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La revue › 17e année, n° 5

En avant vers un gouvernement du Lanka Samasamaja Party ! (La nouvelle situation politique et nos tâches)

Quatrième Internationale, 17e année, n° 5 · février 1959 · p. 80-85 · 4 195 mots

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En Orient les tensions sociales montent à nouveau et, préventivement, les forces bourgeoises ont établi des régimes dictatoriaux au Pakistan, en Birmanie, en Thailande.. La situation se tend également à Ceylan. Mais, dans ce pays, le mouvement ouvrier est dirigé majoritairement par le Lanka Samasamaja Party (section ceylandise de la IVe Internationale), lequel a alerté les masses travailleuses de Ceylan et posé le problème du pouvoir des ouvriers et des paysans. Nous publions ci-dessous d'importants extraits de la résolution adoptée par la Conférence d'octobre 1958 du L.S.S.P. 1. - L'EXPLOSION COMMUNALISTE ET L'ETAT D'URGENCE. L'explosion communaliste très étendue de la dernière semaine de mai 1958, « l'état d'urgence » qui s'ensuivit, et les résultats de ces deux faits ont transformé la situation politique. La popularité et la position dans les masses du gouvernement du M.E.P. ont reçu un coup terrible. L'enthousiasme poulaire pour lui a disparu; le soutien actif qu'il recevait a fortement décliné ; sa base de masse s'est visiblement réduite. Intérieurement, il est soumis à de nouvelles tensions qui viennent encore l'affaiblir du dedans et le font boîter d'une situation à une autre et de crise en crise, sans aucune perspective claire et définie pour l'avenir. Les lois et l'administration décou lant de l'état d'urgence ont constitué un important moyen pour étayer à présent ce gouvernement. Devant le Parti pose donc comme tâche non seulement d'élever immédiatement et fortement la lutte contre le gouvernement du M.E.P., mais aussi de poser devant les masses comme une tâche urgente à être accomplie au plus tôt, celle de remplacer le gouvernement du M.E.P. par un gouvernement qui puisse être un instrument efficace répondant à la féalisation de leurs besoins fondamentaux immédiats.

L'explosion communaliste de la dernière semaine de mai 1958 fut plus large et dite de a pre acal 19o cul aussi dans ne cara plus forte que celle de juin 1956. L'explosion de mai 1958 eut aussi, dans une certaine mesure, un caractere dittérent de la précédente.

Cette fois-ci, dans les troubles furent impliquées une partie numériquement plus grande de la population et une zone géographique plus étendue. Furent également impliqués plus d'éléments provenant des couches élevées que des pauvres de la ville et de la campagne. En particulier, un plus grand nombre de jeunes bikkhus joua un rôle éminent. De même y participa également une proportion appréciable d'éléments • en pantalons ».

En outre, l'assassinat, les brutalités, les blessures, l'incendie, le pillage et la - destruction sans motif de propriétés, qui se produisirent au cours des deux soulè vements, furent beaucoup plus répandus dans les deux journées de fortes émeutes en mai 1958 qu'ils ne furent dans toute la période d'émeute de juin 1956. Beaucoup plus de dommages furent faits aux personnes et aux propriétés en moins de temps en mai 1958 qu'en juin 1956.

Dans de nombreux lieux et en de nombreuses occasions, les troubles de mai 1958 eurent aussi un caractère moins spontané et des indices d'organisation plus nom- breux que les troubles de juin 1956. Qui plus est, les activités du noyau communaliste politiquement sérieux dans la masse des émeutiers semblaient cette fois dirigées vers un objectit plus fort que la simple « punition » ou « vengeance ». On y voyait les signes d'un effort de groupes communalistes organisés pour diriger le soulèvement en vue de chasser les colons tamils des régions à majorité cinghalaise, et les cinghalais des régions à majorité tamile. Ils visaient apparemment à rendre « la vie entremêlée » psychologiquement et physiquement impossible.

Face a l'ampleur et à l'intensité de l'explosion communaliste et de l'effondre ment en résultant de l'administration civile et de la vie civile normale, le gouver nement du N.E.P. s'est trouvé contraint, après beaucoup d'hésitation et de temporisation, à mettre en application l'ordonnance de sécurité publique. « Un état d'urgence » tut proclamé ; le couvre-feu fut imposé*; les forces armées furent mises en action pour rétablir et maintenir « la loi et l'ordre ». L'exécutif s'arrogea des pouvoirs extraordinaires. L'administration civile fut subordonnée aux autorités militaires au moyen du Gouverneur général et de « coordinateurs ». Les droits démocratiques et les libertés civiles de la population furent fortement réduits. Bref, le pays fut temporairement placé sous une administration dictatoriale, lexécutil ayant pleins pouvoirs et les aspects répressifs de l'Etat étant placés à l'avant-plan de l'activité administrative

2. - LE CHANGEMENT DE POLITIQUE DU N.E.P. L'explosion communaliste et « l'état d'urgence » sont survenus alors que le gouvernement du M.E.P était arrivé à une impasse politique générale. La détérioration de la position financière l'avait amené au point d'etre incapable de continuer à taire progresser les ameliorations modérées qu'il avait songé à présenter comme du sociaasme. Son incapacité à s'engager dans un développement planifié de l'économie avait entraîné une augmentation rapide du chômage. une montée toujours croissante des prix des marchandises essentielles, et même un recul de l'économie nationaie. Par conséquent, le gouvernemner au M.E.P. était déjà parvenu au point au il ne pouvait plus maintenir ses prétentions à une politique socialiste. Il devait entrer ouvertement et directement au service de la classe capitaliste.

Avant l'explosion communaliste et l'état d'urgence, il y avait déjà des signes clairs que le gouvernement avait pris ce chemin. Il annonça non seulement la cessation des concessions de salaires employés, il vint aide aux employeurs privés s'opposant à des augmentations de par l'emploi de la violence policière ouverte dans les secteurs public et privé. grèves gêna les syndicats par la loi sur les conflits syndicaux.

Par rapport au capital étranger, le gouvernement abandonna finalement sa poliproclamée jusqu'alors des plantations appartenant des étrangers. En mai, il annonça le renvoi de telles nationalisations au-delà de sa période de vie constitutionnelle. Les garanties accordées aux investissements étrangers assurent la continuation de la subordination de l'économie ceylanaise à l'impérialisme et le maintien de Ceylan comme un domaine d'exploitation pour le pillage par le capital international. Ainsi le gouvernement du M.E.P. s'est également montré" ouvertement au service du capitalisme étranger.

Le glissement à droite du gouvernement du M.E.P. ne s'est pas développé sans crise intérieure. Notamment au début de cette année, ce glissement donna lieu à des intrigues considérables au sein du Parti gouvernemental, menant à des heurts publics entre divers ministres. La crise fut surmontée sur la base d'un accord pour eflectuer un glissement à droite, le ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation retirant les propositions de nationalisation du thé qu'il avait placées devant le Cabinet. Ainsi fut établie la voie de l'abandon ultérieur de la nationalisation même du thé. Il n'y eut pas un murmure du Ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation et de ses associés quand fut annoncé le renvoi de cette question pour cinq années.

Les événements démasquaient ainsi le gouvernement du M.E.P. comme un serviteur de la classe capitaliste quand, en mai, se produisit l'explosion L'attitude du gouvernement en face de Texplosion et après celle-ci démontra ment que le communalisme cinghalais était le facteur essentiel qui cimentait le M.E.P.

L'explosion communaliste de mai ne tomba évidemment pas d'un ciel serein. Elle provenait de tout le cours antérieur de la politique du M.E.P. en matière de relations entre races et notamment de relations de langues. Le but essentiel de cette politique était de réléguer la communauté tamile de Ceylan à un statut national inféceur a celui de la communauté cinghalaise. Cétait donc une politique destinée à pro voquer une resistance tamile, et cest ce quelle provoqua. L'explosion de mai constitua un effort pour écraser la résistance tamile, la résistance cinghalaise par une action directe de masse hors des limites de la loi.

L'explosion de mai survint aussitôt après la décision du Congrès du Parti fédéral de lancer un mouvement de désobéissance civile le 20 août. Une action directe de masse commença, aucun doute, chez les Cinghalais ; mais elle provoqua une prompte réponse de même caractère de la part des Tamils.

Lattitude du gouvernement du M.E.P., devant la situation qui se développait, devoila la profondeur de son communalisme cinghalais. Aux premiers statl s'abstint, la scène príncipale de l'explosion se trouvait dans des régions cinghalaises, hésitant à se heurter à des masses cinghalaises engagées dans une naliste. Lorsque sous la pression croissante des événements et de l'opinion publique, le gouvernement intervint enfin, il prétendit qu'il avait ainsi prévenu un projet d'insur rection tamile. Il chercha ainsi à se justifier et à justifier la répression de l'état d'urgence auprès des communalistes cinghalais. En vérité, ce n'était qu'une tentative justification des communalistes cinghalais dans leur ensemble devant l'opinion publique.

6. - LES TACHES DU PARTI. Une tâche fondamentale du Parti, dans la période immédiatement devant nous est d'organiser parfaitement la classe ouvrière et de la préparer politiquement pour les batailles qui s'annoncent. Il doit être clairement compris par le Parti qu'il faut donner la priorité la plus la plus élevée à l'extension de sa base politique dans ouvrière. Dans la réalisation de cette tâche le Parti a l'avantage que la classe ouvrière est sortie des événements de mai sensiblement libre de l'infection communaliste. Les secteurs qui ont succombé au communalisme dans l'atmosphère extrêmement conta gieuse de la dernière semaine de mai peuvent être regagnés au militantisme syndical et politique sans grande difficulté. En outre, classe ouvrière n'a de la période antérieure. Rassemblés par leurs syndicats sur les lieux de leur travail les ouvriers ont réussi à maintenir leur solidarité et leur conscience de classe malgré les erreurs sectionnelles. Les conditions conditions de répression de l'état d'urgence la large dislocation et le déclin économique du pays assurent que cette solidarité et cette conscience trouveront une expression militante.

Une tâche urgente du Parti est de lancer la lutte pour gagner à la bannière de la classe ouvrière les forces de masse qui se détournent du gouvernement du M.E.P ou dont l'adhésion à celui-ci faiblit.

Dans la réalisation de cette tâche vitale, le Parti a comme avantages les consérépressions de l'état d'urgence et la détérioration de la situation quences économique.

ois par les conséquence éCout terme le explon commente et par les La situation économique également travaille contre le gouvernement du M.E.P., à la fois par les perspectives à long terme. Dans les conséquences à court la caractéristique principale est la continuation de la montée de produits essentiels, en raison de la dislocation générale de. de la désorganisation de la distribution, de la contraction du crédit et des insuffisances réelles dans la

Dans les perspectives à long terme, le fait décisif que la désorgani sation administrative et la démoralisation du personnel administratif rendent inopes rante la mise en œuvre de plans de développement même s'il était possible de prendre en mains. Sous le gouvernement du M.E.P., Ceylan fait face à un déclin économique et non à un développement économique.

La tâche du Parti est donc de reprendre activement et de manière militante les griefs économiques des travailleurs, les griefs généraux des masses soumises à la répression, et les questions de montée des prix, de chômage, de réhabilitation des réfugiés, etc. qui peuvent unir dans l'action les masses urbaines et rurales. l'agitation sur ces questions, le Parti doit apprendre comment, malgré les restrictions de l'état d'urgence, il faut maintenir vivante parmi les masses l'idée de l'action directe, car il faut reconnaître que la disposition et même le penchant des masses à l'action directe ont été une caractéristique de la période de domination du M.E.P A vrai dire le soulèvement communaliste fut d'une certaine façon une expression perverse et indésirable de ce penchant. La tâche est de relier cette disposition pour Paction directe à des buts politiques progressifs. En tout cas c'est du développement de cette disposition à l'action directe que dépend la force du développement de la tendance vers la gauche et notamment la création d'un mouvement de masse rural qui puisse fusionner avec le mouvement de la classe ouvrière. Cette caractéristique has la station des masses est un des avantages pour le maintien duquel le. Parti doit lutter et qu'il doit développer dans la période qui vient.

Une tâche particulière dans la situation présente est la lutte pour toute atténua tion possible des lois d'urgence dans la mesure où elles gênent la lutte des classes et finalement la lutte pour l'abrogation de l'état d'urgence lui-même. Le Parti doit comprendre et savoir aire comprendre aux masses que l'état d'urgence, proclame raison de la situation communaliste, est désirable et agréable au gouvernement du M.E.P. en raison de la situation entre les classes. C'est un moyen d'imposer l'avantage du gouvernement du M.E.P. la paix sociale et d'empêcher une activité politique hostile. La tâche du Parti dans ce domaine est de lutter pour déblayer la voie en vue de permettre l'exercice masses (liberté d'expression, de réunion, d'organisation, de fonctionnement des syndicats et autres organisations de masse, libertés civiles, procédures légales nor males, etc.). C'est également une tâche particulière du Parti que de lutter directement et avec énergie contre le communalisme et les politiques communalistes sur tous les fronts.

Dans la lutte contre le communalisme nous avons de nombreuses armes. plus puissantes de toutes sont la désorganisation de la vie et de l'activité normales que le communalisme a déià entraînée et le danger rendu réel par le récent soulèvement que le pays soit divisé en deux Etats. Il y a aussi le simple fait que la méthodes extraordinaires qui créent le danger d'une dictature militaro-policière. Incipolitique « Cinghalais seulement » ne peut être imposée aux Tamils que par des demment ce sont aussi des faits qui peuvent être employés pour empêcher un ment vers I'U.N.P.

En liaison avec cette tâche de combattre le communalisme, il est nécessaire de préparer les masses à résister aux efforts de plus en plus persistants des nalistes cinghalais à étendre la lutte communaliste violemment à un - anti-indianisme a été une fois de plus colporté par ces politiciens d'une manièr lussi insensée quils lont fait quanc ils ont conduit leur campagne anti-Tamil. Si une campagne anti-indienne est lancée, la partie de la classe ouvrière la plus compacte, la plus nombreuse, la mieux stratégiquement placée dans le pays courra le danger d'être détournée vers un violent communalisme qui ne pourrait qu'endommager le mouvement ouvrier et affaiblir ia lutte des classes des ouvriers. D'autre part, les ouvriers indiens sont situés et organisés de telle manière qu'ils peuvent combattre la violence communaliste cinghalaise avec violence propre écrasante. Si une telle résistance est conduite par eux sur une ligne de lutte de classe. il un renforcement du mouvement général de la classe ouvrière contre le communalisme et contre la classe capitaliste elle-même Une tâche de fondamentale importance pour le Parti est de préparer le secteur non indien de la classe ouvrière à résister généralement à l'anti-indianisme. Cela constituera une partie importante du processus de politisation de la classe ouvrière. La politisation des ouvriers indiens et le renforcement de leur conscience d'être Ceylanais doivent évidemment progresser comme une partie du processus de politi- Ceylanais doivent sation de la classe ouvrière.

Bien que la classe capitaliste souffrant toujours de la défaite électorale de 1956 et enhardie par la faiblesse du gouvernement fait toujours de celui-ci objet de ses attaques, on doit cependant se souvenir qua tout moment decisil, considérant que le L.S.S.P. est son principal ennemi, elle lancera une offensive infatigable contre le Parti.

7. - LE MOT D'ORDRE AGITATIONNEL CENTRAL.

Les tâches énumérées ci-dessus se résument dans la tâche générale d'accentuer immédiatement et vivement la lutte contre le gouvernement du M.E.P. et de diriger cette lutte de manière déterminée vers le remplacement au plus tôt de ce gouvernement par un gouvernement qui pourra guérir la rupture communaliste, réaliser un programme de mesures économiques radicales pour une reconstruction planifiée du pays et rétablir et approfondir les droits démocratiques l'indépendance du pays. Le fort tournant à droite du gouvernement comme serviteur du peuple et défendre ouvert du capital indigène et étranger, le tournant de sa politique communaliste vers la soumission des Tamils aux intérêts du communalisme cinghalais, nace que ceci constitue pour l'existence même d'un seul Etat ceylanais indépendant, et la mele frit que le gouvernement a atteint le point ou il trouve difficile de maintenir plr› longtemps une administration démocratique normale, et l'incapacité manifeste du gouvernement à arrêter le déclin économique du pays et à le hisser sur la voie économique planifié, tout cela rend cette tâche non seulement nécessaire mais aussi urgente.

Le moment est venu d'appeler au renversement du gouvernement du M.E.P.

Lorsque le gouvernement Lorsque le gouvernement du M.E.P. fut installé en avril 1956, le L.S.S.P. ne pouvait pas d'une manière réaliste poser devant les masses la tâche du renversement du gouvernement du M.E.P. A vrai dire il eut été incorrect de lancer un tel Les masses s'étaient dressées avec enthousiasme dans les élections de 1956 pour battre 1'U.N.P. et installer à sa place le M.E.P. parce qu'elles prenaient celui-ci pour une coalition socialiste qui serait l'instrument intérêts établis. Il y avait aussi le fait que la politique communaliste du M.E.P. peuple défiant et battant recevait un large soutien des masses cinghalaises qui, dans leur majorité, rejettaient du L.S.S.P. de donner au tamil la parité de statut officielle avec le cinghalais. Dans cette situation, la tâche du Parti était de fournir masses toute l'aide pour reconnaître progressivement le caractère du régime du M.E.P. comme étant malgré la démagogie socialiste de sa propagande, un régime pieds et poings liés au système capitaliste, et qui ne pouvait résoudre ni les problèmes économiques des masses ni les problèmes communalistes dont l'acuité croissait.

Pour amener les masses progressivement au point où elles reconnaitraient ellesmêmes que le gouvernement du M.E.P. n'était pas leur instrument mais celui des capitalistes, le L.S.S.P. décida : a) de donner sa direction intransigeante aux luttes allaient évidemment venir la scène parlementaire dans l'opposition, tout en offrant au gouvernement du M.E.P. une « coopération responsive » dans la mise en application des mesures progressives prévues dans le programme électoral. En ce qui concerne les problèmes de langues et de communautés, le L.S.S.P. décida d'un programme d« explication patiente » lingée principalement vers les masses cinghalaises infectés de communalisme

Avec le temps, la confiance naive des larges masses pour le nouveau régime commença à faire place à une certaine désillusion en ce qui concerne la capacité ou la disposition du gouvernement du M.E.P. à se saisir des problèmes économiques. Ce sentiment s'accrut la montée du du chômage, notamment les éléments de l'intelligenzia qui avaient espéré de grandes choses en matière d'emploi de la politique « les Cinghalais seulement ». la forme de son opposition au Parlement en celle d'une * critique généralisée » Conformément à ce changement de situation dans les masses, le L.S.S.P.

du gouvernement du M.E.P., en ne soutenant que celles des mesures spécifiques qui pouvaient être reconnues comme étant progressives.

A partir de la dernière partie de l'année 1957, une nouvelle situation politique se developpa principalement comme résultat des luttes grévistes de la classe ouvrière dans des conditions dans lesquelles où le gouvernement se trouvait embarrassé par sa position financière détériorée et la montée élevée du coût de la vie pour les masses. Dans cette période qui se termina en mai 1958 avec l'explosion communaliste, le gouvernement du M.E.P. montra de plus en plus ouvertement qu'il plaçait tous ses espoirs dans des emprunts étrangers et le gain de la coopération de la classe capitaliste. Il fit des pas décisifs pour cimenter une alliance avec la bourgeoisie ; des actions ouvertes pour briser les grèves par les moyens les plus grossiers de police furent suivies par un renoncement ouvert a des plans ultérieurs de natio alisations et par une garantie aux investissements etrangers.

Déjà à la veille de lexplosion communaliste de mai, le L.S.S.P. avait reconnu que le temps était venu d'appeler les masses à remplacer le gouvernement du M.E.P. par un gouvernement anticapitaliste. Néanmoins, compte tenu des illusions encore persistantes dans le gouvernement parmı des secteurs dans les masses, le L.S.S.P. considéra qu'un appel au renversement du gouvernement du M.E.P. était encore prématuré. Mais l'explosion communaliste, l'état d'urgence qui fut déclaré, et les résultats qui suivirent ces développements ont si fortement érodé les illusions dans le gouvernement qu'un appel au renversement du M.E.P. devient non seulement nécessaire mais aussi réel. C'est un appel qui peut évoquer et qui évoquera une réponse

L'appel au renversement du gouvernement du M.E.P. doit être accompagné dans la situation actuelle par un appel aux masses pour remplacer le gouvernement du M.E.P. par l'alternative juste. En outre, ette alternative doit être asse . spécifique pour être un mot d'ordre agitationnel, à savoir un not d'ordre qui définisse no seulement la nature de classe du gouvernement à établir, mais aussi sa composition spécifique. Le mot d'ordre doit spécifiquement répondre à la question : à quel parti faut-il confier la tâche de gouverner ?

Dans l'état de choses d'aujourd'hui, le seul parti politique national, qui peut former un gouvernement qui peut guérir la plaie communaliste, réaliser un proferabme de rendres és dois es modales en pense et independan de papa et gramme de mesures c'est le L.S.S.P. Nous devons par conséquent accompagner l'appel au renversement du gouvernement du M.E.P. par un appel pour l'établissement d'un gouvernement gouvernement

En ce qui concerne le mot d'ordre de gouvernement du L.S.S.P., il faut saisir deux choses. D'une part, son objet est de donner un contenu concret au mot d'ordre propagandiste permanent du Parti de gouvernement ouvrier et paysan. D'autre part. il doit être clairement compris qu'il y a place dans un gouvernement du L.S.S.P pour d'autres qui seraient prêts à prendre le cours de mesures décisives anticapitalistes, nationalisation des banques, des plantations, etc. et la mise en application de la politique du Parti en matière de langues.

Il faut souligner que ce mot d'ordre agitationnel central « A bas le gouvernement du M.E.P. ! En susceptible de deve mme date tout antale sous nement ce mote ! » définit une coule de l'instabilité profonde de la situation politique générale.

Cette instabilité est le produit du jeu de plusieurs facteurs. Tout d'abord le ouvernement n'a pas la confiance ni de la classe ouvrière ni de la classe capitaliste Le grand capital poursuit activement ses intrigues contre lu confronté avec un déclin des profits, est activement mecontent du gouvernement. La classe ouvrière lui est activement hostile. En raison du découragement de ses soutiens communalistes cinghalais et bouddhistes et du rétrécissement général de sa base de masse, le gouvernement n'a pas de base solide pour manœuvrer dans la situation. Il y a ensuite la séparation qui continue entre les communautés cinghalaise et tamile, marquant la faillite de la politique du gouvernement envers les communautés. L'augmentation rapide du chômage et la montée incessante des prix des produits essentiels, reflétant le recul de l'économie nationale, introduisent un élément explosif de la situation que la lutte savivant entre la classe ouvrière et la classe capitaliste peut faire déflagrer soudainement, et les conditions de calme apparent peuvent précipitamment faire place à des conditions de tempête et de soulèvement.

L'instabilité politique existante pénètre le gouvernement lui-même et le parti gouvernemental. Malgré apparences extérieures groupes continuent à lutter vivement entre eux à la fois dans le gouvernement et dans le parti gouvernemental, comme cela fut une caractéristique depuis la formation du gouvernement du M.E.P. Ces groupes étant guidés principalement par la recherche du pouvoir et des positions, ils réagissent de manière imprévisible aux pressions contre-pressions des forces extérieures rivales en conflit. Il est donc toujours possible notamment dans une période d'action de masse, le gouvernement soudainement se divise et que le parti gouvernemental, qui contient tant delements petits bourgeois politiquement instables et indéterminés, explose en fragments.

Des variantes possibles dans le développement ultérieur de la situation politique actuelle, nous devons en envisager quatre d'une façon générale. d'entre elles tombent dans le cadre de procédures constitutionnelles, et deux hors de ce cadre.

Des procédures constitutionnelles possibles, lune est une élection générale pa la défaite ou la menace de défaite du gouvernement. L'autre, qui est moins probable est un regroupement des partis, des groupes et des éléments politiques au sein du Parlement.

Des processus extra-constitutionnels nous devons tenir compte de l'un qui est plutôt éloigné à présent, mais qui est toujours là comme une possibilité, notamment dans l'état d'urgence, c'est un coup militaire de droite. L'autre est un soulèvement de masse.

Il est impossible de prophétiser laquelle de ces issues est possible dans une situation particulière donnée, et il est nécessaire de comprendre qu'elles ne sont pas développements mutuellement exclusifs. La situation est telle que tout développement peut fondre dans un autre et être mélangé avec lui ; et lun peut succéder à l'autre dans une suite rapide et contradictoire.

Le Parti doit intervenir dans ces développements en vue de les résoudre dan: ime direction progressive de la crise gouvernementale et politique.

Pour le faire, le Parti doit acquérir la capacité nécessaire de manœuvre rapide. En utilisant ainsi les possibilités situation et tout tournant de la situation, le Parti progressera vers son objectif de renversement et de destruction de l'Etat bourgeois et de son remplacement par un Etat ouvrier soutenu par les pauvres des villes et des campagnes. A bas le gouvernement du M.E.P. ! En avant vers un gouvernement du L.S.S.P. !

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