Documents de la IVe Internationale

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La revue › 16e année, n° 3

« A la porte Nixon ! » Cri de guerre anti-impérialiste

Francisco Canas · Quatrième Internationale, 16e année, n° 3 · juillet 1958 · p. 44-47 · 2 854 mots

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Cri de guerre antiimpérialiste

Les journaux capitalistes ont présenté les attagnes dont Nixon a été l'objet en Amérique latine comme le résultat de la politique de l'impérialisme américain dans ¡les domaines commercial et douanier, politique qui serait contraire aux intérêts des bourgeoisies latino-américaines. Ils présentent T'attitude des masses envers Nixon comme ayant été inspirée par la défense de ces intérêts. Quand la presse capitaliste fait le bilan des crachats, des coups de pierres et de batons encaissés par Nixon et sa femme, leur suite et leurs voitures, elle tire la conclusion que tout cela est dû au fait que l'impérialisme américain a imposé la baisse des prix des matières premières, en même temps qu'il achète moins et vend plus cher. En somme, on serait devant une action des masses faite au nom et pour les intérêts des bourgeoisies latino-américaines.

C'est une falsification délibérée des faits. Certes, ces bourgeoisies tâchent de capitaliser la haine anti-impérialiste des masses en vue d'arracher des concessions à l'impérialisme, mais les masses n'ont pas été impuisées par les déficits commerciaux ou la baisse des prix des matières premières. Il est vrai que ces questions ont contribué à créer un climat plus hostile envers l'impérialisme, mais les masses n'ont nullement crié comme les bourgeoisies et les directions petites bourgeoisies latino-américaines l'auraient bien voulu — « Nous voulons le relevement des prix des matières premières ». ou « Echec aux ventes des surplus». ou encore « Nous voulons des prêts». Ce sont là des revendications des bourgeoisies à limpérialisme sur la base d'offres et de concessions de toute sorte.

Les masses ont crié « A la porte le chien yankee !», « Assassins du Guatemala •»,

Nixon représentait la puissance économique et militaire de l'impérialisme yankee. Il représentait la bombe atomique. L'impérialisme envoie partout sa flotte etses avions et menace de licher à tout moment ses bombes atomiques sur les Etats ouvriers et les masses coloniales ou semi-coloniales en lutte pour leur indépendance et leur leur libération nationale et sociale. Une des vues les plus pressantes de l'impérialisme, c'est de faire peur aux masses pour paralyser leur esprit de lutte et lem vigueur combative.

Cependant, la puissanee économique et militaire de l'impérialisme et ses bombes atomiques n'ont produit aucun effet parmi

« Faiseurs de dictateurs ! ». Elles ont crié à la femme de Nixon « Rappelez-vous Little Rock ! ». Elles ont ainsi exprimé leur désir de voir l'impérialisme chassé de ces pays; eiles ont ainsi exprimé la haine profonde et consciente des peuples de l'Amérique latine envers l'impérialisme.

La bourgeoisie tâche de canaliser en sa faveur ces mobilisations des masses contre l'impérialisme. Elle traque et emprisonne les militants anti-impérialistes tandis qu'elle chuchote à l'oreille des impérialistes : « Donnez-nous quelque chose pour contenter Je peuple ». C'est ainsi que s'est conduit, entre autres, le Président de l'Equateur, Prado.

La bourgeoisie, ses agents et la presse impérialiste qualifient les masses d'incultes. de gens abandonnés ou sauvages. Les erachats et les coups de pierres qu'elles lancent sont pour eux des expressions de sauvagerie. Quant à nous, nous les considérons comme l'expression d'un désir de progrès économique et culturel. Ces masses n' ont pas pu trouver un autre moyen d'exprimer rageusement ce qu'elles sentent au fond de leur Ame. Leurs crachats, c'est l'expression du mepris quelles ont étalé envers limpérialisme. C'est ainsi qu'elles ont exprimé leur aspiration au : bien-être et à l'élimination de l'impérialisme pour qu'elles puissent progresser.

La lutte contre l'impérialisme, c'est une V. des plus grandes expressions du progrès culturel et social. En poursuivant cette lutte. les peuples ont montré leur profond sens historique, culturel et révolutionnaire. A défaut d'armes, ils ont recours aux crachats et aux coups de pierres. Cependant. ils savent combiner les crachats avec les armes. les masses. Dans les rangs de la bourgeoisie et de la petite bourgeoisie, cela se passe autrement, mais les crachats des masses ont prouvé que celles-ci possèdent plus de force et de courage que ne possède l'impérialisme. car elles ont exprimé leur volonté de le détruire.

Les attaques contre Nixon ont eu, en raison de leur signification et de leur extension, un caractère de véritable lutte de classe. Elles ont montré que la petite bourgeoisie - qui constituait la majorité de ces manifestations publiques, auxquelles participaient des milliers d'ouvriers — est plus mûre politiquement et plus radicalisée qu'on ne le croit.

LES MASSES N'ONT PAS PEUR

LES MASSES N'ONT PAS PEUR

Les attaques contre Nixon s'inscrivent dans tout un processus comprenant la lutte de guérillas à Cuba, les luttes des masses colombiennes, les luttes des masses du Venezuela contre Pérez Jiménez, celles du Pérou qui, ont occupé Cuzco durant deux jours avec des milices ouvrières, les luttes des mineurs boliviens qui, un mois avant la visite de Nixon, avaient établi une dualité de pouvoir dans les contrées minières, de l'industrie du textile et paysannes, et qui s'étaient opposés, en criant « A la porte Nixon, A mort l'impérialisme vankee », à la venue de Nixon, tandis qu'elles empêchaient Siles Suazo d'organiser une manifestation d'hommage à Nixon.

Indépendamment des origines et des coïncidences des manifestations contre Nixon, celles-ci, au fond, ont donné aux masses la possibilité d'agir en porte-parole du désir de tous les peuples latino-américains. Ces attaques en chaîne contre Nixon expriment le sentiment général et la conscience de la haine envers impérialisme, le désir de le chasser de l'Amérique latine et de le détruire. Ces masses sont mûres pour cette tâche et disposées à la réaliser.

Il y a eu dans ces manifestations contre Nixon plus de classes moyennes et d'universitaires que d'ouvriers. Certains veulent insister sur ce fait, c'est-à-dire insister sur la classe sociale qui prit l'initiative de ces manifestations et qui les dirigea, pour diminuer Pimportance historique de celles-ci. Cependant, rien ne change leur importance historique. Les masses ouvrières ne furent pas appelées à se mobiliser ; on voulait les ignorer. Les partis ouvriers — socialistes et communistes — et les partis nationalistes petits bourgeois ne bougèrent point, n'organisèrent rien. Voulant se présenter en grand démorate. en conférencier aimant, la discussion, Nixon avait choisi la scène universitaire. Rien d'étonnant done à ce que l'initiative vienne des étudiants et des professeurs pour accueillir Nixon à coups de crachats et de pierres. Cependant, au Pérou et en Colombie, des centaines d'ouvriers s'étaient mobilisés spontanément. Mais ce fut au Venezuela que la masse des étudiants se vit soutenue par la participation active des ouvriers et des paysans de Caracas et des alentours. C'est là que l'aspiration nationale anti-impérialiste fut exprimée le plus nettement. Ouvriers, étudiants, petits bourgeois pauvres, toute la population opprimée nationalement et socia-

L'action des masses latino-américaines n'est pas conjoncturelle, pas plus que le produit d'un mauvais esprit ressenti envers l'impérialisme → comme le ressent la bourgeoisie — parce que celui-ci paie à bas prix les matières premières. Par contre, leur action anti-impérialiste est impulsée par une haine consciente, par un état de conscience clair.

lement fit dans l'action un front unique contre l'arrivée de l'agent de l'impérialisme : a Va-t-en, chien yankee !».

Les masses latino-américaines sont mûres pour chasser Timpérailisme. Telle est la conclusion qu'on doit tirer et qui doit guider les cadres moyens, les militants ouvriers, les paysans et les étudiants afin de prendre l'initiative d'organiser un front unique latino-américain pour chasser l'impérialisme.

. Le Parti Ouvrier Révolutionnaire péruvien (trotskyste) fut l'organisateur et se mit à la tête de la manifestation contre Nixon au Pérou. Pour avoir appelé les masses à manifester contre la visite de Nixon et pour Texpulser du pays, la majorité des dirigeants du P.O.R. péruvien ont été emprisonnés et risquent, selon les nouvelles de presse et de la radio, de passer devant un tribunal. Mais ce ne fut pas la décision, le courage, T'audace du petit parti trotskyste péruvien qui impulsa une telle mobilisation de masses. En réalité, le P.O.R. péruvien a su interpréter l'état d'esprit, de conscience, de volonté des masses, disposées à se mobiliser, et il a trouve la voie pour que cette volonte se manifeste contre l'impérialisme. Le petit parti trotskyste péruvien avait auparavant tenu des réunions publiques pour appeler les masses à manifester contre Nixon ; s'il trouvé une grande audience, ce fut parce qu'il exprimait un désir général. Si le parti apriste avait organisé cette mobilisation, la ville de Lima aurait été pleine de monde manifestant contre Nixon. Mais PA.P.R.A. n'avait fait aucun appel.

En Uruguay comme en Argentine, Nixon accueilli par des manifestations haine. Bien que sa visite dans ces pays fut moins voyante que partout ailleurs, il y entendit crier « A la porte Nixon !». Les péronistes et les frondizistes se disent antiimpérialistes. C'était donc une occasion qui se présentait à eux pour le prouver et organiser des manifestations comme celles du Venezuela et du Pérou. Mais les directions péronistes et frondizistes sont attachées à la bourgeoisie nationale argentine, et tâchent de ne pas créer de difficultés au gouvernement dans ses rapports avec l'impérialisme : elles expriment les préoccupations du gouvernement en cette matière et nullement celles des masses. C'est ainsi que le viceprésident Gomez, ayant appris que Nixon avait été malmené par la foule, s'écria : «La paix, s'il vous plait!». Cependant, avant les élections, ce monsieur avait déclaré avee insistance qu'aucun des traités qui « nous lie à l'impérialisme » ne serait reconnu.

Au Liban, les masses sont engagées dans une mobilisation révolutionnaire pour jeter bas le gouvernement Chamoun au service de l'impérialisme yankee. Elles ont donné l'impérialisme et les ont saccagés. l'assaut aux consulats et autres locaux limpérialisme et les ont saccagós Bien qu'elles se trouvent dans de mauvaises conditions et sans armes en face d'une armée libanaise approvisionnée par l'impérialisme,

LES REPERCUSSIONS CHEZ LES IMPERIALISTES

LES REPERCUSSIONS CHEZ LES IMPERIALISTES les masses libanaises résistent toujours et donnent un grand exemple de combativité révolutionnaire et de désir de vaincre.

En Arabie Séoudite, où régnait une monarchie féodale, et où on continue à couper les mains aux voleurs, même s'ils ont volé un morceau de pain, on a décidé d'instaurer une monarchie constitutionnelle sur la base du budget de l'Etat et de la recette des impôts. Sous des formes défigurées et éloignées, la révolution coloniale se fait sentir même dans les pays à monarchie féodale.

L'influence de la révolution coloniale, la révolution bolivienne, les mobilisations all Venezuela, la lutte de Fidel Castro à Cuba, les luttes des masses de l'Algérie, ont influencé et déclenché les actions des masses qui ont couvert de crachats et lapidé Nixon et ont déchiré les drapeaux américains.

Par contre, l'impérialisme montra qu'il ne s'attendait pas à une réaction telle de la part des masses. Il pensait que tout le monde s'inclinerait au passage de Nixon. ,Il avait mis dans le même sae l'attitude des masses et celle des bourgeoisies et des directions petites bourgeoises.

L/impérialisme discute sur la tournée de Nixon qui a eu des énormes répercussions et aura des implications profondes. Une aile de l'impérialisme a pris conscience que l'Amérique latine est perdue pour lui. Ainsi, on tache de la retenir pour ne pas recourir à Larmée. Mais ils songent toujours fondamentalement à la bourgeoisie. Dans un certain sens, cette aile de l'impérialisme a la même attitude que les bourgeoisies arabes du Moyen-Orient qui essaient de conserver de bons rapports et d'avoir un bon accueil de la part des peuples. Mais il n'est pas facile Ly parvenir, et elle n'y parviendra pas. La petite bourgeoisie a été la base sociale du soutien populaire pour limpérialisme. Or, cette base se radicalise de plus en plus. Sur elle agissent des forces et les influences révolutionnaires du Moyen-Orient, des Btats ouvriers, de l'Algérie et la perte de confiance dans les bourgeoisies ; elle voit que l'impérialisme s'affaiblit en même temps que progressent les Etats ouvriers et les révolutions politiques.

L'autre terme de l'alternative pour l'impérialisme, c'est d'améliorer ses rapports avec les gouvernements et les bourgeoisies latinoaméricains. Mais il n'y a pas beaucoup de marge. Il est possible que l'impérialisme trouve en Amérique latine un terrain d'investissement de quelques centaines de millions de dollars. Mais il ne pourra pas y investir beaueoup. La récession aux U.S.A., la baisse de leurs achats dans des pays aussi importants pour eux que le Venezuela, montrent les diffieultés économiques et financières énormes ainsi que le poids de la récession et sa grande portée. En même temps, le processus révolutionnaire latinoaméricain (triomphe de Frondizi, événements en Bolivie, au Venezuela, au Chili, lutte de Fidel Castro à Cuba) met les masses à l'ordre du jour. Soulignons encore

Quand, au Venezuela, on vit que la haine contre Nixon allait croissant, l'impérialisme américain ne recourut pas aux dollars pour la calmer. En réalité ces dollars n'auraient servi à rien. Il choisit, pour intimider les masses, l'envoi des parachutistes et la présence de la flotte au large. Une intervention de ces troupes aurait déclenché la guerre anti-impérialiste.

Cette attitude militaire de l'impérialisme révèle quels sont les moyens auxquels il aura recours chaque fois que les peuples se soulèveront, et comment il viendrait en aide aux gouvernements amis si ceux-ci ne parvenaient pas à tenir en échec les masses révolutionnaires. Une telle attitude propre aux pirates montre à quoi serviront les pactes militaires avec l'impérialisme, à quoi serviront sa flotte, ses bases et ses troupes en Amérique latine.

La conclusion à tirer pour les peuples latino-américains est claire ! Pas de bases et pas d'accords militaires avec l'impérialisme ! Front latino-américain des peuples pour la défense de leurs intérêts et de leurs droits ! Tinfluence et la pression qu'exerce l'intervention économique de T'U.R.S.S. et des autres Btats ouvriers.

Alors que Nixon a été lapidé et couvert de crachats, les délégués soviétiques n'ont pas subi ces affronts. Non parce que la bureaucratie attire des sympathies, mais celles-ci vont aux Etats ouvriers par opposition à l'impérialisme.

L'impérialisme cherche à enrayer le processus révolutionnaire en Amérique latine au moyen d'antidotes. Un sénateur a eritiqué Nixon pour avoir visité l'Amérique latine avee le sourire d'un commerçant; un autre l'a critiqué pour avoir ignoré la véritable physionomie des peuples latino-américains. Mais, à la fin, tous ces gens se demandent combien de dollars ils pourront investir dans ce continent, quels profits ils pourront en tirer et s'ils pourront diminuer les tarifs douaniers, acheter plus de matières premières et à meilleur marché, et quoi faire avec les surplus agricoles. Mais, en fin de compte, le problème pour eux n'a pas de solution car il ne s'agit pas d'une question de matières premières. Il s'agit de la rébellion et de la maturité de l'Amérique, latine.

Tous les gouvernements latino-américains tachent de tirer profit de l'action et de la mobilisation anti-impérialiste des masses. Mais aucun d'eux n'appelle les masses pour qu'elles manifestent contre limpérialisme. Ils ont l'usufruit de l'énorme énergie et de la vigueur combative anti-impérialiste des masses contre lesquelles cependant ils déchainent la répression.

Frondizi, qui au cours des élections, se présentait en « anti-impérialiste », a envoyé un message à Eisenhower pour lui déclarer que la visite de Nixon avait « renforcé les liens fraternels des Etats-Unis avec le peuple argentin ».

MESURES IMPERIALISTES

MESURES IMPERIALISTES

LE PROGRAME D'EXPULSION DE L'IMPERIALISME

Il faut organiser la lutte anti-impérialiste à l'échelle latino-américaine. Il faut constituer le front unique anti-impérialiste groupant les organisations politiques et syndicales du prolétariat, des paysans et detoutes les couches sociales exploitées, ainsi que les organisations culturelles, progressistes, scientifiques, professionnelles. Ce front unique doit se doter d'un programme revendiquant: l'expulsion et l'expropriation de l'impérialisme, la constitution d'un pool latino-américain des matières premières. l'établissement de relations diplomatiques et commerciales avec les Etats ouvriers. Pour lexpulsion des missions militaires de l'impérialisme et la disparition de ses bases militaires en Amérique latine ! Pour l'arrêt des expériences nucléaires et la destruction de tout armement atomique ! Pour l'application pacifique de l'énergie nucléaire au profit des peuples et sous contrôle populaire et ouvrier ! Pour un front unique des hommes de science contre l'utilisation de l'énergie nucléaire dans des buts militaires ! Pour le refus de servir comme savant, comme homme de science, comme militaire et même comme simple citoyen aux plans contre-révolutionnaires de guerre atomique que prépare l'impérialisme yankee et mondial !

En même temps, les organisations ouvrières et syndicales, prolétariennes et paysannes, doivent constituer leur propre front unique de classe, soutenant le front unique anti-impérialiste mais lui-même luttant pour : la libération nationale et sociale ; Texpulsion de l'impérialisme, la destruction du capitalisme, l'instauration du gouvernement ouvrier et paysan ; l'unification socialiste de l'Amérique latine, ou même celle, au début, de deux pays. Pour l'expulsion de limpérialisme ! Echee aux bases militaires ! A la porte l'impérialisme qui s'est établi en Amérique latine ! Pour l'expropriation de toutes les entreprises impérialistes et des entreprises nationales d'intérêt public, sans indemnisation!

Pour le contrôle ouvrier à l'échelle nationale et à l'échelle latino-américaine ! Pour la Centrale syndicale uniyae ouvrière et paysanne latino-américaine ! Pour des partis ouvriers de classe indépendants par rapport à la bourgeoisie et à l'Etat capitaliste ! Pour des partis ouvriers basés sur les syndicats ! Pour l'unification de l'Amérique latine ,seule voie possible menant à la Fédération des Etats-Unis Socialistes Soviétiques d'Amérique latine !

17 mai 1958.

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