Documents de la IVe Internationale

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La revue › 16e année, n° 1

L'épuration du Parti ouvrier polonais

Quatrième Internationale, 16e année, n° 1 · janvier 1958 · p. 9-10 · 950 mots

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En Pologne, lepuration du Parti communiste bat maintenant son plein. Enquêtant dans les usines, les bureaux, les quartiers, les villages, les commissions de vérification passent au crible les membres du Parti, selon la ligne et les critères mis en dans le rapport de W. Gomulka au 10° Plenum du Comité central du POUP (24-26

C'est dans ce rapport que Gomulka, se référant à la situation présente dans Parti, alors qu'agissent en cercles révisionnistes, et dogmatiques et que, à leurs côtés, des personnes fortuites freinent la politique Parti, recommande de reporter la tenue du à une date ultérieure. C'est dans ce même rapport que Gomulla a congres fixé antérieurement décembre 1957 donné le signal et la ligne de l'épuration du Parti.

Il a longuement parlé de la situation de celui-ci, des différentes catégories de ses membres et de la nécessité d'y rétablir le « monolithisme idéologique ». Son raisonnement était grosso modo le suivant: l'unité du Parti est mise en cause par son «trouble ideologique » dont le principal responsable est le groupe des « révisionnistes », ainsi que les «éléments troubles, démagogues, hypocrites », accusés « d'organisations de grèves et de la formulation des revendications démagogiques ».

Ces groupes n'ont pas de place dans le Parti, ainsi que certains autres éléments cop entie demors en reste pou adelas socialisme et sie mamenant «carriéristes ». Le Parti, en l'épurant de ramener ses effectifs actuels de 1.300.000 membres environ à la moitié « constituée de membres conscients, combatifs, dévoués entièrement à la cause du

Que le Parti polonais, comme tous les Partis communistes grandis à l'ombre de Staline se soit enflé d'éléments ayant peu de rapports avec le socialisme, c'est parfaitement exact. Que, dans la tourmente de la « déstalinisation », des tendances droifieres et meme ouvertement révisionnistes du marxisme soient apparues, c'est également vrai. Mais si ce que Gomulka appelle pudiquement le « dogmatisme », c'est-à-dire

One se soigne pas electivement par le « révisionnisme», ce dernier non plus ne se soigne pas par le bureaucratisme paternaliste « éclairé » Gomulka. Ses sermons moralisateurs sur la conduite des membres du Parti cachent politique concrète et correcte. Seule la libre discussion idéologique dans les partis qui se dégagent du stalinisme orthodoxe peut venir à bout du « révisionnisme » et du « dogmatisme», en cristallisant sur une plate-forme politique claire une aile, une tendance majoritaire véritablement marxiste-révolutionnaire. Tandis que l'intervention de Gomulka est une tentative de retablir le monolithisme dans son Parti, sur la base de sa propre ligne, qui est celle du « titisme », du bureaucratisme paternaliste « éclairé », c'est-à-dire en définitive une version de politique idéologiquement stalinienne, appliquée de manière plus souple, de l'idéologie stalinienne qui a nourri aussi bien les Khrouchtchev Gomulka, suivants: en matière de democratie socialiste, le monopole politique du parti unique; en matière de démocratie intérieure du parti, la conception du monolithisme, qui aboutit à la dictature de fait du secrétariat sur le parti; en matière de politique ouvrière internationale, la politique d'Etat, vue plus particulièrement à travers les intérêts de la bureaucratie soviétique qui contrôle l'Etat en stalinienne. Sous la polonaises en octobre-novembre 1956, il fut obligé de reconnaître l'existence de fait des tendances idéologiques dans le Parti, des embryons de pouvoir sovietique dans le pays, et de tenir tete dans une certaine mesure au pouvoir du Kremlin à ce moment en crise profonde. Mais depuis, la marée des masses se retirant, Gomulka est retombé progressivement dans l'ornière stalinienne version «titiste ».

Il est maintenant pour le « monolithisme» dans le Parti, ce qui signifie la mort de toute vie politique et idéologique et l'incapacité de formuler une réponse politique problèmes du pays. Des Conseils ouvriers, aspiration des masses à la construction d'un nouvel appareil d'Etat de forme soviétique, Gomulka n'a retenu que leur fonction en tant que nouveaux organismes bureaucratises, appendices des syndicats, qui contribuent « à l'accroissement de la production dans de nombreux établissements de travail».

Quant à la politique étrangère, il est devenu un porte-parole supplémentaire des slogans du Kremlin sur la « coexistence pacifique », et tout le reste du fatras stalinien en cette matière.

Mais sa « victoire » ne pourra pas être complétée avant que l'épuration du Parti en cours ne lui assure une incontestable majorité conformiste. Le danger, cependant, existe que les « commissions de vérification » soient dominées ici et là non pas par des « gomulkistes », c'est-à-dire des centristes situés entre le «révisionnisme» et le (dogmatisme», mais par des «dogmatistes » 100 %, e'est-à-dire des staliniens purs, des natoliniens authentiques.

Dans ce cas Gomulka deviendra un prisonnier encore plus docile du Kremlin. Ce danger est d'autant plus grand que les ouvriers industriels, qui ne forment que

59,5 % environ du Parti, sont parmi les plus touches par lepuration, quittant souvent d'eux-mêmes le Parti. C'est là un signe de leur démoralisation.

Nous avons appris que des militants communistes, ouvriers, étudiants, intellectuels, parmi ceux qui en octobre-novembre 1956 ont le plus lutte pour la victoire de Gomulka. sont maintenant expulsés du Parti et même de leur travail.

Gomulka pourra dire que ce sont là des excès des « natoliniens » ayant pris en mains iei et là la campagne de l'épuration. Mais, en réalité, dans la mesure lui-meme a declenche la lutte principale contre les éléments ouvriers, étudiants et intellectuels de gauche du Parti et du pays, accusés délibérément et sans distinetion de « révisionnisme », il a détruit sa propre base tant soit peu « indépendante».

C'est une gauche conséquente, marxiste-revolutionnaire, ment, tenacement, la victoire complete de la nouvelle phase inévitable de la révolution politique en Pologne, qui mürit actuellement sur les déceptions et l'expérience accumulées par le gomulkisme.

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