Le 21e Plenum du Comité Exécutif de la IVe Internationale
En novembre 1958 s'est tenu le 21° Plémum du C.E.I. Outre la majorité des membres européens et de plusieurs délégués fraternels, un camarade latino-américain était venu spécialement pour participer aux travaux.
A l'ordre du jour se trouvaient les points suivants:
1° Rapports sur la situation internationale (camarade Pablo) et sur la situation en Amérique latine (camarade. Inis).
2º Rapport sur la situation en U.R.S.S., le programme des communistes vougoslaves, et les récents développements en Chine (camarade Germain).
3° Rapport sur la révolution arabe (camarade Pablo).
4° Orientation et organisation du travail du Secrétariat International.
JAP Début de l'agonie du
Economiquement le capitalisme japonais semble être entré dans un déclin à long terme depuis août 1957. L'année 1958 a été une année de totale stagnation. La production n'a augmenté que de 1 % au cours de cette année. Cest un taux très rare dans l'histoire du Japon. C'est seulement en 1931, Tannée la plus terrible, qu'il fut de 0,3 %. Déconomie japonaise n'étant pas modernisée totalement, une augmentation continuelle de la production est très essentielle pour la stabilité politique de la classe dirigeante. Le taux prévu pour 1959 est de 5%, ce qui est un chiffre relativement bas; et encore on n'est pas sûr de l'attein• dre.
L/accumulation de capital entre 1952 et 1958 a atteint 25 milliards de dollars. Mais il a été prouvé que cette accumulation n'a pas été accompagnée par un accroissement du marché adéquat. Evidemment si le marı Comité Exécutif ternationale
5° Rapports sur la situation de diverses sections.
6° Questions diverses (écoles, rapports avec le « Comité International», publiestions).
Les travaux du 21° Plénum furent placés sous le signe de la célébration du 20° anniversaire de la fondation de la IV* Interna tionale (septembre 1938) et sous la prési dence d'honneur des sections ceylanaise, bolivienne et française. Le C.E.I. a ainsi voulu rendre hommage à la fois aux sections ceylanaise et bolivienne qui sont engagées dans une lutte décisive, et aux camarades français qui ont à soutenir le poids de la lutte contre le régime bonapartiste de de Gaulle et qui montrent une solidarité complète avec la révolution coloniale.
Les discussions du Plénum furent caracté. risées par un esprit fraternel rempli d'opti misme et montrèrent la force et l'homogé. néité croissante de l'Internationale. ON régime démocratique ché mondial permettait de fournir en temps voulu un supplément de marchandises de un ou deux milliards de dollars, sous forme d'acier, de navires, de trains, d'automobiles, ete., •le problème . de la surcapitalisation serait en partie résolu. Mais cela est tout a fait imposible. Déjà dans le domaine des biens de consommation, l'industrie chinoise fait concurrence au Japon dans le Sud-Est asiatique. D'autre part, en matière de biens de production, la productivité de l'industrie japonaise est encore inférieure à celle des pays avancés.
Cette situation économique prépare une nouvelle phase politique, celle d'une marche vers une dictature policière. Ainsi, S octobre fut soumis un nouveau projet de loi de police. Mais à la suite d'une forte résistance des masses travailleuses, le gouvernement a dû renoncer à le faire passer le 22 novembre.
4лe journees
Ces 45 journées de lutte ont posé les problèmes suivants à la classe ouvrière japonaise.
1° Comment la classe ouvrière peut-elle entrer dans une lutte décisive contre la classe capitaliste sous une direction réformiste ou, pour mieux dire, sans un parti révolutionnaire de masse? Nous avons eu organise la grève générale. Qu'il forme et dirige un comité de défense unie des travailleurs.
2° Comment les ouvriers peuvent-ils com mencer une grève générale sous une diree tion réformiste, dans les conditions où les conflits deviennent plus durs et une partie considérable des ouvriers était prête à la grève générale? A ce sujet, au cours des 45 jours, nous avons vu la direction réformiste chercher à maintenir les luttes partielles, fragmentaires. Aussi la tâche des éléments révolutionnaires est-elle de pousser des luttes partielles pour, à travers elles, arriver à une grève générale qui déborde le cadre des luttes partielles isolées.
3° Comment les ouvriers peuvent-ils former une direction militante dans le cours de la lutte? Pour ce faire, nous avons deux catégories d'éléments: les étudiants communistes et les ouvriers socialistes de gauche. Une des plus importantes tâches de la prochaine période est de lier ces deux catégories. Au cours des 45 journées, les trotskystes et des étudiants de gauche ont commencé à entreprendre cette tâche. qui estime la grève générale nécessaire pour prendre le/ pouvoir. Le président et le secrétaire général du SOHYO, Ota et Iwai, ont annoncé qu'ils se joindraient à cette fraction. Au fur et à mesure que s'aggraveront les conflits entre les ouvriers et le gouvernement. les liens entre droite et gauche du P.S. s'affaibliront. La droite deviendra l'instrument de la classe dirigeante, la gauche un canal de transport de la pression des masses.
Mais tous ces projets s'avèreront inefficaces au cours de la lutte. C'est seulement si les ouvriers organisés avancent sous des mots d'ordre de classe tels que: droit au travail pour tous, salaire minimum de 8.000 yens (droit de vivre pour tous) et c'est seulement si la grève générale commence pour ces revendications qu'une grande partie des ouvriers inorganisés participera à la bataille. Alors l'équilibre sera détruit en faveur des ouvriers. Sinon les capitalistes prendront l'initiative dans la prochaine période. Nous ne devons pas attendre qu'une nouvelle offensive capitaliste ébranle les ouvriers. diants révolutionnaires et les militants ouvriers.
Parmi les étudiants, il y a une sorte de « mode » du trotskysme. Il n'y a rien de surprenant que des jeunes communistes aient aussi nombre d'idées erronées. Par exemple quelques-uns d'entre eux veulent créer un nouveau parti ou qualifient I'U.R. S.S. de capitalisme d'Etat. Mais ce sont la des signes d'immaturité, et l'organisation trotskyste a pour tâche de les aider à les surmonter.
les premiers éléments d'une cours de ces 45 jours, c'est un été créé par les peuple qui a
Ce Congrès du peuple contre réponse ац
Congrès du réformistes.
la nouvelle loi de police engloba 5 millions d'ouvriers organisés et quelques millions d'autres gens. Les dirigeants réformistes ont tenté de le maintenir dans les cadres du parlementarisme, mais dans le processus de la lutte ce Congrès tendait à devenir une alternative nu Parlement bourgeois.
Nous, trotskystes, y avons présenté les mots d'ordre suivants : ouvriers, organisezvous comme classe dans le Congrès du peuple, c'est la condition qui assurera la démocratie à 90 millions de gens. Que le Congrès du peuple contrôle lactivité des parlementaires des partis ouvriers. Qu'il
UNE NOUVELLE LUTTE
Une nouvelle fraction de gauche a été formée dans le P.S. La radicalisation des ouvriers a poussé une partie de la gauche du P.S. à se joindre à la direction du SOHYO en vue d'une nouvelle lutte intérieure contre les droitiers qui veulent dénier au P.S. un caractère de classe. Récemment un défi ouvert a été publié par un dirigeant théoricien de gauche, le professeur Sakisaka qui n'admet pas l'insurrection armée, mais
Le gouvernement Kichi a abandonné pour le moment son récent projet de loi de police. Ce fut une victoire des ouvriers. Nous sommes à présent dans une sorte d'équilibre. Le gouvernement concentre tous ses efforts pour isoler la partie militante de la masse des travailleurs et préparer une nouvelle offensive. La classe ouvrière doit aussi préparer son offensive. Le 15 janvier, ane marche contre la guerre et le chômage partira des deux extrémités du pays en direction de Tokio. Des luttes pour un minimum de salaires sont également préparées par les directions des syndicats. Un mouvement a également commencé contre le traité de sécurité nippo-américain.
La direction de l'Union des étudiants (270.000 membres) s'est complètement séparée de la direction du P. C. Celle-ci la condamne comme trotskyste. Ce n'est pas complètement erroné. Malgré une sérieuse campagne de la direction du P.C. contre les dirigeants des étudiants, et de la part des autorités et de la presse bourgeoise, les dirigeants des étudiants ont manifesté une conscience de classe politique. La tâche est de créer une liaison étroite entre les étu-
VERS DE NOUVELLES LUTTES
DANS LE MOUVEMENT COMMUNISTE
INTERIEURE DANS LE P.S.
VERS DE NOUVELLES LUTTES
DANS LE MOUVEMENT COMMUNISTE
INDONÉSIE
La crise révolutionnaire mûrit
La situation en Indonésie est caractérisée en ce moment par les points fondamentaux suivants: 1º lexpropriation des entreprises néerlandaises et des plantations des Hollandais et des Chinois membres du Kuomintang par le gouvernement et larmée; 2° lincapacité du gouvernement national bourgeois à organiser une économie plani-
L/action contre les colonialistes hollandais a commencé en décembre 1957. Cette action, qui débuta comme une riposte du gouvernement Djuanda dans le cadre de la campagne pour la libération de l'Irian, déborda immédiatement les limites étroites dans lesquelles le gouvernement aurait voulu la circonscrire, et les masses prirent ellesmêmes spontanément l'initiative de chasser les propriétaires et les directeurs et de s'emparer des plantations et des usines. Grâce à l'activité du P.C. indonésien qui s'opposa à toute action extraparlementaire du prolétariat, la pression ouvrière se trouva réduite à la formation d'un comité officiel dit Comité Trian, sous la présidence du ministre président Djuanda. Au cours des premiers mois de 1958, l'activité des masses fut moindre, leur attention ayant été portée sur l'action militaire contre le gouvernement des rebelles pro-impérialistes dirigés par l'ancien gouverneur de la Banque Indonésienne Sjafroeddin, à Sumatra et à Célèbès. La pression des masses sur le gouvernement persista cependant et obligea celui-ci à prendre bon gré mal gré des mesures contre les Hollandais et les Chinois du Kuomintang afin d'éviter une nouvelle vague d'actions spontanées du prolétariat.
Pendant Tannée 1958, le gouvernement a nationalisé des propriétés néerlandaises pour une valeur d'un million et demi de dollars. Le 3 décembre 1958, une loi votée par le parlement légalisa cette situation. Cette loi entra rétrospectivement en vigueur a partir du 3 décembre 1957, c'est-à-dire à partir du jour où commença l'action des ouvriers indonésiens contre la K. P. M. (grande compagnie hollandaise de navigation entre les diftérentes iles). La nationalisation fut réalisée sans indemnité. Cependant promesse a été faite aux propriétaires hollandais qu'une certaine indemnité leur serait versée après évacuation par les troupes néerlandaises de l'Irian. Ce qui par ailleurs n'a pas encore eu lieu jusqu'à ce jour.
Les raisons sur lesquelles s'appuyait le gouvernement pour défendre les nationalisations étaient fondées sur une vérité première : il les considérait comme « indispensables pour renforcer la sécurité et la défense ». Ce qu'il évitait de dire, c'était qu'il s'agissait surtout pour lui de se défendre contre les actions du prolétariat.
Il est très intéressant et réconfortant d'entendre sonner le glas du colonialisme hollandais dans le numéro du 4 avril 1958 fiée; 3º le chaos énorme qui résulte de cette incapacité; 4º la pression accélérée exercée par l'armée pour s'emparer du pouvoir et de l'appareil d'Etat; 5º l'incapacité et le manque de volonté de la direction du P.C. indonésien pour renverser l'ordre bourgeois et instituer un gouvernement ouvrier et paysan. du Volkskrant, organe du parti catholique au pouvoir en Hollande: « Pas d'avenir pour les planteurs ». « Il est de notoriété publique que le rôle du capitalisme néerlandais en Indonésie est complètement terminé ». « On doit s'attendre à voir Java s'engager dans la voie du communisme». «« En Indonésie, des usines, des plantations, des compagnies export-import, des privilèges portuaires d'une valeur de plusieurs milliards de florins, abandonnés par les milliarde Hollandais, sont entre les mains de soidisant « comités directeurs ». (Les guillemets sont du journal).
Et ce n'est là qu'une seule des voix du chœur des capitalistes hollandais qui se lamentent d'avoir été dépouillés.
Avec la nationalisation de la plus grande partie de l'économie indonésienne, le groupe dirigeant actuel se voit voué à la tache d'organiser l'économie sur une autre base. Or non seulement ces nouveaux bourgeois ne sont pas en mesure de résoudre les problèmes énormes que la situation comporte, mais l'appareil d'Etat est déjà complètement corrompu.
Le problème central est et reste l'expropriation de tous les capitalistes, aussi bien étrangers qu'indigènes, et la nationalisation de toutes les plantations, entreprises industrielles, banques, moyens de transport, et l'instauration du monopole du commerce extérieur. Point n'est besoin de dire que la bourgeoisie nationale n'est pas prête à se passer elle-même la corde au cou et à tirer sur le nœud coulant.
Quels sont les résultats de cette situation? Selon les chiffres officiels il y a en ce moment en Indonésie plus de vingt millions de chômeurs. Ces chiffres ont été établis par le ministère indonésien des Affaires sociales. Cinq millions d'ouvriers des plantations et de l'industrie sont devenus chómeurs après la nationalisation des entreprises néerlandaises. On évalue à quinze millions les
€ il rurale: et vingt millions quart de toute hômeurs dans la population convient de noter que ces de chômeurs constituent le la population de l'Indonésie, qui s'élève à 80 millions d'êtres.
Le ministère de l'Education a fait savoir il y a quelque temps que seulement 13,4 millions de personnes sont enregistrées comme travailleurs et patrons. De ces 13,4 millions d'Indonésiens à salaire ou revenu fixe, 3 millions travaillent dans des entreprises
DE L'ECONOMIE
DE L'ECONOMIE privées, 1,9 million sont des fonctionnaires, et 8,5 millions sont des ouvriers agricoles. Plusieurs villes indonésiennes ont maintenant une population dépassant un million d'habitants, la majeure partie provenant de la campagne. La plupart de ces ouvriers
Par comparaison avec 1957, les recettes provenant des exportations traditionnelles - à l'exception du pétrole — ont diminué de 35%. Le résultat immédiat a été que les importations ont aussi diminué d'autant. Durant les eing premiers mois de 1958, la valeur totale des exportations de caoutchouc, d'étain, de thé, de tabac, d'huile de palme, de sucre et de coprah était de 1.760 millions de rupies contre 2.855 millions pendant la même période en 1957.
Le déficit budgétaire de 1958 est estimé à 9,7 milliards de rupies et, selon les prévisions des cercles compétents, de l'ancien vice-président Hatta en particulier, le déficit de 1959 sera d'environ 12 milliards de rupies.
En 1951, la totalité de la monnaie en circulation était de 5 milliards de rupies : en 1958 elle s'élevait déjà à 21 milliards et. selon une note financière du gouvernement,
Ce qui rend la situation en Indonésie dramatique, c'est que le P.C. n'est pas prêt à intervenir et à prendre la tête du mouvement du prolétariat des villes et des campagnes pour écraser le régime bonapartiste de Sukarno. Ce régime a la possibilité de se maintenir en dépit de l'énorme supériorité des forces ouvrières sur la bourgeoisie et sur son armée, grâce au parti stalinien. Cette armée, d'ailleurs complètement divisée, est loin d'être d'une stricte fidélité au régime.
Le P.C., suivant les directives de Moscou, limite son action à une faible opposition parlementaire. Cette politique consiste à maintenir le statu quo entre 1 Est et FOuest dans le bassin de l'Océan Indien. La bureaucratie soviétique craint une victoire révolutionnaire du prolétariat en Indonésie. La conséquence en est que des millions de gens paupérisés sont condamnés pour subsister à vivre de vol et de mendicité. En réalité, ce sont déjà là des signes de pourrissement de la révolution, des manitestations d'un processus révolutionnaire prolétarien sans direction révolutionnaire consciente. Ce sont en même temps les symptômes d'une maladie mortelle, précurseurs de la fin du régime capitaliste.
La clique de Sukarno ruine l'économie et le peuple. Cest pour cette raison que le sort des généraux, des ministres corrompus et de tout le régime est d'ores et déjà scellé. Le slogan «/Irian libre», bien que juste, suscite d'autant moins l'enthousiasme national du peuple que les estomaes sont moins remplis.
Au sein de la direction de l'Etat il y a latte également. Sukarno, soutenu par son Conseil National sous la direction de Roeslau Abdulgam s'efforce de changer la loi et paysans aux abois vivent de vols et de mendicité, toute aide sociale de la part du gouvernement faisant complètement défaut. La situation désespérée de cette masse paupérisée ne saurait se prolonger encore longtemps. DES FINANCES elle atteindra en 1959, un total de 34 milHards.
Au marché parallèle, la valeur du dollar américain est neuf fois plus élevée qu'au cours officiel (11,40 rupies). Dans le passé, les rentrées de devises provenant de l'exportation atteignaient toujours 9 milliards de rupies. En 1958 elles n'ont même pas atteint 6 milliards. Les importations des matières premières se trouvent complètement stoppées par manque de devises. Même ceux qui reçoivent des licences d'importation sont très souvent incapables de les effectuer en raison du change trop défavorable.
Le commerce avec les « démocraties populaires », l'U.R.S.S. et la Chine augmente de plus en plus. La majeure partie de l'aide économique et militaire reçue par lIndonésie en 1958 provient des pays communistes. Dlle recoit d'eux d'une part du riz et d'autre part des avions i réaction et des bateaux de guerre. électorale craignant une nouvelle victoire du P.C. indonésien, qu'il s'agit d'empêcher à tout prix. C'est aussi la raison pour laquelle les élections de 1958 ont été ajournées à 1959. On redoute à juste titre que le P. C. ne devienne le plus fort parti. La modification à apporter à la loi électorale consiste en ce que la moitié seulement des 260 sièges serait élue par le peuple, l'antre moitié étant nommée par des « groupes fonctionnels ».
Les partis politiques ont annoncé au gouvernement et au Conseil National qu'ils ne sont pas d'accord avec cette modification. Ce qu'on éntend par « groupes fonction nels », c'est l'armée, les organisations féminines, les intellectuels, les commerçants, les anciens combattants, les ouvriers et les paysans. ete.
Le Conseil National est également composé de ces «« groupes fonctionnels ». Les staliniens ont déclaré par l'intermédiaire de leur deuxième secrétaire général, Loekman, qu'ils n'ont rien contre le changement de la loi électorale à condition que les représentants du l'arlement soient élus démocratiquement. Ils ne font aucune objection aux « groupes fonctionnels ».
Tout le projet de changement de la loi électorale a pour but de combattre l'infuence des partis ouvriers. C'est un nouveau pas vers la « démocratie dirigée » que Sukarno voudrait instaurer avee l'aide de l'armée commandée par Nasution. Il faut noter que Sukarno et Nasution, qui ont toujours été d'accord sur une politique de «juste milieu » (c'est-à-dire bonapartiste). depuis la fin décembre 1958 sont en conflit ouvert. Pendant une conférence militaire à Bandoeng, Sukarno déclara que les chefs de l'armée devaient se borner à restaurer
POLITIQUE
POLITIQUE
INTERNATIONALE la paix dans tout le pays. Sukarno conseillait ainsi à Nasution de maintenir l'ordre dans larmée, sans plus.
Le colonel Soeprajogi, également ministre de la Stabilisation Economique dans le gouvernement actuel, ripostait immédiatement : «Nous avons écouté avec une grande attention le discours du Président Sukarno, et nous sommes d'accord avec la majeure partie de ce discours. Mais on ne doit jamais oublier qu'on doit compter avec les aspirations politiques de l'armée. »
Le conflit entre la direction de l'armée et Sukarno est d'une signification secondaire: cependant il illustre le désir répété d'une certaine partie de la bourgeoisie indonésienne d'abandonner la politique du « juste milieu » et de passer ouvertement à l'attaque contre les masses. Ce qui serait d'une importance capitale, c'est que les masses se décident à faire pression sur leurs dirigeants afn que ceux-ci s'emparent du pouvoir.
La tâche des marxistes révolutionnaires en Indonésie, c'est d'aider et de faciliter ce processus. Ils doivent expliquer aux masses dans quelle situation elles se trouvent, et rans quelle voie elles doivent s'engager. C'est la tâche de tous les marxistes à l'intérieur ou en dehors du Parti Commoniste.
Au cours de ce processus, une nouvelle direction révolutionnaire se formera. A mesure que la révolution mondiale gagne sur une plus grande partie du globe, le rôle du stalinisme se trouve diminué. Une vietoire du prolétariat indonésien serait pour bureaucratie stalinienne et pour l'impé rialisme mondial un coup très grave. La victoire de la révolution en Chine a ouvert un nouveau chapitre de l'histoire humaine. En même temps elle a éliminé toute une génération stalinienne en U.R.S.S. Chaque nouvelle victoire du prolétariat, même si elle est réalisée sous la direction de leaders staliniens, rapproche l'heure de la défaite de la bureaucratie stalinienne et de l'impérialisme mondial.
C'est dans ce sens que nous devons considérer notre tache en Indonésie; c'est en Indonésie que cette tâche est sur le point d'être accomplie plus rapidement que partout ailleurs.
TOKRO
ALLEMAGNE FÉDÉRALE
Apathie politique
Le développement économique dans la République fédérale ne connait jusqu'à ce jour aucun recul sérieux. Il est vrai que le taux d'accroissement de l'ensemble de la production industrielle continue de décroître et que l'importation des matières premières de l'étranger n'a pas cessé de diminuer. Il y a aussi des phénomènes permanents de crise dans quelques secteurs de l'industrie des biens de consommation. Par contre, les industries des produits d'investissements et des machines, dont les ordres proviennent principalement de l'intérieur, exercent leur action de soutien de la conjoncture. L'explication de cette contradiction apparente se trouve dans le fait que l'industrie allemande pénètre dans une mesure croissante dans le domaine de l'armement et traverse aussi une phase de rationalisation qui doit la rendre « en état » pour la concurrence qui s'accentue sur le marché intérieur et le marché mondial.
Dans l'industrie houillère il y a une véritable crise de surproduction par suite de la concurrence des huiles combustibles. En second point névralgique de l'industrie lourde est donné par l'industrie de l'acier qui, depuis bientôt un an, travaille à 60 à 70 % de sa capacité. Si on parle déjà ici ou là de la menace d'un effondrement des prix internationaux de l'acier, on ne peut encore aujourd'hui percevoir combien se trouve la du noir peint consciemment. Quoiqu'il en soit, l'économie fédérale ne présente aucune faiblesse profonde perceptible. En général, il faut attribuer cela au fait que le capitalisme allemand est maintenant entré dans nn processus pour s'emparer des réserves de conjoncture sommeillant dans l'armement et la rationalisation. Parallèlement se pouret éveil syndical suit un processus de concentration de capital qui laisse loin derrière lui le développement d'entre les deux guerres mondiales et qui déborde d'une façon croissante le cadre national. Des entrelacements étendus de capitaux entre les industries lourdes alle mande, française et belge, l'entrée constante de capitaux américains dans la République fédérale et des participations croissantes de capitaux allemands dans les entreprises américaines, le font voir clairement.
En liaison étroite avec cela a lien ELEE démantèlement lent du « coussin social » - c'est-à-dire desdites « additions volontaires » qui n'ont pas eu de détermination de salaire -_ dans les entreprises. Par l'introduction d'une diminution des heures de travail on essaye aver succès d'éviter • une détérioration rapide du «climat social ». D'autre part, les licenciés peuvent encore aujourd'hui être pris rapidement dans d'autres entreprises. Le tableau global montre donc toujours le plein emploi avec une détérioration graduelle simultanée de la situation sociale de la classe ouvrière.
Dans les entreprises on commence à éprouver de l'incertitude et de l'inquiétude. La confiance dans une durée infinie du miracle économique commence à disparaître. En même temps grandit le sentiment d'être abandonné, car ni les syndicats ni la socialdémocratie n'offrent des solutions d'une politique de classe.
Au milieu d'une apathie politique générale et d'une amertume en politique intérieure a eu lieu à la fin de septembre le Congrès de la Fédération syndicale des métaux (I.G.M.) à Nuremberg. Il a donné quelques lueurs, en faisant du moins formelle ment une démonstration contre la liquida tion complète des points socialistes ou semisocialistes du programme, qui se trouvait dans la conception économique exposée par Deist devant la social-démocratie. Dans T1.G.M. se manifesta aussi la reconnaissance du fait que les temps deviendront plus durs et amèneront des attaques plus grandes des patrons contre le niveau de vie des masses. De ce point de vue la renonciation du plus important syndicat allemand à toute illusion dans la collaboration est importante.
Ce résultat est à attribuer en premier lieu à l'attitude des militants moyens et inférieurs des entreprises et des syndicats. Leurs interventions au Congrès a montré que la Fédération des métaux pourrait compter sur la participation active d'une large couche de militants si elle se décidait à préparer les métallos pour les luttes à venir par une action puissante combinant les explications et les luttes partielles.
Jusqu'à présent il n'y a aucun signe que la direction de I'I.G.M. songe à développer sa tactique dans le cadre d'un tel plan stratégique de la lutte des classes. La raison profonde en est que l'on ne peut élaborer une stratégie et une tactique correctes que si on commence par rechercher sans réserve toutes les fautes et faiblesses du passé. Y entreraient : la destruction de la légende de la « cogestion » par les soi-disant « direcet des syndicats ont affirmé que la classe ouvrière allemande, avant tout ses syndicats, défendrait la démocratie quand elle serait menacée. Pas à pas, la bourgeoisie allemande avance sur la voie de la suppression de la démocratie : pas à pas les organisations traditionnelles de la classe ouvrière reculent.
Entre temps, le trust Mannesmann liquide à froid la co-gestion dans ses holdings par une simple mesure technique de fusion. Il n'y eut qu'une protestation sur le papier des syndicats. Dans le jugement du tribunal de Cassel qui rend I1.G.M. responsable des pertes financières subies par les patrons par suite de la grève du Schleswig-Holstem, les patrons allemands et la nouvelle justice de classe allemande ont préparé le plus grand test à ce jour sur la force et la disposition à la lutte de T'I.G.M. Jusqu'a maintenant on sait seulement que TI.G.M a fait appel devant le tribunal fédéral de Karlsruhe. Il n'est pas question de mesures de combat; au contraire, Brenner, premier président de I'I.G.M., déclare expressément. que la Fédération se soumettra au jugement d'appel; en même temps, il dit aussi qu'il s'agit d'un jugement politique.
La réaction des patrons au jugement de Cassel en dit plus que tout commentaire profond sur la non constitutionnalité du jugement. L'I.G.M. n'est plus crainte, elle n'est même plus respectée. On a pitié d'elle. on ne veut pas sa « ruine», mais on en attend un « comportement correct », déclare t-on, faisant dépendre du « climat social» le montant des demandes d'indemnités dé coulant du jugement. Bref on veut obtenir de I'I.G.M. des concessions de « paix de classe ».
Si les métallos veulent éviter que leur Fédération connaisse une évolution extrêmement dangereuse qui peut la rendre ainsi que tout le mouvement syndical complètement incapable de lutter, ils doivent maintenant exiger de toutes leurs forces une action de défense sous la forme de mesures de luttes de salaires et politiques, propagandistes et agitatives. La situation deviendra chaque mois plus précaire. Si la bourgeoisie allemande peut, sans être dérangée, rassembler les pierres de son « Etat fort », les grandes organisations s'effondreront comme un château de cartes au premier grand coup.
Ce que fait la social-démocratie ne vaut pas mieux. Le mouvement « contre la mort atomique » oui avec la narticination émiatomique » qui, avee la participation éminente de savants, de médeeins et de pédagogues connus, ainsi que de la jeunesse universitaire, avait toutes les prémisses pour devenir un véritable mouvement populaire, meurt encore plus lamentablement que le mouvement de l'église Saint Paul contre le réarmement. La direction du S.P.D., sans aucune conception de la réalité sociale et du role de l'Etat dans l'époque déelinante du capitalisme, est mue impuissante, en contradiction sociale et idéologique désespérée entre le vieux « réformisme socialiste » et les désirs impatients d'adaptation de la nouvelle couche dans le S.P.D. des petits bourgeois arrivés, bourgmestres et aspirants ministres, directeurs de caisses de maladie et de cogestion, bonzes syndieaux teurs ouvriers » : la douteux que beaucou dans les conseils de objet d'une critique aussi la pratique exe années de la « négoci une table ronde avec des référendums sur marché, et aussi la re les expériences des pl de grève à une analy tirer les leçons appre à considérer et à dirig une « école de la lutt drait enfin tirer les d'une analyse de la puissance économique de la puissance étati
La bourgeoisie all conscience des avant donne le fait d'une litisée, partiellement tout dépourvue de d elle jette par dessus les plus sacrés » de sa lutionnaire », le droit suasion, et exige dénonciation du rôle P d'entre eux jouent surveillance. Comme sérieuse viendraient cée depuis de longues ation » des salaires à l'espoir de procéder à des compromis à bon nonciation à soumettre is grands mouvements se de classe afin d'en priées, autrement dit er les syndicats comme e de classes ». Il fauconclusions politiques concentration de la et de l'entrelacement que et économique. emande agit avec la ages actuels que lui classe ouvrière déponeutralisée et avant irection. Cyniquement bord un des « droits propre période « révoà une activité de perintre son ennemi de classe potentiel la peine de mort comme arme de la guerre politique. Il devient de plus en plus clair que le Portugal, l'Espagne et maintenant la France, fourniront le modèle qui servira à la bourgeoisie allemande pour organiser son pouvoir d'Etat.
Ses mesures de mobilisation se poursnivent. Le ministre de l'Intérieur Schræder demande le vote d'une loi sur l'état de nécessité contre le danger du communisme dans une Allemagne divisée, s'appuyant en outre formellement sur le traité relatif aux troupes. En réalité une nouvelle « Gestapo » serait créée dont le domaine d'activité est caractérisé par la « défense psychologique » et la peine de mort pour crime politique.
Pendant des années, les grands du S.P.D.
et présidents professionnels de conseils d'entreprise. Elle vit politiquement au jour le jour.
Pour cette direction social-démocrate une vie végétative politique est devenue un style d'existence politique. Là on il faudrait une différenciation, le S.P.D. recherche convulsivement un « accord », comme elle le fit à la session du Bundestag à Berlin. Des jérémiades communes sur le manque de liberté dans la zone, au lieu de démasquer l'hypocrisie bourgeoise au sujet de la réunification. Dile avait accepté de voter une déclaration commune avee les partis bourgeois, tandis qu'au même moment Adenauer, dans ses discours électoraux, lui donnait gifle sur gifle.
Lorsqu'éclata la crise de Berlin, la S.P.D tout d'abord bavarda, prononçant les phrases générales de la bourgeoisie sur la liberté. Les partisans d'une politique extérieure « commune » entre « le gouvernement et l'opposition » déversaient leurs propos. A la fin, Ollenhauer, premier Président du parti, demanda la parole et fit connaître quelque chose comme une prise de position officielle du parti: la solution de la erise de Berlin n'est possible qu'à la longue dans le cadre d'un réglement plus vaste comportant la réunification de l'Allemagne, le contrôle des armements, et une zone désatomisée (plan Rapacki). A côté de cela, le bourgmestre social-démocrate de Berlin, Willy Brandt, développa sa propre politique « domestique ». Il y a done ainsi une position social démocrate officielle dont on tient à peine compte : mais il n'y a pas de politique social-démocrate claire dans cette importante question nationale.
Cet exemple est précisément classique pour démontrer l'impuissance social-démocrate. La social-démocratie est incapable de présenter aux masses une conception qui serait en soi juste, de politiser celles-ci et de les mettre en mouvement. La crise de Berlin qui peut se développer en un des plus durs conflits entre l'Est et TOuest
- dans l'état où sont les choses à présent -verra les masses soit indifférentes, soit coopérant avec la bourgeoisie. verra alors si Willy Brandt jouera le rôle d'un Guy Mollet allemand pour lequel il paraît prédestiné. La victoire électorale du S.P.D. à Berlin — entre autre aussi comme réponse à l'initiative russe - lui est due principalement. Les masses ne votèrent pas entre solutions politiques. Elles élirent «l'homme fort ». Willy Brandt, dont le verbiage arrogant, en l'absence de toute alternative réelle, en imposa plus aux masses que les arguments du parti « officiel » présentés faiblement et sans force de conviction.
La recommandation de la fraction du S.P.D. au Bundestag aux membres du S.P.D. d'entrer librement dans l'armée est le dernier fruit que cette « direction » de la elasse ouvrière a produit. Ce coup fournit au mouvement « contre la mort atomique» un enterrement de dernière classe et réalise pratiquement la capitulation devant les faits accomplis du gouvernement Adenaner.
Il faut dire, à honneur des membres du parti, que dans leurs rangs s'est répandu un fort mécontentement, en partie même de l'indignation qui alla jusqu'à la mennee du départ ou même le départ du S.P.D. vives discussions ont éclaté. Elles ont donné aux socialistes révolutionnaires la possibilité de montrer à propos de ce sujet les contradictions eriantes de la politique social démocrate que chacun saisit. Il s'est pré senté ici et là la possibilité de soulever la question de la nature de classe de l'Etat, du rôle de l'Etat comme instrument de la elasse dirigeante.
Les différences intérieures pour les positions dans la fraction du Bundestag ne sont d'importance accessoire que dans la mesure ou elles permettent, là où les éléments de gauche ont quelque résonance parmi les adhérents, de fournir un terrain pour la discussion du projet de programme fondamental du S.P.D. Ce programme qui ne mérite d'être mentionné que pour son manque de base veut accorder les aspirations petites bourgeoises gouvernementales des carriéristes avec les intérêts sociaux de la base ouvrière, une pensée aussi illusoire que la synthèse entre les intérêts de classe anta gonistes de la bourgeoisie et du prolétariat.
Tandis que l'idéologie et la pratique social-démocrate officielle sont peu à peu déviées à droite, les syndicats, pour des raisons objectives, se développent toujours plus dans le sens d'une « gauche naturelle » dans la classe ouvrière et comme tendance de gauche dans la social-démocratie.
Les « propos quasiment de combat » échangés entre Kiel et Nuremberg, entre le Congrès du C.D.U. et le congrès des mé tallos, qui fut pour ainsi dire mené de façon symbolique, reflète à sa manière la situation objective. A Kiel les stratèges conscients • du C.D.U. en plein sentiment de leur force A Nuremberg le plus fort syndicat industriel du D.G.B. en tant que dernier refuge avant la liquidation totale du reste de la pensée et de la volonté socialistes, l'organisation de classe comme matrice potentielle pour développement d'une nouvelle conscience de classe.
Si c'était seulement de la pratique syadi cale de la majorité des dirigeants syndicaux que dépendait le fait que la classe ouvrière allemande dans République fédérale s'éveille à une nouvelle conscience de elasse, les perspectives seraient plus que douteuses en raison des expériences passées. La situs. tion objective créera toujours davantage les conditions dans lesquelles la classe ouvrière allemande pourra aller dans des luttes dé fensives s'amplifiant et se dureissant. Cela lui permettra de gagner assez de temps pour accumuler des expériences et pouvoir créer un nouveau cadre dirigeant qui voudra et sera en état de dominer stratégiquement et tactiquement les luttes à venir. Dans quelle mesure cela se produira-t-il dépend avant tout des organisations syndicales et ainsi, pour beaucoup, du comportement et de l'activité des dirigeants moyens et inférieurs dans les entreprises et les syndicats. Le danger d'une décomposition de la conscience et de la volonté de résister dont les traces sont visibles ici et là — avant tout aujourd'hui dans la Ruhr - peut se développer en un sérieux obstacle pour une stratégie syndicale militante, si les ouvriers ne se voient pas consolidés par leurs organisations et sout pas imbus d'une confiance en euxmêmes.
Pour agir dans le sens de ce développement, les socialistes révolutionnaires doivent
ITA faire les efforts les plus grands pour renforcer leurs propres cadres et pour être à la hauteur des taches futures.
W. BECKER
LIE
Le Parti Socialiste italien
Le l'arti Socialiste Italien, deuxième organisation ouvrière du pays, se trouve, pour la première fois depuis dix ans, sérieusement divisé à la veille d'un congrès national. Après les violents conflits de 1915, 1947, 1948, qui avaient déterminé des scissions successives (dont l'une, la plus ample, avait donné naissance au parti social-démocrate de Saragat), ce parti avait été partiellement « stalinise » et ses congres avaient voté des résolutions uniques à l'unanimité des voix. Mais cette époque semble désormais révolue et les organisations de base elles-mêmes ont ete appelees cette tois a se prononcer sul trois rapports différents, qui reflètent une division au sommet, ouvertement constatée à la dernière session du Comité Central.
ta lien du ra ponti réstate les ami La ligne du rapport présenté par Nenni cultés dans lesquelles se trouve depuis quelques années le mouvement ouvrier du pays et analyse, bien que d'une facon sommaire, les dégénérescences bureaucratiques de l'U. R.S.S. et des autres Etats ouvriers. Il pense qu'une accentuation de la politique c autonome » du P.S.I. pourrait débloquer la situation ou en poser les conditions : cette politique devrait se concrétiser dans une attitude de neutralisme et d'équidistance tendancielle sur le plan international, et dans une diférenciation très nette envers le Parti communiste à l'intérieur. Par une telle attitude, selon Nenni, le P.S.I. devrait réussir, tot ou tard, a polariser les forces nécessaires pour imposer ce qu'on appelle l'alternative démocratique. A l'occasion ce but devrait être atteint par de nouvelles élections.
Au fond, Nenni développe la ligne dessinée déja au lendemain du 20° Congrès du P.C. de lU.I.S.S. Chez lui, la condamnation le rappeler, il n'avait adressé aucune eridu stalinisme — auquel, pourtant, faut-il tique pendant une très longue période — impliquait une condamnation du léninisme, et la seule possibilité de succès de la part du mouvement ouvrier occidental résidait dans labandon de toute conception révoludans abandon de toute conception revolutionnaire et dans l'adoption des thèses néoréformistes sur les voies « nouvelles » all socialisme. Il est vrai que le P.C. italien se prononçait aussi pour cette ligne: mais lidée essentielle de Nenni, c'est justement que, par sa nature et ses liaisons avee TU.K.S.S., le P.C. italien ne pourra jamais traduire dans la réalité les voies « démocratiques » au socialisme, tandis que le P.S italien est la seule organisation ouvrière en condition de la fairo en condition de le faire.
Tout cela n'a pas placé Nenni sur le même plan que celui des positions classiques de la social-démocratie internationale (sa base ne le tolérerait pas et lui-même d'ailleurs ne peut oublier tellement son passé et sa formation), mais en fait il est désormais très proche de certaines tendances de gauche ou centre gauche à l'intérieur des grande partis sociaux-démocrates (par exemple, la tendance de Bevan, qui d'ailleurs collabore assez régulièrement à l'organe du P.S.I.).
On pourra remarquer que cette ligue développe les mêmes idées qui avaient trioraphé au Congrès de Venise il y a deux ans. C'est justement le but que Nenni se propose d'atteindre. Mais, d'après lui, une large partie du Comité Central sortant aurait été, au fond, hostile à cette ligne et, sans faire une opposition ouverte, la « sabotait » dans application ; c'est pourquoi Nenni luimême a pris l'initiative de la rupture au sommet afin que le parti puisse se prononcer non seulement sur une politique mais aussi sur les hommes qui seront chargés de l'appliquer.
La deuxième tendance est représentée par Basso, un personnage assez caractéristique, qui souvent a développé des analyses très bonnes, mais sans savoir en tirer les entrait et il en imp saient (aluscontraire i conclusions qui s'imposaient (au contraire il tunistes). Son document — du point de vue formel - est incontestablement le plus cohérent et une fois encore il s'y trouve des analyses assez correctes (notamment sur I'U.R.S.S. et les Etats ouvriers). Mais Basso lui aussi, accepte les voies « nouvelles » (la possibilité du passage au socialisme par la démocratie, ete.) et la conception d'aprés laquelle le Parti socialiste serait le mieus qualifié pour traduire en pratique cette possibilité. De ce fait sa position ne se différencie pas beaucoup de celle de la tendance Nenni. Plus exactement, Basso qui, à vrai dire, a énoncé le premier la formule de l'alternative démocratique - désormais courante → exclut carrément une collaboration avee la démocratie-chrétienne, tandis que Nenni apparait plus «possibiliste ». Mais dans l'immédiat Nenni aussi se rend compte qu'une telle collaboration ne peut mas être réalisée à des conditions sérieuses pas être réalisée à de ce qui réduit à cette avec Basso.
La troisième tendai qui a eu au Comité relative -- a proposé ment qui, a certains plus avancé, mais qui aussi assez éclectique inégale. La partie de document est celle qui s conditions sérieuses, étape ses divergences ace — la gauche
Central la majorité au Congrès un doeupoints de vue, est le malheureusement, est et d'une valeur très loin la meilleure du critique les tendances social-démocrates du groupe Nenni, qui souligne les dangers d'une rupture entre les deux partis ouvriers et qui se prononce sans hésitation pour le front de P'U.R.S.S. et des autres Etats ouvriers. En outre, le rapport de la gauche développe une certaine critique de la politique du mouvement ouvrier italien dans le passé et dénonce certains aspeets de la ligne du P.C. italien, dont on souligne à juste titre qu'il a sur plusieurs plans une «ligne de défense sans perspectives ». Enfin, la gauche rappelle certaines idées marxistes sur la démocratie bourgeoise et la démocratie ouvrière, disant, entre autres, que «l'organisation de l'Etat démocratique des travailleurs ne s'identifie pas avec celle de l'Etat démocratique de la bourgeoisie ».
Mais à côté de cela, on continue à aecepter dans le fond les voies « nouvelles » et à concevoir la possibilité d'une transformation de l'intérieur des structures de l'appareil bourgeois. L'idée de l'alternative démocratique - dont personne ne saurait dire exactement ce qu'elle signifie — est acceptée aussi par la gauche qui, sur ce plan, se déclare d'accord soit avee Nenni soit avee Basso.
En deuxième lieu, en ce qui concerne la question de l'U.R.S.S. et des Etats ouvriers, le rapport de la gauche souligne à juste titre que le système des Etats ouvriers doit être critiqué de l'intérieur et que « le processus de déstalinisation est irréversible car les causes objectives qui le déterminent, prévalent sur les causes subjectives qui le ralentissent ». Mais la critique à la bureaucratie est assez faible et on pourrait en inférer que la bureaucratie a trouvé en elle-même la force pour un renouveau en éliminant les maux dénoncés par le 20° Congrès. D'autre part, Tallusion au révisionnisme est trop vague ; on ne soutie, par exemple, pas un seul mot sur les communistes Yougoslavie Moscou dénonce comme les pires révisionnistes.
Immédiatement après le Comité Central qui a consacré la formation des trois tendances, les forces du parti se sont alignées derrière chacune d'elles : quelques semaines plus tard les positions étaient déjà cristallisées. La tendance Basso, à quelques exceptions près. en un succès très limité et pourra tout au plus jouer un rôle subordonné. en se ralliant aux autres congrès, soit après celui-ei dans le nouvean Comité Central. Nenni a été suivi par la droite du Parti, y compris par les nombreux militants assez proches des conceptions de la social-démocratie et qui ne seraient pas hostiles à une collaboration avee la démocratie chrétienne. On peut dire — probablement sans exagérer - que la base de Nenni se place maintenant plus à droite que Nenni lui-même.
La gauche — qui a l'appui de plusieurs syndicalistes (dont une large fraction cependant s'est ralliée à Basso) — est dans son sein même très différenciée. On peut y distinguer trois groupes, au moins. Le premier est celui qu'on appelle le groupe « de l'appareil » : ce sont des gens qui ont très peu d'idées et qui ont été toujours beaucoup plus préoccupés de garder les places qu'ils occupent dans le parti que d'œuvrer à une véritable elarification. Le deuxième groupe est celui des staliniens nostalgiques, qui n'ont pas aimé le 20º Congrès, qui ne veulent pas de critiques envers la bureaucratie de l'U.R.S.S. et qui pensent au fond aue le parti n'aura des positions justes que dans la mesure on il fera siennes les posi tions du P.C. italien et des dirigeants du P.C. de l'U.R.S.S. ; les adhérents de cette tendance sont appelés couramment « car risti », car ils étaient favorables à l'inter vention des tanks soviétiques (en italien car) contre la révolution hongroise.
Enfin, il y a un noyau, regroupé autour de « Monde operaio ». revue officielle for mellement dirigée par Nenni, mais controlée de facto par des militants d'opposition, qui a développé des analyses très bonnes I'U.R.S.S. et les Etats ouvriers, sur le mon vement ouvrier international et sur les cou rants actuels de la bourgeoisie italienne. En partienlier, ce groupe a conduit une excel lente campagne pour le contrôle ouvrier, qui a eu des répercussions même dans le P.C italien - dont l'organe a polémiqué avec ces socialistes à plusieurs reprises jusqu'au moment où Togliatti lui-même est intervenu à un Comité Central en acceptant partielle ment certaines idées qui avaient été avan cées par ce groupe. Bien que numériquement faible, le groupe de « Mondo Operaio » a été la seule tendance socialiste vraiment nouvelle qui ait développé des idées valables pour le mouvement ouvrier daus son en semble.
Nous écrivons cette note à la veille du Congrès de Naples ; mais sur la base des résultats des différents congrès locaux, on peut escompter une assez nette majorité nenniste (Nenni a eu de grands succès, no tamment dans des grandes villes comme Rome, Milan, Gênes, où sa victoire a été écrasante). Cette issue a été déterminée par plusieurs facteurs : le prestige personnel de Nenni, l'insuffisante clarté de la tendance de gauche, les réactions défavorables de plu sieurs militants à l'intervention trop ouverte du P.C. italien qui s'est prononcé contre Nenni et pour la gauche ; et surtout, fond, le poids remarquable de l'aile petite bourgeoise dans le parti. En outre, il ne faut pas oublier que la situation dans de larges secteurs ouvriers a aussi pesé lourde ment: de leur propre aven, plusieurs mili tants ont choisi Nenni, car ils sont las de lutter dans des conditions très difficiles et veulent trouver nne issue moins apre. C'est une illusion, évidemment, mais assez répandue en ce moment.
Nous verrons dans les prochains mois dans quel sens et dans quelle mesure Nenni pourra exploiter son succès actuel. Nous ne croyons pas qu'il puisse faire grand-chose. même de son point de vue.
L. MAITAN
P.S. - Le Congrès du P.S.I. a eu lieu avec les résultats escomptés, à savoir une majorité assez nette de la tendance Nenni, a élu un Comité Central oû elle est majoritaire, et une direction homogène. Pour le moment, il apparaît que les répercussions les plus grandes de la victoire de Nenni se développent dans le Parti social-démocrate de Saragat, dont la gauche voudrait désor mais rejoindre Nenni. Cela a impliqué par conséquent la démission d'un ministre socialdémocrate favorable à l'unification socialiste. Le gouvernement Fanfani, déjà en crise depuis plusieurs mois, a recu le coup de grâce et a démissionné avant même un vote défavorable du Parlement.
BOLIVIE
La répression s'abat sur le P.O.R.
La grève des employés des banques, déclenchée en janvier, a servi de prétexte au gouvernement M.N.R. pour sévir avec rigueur contre le P.O.R. (Section bolivienne de la IV• Internationale).
Le camarade Villegas, dirigeant bien connu du parti, tut arrete. Les camarades Moscoso, Bravo, Carbajal et d'autres membres de la direction du parti furent actıvement recherchés, mais sans succès, par la police.
Le gouvernement avait mobilisé tous les
La grève
Les journées du 19 et 20 janvier 1959 ont été marquées par une nouvelle lutte d'envergure du prolétariat argentin.
Avant que les différentes directions syndicales donnent le mot d'ordre de greve irinorale ps soutenir souris des generale pour soutenir les ouvriers des l'assaut de la répression gouvernementale, la grève générale était effective dès la journée du 18 janvier.
Toute la population travailleuse du pays rut emportée par le mouvement. Il s'agissait pour elle d'exprimer son opposition à la politique gouvernementale et à son programme « d'austérité ». Frondizi, nouvel homme de la bourgeoisie industrielle, s'efforce d'appliquer une politique qui vise a retablir, au moyen d'un abaissement substantiel du niveau de vie des masses, la situation économique et financière compromise du pays.
Depuis la chute de Péron, l'Argentine a accumulé un déficit commercial de plus d'un milliard de dollards. En même temps, la production industrielle du pays a fortement reculé, et l'ensemble de son économie est encore désorganisé. Les masses travailleuses sont obligées de faire face non seulement à la hausse continue du coût de la vie, mais également à l'extension du chômage.
La politique capitaliste visant à arrêter l'inflation, à relancer la production industrielle et le commerce extérieur, s'applique à réduire le niveau de vie des masses, tout en offrant garanties et avantages divers aux capitalistes privés indigènes et etrangers.
La reprivation de diverses entreprises nationalisées et la participation de capitaux impérialistes à l'exploitation des richesses nationales des pétroles et autres, complètent le programme « d'austérité » et de « stabilisation » du gouvernement.
moyens pour briser la grève des employés des banques. Il a obtenu un succes partiel grâce à la politique de coaurdise de la direction officielle de la C.O.B. qui a privé direction officielle de la C.O.B. qui a privé la grève des employés des banques de l'appui actif du reste de la classe ouvrière.
Le P.O.R., malgré les mesures de répression déclenchées contre sa direction, déploie une grande activité militante. Son journal « Lucha Obrera » parait imprimé très régulièrement et rencontre un grand écho dans l'avant-garde du pays, qui rejette le gouvernement actuel. générale Le voyage de Frondizi aux Etats-Unis. réalisé dans les jours mêmes de la grève générale, avait pour but d'obtenir une nouvelle aide financière nord-américaine épaulant cette politique.
Le succès que la grève générale a rencontré auprès de la population était significatil de lampleur de lopposition que cette politique provoque parmi les masses travailleuses. Les trois groupements syndicaux, entre lesquels se partage actuellement le mouvement argentin (connus par le nombre d'organisations que chacun d'eux englobe : " Les 62 », « les 32 ». « les 19 ») furent obligés de soutenir à leur corps défendant le mouvement spontané de grève. Mais le sectarisme et la couardise de la direction péroniste ,de loin majoritaire (celle des 62 organisations dites « de Cordoba ») ont empêché la réalisation d'un front unique de toutes les organisations syndicales, et permis aux autres centrales syndicales de limiter la durée du mouvement à 48 heures seulement.
Le degré de discipline et de combativité montrées par les masses argentines durant la grève générale nationale, malgré répression féroce du gouvernement qui a mobilisé les ouvriers, arrêté et déporté par centaines les dirigeants syndicaux et lance l'armée contre les ouvriers, fut extraordinairement élevé.
Malgré le succès partiel que le gouvernement a enregistré grâce à ses mesures extraordinaires de répression, à la mésentente et à la couardise des directions syndicales, de grandes leçons se dégageront pour les masses de cette nouvelle très importante bataille de classe en Argentine : organisation à la base dans des Comités d'usines et de quartiers ; front unique et unification dans une centrale syndicale unique ; parti cuvrier de classe indépendant basé sur les syndicats.
ARGENTINE
ARGENTINE
Une situation pré-révolutionnaire mûrit rapidement en Argentine, pays dont la classe ouvrière a donné ces dernières années d'innombrables signes de son extraordinaire potentiel de combat.
En forgeant des organes capables d'unifier la lutte des masses travailleuses sur un programme de transition adéquat, il est possible de passer à une situation révolutionnaire.
Nous nous excusons auprès de notre correspondant du Danemark, le camarade G. Moltved d'être contraint, faute de place, de reporter la publication de son article à notre prochain numéro.