Documents de la IVe Internationale

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La revue › 17e année, n° 6

L'évolution de la conjoncture économique

Quatrième Internationale, 17e année, n° 6 · mai 1959 · p. 11-11 · 715 mots

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Il est encore trop tôt pour se prononcer sur la question de savoir si la récession, commencée en 1957, est en train de céder la place à un nouvel essor ou si elle se prolongera par une période plus étendue de stagnation relative. En tout cas, aux Etats-Unis la récupération incertaine et graduelle qui débuta en mai 1958 donne des signes d'accélération. En mars et en avril, la production industrielle s'est élevée de 2 points par rapport au mois précédent (au lieu de 1 point seulement jusqu'en février 1959). D'autre part, les aciéries travaillent depuis plusieurs semaines déjà à plus de 90 % de leur capacité.

Il est vrai que c'est la reprise dans ce domaine qui contribue à augmenter l'indice général de la production industrielle et, d'autre part, que cette reprise est en partie ırtificiellement gonflée par la perspective d'une greve eventuellement prolongee ouvriers de l'acier en juin ou d'une nouvelle augmentation du prix de l'acier. Mais I reprise de l'acier est également due au démarrage de l'industrie de l'automobile (plus de 20 % que l'an dernier) et d'autres articles durables.

D'autre part, le boom du bâtiment, qui s'est maintenu pendant toute la période de récession, se poursuit sans donner des signes d'un essoufflement prochain.

Dans ce tableau d'un redressement qui s'accélère, les points noirs sont les suivants : le chômage, quoique en diminution, se maintient officiellement à plus de 4 millions, à plus de 5 millions selon les dirigeants syndicaux. Il y a aussi confirmation qu'il s'agit surtout de chômage technologique, résultant du progrès de l'automation, l'accroissement de la productivité étant à la base de l'augmentation de la production. On prévoit que, par suite de nouveaux progrès de la productivité et du nombre accru de jeunes gens s'intégrant dans le marché du travail, la résorption des 6 % de chômeurs sera laborieuse.

La reprise dans les secteurs des machines-outils, de la construction industrielle et des biens durables, bien qu'amorcée, reste encore très lente.

Les exportations continuent à stagner, face à un accroissement des importations, causant une sérieuse hémorragie des réserves d'or du pays.

D'autre part, la spéculation boursière se poursuit, le public jouant les valeurs industrielles contre les titres du gouvernement.

De cette description sommaire de l'évolution économique aux Etats-Unis se dégagent les conclusions suivantes qui pourraient servir de lignes indicatrices pour l'évolution ultérieure. Pour que la reprise s'accélère au rythme d'un nouveau boom, il faudrait qu'à un moment donné intervienne le facteur de nouveaux investissements, privés ou publics, importants. Cette perspective ne se dessine pas pour le moment.

Malgré une stabilisation relative des prix depuis la reprise, le danger d'une nouvelle inflation guette l'économie américaine et préoccupe les responsables qui se passe avec les exportations et la Bourse indique une fuite certaine devant le dellar dont la valeur d'achat diminue. La Trésorerie doit maintenant lutter consdiminueraient la capacité compétitive de l'industrie américaine dans lactuel climat tamment contre le danger de déficits commerciaux et budgétaires de concurrence internationale avivée. La Trésorerie se trouve devant le problème de refinancer 260 milliards de dollars de dettes pendant les cinq prochaines années. Au début de cette année, elle a offert de payer un taux d'intérêt de 3,25 % pour une extension d'un an et de 4 % pour une extension de trois ans, de ses titres à échéance, soit le taux le plus élevé depuis 25 ans. Mais les porteurs de 22 % de la dette totale demandèrent à être payés comptant, considérant probablement qu'on pouvait avec certitude spéculer à la Bourse, mais qu'économiser en titres était une spé culation. Près d'un tiers de la dette de la Trésorerie est en titres d'épargne payant un intérêt de 3,25 % et pouvant être monnayés à tout moment.

Quant à l'économie de l'Europe occidentale, il y a là également des signes de reprise, lente et incertaine pour le moment, à nouveau plus visibles l'Allemagne occidentale. De toute façon, le taux de la nouvelle expansion reste partout sensiblement inférieur à celui du boom des raison avec celui de l'expansion en cours de l'économie de l'URSS et des autres Etats ouvriers européens. Les progrès enregistrés par tous ces Etats en 1958 se situent aux environs de 8 à 10 % par rapport à l'année précédente et semblent s'accélèrer davantage dans le courant de cette année.

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