Documents de la IVe Internationale

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La revue › 17e année, n° 6

Démocratie, socialisme et programme de transition

Michel Pablo · Quatrième Internationale, 17e année, n° 6 · mai 1959 · p. 45-48 · 3 267 mots

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La chute spectaculaire de la IV• République en France et l'instauration d'un régime bonapartiste ayant aboli de fait la démocratie parlementaire, devraient normalement susciter chez les Partis communistes au moins un réexamen critique de leurs theses sur la « democratie », la bourgeoisie « démocratique » et l'éventualité du « passage au socialisme par des voies pacifiques ».

Il n'en est cependant rien. On cherchera en vain par exemple dans les travaux du XXI Congrès du P.C. de I'U.R.S.S. une analyse tant soit peu sérieuse des événements de France et de la situation actuelle du mouvement ouvrier international. Tout l'accent par contre est mis sur les progrès de l'U.R.S.S. et des autres Etats ouvriers, progrès grâce auxquels le socialisme percerait demain dans le monde entier. L« épisode français », dans cette optique, ne mérite naturellement pas qu'on s'y attarde trop.

Quant au Parti Communiste Français, principale organisation affectée par les événements de France, qui a vu sa représentation parlementaire réduite à un nombre infime de députés dans le nouveau parlement fantoche, il trouve encore le moyen, dans le projet de thèses pour son AVe Congrès, de revendiquer le mérite d'avoir des 1946 indiqué « qu'un passage pacifique au socialisme n'était pas exclu » et de reaffirmer que ses perspectives deneurent « léventualité d'un passage au socialisme par des voies pacifiques, y comcras que l'utilisation du Parlement démopar l'utilisation du Parlement démo-

Au temps de la III Internationale de Lénine, de telles « sottises » étaient l'apanage propre des socialistes de la Ile Internationale. Mais il y a naturellement longtemps que le communisme officiel, ayant sombré dans l'école menchevique stalinienne, repète et aggrave sottises, crimes et trahisons de la social-démocratie réformiste.

Cependant, devant la logique têtue des taits, la gêne des « théoriciens » staliniens est maintenant visible. Dans divers écrits récents, des tentatives sont faites pour concilier la critique de la « démocratie bourgeoisie » avec la lutte pour la « démocratie rénovée », et jeter par dessus celle-ci un pont vers le « socialisme ». Il n'y a pas de « démocratie en général », nous apprend V. Joannès (1) se rappelant du coup les thèses de Lénine sur la démocratie bourgeoisie et la dictature prolétarienne. La « démocratie » est un régime de classe, une forme de domination de la bourgeoisie. V. Joannès se livre ensuite à une analyse de l'évolution économique et politique du capitalisme industriel au capitalisme monopoleur, pour démontrer pourquoi a letape actuelle la « grande bourgeoise monopoleuse » ne peut plus exercer sa domination dictatoriale dans les formes de la démocratie parlementaire classique.

Ayant ainsi établi « l'évolution ultraréactionnaire de la démocratie bourgeoise », V. Joannès aborde la partie concernant les conclusions à tirer de cette analyse. La question, écrit-il, est la suivante : « Qui l'emportera — du fascisme, vers lequel conduit le pouvoir réactionnaire de type autoritaire dont la France offre l'exemple ou de la démocratie, avec le développement et la rénovation qu'elle implique aujourd'hui ». (Souligné par nous).

Ainsi, après une minutieuse analyse où notre auteur s'acharne à démontrer l'inanité de la « démocratie pure », le caractère de classe de la « démocratie » et sa crise inévitable dans l'évolution actuelle du régime capitaliste, il ressuscite de manière inattendue la « démocratie » abstraite et l'oppose en alternative au fascisme ! Le réalisme marxiste cède la place à la rêverie petite bourgeoise qui se consumme dans d'impuissantes constructions logiques d'un régime en réalité intermé diaire entre le capitalisme monopoleur et le socialisme, appelé « République démocratique », ou « démocratie rénovée », ou encore « démocratie progressiste », etc.

Partant de la crise de la démocratie bourgeoisie, pour les raisons mêmes que donne V. Joannès, la conclusion logique à tirer devrait être d'opposer à l'Etat fort (bonapartiste ou fasciste) vers lequel s'oriente par nécessité la bourgeoisie, non pas la « démocratie », régime politique bourgeois que la bourgeoisie, par nécessité également, abandonne, mais le socia-

(1) « Sur quelques tendances de la démocratie bourgeoise », Nouvelle Revue Internationale, mars 1959.

lisme, régime démocratique des masses exploitées par la bourgeoisie.

En cas de crise de la démocratie bourgeoisie, telle est l'alternative et aucune autre.

« Le point le plus important, que ne comprennent pas les socialistes — écrivait Lénine dans ses thèses sur la démocratie bourgeoisie du ler Congrès de la II Internationale — et qui constitue leur myopie theorique, leur emprisonnement dans les préjuges bourgeois et leur trahison politique envers le prolétariat, c'est que dans la société capitaliste, dès que s'aggrave la lutie des classes qui est à sa base, il n'y a pas de milieu entre la dictature de la bourgeoisie et la dictature du prolétariat. Tous les rêves d'une solution intermédiaire ne sont que lamentations réactionnaires de petits bourgeois ».

Opposer au fascisme (ou au bonapartisme) la démocratie signifie, du point de vue sociologique marxiste, imaginer la possibilité de combattre un régime bourgois par un autre régime bourgeois, misant sur une soi-disant contradiction fondamentale entre la grande bourgeoisie monopoleuse et la moyenne bourgeoisie « nationale » et « démocratique » à laquelle le mouvement ouvrier servirait de force d'appoint.

Inutile d'insister sur l'irréalité criante d'une telle opposition fondamentale au sein de la classe entre la grande bourgeoisie et les couches bourgeoisies moyennes.

La crise de la démocratie bourgeoisie est le reflet certain d'une profonde crise sociale qui met en danger le régime social social bourgeois. Ce qui signitie que les intérêts de la classe capitaliste dans son ensemble prennent le dessus sur les divisions intérieures à la classe indéniables. Ce qui signifie également que seuls en effet des rêveurs petits bourgeois incurables peuvent imaginer l'éventualité d'une lutte dans la classe opposant à l'Etat fort, recherché par la grande bourgeoisie, l'Etat de la « République démocratique », d'une bourgeoisie moyenne aidée par le prolétariat.

En réalité les périodes de crise de la démocratie bourgeoisie, c'est-à-dire crise sociale aiguie, se manifestent également par la polarisation extrême à droite et à gauche, les partis bourgeois de la démocratie parlementaire se vidant de leur

L'expérience récente française a de nouveau en tout point confirmé cette logique implacable de la lutte de classe qui dessine clairement le relief de la vraie alternative : Etat fort bonapartiste ou fasciste de la bourgeoisie ou pouvoir prolétarien.

Naturellement, la lutte pour celui-ci, la lutte pour le socialisme est inséparable de la lutte pour les libertés démocratiques. Ces dernières ne constituent pas cependant un but en soi, et moins encore les attributs d'un régime social intermédiaire entre le capitalisme et le socialisme, mais le sous-produit de la lutte révolutionnaire des masses dans le cadre du régime capitaliste pour le socialisme.

Il est parfaitement vrai que la classe ouvrière dans cette lutte fondamentale pour le socialisme a besoin des conditions démocratiques pour développer son action et son organisation. Mais ce qui est encore plus vrai, c'est que ces conditions de libertés démocratiques doivent être arrachées par la lutte révolutionnaire constante du prolétariat contre l'évolution antidémocratique de la bourgeoisie. C'est-àdire, c'est la lutte fondamentale pour le socialisme, la lutte révolutionnaire contre le régime capitaliste qui détermine et garantit les succès dans le domaine des libertés démocratiques, et non pas l'action pour la « démocratie » abstraite.

C'est la force du prolétariat en tant que classe, se manifestant et se réalisant dans sa Julte revolutionnaire, qui arrache et preserve les conditions des libertés démocratiques,. tandis que toute politique de collaboration de classe pour la « démocratie » ne saurait que faciliter la destruction de ces conditions.

La question revient ainsi au caractère du programme à mettre en avant, et au caractère des forces alliées pour le réaliser.

On peut concevoir la lutte pour le socialisme dans le cadre d'un programme de lutte préalable pour la « démocratie ». C'est le cas usuel des programmes minima actuels des Partis Communistes, ayant comme objectif la « démocratie rénovée » ou « progressiste » et qui impliquent tous une étape préalable de lutte essentiellement sur ce plan.

On peut concevoir par contre la lutte nécessaire pour les libertés démocratiques en tant que partie subordonnée de la lutte fondamentale pour le socialisme, et éclairée par cette perspective, dans le cadre d'un programme de transition. Un tel programme articulerait dialectiquement des mots d'ordre à la fois démocratiques, transitoires et socialistes, culminant dans le mot d'ordre transitoire de gouvernement des partis ouvriers.

Certains théoriciens staliniens ont amenés à cotoyer une telle conception, mais sans v parvenir complètement. Loin de là. Les Italiens sont parfois une avant-garde dans ce domaine, l'école de Togliatti se distinguant par exemple de l'école de rigidité toute stalinienne de Thorez par une plus grande élasticité dans les conceptions et l'organisation.

Dans son article sur « Démocratie et Socialisme » (2), Pietro Ingrao effleure à différentes reprises la question des rapports dialectiques qui existent entre la lutte pour la démocratie et la lutte pour le socialisme. Il concède qu'il ne s'agit pas là « de deux luttes différentes, d'abord pour conquérir les libertés démocratiques, puis pour édifier un nouveau régime social, cials sons dunine social nouveau » nest mais d'une seule et même lutte ». qu'une « démocratie progressiste », « qui en procédant à une modification des structures les plus arriérées de la société italienne, et en donnant un nouveau contenu social aux libertés démocratiques, coupe-

(2) Nouvelle Revue Internationale, janvier 1959.

substance.

rait les racines du fascisme et rendrait impossible la réapparition d'un régime de réaction ouverte ».

Dans sa conception, il s'agirait là d'un régime intermédiaire, transitoire comme il l'appelle, vers le socialisme.

La confusion sur cette question est la suivante : Des revendications transitoires sont confondues avec l'objectif d'un régime politique transitoire, distinct du régime prolétarien, et par conséquent socialment parlant toujours d'essence bourgeoisie.

L'idée juste est celle qui reconnait la nécessité de lier dans le programme, organiquement ,dialectiquement, revendications élémentaires démocratiques avec des mots d'ordre transitoires économiques comportant des réformes de structure du capitalisme.

L'erreur consiste à se limiter ensuite à cette partie du programme, à ne pas le compléter par des mots d'ordre socialistes (par exemple, étatisation des moyens de production, etc.) et surtout à confondre mots d'ordre transitoires avec un régime politique transitoire autre que le régime du gouvernement des partis ouvriers.

En effet, l'essentiel à comprendre, c'est que la solution politique transitoire détermine la structure, l'esprit, l'orientation, la dynamique du programme de transition à élaborer, et que cette solution ne peut être un régime de collaboration avec la bourgeoisie, dans le cadre des institutions bourgeoisies classiques, mais effectivement un régime nouveau.

Revendications démocratiques élémentaires et réformes de structure n'acquièrent tel ou tel contenu, telle ou telle efficacité ue par rapport a la nature du pouvon

Elles doivent par conséquent être formulées et articulées dans un programme afin de faciliter l'accession d'un pouvoir politique en dehors du contrôle de la bourgeoisie, d'y conduire en quelque sorte par leur propre logique interne.

Ce pouvoir ne sera pas encore la dictature du prolétariat, mais une sorte d'anti chambre directe à celle-ci.

Dans les conditions concrètes qui règnent actuellement plus particulièrement dans les pays capitalistes avancés, ce pouvoir politique transitoire ne saurait revêtir que la forme d'un gouvernement du parti ou des partis ouvriers, appuyés sur l'organisation révolutionnaire des masses en comités.

Nous arrivons ainsi à la question des formes et des moyens pour parvenir à un tel pouvoir politique nouveau sortant des cadres du pouvoir politique bourgeois. Lénine et la Ille Internationale de son temps avaient conçu la lutte pour le pou voir ouvrier dans les pays capitalistes comme le résultat de l'action révolutionnaire extraparlementaire des masses, la participation nécessaire aux parlements bourgeois n'ayant pour but que de se servir d'elle pour épauler cette action des masses et détruire de l'intérieur même les illusions sur le parlementarisme bourgeois.

C'est le genre de parlementarisme ouvrier « nouveau, inaccoutumé, anti-opportuniste et anti-arriviste » que Lénine prê che dans la Maladie infantile aux « communistes de gauche ». Aujourd'hui, les Khrouchtchev sont arrivés à la conclusion qu'il s'agit là d'une thèse démodée, la « nouvelle situation créée par les victoires du monde socialiste et les défaites de l'impérialisme » ermettant d'accéder au SOalisme par l'utilisation du parlement

Mais, par ailleurs, ces mêmes « théoriciens » ne cessent de souligner l'emprise res nous car sur lappareil d'Etat dans toos plus grande que capitalisme les pays capitalistes avancés. La conclusion logique de ce fait devrait être naturellement que jamais en réalité la classe ouvrière n'est plus éloignée des rouages qui déterminent le contrôle et la gestion de l'Etat et de l'économie. Que Jamais, par consequent, la necessite de briser la vieille machine étatique dominée actuellement par les monopoleurs n'a été plus urgente.

Les conclusions que Lénine tirait dans ses thèses sur la démocratie bourgeoise. non seulement restent encore valables mais sont renforcées par le fait de la puissance accrue du capitalisme monopoleur dans tous les pays capitalistes avancés. Il écrivait :

« Ce serait la plus grande sottise de croire que la révolution la plus profonde dans l'histoire de l'humanité, que le passage du pouvoir, pour la première fois au monde, d'une minorité d'exploiteurs à la majorité des exploités puisse se produire dans les vieux cadres de la démocratie bourgeoise et parlementaire, puisse se produire sans brisures nettes, sans que se créent de nouvelles institutions incarnant de nouvelles conditions de vie, etc... »

Tel n'est pas cependant l'avis des « rénovateurs » actuels. Le PC français, qui a mis son honneur à défendre la IV• Répuolique délaissée par les masses, est anımé d'un courage admirable. Confiant dans les « vieilles traditions démocratiques » de la France, et sans qu'il soit affecté par « l'épisode » gaulliste, il se prépare à revendiquer la place qui doit revenir à la classe ouvrière dans les institutions démocratiques et parlementaires de la « démocratie rénovée » de demain (3). Car la « lutte pour le socialisme », nous dit-il gravement dans ses thèses pour son XV• Congrès, « se situe dans les perspectives de la lutte pour la démocratie et son progrès continu ». (Souligné par nous.)

En realite, cest Topposé qui est carrément vrai. A notre époque, les libertés dé. mocratiques ainsi qu'une résistance efficace contre l'évolution vers l'Etat fort de la

(3) V. Joannès formulera pour sa part ainsi dans l'article précité la stratégie générale des PC dans les pays capitalistes avancés à l'étape actuelle : « Entrainer dens des actions concrètes les masses à exiger une participation active et toujours plus large à la direction politique et économique du pays à tous les échelons. »

bourgeoisie ne sauraient être que le résultat, le sous-produit en quelque sorte de la lutte révolutionnaire du prolétariat pour son propre pouvoir. La lutte pour la « démocratie » s'inscrit en réalité dans celle pour la perspective socialiste.

Dans cette perspective, lemploi du parlement bourgeois n'occupe qu'une place clairement subordonnée à la lutte extraparlementaire des masses.

Certains théoriciens staliniens - qui comprennent quel point expérience française rend maintenant intenable la position de la « voie parlementaire au socialisme » - voudraient mettre l'accent sur la présence extraparlementaire « d'un puissant mouvement de masse » et les rapports qui doivent exister « entre action au parlement et l'action dans le pays ». Pietro INous alors tour conside Pietro Ingrao, déjà cité, écrit à ce pro comme erronée et unilatérale la définition selon laquelle la voie vers le socialisme ne serait en Italie que la • voie parlementaire.

• .. Il ne faut jamais oublier que la force et l'efficacité de l'opposition ouvrière au parlement dépendent précisément de sa capacité d'intervenir dans les développements de la lutte des classes à l'intérieur du pays, de manière à établir une liaison chalectique entre sa propre activite et la lutte renovatrice revolutionnaire dela clas. se ouvrière et de tous les travailleurs. »

C'est cette idée de la liaison dialectique entre l'activité au parlement et « la lutte rénovatrice révolutionnaire de la classe ouvrière et de tous les travailleurs » qu'il fallait creuser davantage. Le théoricien italien à plusieurs reprises effleure la question de la laison dialectique entre la démocratie et le socialisme, entre mots l'ordre démocratique et mots d'ordre transitoires, entre activité parlementaire et acextraparlementaire, mais sans parvenir à sortir du cadre d'une orientation mistes. pratique fondamentalement réfor- t d'une pratique fondamentalement réfor envisage par exemple que lac tion extraparlementaire produise une modification du rapport des forces au parlement « en faveur de la classe ouvrière et du peuple », en faisant probablement alJusion au détachement éventuel d'une aile de la démocratie chrétienne qui se joigne sur le plan parlementaire et gouvernemental aux communistes et aux socialistes. tionnaire te, tra arlementaire des masses En réalité, le but de l'action révoluextraparlementaire des masses ne saurait être de provoquer un gouvernement parlementaire de coalition entre les partis ouvriers et une aile de la bourgeoisie, mais d'imposer le gouvernement des partis ouvriers, et de l'appuyer dans l'application de son programme de transition.

En éduquant et en mobilisant les masses, pendant toute une période, sur la base d'un programme de transition orienté vers le pouvoir ouvrier des partis ouvriers dans les pays capitalistes avancés, il s'avérerait possible d'imposer cette solution politique, soit en remportant la majorité parlementaire, soit en obligeant la bourgeoisie à accepter le gouvernement de coalition des partis ouvriers.

Dans les deux cas, la naissance parlementaire du gouvernement ouvrier serait en effet le résultat de la mobilisation révolutionnaire du Front unique des masses. Cette mobilisation, ainsi que l'organisation adéquate des masses, seraient ensuite -la garantie pour que le gouvernement ouvrier puisse appliquer son programme de transition contre la résistance acharnée inévitable de la bourgeoisie.

Une politique conséquente de classe, sur la base d'un programme de transition concret, adapte aux conditions de chaque pays, et d'un Front unique des partis se* réclamant de la classe ouvrière, saurait aussi bien remporter dans certains cas la majorité parlementaire, dans d'autres cas imposer un gouvernement même minoritaire, du point de vue de la représentation parlementaire, des partis ouvriers.. Ensuite, à partir de la formation, de n'importe quelle façon, d'un gouvernement ouvrier, tout dépendrait du degré de mobilisation et d'organisation extraparlementaires des masses révolutionnaires, permettaires des masses révolutionnaires, permettant au gouvernement ouvrier mencer à agir en sortant du cadre bourgeois.

La « voie nouvelle » au socialisme dans chaque pays capitaliste avancé, c'est-à-dire la voie transitoire concrète au socialisme, dépend de trois conditions : l'élaboration d'un programme de transition adapté aux particularités du pays, une politique systématique de front unique des partis ouvriers, l'orientation du programme et du front unique vers le gouvernement des partis ouvriers appliquant ce programme et appuyé sur la mobilisation et l'organisation extra-parlementajres des masses.

Cette voie est la seule réaliste et capable d'enthousiasmer et de mobiliser les masses. Aux moments de crise grave de la démocratie bourgeoise qui ne manqueront pas, comme dans le cas de la France, de marquer tous les pays, de larges masses de la petite bourgeoisie des villes et des campagnes, ainsi que des couches arriérées du prolétariat désertent les formations bourgeoises centristes et font mouvement vers les extrêmes. Ce sont ces moments qui peuvent permettre aux partis ouvriers de polariser soit une majorité absolue, soit la majorité politiquement active et décisive des masses et imposer leur gouvernement.

Tout dépend de leur programme et de leur détermination de lutter pour le pouvoir ouvrier.

Les déconfitures que les Partis communistes et socialistes accumulent face à la réaction bourgeoise ragaillardie, sont en réalité la rançon de leur politique de collaboration de classe au service de la « démocratie » et de leur division.

Il n'y aura de « renouveau » que par la redécouverte de la lutte unie transitoire au socialisme.

Avril 1959.

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