Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › 16e année, n° 1

Perspectives britanniques

Quatrième Internationale, 16e année, n° 1 · janvier 1958 · p. 10-11 · 994 mots

Texte lu par machine sur le scan (relu en 2026 colonne par colonne) : il peut contenir des fautes de lecture. Pour citer, reportez-vous au scan de la page.

Deux facteurs de la situation britannique ont fait impression sur tout commentateur sérieux. Le déclin spectaculaire des votes tories a été enregistré dans 20 élections partielles. Le Labour Party n'a pas réussi à récolter la moisson que le gouvernement conservateur a semee.

Des demandes d'augmentations de salaires pour compenser la montée du coût de la vie ont rencontré une résistance dans les secteurs les plus importants. Le rejet par le ministère de la Santé de l'augmentation aux travailleurs du Service national de Santé accordée par la Commission fonction publique a donné aux employeurs prives le ton pour se tenir termes contre les revendications de salaires. La petite retraite qui a été effectuée récemment n'invalide pas le tableau général de la résistance aux protestations de la classe ouvriere lace a la montee du cout de la vie, tempéree par des concessions secondaires.

La loi sur les loyers, ouvertement en faveur des proprietaires, a ete suivie par le projet sur les autorités locales et la mesure pour arrêter les prêts aux autorités locales des articles spécifiques de dépense en faveur d'un " block grant" (allocation globale), dont Tellet sera de reduire les sommes dépensees par les autorites locales pour l'education. L'élévation du taux bancaire à dans un effort pour arrêter l'inflation a pour résultat une réduction des investissements de capitaux dans l'industrie, ce qui a son tour empechera un accroissement de la production. Cela se reflète déja dans une élévation du nombre des chômeurs, qui, quoiqu'encore faible, est le plus marque dans l'industrie lourde.

Contre ces mesures, les ouvriers réagissent à leur façon. Le refus des travailleurs des bus de Londres de soumettre leur revendication d'une augmentation de 25 shillings à l'arbitrage, contre « l'avis » de la direction du Syndicat des Transports, a été suivi par une masse de revendications dans d'autres industries. En particulier le batiment, doublement frappé à la fois par les débauchages saisonniers et la récession qui se developpe, a vu croitre les exigences pour une action militante.

La bureaucratie syndicale n'a donné satisfaction à aucune de ces demandes. Au fur et à mesure que la crise se développe et avant qu'un gouvernement travailliste ne soit instauré, il ne peut y avoir de doute que les dirigeants du Trade Union Congress recourront à toute sorte de démagogie « gauchiste » sans scrupule afin de conserver leur emprise sur la base. Cependant, dans la situation immediate, le désir de la « firme » Cousins-Tewson-Williamson est de retenir les ouvriers et de poursuivre la politique de « paix industrielle» et de « médiation » entre le patronat et les travailleurs. Dans les cercles du Trade Union Congress, l'esprit d' « homme d'Etat » est encore à l'ordre du jour.

Sur le pian politique, l'aspect le plus notable des récentes élections partielles a été le fait que le vote Labour n'a pas augmente dans la même mesure que le mécontentement et les désillusions dans la politique du gouvernement. Le soi-disant « renouveau libéral » est le résultat direct de la faillite de la direction du Labour à présenter une claire réponse à toutes les questions se posant réellement aux électeurs de la ouvrière et des classes moyennes: l'assaut de la crise, la crainte de la guerre nucléaire, les loyers, l'éducation, les pensions.

Pendant des mois, les dirigeants travaillistes, face à de nombreuses occasions de chasser les tories du pouvoir, ont choisi de mener un pseudo-combat sur des questions telles que la réforme de la Chambre des Lords. Le mécontentement des syndiqués de base se reflète ainsi dans une colère grandissante des militants des sections politiques du L.P. Privés de direction depuis la défection de Bevan au Congrès de Brighton (beaucoup, à vrai dire, ont momentanément démissionné du parti en raison de la profondeur de leur déception), ils recherchent une claire réponse aux problèmes qui les préoccupent.

« Tribune », sous la direction de Michel Foot, jadis lieutenant de Bevan, est reste dans l'équivoque sur toutes les questions cruciales. Dans un article modérément cri tique de son ancien leader, Foot a contesté la ligne en politique extérieure mise en avant par Bevan à Brighton. Cependant, le journal continue de publier des contri10

QUATRIEMEINTERNATIONALE butions régulières de son vieil héros, en même temps qu'il «dirige de derrière» assidument tout nouveau développement économique ou politique.

Legerement plus a gauche, un nouveau regroupement a réuni les partisans cenSocialism » et du « Movement for Colonial Freedom » avec «University and Left Review », soutenus principalement par d'anciens membres Parti communiste qui se dirigent maintenant en direction d'un réformisme de gauche. Ce regroupement, essentiellement passager et formé d'éléments se déplaçant dans de nombreuses directions qui se rencontrent en un point d'intersection, offre un terrain tertile pour les membres du Labour Party qui présentent une solution marxiste claire.

moins significatil est le développement qu'a noté le correspondant politique de l' « Observer » dans son numéro du 15 décembre, d'un ressentiment de la part des groupe parlementaire du en face des « activités fractionnelles » de la coterie exclusive de Gaitskell, occupée à couver ses « nouvelles pensées » dans les salons abrites des «sommets » intellectuels de

Tous ces traits augurent une différenciation certaine dans les rangs du Labour Party. Le rythme de celle-ci sera conditionné par la proximité ou non des élections générales que les commentateurs conservateurs les plus rusés conseillent au gouvernement de « brusquer » en mars ou avril. Si cela avait effectivement lieu, les craquements dans ledifice du Labour seraient rafistolés, mais pour S'agrandir dramatiquement pouvoir social-démocrate. Mais si le point mort électoral actuel continue, les fissures pourraient s'approfondir dans les mois à venir, seulement pour être temporairement obscurcies par les slogans généraux de « gauche» avec le debut de la crise.

C'est seulement avec la venue au pouvoir du prochain gouvernement travailliste que toute l'ampleur tempétueuse de la crise intérieure du L.P. se déchainera. Si la gauche révolutionnaire fait correctement son travail dans les mois à venir, elle recevra alors sa récompense.

Une erreur sur cette page ?