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La revue › 17e année, n° 6

« L'indépendance » cypriote

Quatrième Internationale, 17e année, n° 6 · mai 1959 · p. 10-10 · 749 mots

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Une phase de la révolution cypriote vient de s'achever. Les accords de Zurich et de Londres ont amené la direction nationaliste de la révolution cypriote à se contenter d'une indépendance formelle de l'ile, agrémentée de toutes sortes de limitations imposées par • l'impérialisme britannique et ses alliés atlantiques, les gouvernements turc et grec.

Les masses cypriotes ont consenti, plus particulièrement depuis 1955, des sacrifices immenses, dans une lutte tenace, dans une lutte tenace, héroique, leur véritable auto-détermination. Dans tous les jours, pour effectivement de l'impérialisme et accéder cette lutte, l'aspiration de l'écrasante majorité grecque de l'ile de se trouver intégrée dans la nation grecque, n'a pas fait défaut un seul instant.

Les accords conclus à Zurich et à Londres, en l'absence de toute consultation démocratique des masses cypriotes, garantissent le maintien des bases militaires de l'impérialisme britannique dans l'ile, y surajoutent la présence militaire des gouvernements ture et grec, autorisent l'intervention contre-révolutionnaire des uns et des autres contre toute tentative des masses cypriotes d'altérer ce statu quo, excluent l'union

Get s'apparentent largement à un statut de partition de fait de file entre la majorité grecque (quatre-cinquièmes) et la minorité turque.

Loin d'assurer les droits légitimes de la minorité turque dans le cadre d'une coexistence démocratique, fraternelle, avec la majorité grecque de l'ile, les accords de Zurich et de Londres érigent un statut administratif mixte, des plus complexes, destiné à perpétuer l'antagonisme ethnique au détriment de l'union des masses travailleuses grecques et turques de Chypre contre leurs expleiteurs communs : l'impérialisme, les bourgeoisies grecque et turque, les notables indigènes.

Les accords furent le résultat de la pression de Washington aussi bien sur Londres que sur Ankara et Athènes, pour trouver un compromis acceptable et sauvegarder ainsi les intérêts supérieurs de l'alliance atlantique.

Le gouvernement grec de Karamanlis n'était que trop pressé de voir la question cypriote « résolue », les masses grecques ayant tendance à s'en servir pour lutter en réalité contre l'impérialisme et contre la bourgeoisie grecque.

Quant a l'archeveque Makarios, leader nationaliste cypriote, il représentait la combinaison des intérêts de la bourgeoisie grecque et des notables cypriotes. L'Eoka était jugée, du point de vue de sa direction, l'instrument militaire de la direction politique nationaliste. Makarios et Grivas (1), dirigeant insaisissable de l'Eoka, ont dû capituler devant les ordres reçus d'Athènes et leur peur de voir le mouvement des masses dans l'ile se polariser de nouveau à gauche.

Mais ce danger n'est que partie remise. Les masses cypriotes, qui ont su ingénieusement développer des formes spécifiques de lutte armée adaptées aux conditions de l'ile - une organisation « terroriste » disséminée, camouflée, protégée, au sein de la population complice — ne seront pas prêtes à entériner le régime bâtard de l' « indépendance » sous contrôle effectif de l'O.T.A.N. Partant des premiers résultats acquis par leur lutte tenace, qui leur accordent une certaine autonomie, elles poursuivront leur révolution commencée pour accéder à une véritable auto-détermination. Celle-ci dans le cadre d'une République cypriote ouvrière et paysanne, éventuellement fédérée droits de la minorité turque pleinement garantis, et toutes les séquelles de l'impérialisme étant définitivement liquidées.

Les staliniens cypriotes se sont longtemps contentés de laisser la question cypriote dégénérer en pomme de discorde entre les partenaires atlantiques anglais, turc et grec. Pour cette raison, ils n'ont que très mollement réagi à la passation de la direction du mouvement national de leurs mains dans celles des nationalistes réactionnaires à la Makarios et Grivas. Maintenant, l'ile devenant base militaire de l'O.T.A.N. tout entière, et les nationalistes ayant déposé les armes, il est aisé de prévoir que les staliniens redeviendront les champions ardents de la lutte nationale, tout en sabotant de nouveau les objectifs sociaux proprement dits des masses (2).

Les trotskystes cypriotes, tout en s'insérant dans le mouvement national tel qu'il est, indépendamment de sa direction, sauront mettre en avant le véritable programme transitoire, national et social, capable de conduire la révolution cypriote à sa victoire totale. a fin de l'occupation allemande et immédiatement après, le dirigeant de l'organisatio 1) Il ne faut pas oubler que le nouvel • heros » national lut, en Grece, ver fasciste « Khi », lancée contre le mouvement révolutionnaire des masses grecques.

(2) « La gauche cypriote », lisons-nous dans l'organe stalinien Vima, de Londres, du 142-1959, « maigre ses réserves sur les accords Lurich-Londres, va travailler avec désintéressement et conséquence patriotique pour l'unité de tous les Grecs cypriotes, indépendamment des divergences idéologiques et politiques », elc... (Déclarations de E. Papaioannou, dirigeant de l'AKEL).

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