La perfide Albion n'a cessé de ruser avec le sort des masses typriotes. Afin de maintenir sa domination sur l'ile, qui occupe une position stratégique importante dans le bassin oriental de la Méditerranée, la bourgeoisie britannique a usé de tous les moyens : répression, concessions, atermoiements, divisions nationales. Le plus souvent, il est vrai, elle a utilisé à la fois tous ces moyens.
certain temps déjà, devant le très puissant mouvement de libération nationale Depuis un des masses cypriotes grecques, Londres s'était décidé à faire entrer en jeu la Turquie et la minorité turque de l'ile, forte de quelque 80.000 habitants.
En dressant la Turquie contre la Grèce, et la minorité turque de l'ile contre les quelque Londres s'était réservé d'apparaitre comme l'arbitre indispensable, 400.000 cypriotes grecs, nécessaire pour maintenir l'ordre et l'unité dans l'ile.
Impulsée par la bourgeoisie britannique, la Turquie, qui en 1954 était simplement pour le statu quo britannique de l'ile, est passée actuellement à la position irréaliste du partage de l'ile, afin d'acculer la question de l'autodétermination du pays à une impasse. Non contente d'agiter cette position, maintenant « de principe », la Turquie excite la minorité cypriote turque à de véritables progromes contre la population grecque, ceci naturellement avec la complicité évidente des autorités britanniques.
Il suffit à ce propos de mentionner qu'une grande partie de la police auxiliaire britannique - environ 4.000 hommes • est recrutée parmi les très nombreux chômeurs illettrés que compte la minorité turque, et que dernièrement ces policiers ont à plusieurs reprises fraternisé avec leurs compatriotes dans les aftaques déclenchées contre les cypriotes grecs.
On peut citer à ce propos, entre autre, le témoignage de Clive Evatt, pariementaire travailliste australien qui a déclaré que la collusion entre la police et l'armée britanniques et la minorité furque est parfaitement évidente. (« New-York Times », 10 juin 1958).
La Turquie réclame donc actuellement le partage de l'ile face à la demande d'autodétermination et d'union avec la Grèce que demandent Athènes et l'E.O.K.A., ce qui permet à Londres de proposer un « compromis » de cogestion de l'ile par les Grecs et les Turcs, sous le contrôle de la Grande-Bretagne.
Et ceci pour une période de 7 ans, après laquelle le peuple cypriote serait appelé à se prononcer sur son autodétermination.
Le solution de la question cypriote se complique du fait de l'ingérence de plusieurs forces contradictoires. Londres veut garder l'ile comme base militaire importante, dont l'utilité sest manifestée non seulement lors de l'expédition de Suez, mais également à présent au sujef de la situation qui règne au Liban. Washington qui se préoccupe de plus en plus du Moyen-Orient et envisage actuellement une intervention commune avec Londres contre les forces arabes anti-impérialistes au Liban, la position de Londres concernant l'ile, malgré les inconvénients que cette position comporte pour son alliance avec Athènes.
Athènes ainsi qu'Ankara exploitent la question cypriote en tant que dérivatif à leur politique intérieure réactionnaire et antipopulaire. Dans l'ile même, le mouvement de libérction nationale est divisé entre une droite dirigée par l'archevêque Makarios et l'organisation terroriste E.O.K.A. aux mains des agents de l'état-major de l'armée grecque, qui gouverne la Grèce, et l'A.K.E.L., organisation contrôlée par les staliniens. La minorité de son côté est dirigée par des agents d'Ankara et de Londres.
Dens ces conditions, le mouvement de libération nationale que nourrit la combativité révolutionnaire indomptable des masses paysannes et ouvrières de l'ile, n'arrive pas à mettre en avant un programme et une direction capables de déjouer les intrigues de l'impérialisme et des bourgeoisies grecque et turque. Ce programme devrait inscrire clairement que le but de la lutte est l'autodétermination de l'ile dans le cadre d'un gouvernement ouvrier et paysan cypriote qui donnerait satisfaction aux aspirations économiques et sociales des masses paysannes et ouvrières de l'ile, grecques et turques.
La majorité grecque aurait le droit, si elle le voulait, de réaliser une union fédérative avec la Grèce; la minorité turque verrait ses droits de minorité nationale absolument garantis par le gouvernement ouvrier et paysan de l'ile.
Seul un tel programme, fermement défendu contre l'impérialisme ef contre les bourgeoisies grecque et turque et leurs agents, aurait des chances sérieuses de rétablir l'unité de classe des masses cypriotes pauvres - grecques et turques - dans une perspective de véritable libération nationale et sociale pour ces masses.
Les marxistes révolutionnaires cypriotes ont le devoir de défendre une telle ligne en s'incorporant au mouvement de libération nationale tel qu'il existe actuellement.