Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › 17e année, n° 6

Un an de gaullisme

Pierre Frank · Quatrième Internationale, 17e année, n° 6 · mai 1959 · p. 33-36 · 3 080 mots

In English: One Year of Gaullism (Fourth International No. 6, Spring 1959).

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Quand ce numéro paraîtra, il y aura bientôt un an que de Gaulle sera installé au pouvoir, la république parlementaire en France ayant fait place à un régime de pouvoir personnel typiquement bonapartiste.

Dans une série d'articles parus dans les precedents numeros de cette revue, nous avons vu comment lopération avait ete effectuée. Il a paru récemment un livre « Les 13 complots du 13 mai » (1), qui, tout en étant écrit a la gloire des benenciaires de l'opération sur un ton journalistique loin d'être de bonne qualité, confirme l'essentiel de ce que nous avions indiqué. Les groupes qui s'agitaient en Algérie, les petits groupes fascistes et autres à Paris, tout cela n'était pas grand chose. Ils firent plus de bruit que d'action. Le renversement du regime parlementaire ne fut possible que par la combinaison de deux facteurs : le refus des hauts cadres de l'armée, général Ely. d'obéir plus longterrit notamment chef d'état-major au pouvoir civil qui détenait son autorité du Parlement ; laction du secrétaire général du Parti socialiste, Guy Mollet. Selon les auteurs de ce livre, il « a été un quatorzième complot à lui tout seul et peut-être le plus représentatif de tous ». Effectivement, de Gaulle n'a pu venir au pouvoir que parce que Guy Mollet a semé la confusion la plus grande dans le P.S. et, ainsi, a plus que contribué à la paralysie de la classe ouvrière. désorientée par toute la politique du P.C.F., notamment sur la question algérienne.

Nous avons également vu, dans les articles précédemment parus, le pourquoi profond de l'opération :la partie dynamique, modernisée, du capitalisme français, ne pouvait aller de l'avant avec la structure parlementaire du pouvoir qui, dans les conditions de la société française, donnait trop de possibilités aux secteurs archaïques, parfois parasitaires, de l'économie d'entraver la progression nécessaire aux secteurs rééquipés. Disons que cette compréhension des , causes profondes du changement de régime gagne à présent de nombreux milieux, tant dans le meuvement ouvrier ou à sa périphérie que dans des sphères bourgeoises.

(1) M. et S. Bromberger, * Les 13 complots du 13 mai » (Fayard, éditeur).

Jamais la bourgeoisie française n'a vu s'opérer une telle transformation de régime dans des conditions vraiment pacin ques. Jamais elle n'a eu un pouvoir concentré en aussi peu de mains. Le nouveau Parlement ne demande même pas à exercer les maigres prérogatives que la nouvelle Constitution lui accorde. Le cabinet gouvernemental est surtout une chambre d'enregistrement des decisions qui sont prises par de Gaulle et quelques hommesclefs, dont certains ne sont même pas ministres. Une « Communauté » a été constituée entre la V République et plusieurs Republiques ex-colonies qui na aucun statut et celui-ci est élaboré entre quelques hommes, sans qu'aucun contrôle ne soit exercé sur eux.

Ainsi, de Gaulle se voit dans la lignée de Louis XIV et de Napoléon ler. « _ Etat, c'est moi. » J'ordonne. mon gouvernement... mes ministres...

Mais qu'a-t-il fait dans l'année qui vient de s'écouler ? Nous passons sur les discours dignes d'un colonel présentant le drapeau du régiment aux recrues. Nous ne mentionnerons que pour mémoire ses propos paternalistes en matière de politique internationale à un monde qui sait faire la différence entre la France des débuts du capitalisme et la France d'aujourd'hui.

Où le nouveau régime fait quelque peu impression auprès de gobe-mouches, c'est dans des attractions à la Malraux. L'Université presque unanime étant hostile au nouveau régime, de Gaulle n'est pas faché de faire un peu de bruit sur quelques dé cisions relatives à des directions de theatres.

Au cours des douze mois qui se sont écoulés. le gouvernement a pris une multitude d'ordonnances qui ont considérablement modifié de nombreux domaines, surtout dans administration, Personne neut dire tout ce que contiennent ces ordennances personne sauf le Premier ministre de Mon général, Debré, qui est un véritable fanatique de l'administration et qui croit dans les vertus de la bureaucratie d'Etat.

Mais deux questions essentielles se posaient au nouveau régime : la situation économique inaugurée par la mise route du Marché Commun Européen, et une récession en Europe ; et l'affaire algérienne.

En matière économique, le gouvernenent ne pouvait pas ne pas se mettre al ervice du capitalisme francais pour qui puisse tenir sa place dans le Marché commun. Il s'est egalement servı de la récession pour porter fortement atteinte aux conditions des travailleurs, notamment à la securite sociale. Les salaires ont a nouveau pris du retard par rapport aux prix. Le tout a été fait au nom du « libéralisme » économique ; le principal expert financier qui élabora les décisions gouvernementales a invoqué l'autorité de Bastiat ! Cependant, dès maintenant, un courant se prononce pour des mesures de type keynésien.

Mais l'économie française, quels que soient les moyens employés, progresse... dans une impasse, car le gouvernement veut s'engager dans de nombreux projets, y compris la fabrication d'une bombe atomique, tout en se montrant incapable de trouver une solution à la guerre d'Algérie qui coûte environ deux milliards de francs par jour.

Si de Gaulle parvint sans trop de ditficultés au pouvoir, si Guy Mollet et Thorez, chacun à sa façon, ont dérouté les masses, c'est avant tout parce que les gouvernements issus des élections du 2 janvier 1956 où les électeurs avaient voté pour la paix, s'étaient engagés de plus en plus dans la guerre, et que beaucoup pensaient que de Gaulle pouvait amener la paix en Algérie. Ses propos tenus en privé avant le 13 mai, tels ceux d'un oracle, avaient été interprétés par chacun dans le sens qui lui convenait. Des illusions à l'égard de la position de de Gaulle sur "Algérie existaient - existent peut-être encore - jusque dans les sommets du F.L.N

Une fois parvenu au pouvoir, il a poursuivi ce jeu de declarations sibyllines, au lendemain desquelles la presse et les partis se livraient à une exégèse ridicule. Il a, avec beaucoup de peine, probablement repris le contrôle des sommets de l'armée en Algérie ; la chose est plus douteuse au sujet de toute une série d'officiers qui ne sont pas près du terme de leur carrière. Il n'est pas parvenu à dissocier le F.L.N. - ce qui paraît avoir été son principal objectif - parce au'il n'avait vraiment rien à offrir. Et maintenant il voit renaitre en Algérie, contre lui cette fois, le mécontentement des ultras qui attribuent la continuation de la guerre à l'aide de T'étranger, aux défaitistes et aux traitres de France, et à la complicité envers eux de de Gaulle. France avait consiste rede de Galle eeplan la question algérienne qui, depuis 1955 jusqu'au 13 mai 1958, avait été au centre de toutes les manifestations de la vie politique. Aux récentes élections municipales. il fut question de la Sécurité sociale, du chômage. de la retraite du combattant des deux dernières guerres ; c'est à peine si l'on mentionnait la guerre d'Algérie en 4* ou 5° position. Le Parti communiste n'a rien fait pour aller à contre-courant. Aussi ne faut-il pas espérer que cet état de fait sera rapidement surmonté. Mais il est inévitable que la guerre d'Algérie revienne très fortement au premier plan, car 1l y a les frais mentionnés plus haut qui entraineront des conséquences économiques désastreuses. Car il y a aussi, en dépit de mensonges dans la presse, une exacerbation des combats en Algérie et des pertes quotidiennes en vies humaines. Si la réaction est seule à se faire entendre à présent, il n'en est pas moins vrai que les grandes masses de la métropole ne se sentent pas intéressées par cette guerre et sont sceptiques quant à son issue. La carence, la trahison des directions ouvrières, contribuent à faire de cette question algérienne un facteur de putréfaction du corps social.

Nous avions défini le gaullisme comme un régime bonapartiste et non comme un régime fasciste. Tout comme Trotsky l'avait fait pour l'Allemagne d'avant 1933, la distinction ainsi faite avait pour objet de comprendre les rapports des diverses forces sociales afin d'en dégager des perspectives et des possibilités pour le mouvement ouvrier.

De Gaulle voulait, disions-nous, établir un pouvoir fort ; 1l a pu établir un régime aui fera preuve de brutalité envers les

; mais l'emploi résolu de la force de l'Etat n'empêche que ce régime n'a qu'une faible base sociale propre. Il agira avant tout en équilibre entre des forces sociales opposées. Ce qui, en fin de compte, socialement parlant, veut dire que le nouveau régime, même quand il fait preuve de force, est extrêmement instable, et ou'il doit à un certain moment se trouver devant des situations critiques, qui offriront des possibilités aux travailleurs ou qui risqueront d'être exploitées par des forces fascisantes. Le nouveau régime n'a pas évité la guerre civile, comme le pensent tant de petits bourgeois imbéciles, qu n'hésitent pas à se qualifier d'hommes de gauche ; il en a différé l'échéance pour un temps, mais il a modifié le rapport des forces et remis l'initiative à la bourgeoisie.

Dans les mois qui suivirent le 13 mai, il aurait pu sembler que notre analvse était erronée : comment pouvait-on dire que le nouveau régime avait une base sociale étroite, alors qu'il recevait au referendum de septembre 80 % des voix ? Alors qu'aux élections législatives de novembre il parvenait à enlever. ce qu'on n'avait iamais vu depuis la Libération, environ 1,5 million de voix au Parti communiste ? Sans parler de l'écroulement de vieux partis bourgeois comme le parti radical.

Les élections municipales de mars 1959 ont donné un tableau plus complet de ce qui s'était passé dans le pays. On doit certes faire la part de l'aspect local, municipal. de ces élections. Mais les tendances politiques étaient nettes dans les grandes villes où ces élections ont un caractère politique marqué. Le Parti communiste a regagné près d'un million de voix : la polarisation s'est également manifestée sur la droite.; le parti radical, l'ancien grand propriétaire des mairies, a disparu, une partie de son héritage revenant aux sociaistes de Mollet, lautre à la droite. Alors qu'au lendemain des élections de novembre, le gouvernement trouvait la mariée un peu trop belle, il ne savait pas après les élections municipales comment faire figure honorable. « Je ne m'occupe pas de la conjoncture électorale », finit par lais de à son Premier ministre le soin de dire le se débrouiller.

Les prétendus marxistes à la Thorez et Duclos qu'un concours de circonstances a placé à la direction de la majorité des travailleurs de France, affectent d'oublier les votes de la deuxième moitié de 1958 et déclarent cyniquement aux membres du P.C.F. : les élections municipales montrent que les électeurs nous donnent raison parce que notre ligne est juste. Cet existentialisme politique escamote en réalité un phénomène qui est nouveau et d'une importance considérable.

Il est possible que de septembre et novembre 1958 à mars 1959 environ un million d'anciens électeurs communistes ait voté U.N.R. et soient retournés au vote chiffre réel delecteurs seant ainsi oscille P.C.F. Il est plus vraisemblable entre ces deux formations soit de l'ordre du demi-million, car il y a eu, comme diverses indications en témoignent, un changement dans la nature des abstentionnistes ; en septembre et novembre ce sont des ex-abstentionnistes de droite qui sont dérangés pour soutenir de Gaulle, tandis que d'ex-électeurs communistes restèrent. chez eux, considérant qu'il était alors vain de voter. En mars 1959, le phénomène inverse s'est produit : à droite, déçus par de Gaulle, beaucoup sont retournés à l'abstention, tandis qu'a gauche, on a repris le chemin des urnes parce que tout le monde sentait venir un vote antigouvernemental.

Que l'on accepte la première ou la seconde des hypothèses, un phénomène in-• connu depuis la Libération apparaît : de très grandes fluctuations (soit de l'abstention au vote ou vice-versa, soit d'un extrême à l'autre) ont été faites par un nombre considérable d'électeurs, de l'ordre du demi-million au million.

Ainsi, l'arrivée de de Gaulle au pouvoir qui devait mettre fin à la cascade des ministères, qui devait assurer la stabilité, a été accompagnée d'oscillations politiques considérables dans de très larges masses, passant d'un extrême à l'autre. Ce phénomène est apparu dans les résultats électoraux, tandis qu'à la superficie des choses on ne voyait en même temps qu'apathie politique.

Comment expliquer une telle contradiction ?

L'opération du 13 mai a détruit l'équilibre complètement vermoulu de la IV' République, mais ne lui a substitué aucun véritable équilibre nouveau. La représentation politique ancienne est devenue inadécuate, et de grandes masses sont à la recherche de solutions, de solutions extrémes bien plus que de solutions mitigées.

C'est ce qu'elles ont eu l'occasion d'exprimer au moyen du bulletin de vote ; mais elles sont apathiques et n'ont pas bougé, tout d'abord parce que de Gaulle disposait d'un certain crédit (qui n'est pas encore dissipé), que personne ne les appe lait a agir, surtout pas les organisations ouvrières et de gauche qui présentent comme seule perspective la rénovation des Républiques défuntes.

L'apathie ne signifie pas que la société est politiquement atomisée, comme l'aurait fait un régime fasciste ; elle traduit une longue maturation de forces qui ne parviennent pas à trouver une issue, et à qui personne ayant autorité ne propose une solution.

Aussi, malgré tout ce que le nouveau régime récěle d'instabilité, rien n'indique qu'il n'a pas devant lui une certaine durée. Pour le grand capital, c'est un régime quasi idéal, puisque les intérêts plus talbles n'ont pas le moyen de faire pression sur la direction de l'Etat. Le fascisme, les forces vraies de celui-ci, c'est-à-dire les réseaux que les Soustelle et Cie établissent, ne sont pas encore une force de masse. La classe ouvrière se trouve paralysée par ses directions. Tout cela se conjugue pour permettre au régime bonapartiste de louvoyer et de paraître puissant sur une société qui ne sait comment se redresser.

Dans ces conditions, bien que le mouvement ouvrier ne se trouve plus dans l'état de prostration où il était au lende main de l'arrivée de de Gaulle au pouvoir, et que l'on ait assisté dans la toute dernière période à certains mouvements, il ne faut pas avoir l'illusion que la classe ouvrière se trouve déjà en train de remonter la pente. A vrai dire, elle n'a pas encore eu l'occasion de voir le nouveau régime dans tous ses aspects, il n'y a pas eu notamment de grandes grèves et de grands chocs avec les forces de l'ordre capitaliste. Les illusions parlementaires toujours grandes se trouvent même renforcées par les résultats des élections municipales.

Toutefois, un nouvel élément vient de se faire jour au sein des masses travailleuses : un rapprochement à la base communiste-socialiste. Alors que depuis plusieurs années, on assistait à des réticences croissantes parmi les électeurs socialistes à voter au second tour pour des candidats communistes mieux placés — cela se voyait même chez les électeurs de I'U.G.S., laquelle n'hésitait pas à apneler au vote pour les candidats du P.C.F. et cette tendance se manifesta encore aux élections législatives de novembre 1958 -depuis quelques semaines on a vu apparaître la tendance contraire : malgré les consignes des dirigeants socialistes, un grand nombre d'électeurs a reporté ses voix sur les candidats communistes ; et aux élections municipales des accords se sont faits en d'assez nombreux endroits, à travers toute la France, pour des listes uniques au second tour.

On neut aisément imaginer comment la direction du P.C.F. tire argument de ce fait comme d'une preuve de la justesse de sa politique. Elle le fait avec d'autant plus effronterie qu'elle ne cite que les chiffres les plus favorables. Or, si on examine ceux-ci de plus près, on voit que, pour un électeur socialiste qui s'est tourné vers les candidats du P.C.F., il y en a encore deux et parfois trois qui ne l'ont pas fait. Autrement dit, pour le moment, cette tendance unitaire à la base n'a pas une force qui déborde irrésistiblement la direction réformiste. Certes, il faut tenir compte de la composition sociale du corps électoral socialiste qui n'est pas formé que d'ouvriers, il s'en faut de beaucoup. Mais il faudrait une énorme pression unitaire dans la classe ouvrière pour surmonter cette situation, et nous n'en sommes pas encore là. Car, si le nouveau régime agit dans un sens qui favorise cette tendance unitaire, la politique du P.C.F. n'a en rien modifié les sentiments de défiance, de très larges masses envers le P.C.F., les méthodes qu'il emploie dans les organisations et le « socialisme à la hongroise » qu'il a défendu.

Ainsi, la première année du régime gaulliste va s'achever apparemment sans que rien ne bouge. Cela est a la tois vrai et taux. Depuis son arrivee au pouvoir, de Gaulle a renforcé les rouages de Etat, mais il n'y a pas encore eu de heurt avec les masses. Ce que les élections ont révélé, c'est qu'il se produisait des: transformations moléculaires, mais tres protondément et dans des sens absolument imprévisibles.

Dans ces conditions, on s'enfoncera probablement encore plus pour une période dans l'atmosphère actuelle d'apathie, jusqu'au jour où tout ce qui mûrit dans les protondeurs surgira à la grande surprise de tous. Il faut se preparer et preparer le mouvement ouvrier, dans les lourdes conditions actuelles, pour la période qui suivra, et surtout pour ses brusques tournants.

La recherche théorique et politique se faisant actuellement dans de petits groupements avec peu ou pas de racines dans les masses ouvrières, on assiste à un foisonnement de conceptions des plus confuses. Nombreux sont ceux qui rejettent ce que le stalinisme avait gardé, en théorie du moins, du bolchevisme, et qui conservent l'opportunisme cultivé par la direction du P.C.F. Cependant, sur un point, sur un léger progrès s'opère : l'idée se déparmi les causes de la développe que, faite de mai 1958, se trouve l'absence d'une perspective et d'un programme de transition vers le socialisme. Ainsi, bien que la confusion règne tant et plus sur le contenu de ce programme, sur les moyens de le promouvoir, en particulier sur la question du gouvernement à préconiser à cet elfet, l'idée progresse - sans être dite en ces termes précis — que le dilemme n'est pas démocratie ou fascisme, comme le prétendent les staliniens à la Thorez, mais socialisme ou fascisme, comme seuls les trotskystes l'ont affirmé pendant des années.

Et c'est seulement en ouvrant une persnective de lutte pour une société socialiste qu'en préparera effectivement le renversement du régime personnel. Les grandes masses ouvrières n'en sont pas encore là. mais leur expérience prochaine les orientera sur cette voie.

Avril 1959.

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