs des opprimés et des exploités sans considération de race ou de croyance, que les masses peuvent aller de l'avant vers un Ceylan socialiste uni.