Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › 16e année, n° 3

Vingt ans de la IVe Internationale (III)

Michel Pablo · Quatrième Internationale, 16e année, n° 3 · juillet 1958 · p. 52-55 · 3 008 mots

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1938-1958 (Histoire de ses idées et de ses luttes) par Michel PABLO De l'éclatement de la 2° guerre (septembre 1939) à l'assassinat de Léon Trotsky (août 1940) Au problème de la nature de classe de l'U.R.S.S. est évidemment lié celui de la nature ce classe de la bureaucratie soviétique assume en U.R.S.S. le pouvoir politique. Nouvelle classe sociale ou caste sociale parasitaire et transitoire ? C'est là toute la question, et non seulement d'un point de vue purement terminologique.

Léon Trotsky s'est efforcé, lors de la lutte au sein du S.W.P., de la clarifier, d'un point de vue scientifique et politique. De nouveau il analysa la formation de la bureaucratie soviétique historiquement, constatant qu'il s'agit d'une couche sociale en évolution, n'ayant pas encore alteint des formes stables. Il posa la question en ces termes : « La bureaucratie représentet-elle une excroissance temporaire d'un organisme social, ou cette excroissance s'est-elle déjà transformée en organe historiquement indispensable ? » (1).

Les convulsions, la crise permanente dans laquelle la bureaucratie soviétique maintient la société soviétique démontrent que cet organe, avant de se stabiliser et de devenir historiquement nécessaire, est entré en réalité en contradiction profonde avec les intérêts, les aspirations, les besoins de cette société. De ce point de vue, elle apparaît plutôt comme une excroissance parasitaire temporaire que comme une classe stable ayant une fonction historique à remplir.

Pour la nature de classe de l'U.R.S.S. en tant qu'Etat, comme pour la nature de classe de la bureaucrafie soviétique, la réponse définitive ne peut venir qu'en se plaçant dans une perspective historique. Si le prolétariat se montrait à la longue incapable de reprendre dans ses mains le pouvoir politique en U.R.S.S. et si, dans les pays avancés, la révolution aboufissait également à l'abdication du pouvoir prolétarien au profit de celui de la bureaucratie, faudrait conclure qu'au capitalisme succéderait internationalement un nouveau régime social d'exploitation, assumé par la classe (et non plus la caste) bureaucratique, telle qu'elle se forme actuellement en U.R.S.S. Cependant quelques dizaines d'années ne constituent pas une expérience historiquement concluante. D'autant plus qu'il n'y a toujours aucune raison valable de supposer que le prolétariat international a épuisé ses capacités révolutionnaires ou que le régime de la bureaucratie soviétique a pu alteindre une stabilisation durable.

Toute l'expérience de l'après-guerre est là pour démontrer le contraire, le monde dans son ensemble étant entré dans une phase de profondes transformations révolutionnaires les plus dynamiques et les plus radicales de foute l'histoire de l'humanité.

Comment, dans ces conditions, conclure déjà sur des processus en plein développement ? Le point le plus controversé de cette analyse de classe de l'U.R.S.S. et de la bureaucratie soviétique fut en réalité — et dans un sens reste toujours - la défense inconditionnelle de YU.R.S.S., c'est-à-dire la défense des structures sociales et économiques fondamentales de I'U.R.S.S. contre l'impérialisme et la réaction intérieure, indépendamment de telle ou telle politique du Kremlin, de la direction politique de la bureaucratie soviétique.

C'est là une position capitale de nofre mouvement, qui nous a distingués de tous les autres courants du mouvement communiste et que nous avons maintenue inflexiblement à travers les pires difficultés.

(1) L. Trotsky, « L'U.R.S.S. dans la guerre ».

La défense inconditionnelle de I'U.R.S.S. n'est pas un mot d'ordre, mais une ligne politique subordonnée à la défense des intérêts de la révolution mondiale. La confusion qui existe sur cette question provient de la confusion sur les méthodes et les moyens de cette « défense ». Celle-ci ne signifie pas du tout un embellissement quelconque de la bureaucratie du Kremlin, ou un rapprochement avec elle, une acceptation de sa politique, ou une conciliation avec la politique de ses alliés bourgeois ou autres. Pour nous, «la défense de I'U.R.S.S. coïncide avec la préparation de la révolution mondiale. Sont permises seulement les méthodes qui n'entrent pas en conflit avec les intérêts de la révolution. La défense de I'U.R.S.S. est reliée à la révolution socialiste mondiale comme une tâche tactique est reliée à un but stratégique » (2).

La défense de l'U.R.S.S. - ainsi que celle actuellement des autres Etats ouvriers prend un sens en cas d'attaque de la part de l'impérialisme ou des forces indigènes réactionnaires, ou de guerre impliquant des Etats ouvriers et des Etats capitalistes. Dans de tels cas, notre mouvement, indépendamment de telle ou telle politique du Kremlin, préconiserait et pratiqueraif le défaitisme révolutionnaire dans le camp capitaliste, et serait pour une sorte de front unique avec la direction de l'Etat ouvrier contre l'impérialisme. En aucun cas nous ne saurions mettre un signe d'égalité entre un Etat capitaliste et un Etat ouvrie a ni adopter également une ligne « neutre » par rapport aux uns et aux autres, ni laisser l'impérialisme la tâche de renverser la bureaucratie.

Naturellement, même dans un tel cas extrême, notre mouvement n'abandonnerait pas sa propagande révolutionnaire contre le régime politique de la bureaucratie, préparant son renversement, mais pour a l'étape prochaine » subordonnée aux intérêts de la lutte militaire commune immédiate contre l'impérialisme.

La complexité d'une telle ligne, qui reste à être définie concrètement dans chaque cas, provient de la nature complexe. contradictoire, dialectique de F'U.R.S.S. et de la bureaucratie. On ne saurait résoudre avec des formules simplistes des questions que l'histoire a rendue complexes, sans tomber du même coup dans le pragmatisme qui emporte insensiblement loin 232323 d'une ligne de classe correcte. L'expérience, aussi bien des « neutralistes » par rapport aux deux « camps » que des adeptes du « troisième camp », a clairement démontré, depuis, leur glissement COMMENT TRAITER LES DIVERGENCES AU SEIN DU PARTI PROLETARIEN ?

La lutte que Léon Trotsky a menée contre la tendance révisionniste au sein du S.W.P. et de l'Internationale possède encore maintenant pour nous un autre aspect important: celui relatif à la monière de traiter les divergences surgissant au sein d'une section ou de l'internationale. Il y a tout d'abord la nécessité de laisser aux tendances éventuelles la possibilité d'exprimer clairement, librement, par écrit, dans des documents, leurs positions politiques précises, sans caractéristiques hâtives de leur nature de classe éventuelle, sans restrictions ni menaces organisationnelles.

La lutte idéologique, si implacablement qu'elle doit être menée sur le plan striciement théorique et politique, doit en même temps aller parallèlement avec une « très prudente et très sage tactique organisationnelle » (3). Majorité et minorité doivent accepter la libre discussion politique et le verdict d'une organisation centraliste-démocratique.

Après plusieurs mois de discussion, Trotsky était arrivé à la conclusion que la tendance révisionniste au sein du S.W.P. avaif de forts traits petits bourgeois. Mais il s'est empressé d'ajouter que ces traits n'étaient pas les uniques traits de cette tendance, ni qu'ils étaient définitivement cristallisés. Dans une autre conjoncture, cette tendance pourrait mettre en avent éventuellement d'autres traits. Il n'y a pas de prédestination fatale dans les luttes politiques qui se déroulent dans un contexte social et politique mouvant, et où l'intervention du facteur subjectif, la maturité, l'effort, le tact de la tendance réellement marxiste révolutionnaire peuvent beaucoup influer sur le résultat final.

L. Troisky s'est posé la question de savoir si le caractère petit bourgeois dominant à l'époque de la tendance révisionniste excluait la cohabitation dans la même organisation avec la tendance prolétarienne. Il a répondu à cette question par la négative, et il a même envisagé la possibilité que la tendance prolétarienne soit minoritaire et qu'elle reste disciplinée au sein d'une organisation dirigée par la tendance révisionniste. Il prévoyait naturellement qu'une telle éventualité n'aurait de toute façon qu'un caractère provisoire, qui permettrait une meilleure clarification politique.

Afin d'éviter la scission, L. Trotsky est même allé jusqu'à accepter que soient édités des documents de la discussion intérieure, pour le public en général. La souplesse organisationnelle de L. Trotsky n'a pas cependant suffi à contrebalancer les forces centrifuges qui précipitaient la tendance révisionniste en dehors de la IV Internationale.

La conférence nationale du S.W.P. du 5 au 9 avril 1940, après une discussion intérieure (2) Ib. (3) Lettre de L. Trotsky à John G. Wright, du 19-12-1939.

ample et démocratique de plusieurs mois et la parution de 13 Bulletins intérieurs, s'est terminée par la scission effective, la tendance révisionniste rejetant catégoriquement le fonctionnement centraliste-démocratique de l'organisation.

L. Trotsky a tiré les conclusions politiques finales de la scission intervenue dans le S.W.P., dans son article du 23 avril 1940 intitulé « Moralistes petits bourgeois et parti prolétarien ». Il y constatait que la minorité révisionniste, malgré les concessions organisationnelles importantes que lui accorda la majorité, voulait faire éclater le cadre centraliste-démocratique qui caractérise toute organisation prolétarienne révolutionnaire. La minorité,

«aristocratie » iniellectuelle, se sentait infériorisée dans une organisation prolétarienne qu'elle ne dirigerait pas. Mais le fond de cette attitude capricieuse, indisciplinée, irresponsable, se trouvait évidemment ailleurs.

« La minorité petite bourgeoise du S.W.P., écrivait L. Trotsky, s'est séparée de la majorité prolétarienne sur la base d'une lutte contre le marxisme révolutionnaire ». Burnham proclamait que le matérialisme dialectique était incompatible avec sa « science » rongée des mites.

Shachtman proclamait que le marxisme révolutionnaire était inactuel du point de vue des «tâches pratiques ». La minorité s'était groupée sous le drapeau du « troisième camp ».

« Qu'est-ce que cet animal? », demandait avec ironie L. Trotsky. « Il y a le camp du capitalisme; il y a le camp du prolétariat. Mais peut-être il y a un « troisième camp » ranctuaire petit bourgeois ? ». « Ouvriers d'avant-garde, concluait L. Trotsky, n'ayez pas un centime de confiance au « troisième front » de la petite bourgeoisie ! »

Un mois à peine après la scission, James Burnham, co-leader avec Max Shachtman de la tendance révisionniste, abandonnait également celle-ci, ses idées ayant déjà évolué vers celles contenues dans son livre bien connu The Managerial Revolution qui paraissait quelques mois plus tard.

Shachtman à son tour adoptait bientôt la thèse de J. Burnham sur l'U.R.S.S. en tant qu'Etat « collectiviste-bureaucratique », ni capitaliste, ni prolétarien, et abandonnait naturellement la défense inconditionnelle de cet Etat, déjà entré en guerre.

La scission dans le S.W.P. fut suivie d'une scission, quoique fres restreinte au sein de l'internationale, où une série d'éléments comme Lebrun, Johnson, Trent et Anton, qui s'égeaient au Comité Exécutif International, avaient en réalité entériné les positions politiques et organisationnelles de Shachtman. L'ASSASSINAT DE LEON TROTSKY.

La lutte à peine close au sein du S.W.P. et de l'internationale, une date fatidique s'approchait : celle de l'assassinat de L. Trotsky par les agents de Staline. « A partir des procès de Moscou, comme l'a écrit avec justesse Victor Serge, l'assassinat de L. Trotsky devient et une nécessité politique et une nécessité logique. Il ne sert à rien de fusiller des dizaines de milliers d'hommes si la tête la plus haute de la génération révolutionnaire, celle qu'il sera impossible de radier de l'histoire, survit en liberté. Et il est évident que contre Trotsky, dénoncé comme le personnage le plus diabolique de l'histoire, tout est permis aux yeux du monde russe intoxiqué par les procès d'imposture. »

C'est cependant à partir de la déclaration de la 2° guerre mondiale et de la perspective d'implication de I'U.R.S.S. dans le conflit, que l'organisation de l'assassinat de L. Trotsky s'accélère. La campagne forcenée du Parti communiste mexicain contre la présence de Trotsky au Mexique prépare le terrain. En mars 1940, la direction du P.C. mexicain conduite par Hernan Laborde est épurée par le Guépéou, accusée d'être « protrotskyste », et la campagne contre le droit d'asile et contre Lazare Cardenas, président du Mexique, « protecteur» de L. Trotsky, redouble de violence.

Au mois de mai 1940, la maison fortifiée de Trotsky, à Cocoacan, dans la banlieue de la capitale, reçoit l'assaut de vingt staliniens armés de mitraillettes, qui avaient réussi à ligoter les policiers gardiens de la maison et à enlever le garde de corps de Trotsky, le camarade Robert Sheldon Harte, jeune militant américain du S.W.P. (4).

«On avait tiré sur nous, raconte la camarade Natalie Trotsky, dans la chambre à coucher, soixante balles en un feu croisé dirigé de quatre directions différentes. Cet excès de mitraillade, précisément nous sauva. Les tueurs ne doutaient pas de nous atteindre par ces saives combinées, ef ils craignaient de s'entretuer » (5).

La police mexicaine meffait bientôt la main sur plusieurs des organisateurs et exécutants de l'attentat, tous membres et sympathisants du Parti communiste mexicain. Mais les principaux responsables, Guépéou, restaient dans l'ombre.

L. Trotsky développa une grande activité pour dénoncer le rôle de Staline dans l'attentat

(4) Soupçonné d'avoir trahi Trotsky, Sheldon Harte fut trouvé mort le 25 juin 1940, tué pendant son sommeil, et enterré dans une maisonnette isolée dans la montagne, à Talminalco, au Desierto de los Leones, louée par les beaux-frères du peintre David Alfaro Siqueiros, Leopoldo et Luis Arsenal.

(5) < Vie et mort de L. Trotsky», par Victor Serge.

et pour démasquer devant l'opinion publique internationale la manière dont le Guépéou fonctionnait au sein de chaque Parti communiste, préparait et présentait ses crimes. Il était d'autre part persuadé qu'il y aurait bientôt une nouvelle tentative pour l'assassiner, Staline ayant décidé sa mort.

Dans son article du 8 juin 1940 infitulé Staline recherche ma mort, il écrivait avec une froide lucidité : « L'échec accidentel de l'attaque (du 24 mai) préparé avec lant de soin et de capacité est un coup sérieux à Staline. Le Guépéou doit se réhabiliter auprès de Staline. Staline doit démontrer sa puissance. Une répétition de la tentative est inévitable ».

Son extermination physique était en réalité devenue depuis très longtemps déja une nécessité impérieuse pour Staline. Trotsky se savait condamné et destiné à mourir d'un jour à l'autre, les moyens immenses dont disposait Staline devant s'avérer en définitive plus puissants que n'importe quelle mesure de protection prise par lui et ses amis. Raisonnant cvec sa sérénité habituelle, il concluait dans ce même article*: « Je puis dire par conséquent que je vis sur cette terre non pas conformément à la règle, mais comme exception à la règle ».

Le nouvel attentat, cette fois-ci fatal, se produisit dans la journée du 20 août 1940. Léon Trotsky se leva ce jour là d'excellente humeur, raconte Natalie Trotsky. « Une double dose de barbiturique lui avait assuré un sommeil bienfaisant. Depuis de longs jours il ne s'était pas senti si alerte. « Ah, je vais bien travailler », dit-il.»

Vers 5 heures de l'après-midi, il recevait dans son cabinet de travail le nommé Jacson Mornard, soi-disant un Belge, fils d'un diplomate, qui avait été introduit dans le milieu de quelques amis intimes de Trotsky par Sylvia Agelov, membre de l'organisation trotskyste américaine. Jacson Mornard, qui avait su gagner l'attachement d'Agelov et les sympathies unanimes d'autres familiers de Trotsky, venaif soi-disant lui présenter un article. Natalie Trotsky raconte ainsi ce qui s'est passé ensuite :

« Trois ou quatre minutes s'écoulèrent. J'étais dans la chambre voisine (du bureau de L. Trotskyv). Un cri terrible monta... Léon Davidovitch apparuf, s'appuyant au chambranle de la porte, le visage ensanglanté, sans ses lorgnons, les yeux très bleus, les mains tombées. « Qu'y a-t-il? Qu'y a-t-il?, je le serrai dans mes bras sans comprendre. Il me répondit calmement « Jacson », comme il eut proféré « Tout est accompli ».»

Jacson Mornard l'avait frappé sur la tête à l'aide d'un piolet de montagne dissimulé sous sa gabardine. L'assassin avait tenté de frapper une seconde fois, mais Léon Davidovitch s'était jeté sur lui. Entre temps les gardes de corps de Trotsky, les camarades Charlie Cornell, Joe Hansen et Harold Robins, accourus, avaient rudement maîtrisé l'assassin qui criait : Ils m'ont obligé à frapper !... Ils tiennent ma mère !... Ils ont emprisonné ma mère !...»

Malgré l'intervention rapide des médecins et la résistance extraordinaire de son organisme, Léon Trotsky mourut calmement le 21 août 1940, à 7 h. 25 du soir. Il avait soixante ans.

Avant de subir la trépanation, il appela près de lui Joe Hansen et lui dicta quelques mots en guise de testament politique. Les voici : « Dites, je vous prie, à mes amis que je ne doute pas de la victoire de la IV* Internationale. Allez de l'avant! ».

Le gouvernement mexicain prit les obsèques à sa charge. Pendant cinq jours le corps, veillé par des militants, fut exposé au public dans uh hall de la rue de Tacuba; cent mille personnes environ, simples ouvriers et paysans mexicains pour la plupart, rendirent un hommage silencieux à la vie héroïque et exaltante du révolutionnaire.

« Jacson Mornard » fut vite identifié comme un faux nom cachant un authentique agent du Guépéou. On connaît encore mal tous les détails de l'organisation de l'attentat, les personnages internationaux qui y ont contribué, même l'identité exacte de l'assassin. D'après les révélations du général Sanchez Salazar, ancien chef du Service secret mexicain, qui mena • l'enquête sur l'assassinat, « Jacson Mornard » s'appellerait en réalité Mercader, d'origine catalane, sa mère ayant vécu en France et en Belgique, étant passée au du Guépéou durant la guerre civile espagnole.

La mort de Léon Trotsky est intervenue dans un moment où la situation internationale était dominée par les victoires retentissantes d'Hitler en Europe. La campagne de venait de se terminer victorieusement pour les Nazis, et on s'attendait au tour de l'Angleterre.

L'Italie, spéculant sur la fin éventuelle proche de la guerre, se décidait à participer dans le conflit. Hitler paraissait à l'apogée de sa puissance.

Dans ces conditions, le crime de Staline ne fut pas relevé avec force ni dans les pays à régime fasciste, qui ménageaient encore Staline, ni dans les pays « démocratiques », qui spéculaient sur l'éventuelle rupture entre Staline et Hitler.

Seuls les militants révolutionnaires d'avant-garde avaient douloureusement ressenti le coup terrible. La tête la plus puissante de la révolution mondiale venait d'être fracassée par la réaction thermidorienne. La pensée contemporaine marxiste la plus riche, la plus vivante, le caractère révolutionnaire le plus indomptable, stimulant exemple pour tous, venait de disparaitre. Désormais il nous fallait trouver le chemin seuls, il fallait poursuivre la lutte en forgeant dans l'action les intelligences et les caractères qui maintiendraient haut le drapeau de la IV Internationale.

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