La prolongation de la guerre contre-révolutionnaire en Algérie et la politique des directions ouvrières traditionnelles entrainé une deterioration de la situation en France qui est exploitée par la réaction.
Cette guerre coûte environ 2 milliards de francs par jour au budget français; elle occupe un demi-million de soldats du contingent; elle a provoqué la cessation des relations diplomatiques avec la Tunisie, et créé des rapports aléatoires avec le Maroc; elle nourrit ia fermentation dans les autres colonies françaises en Afrique Et quels peuvent être les espoirs du capitalisme français?
Une victoire par une répression féroce S'avère impossible. Depuis plus de trois ans, l'Armée de Libération Nationale algérienne s'est renforcée et le peuple algérien plus ferme que jamais dans sa volonté d'indépendance. D'autre part, les Etats-Unis et les autres alliés atlantiques de la France ne peuvent acepter cette solution qui les couperait définitivement de tout espoir d'influence parmi les peuples arabes.
Reste une solution fédérative modalites imprécises vers laquelle est orientée une partie grandissante du capitalisme français. Mais le passage à telle solution présente des difficultés. Tout d'abord le F. L. N. n'est pas à présent dispose à l'accepter et il n'est pas sûr que, dans le cas contraire, il puisse la faire accepter par les Algeriens. D'autre part, la politique Lacoste a engendré parmi les militaires) qui vivent en Algérie des forces prêtes à tout pour s'opposer à une solution autre que l' « Algérie française »; car en Algérie sévit tout simplement un régime lasciste.
Plusieurs élections partielles en France ont montré que la guerre d'Algérie est au premier rang des préoccupations. et qu'il s'opère une polarisation dans le pays Mais, tandis que sur la gauche cela ne se traduit que par un accroissement des voix communistes, sur la droite cela se manifeste par une agitation accrue. une arrogance plus grande de la part de la réaction, par des manifestations de bandes fascistes. Pour tous ces gens, si la situation ne se denoue pas en Algérie, c'est à cause des «traîtres » en France.
Ils sont aidés par le gouvernement qui use de la répression contre tous ceux qui man lestent leur opposition à la guerre d'Algérie ou qui sont seulement indignés par les méthodes de torture qui sont employées. qu'on assiste a une manifestation fasciste, antiparlementaire, d'une partie Après cela. il n'est pas surprenant de la police parisienne.
Le Parlement reflete l'impuissance actuelle; le gouvernement est en plein immobilisme. Aussi les courants se renforcent pour instaurer un « Etat fort». On entend de plus en plus d'appels à un homme providentiel, à de Gaulle qui est plus muet encore que le Sphinx, ce qui nourrit des espoirs en lui aussi bien de partisans de la guerre à outrance que de partisans d'une solution fédérative négociée.
Mais le recours à un homme fort se heurte à des résistances considérables daas le monde parlementaire, tant a droite de la part des Indépendants qu'a gauche de la part des socialistes, la direction Guy Mollet craignant qu'une telle éventuali e soit, de plus dans l'histoire de la France, fouet de la droite réveille les masses populaires et provoque une situation revolutionnaire. Pour l'instant, les uns et les autres cherchent des solutions dans des astuces parlementaires.
De sorte que la situation actuelle est marquée par une décomposition grandissante. Combien de temps cela peut-il encore durer, il est difficile de le supposer.
La classe ouvrière a été abasourdie sur le plan politique par l'attitude des directions ouvrières après les élections Et sur ce plan, l'apathie continue de sévir. Sur le plan économique, la situation n'est pas exactement la même. Nombreuses sont les catégories qui revendiquent des augmentations de salaires d'autant plus que la hausse du coût de la vie s'est faite sentir surtout depuis l'été 1957. Mais les mouvements sont encore limités. Cela tient à deux faits. D'une part, certaines catégories de la classe ouvrière (dont des couches d'avant-garde comme les mitallos) ont connu une certaine amélioration au cours des années de prospérité et la France ne ressent pas encore les effets de la récession aux Elats-Unis. D'autre part. les organisations syndicales ne mettent en avant que des revendications médiocres ne peuvent susciter aucun élan.
Cette situation générale n'est pas défavorable développement de l'esprit critique dans les organisations ouvrières, tout au contraire.
Dans le P.S., cela s'exprime sous la forme d'une opposition politiquement timorés que Guy Mollet terrorise. Il suffit de dire que la plupart de ses leaders appartenaient jadis à l'équipe de Blum. Il n'est pas exclu qu'à un moment donné, ce soit Guy Mollet lui-même qui fasse un tournant, en sacrifiant par exemple un Lacoste.
On a rarement vu une carence plus grande la part de la direction du P.C.F Sur la question de la guerre d'Algérie, elle ne fait rien, ne veut rien faire, lisse les choses entre les mains du Mouvement de la Paix qui se garde bien de dépasser les protestations systematiquement le mot d'ordre d'indépendance de l'Algérie. La direction du P.C.F. cours des mais passent in rônise défendu son vote des pouvoirs spéciaux de mars 1956, pouvoirs qui le regime actuel en le général « allemand» Speidel que contre le général français Massu commandant Cette direction a fait beaucoup plus de bruit contre les parachutistes. Elle accorde plus d'importance aussi à la question des rampes de lancement, sans toutefois songer a autre chose que la signature de pé itions
- ce qui ne rencontre plus d'écho, comme ce fut le cas logs de l'appel de Stockholm,
La politique générale de la direction du P.C.E. était menée sousole signe de la réalisation du « compromis à gauche» La toute dernière session du C.C. (mars 1353) a même remis en avant le mot d'ordre du Front populaire. La direction du P.C.F. cherche utiliser l'inquiétude croissante devant les manifestatioss) des groupes réactionnaires pour gagner à cette idée une aile de la bourgeoisie? Mais, comme il " y a pas une alle bourgeoise disposée a marcher maintenant dans cette politique, le rapporteur du C. C. S'est adressé a cette gauche bourgeoise dune lacon e nigue Vous avez des craintes parce que nous sommes plus forts buen 1936. leur dit-il. et Il vous faudrait peut-etre des garanties que nous ne profiterionp pas dera situation pour faire -une e demeeratie populaire'» ? Des garantes, mer avez-vous pis de meillenres que notre passé? De m'est pas nous qui en 036 eten 1946p)avons rompil le contrat. Au contraire, c'est nous qup avons Tait termiter les graves qui avens obtenu des ouvriers la dissoftition des milices. Et nous agitons lavenit comme nous l'avons fait dans le passé. .....
•Malgré de telles promesses, les bourgeois de gauchenne sonda pas durtout disposés à répondre favorablement, et la-direction du P.S., dresse denbhiragente plus strict a toute idee d'action commune P.C.-P.S. Ces Messieurs saventomien gue la direetion Thorez a été très loyale à deux reprises et ils me deivent pas avoir de dontes quant a ses intentions de rester fidèle à son passes mais igo t'on pas la certitude qu'un nouveau mouvement de masse une fois déclenché paisses al'avenir étre contrôlé par la direction du P.C.E. Les expériences ne sont pas sans avoir laissé de traces dans la conscience de nombreux militants.
Dt les bourgeois esperent aujourd'hui encore Vu la carence ouvrier solution à travers les petits moyens, en minimisant autant que possible les heurts sociaux.
La dégradation de la situation en France va à contre-sens des développements dans le monde, y compris dans la plupart des pays européens voisins. Mais elle peur encore se poursuivre pour un certain temps; l'aggravation des difficultés en Algérie, l'epuisement du pret Monnet et les répercussions de la récession américaine pourraient contribuer à une modification de la situation et stimuler les masses ouvrières beaucoup plus amples que celles d'aujourd'hui, mais cela n'apparait pas dans P'immediat.
Néanmoins, en dépit de de cet aspect negatif, la situation présente en France n'entraine aucune décomposition du mouvement ouvrier. la classe n'a pas subi défaites décisives; et on assiste à un approfondissement de la crise de la direction stalinienne. L'autorité de celle-ci, ses rapports avec les militants et avec la classe ouvrière en général ont connu une détérioration profonde et irréversible. L'esprit eritique se développe dans le P.C.F. et la C.G.T. Le programme révolutionnaire a une audience plus large que par le passé; la section française de la IV• Internationale capitaliste n'a pas encore fini sa descente; mais cette situation est aussi une situation de préparation garde pour l'étape ultérieure où le mouvement ouvrier sera forcé de passer à l'action.