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La revue › 16e année, n° 1

La révolution indonésienne en marche

S. Santen · Quatrième Internationale, 16e année, n° 1 · janvier 1958 · p. 12-19 · 6 099 mots

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« C'est l'influence des idées de Tan Malakka et de Trotsky dans le P.K.I. (Parti Communiste Indonésien) qui ont conduit à la situation actuelle , telle est l'explication des événements révolutionnaires qui sont en train d'ébranler l'Archipel, donnée par un dirigeant catholique à Radio-Hilversum. A côté des nombreuses déclarations hystériques et stupides qu'on trouve dans la presse hollandaise, cette allocution radiodiffusée contient - il faut le reconnaître = en tout cas un effort sérieux de comprendre ce qui se passe.

En même temps, ne nous faisons pas d'illusions sur le « trotskysme » des dirigeants staliniens en Indonésie. Mille fois ils ont agi et ils agissent contre les intérêts de la Révolution indonésienne, ils ont trahi et freiné, ils ont propagé le « front populaire » avec les partis bourgeois, se sont prononcés en faveur d'un gouvernement de coalition, et - en même temps - ont tâché et tâchent encore de soumettre le P.K.I. à la politique bourgeoise de Sukarno.

S'il agissent maintenant (sans doute de manière contradictoire et pleine de dangers pour la Révolution), il faut en donner tout l'honneur aux masses révolutionnaires qui les poussent, les obligent à bouger et qui - surtout et avant tout = agissent ellesmêmes, remplies d'initiatives, d'esprit révolutionnaire, de haine contre les impérialistes hollandais qui les ont exploitées si longtemps et si impitoyablement. Il faut ajouter que les militants communistes, la base et les cadres moyens du P.K.I. et du S.O.B.S.., la grande Centrale ouvrière indonésienne, n'ont rien de l'esprit bureaucratique des Aidit et C°. Ils se trouvent en tête; maintenant, ce sont eux qui ont pris l'inifiative d'occuper les usines, les plantations, les banques, les bateaux. Les plus conscients d'entre eux, il n'y a pas de doute, sont enflammés par l'audace révolutionnaire de Tan Malakka, par les idées de la révolution permanente de Léon Trotsky.

Cela explique le débordement rapide et massif de l'action antiimpérialiste initiale du 12 gouvernement. Il faut ajouter que, par cette action, Sukarno, en tant que représentant de la bourgeoisie nationale, a pris des risques incalculables pour l'existence même du régime bourgeois en Indonésie. Un Nasser a pu nationaliser le Canal de Suez, chasser les Anglais et les Français, sans perdre le contrôle des masses en action, grâce au niveau encore bas de politisation des masses égyptiennes, et =- on peut le dire maintenant — grâce au caractère « limité » de son action en ce qui concerne les conséquences directes pour le régime bourgeois en Egypte.

Chasser les propriétaires des entreprises et des plantations hollandaises en Indonésie, c'est vraiment autre chose. Cela met tout de suite à l'ordre du jour la question: qui en sera le maître? Le gouvernement? C'est très douteux qu'un gouvernement bourgeois (et surtout un gouvernement si faible) soit en état de réaliser des nationalisations d'une telle ampleur, en plaçant l'épine dorsale de l'économie du pays sous son propre contrôle. La « manceuvre » devient encore plus douteuse quand on tient compte des masses en mouvement, qui ont une toute autre conception de ce que signifie l'expulsion des Hollandais. Ce n'est pas par hasard que le gouvernement déclare, jour après jour, qu'il n'a pas l'intention de nationaliser la majorité des possessions hollandaises, qu'il les fait occuper par l'armée pour éviter une occupation par les ouvriers, etc. Sans doute, son jeu est compliqué. Les usines et mettre à la raison les impérialistes hollanles plantations sont un bon gage pour dais en ce qui concerne l'Irian occidental (Nouvelle-Guinée). En même temps, la nationalisation des transports (surtout du trafic maritime, si important pour garantir et renforcer l'unité de toutes les iles d'Indonésie sous un gouvernement central - 70 % de ce trafic étant encore contrôlé par le K.P.M. hollandais) est devenue une nécessité brûlante pour lui. En outre, aucun gouvernement indonésien ne peut faire face aux problèmes les plus élémentaires aussi longtemps que

A R I E E les banques se trouvent aux mains des impérialistes (une des très grandes banques hollandaises, la Nederlandche Handel Maatschappii, s'occupant toujours de 70 % des transactions financières indonésiennes!. Même si le gouvernement Djuanda nie maintenant vouloir nationaliser les banques hollandaises en Indonésie, il est très probable que cette nationalisation se trouve dans son programme.

Mais qu'en est-il en ce qui concerne le reste, en réalité le principal, les entreprises et les plantations ? La quasi-totalité des entreprises sont possession impérialiste, avec une grande influence d'impérialistes « étrangers », c'est-à-dire surtout américains et anglais, à côté des Hollandais. 75 % des plantations se trouvent encore aux mains des impérialistes hollandais. Selon des calculs indonésiens, 1,5 milliard de dollars sont toujours investis par les Hollandais en Indonésie. Un porte-parole du gouvernement

ET LES

Heureusement, les masses en marche, surtout les ouvriers des grandes villes de Java, ont une autre conception de la question de savoir qui doit être maître des entreprises, des banques, de la flotte, des plantations. Ce sont eux qui ont, avec une audace extraordinaire, pris l'initiative des occupations, pas d'une manière individuelle, mais au nom du SOBSI, leur grande Centrale syndicale. Ils l'ont fait pacifiquement là où c'était possible, en plaçant le drapeau rouge à côté du drapeau rouge-blanc, les couleurs nationales. Ils ont su livrer bataille là où c'était nécessaire, comme cela s'est produit à Bandung où, selon des informations du « Volkskrant » du T0 décembre, une lutte armée s'est livrée entre les troupes du Masjumi réactionnaire et les masses « communistes ». Et même maintenant où le gouvernement débordé et effrayé par l'action des masses a interdit les occupations et donné le pouvoir à l'armée pour « protéger la propriété », « à Djakarta les communistes continuent à hisser les drapeaux rouges sur des entreprises hollandaises... Aujourd'hui le bureau principal de Philips à Djakarta et celui de la Société d'Assurances Nillmij ont été « expropriés » par le personnel indonésien sous la direction de fonctionnaires syndicaux « communistes » (Volkskrant, 11 décembre). Le « New York Times » du 8 décembre informe :

• Les mouvements des ouvriers à Jakarta, dans toute la mesure où on a pu le déterminer, furent faits sans la sanction de gouvernement et en opposition aux déclarations du Premier ministre Djuanda, du chef d'état-major de l'armée, le général Abdul Haris Nasution, et d'autres hauts fonctionnaires gouvernementaux selon lesquelles de telles mesures étaient inadmissibles et ren-

Djuanda a déclaré que, même si son gouvernement voulait nationaliser toutes les possessions hollandaises (mais il ne le veut pas, a-t-il ajouté aussitôt...), il ne disposerait pas de l'argent pour les indemnisations (Het Vrije Volk, 9 déc.). Et nationaliser sans indemnisation, ça serait du communisme...

Mais, il est clair en même temps qu'aucun gouvernement indonésien ne peut plus fonctionner aussi longtemps que la quasitotalité de l'économie est entre des mains impérialistes. La « perspective » de la bourgeoisie nationale indonésienne dans cette situation est, il n'y a pas de doute on peut le sentir à chaque information contradictoire et ambigué de sa port - d'obtenir une participation plus grande dans l'économie. Bien entendu en propriété privée. A ce sujet elle compte sur la « souplesse » de son gouvernement, demain... MASSES... daient leurs participants susceptibles de sévères pénalités... Les trois banques hollandaises ici, la Nederlands Trading Society, l'Escompto et la Netherlands Commercial Bank, furent prises par les délégués. Ils lurent une proclamation devant leurs camarades enthousiastes et ensuite devant les administrateurs hollandais, disant que la saisie se faisait au nom de l'Association des ouvriers indonésiens et que les banques deviendraient propriété de la République indonésienne. »

Selon d'autres informations, la direction de l'armée n'ose pes - dans une bonne série de cas «protéger » des entreprises déjà occupées par les ouvriers.

Et l'action ne se limite pas à Java. Suivant le a New York Herald Tribune » du 16 décembre : « des ouvriers du SOBSI, centrale syndicale dominée par les communistes prirent des boulangeries et magasins hollandais à Java et les banques à Bornéo. Hier (14 décembre), le pays se calmait après toute une série de rumeurs sur la déposition du Président Sukarno ». Le « New York Times » du même jour informe que « de Palembang, capitale du Sud-Sumatra, est venu un rapport selon lequel les forces de sécurité ont arrêté un nombre d'ouvriers appartenant à la centrale syndicale contrôlée par les communistes pour avoir pris une « action arbitraire » contre trois propriétés hollandaises. 37 drapeaux rouges hissés par les ouvriers devant les maisons occupées par les employeurs hollandais furent confisqués, ajoute le rapport ».

Het Algemeen Handelsblad du 21 décembre parle « d'une situation d'anarchie à Bali ». Le directeur d'une société de plantations hollandaise, parti pour Singapour, a déclaré que « à Afjeh et Deli, sur la

QUATRIEMEINTERNATIONALE côte orientale de Sumatra, les actions indonésiennes ne se dirigent pas seulement contre les sociétés hollandaises, mais aussi contre les autres sociétés occidentales, à savoir anglaises et américaines ». (Volkskrant, 18 décembre). Et, ce qui n'est pas moins significatif : « A Kerema, NouvelleGuinée australienne, au cours du week-end de la semaine dernière des soldats ont engagé le combat avec la population indigène. Environ 20 personnes ont été blessées. Les luttes ont commencé quand une infirmière indigène déclara qu'elle avait été insultée ». (Het Vrije Volk, 16 décembre).

En outre, ce qu'on a révélé beaucoup plus tard, c'est le fait qu'une lutte armée s'est livrée au nord de Sumatra en octobre dernier, où la ville de Pematang Siantar a été attaquée. A cause de cet événement le journal nationaliste Suluh Indonesia a écrit au début de novembre, " que les communistes tâchent de faire du nord de Sumatra un deuxième Yenan, comme prologue à une prise de pouvoir dans tout l'archipel indonésien » « Les communistes ont déjà taché depuis longtemps - selon le même

Oui, l'impasse complète, il n'y a pas d'autre expression pour la situation dans laquelle se sont trouvés les camps en lutte : l'impérialisme hollandais, la bourgeoisie nationale d'Indonésie et les masses indonésiennes.

On peut s'étonner de la stupidité de l'impérialisme hollandais, qui risque tout pour ne pas perdre une partie, l'Irian occidental. Le même impérialisme dit-on - qui a été si « habile » à « donner » l'indépendance politique à l'Indonésie, pour ne pas perdre ce qui est essentiel : ses possessions. L'affaire n'est pas si simple. Les impérialistes hollandais ont mené deux guerres coloniales successives avant de se faire mettre à la raison par les masses indonésiennes. Si contrairement à l'impérialisme français en Algérie — ils ont « compris » assez vite, c'est grâce à leur faiblesse qui n'a pas laissé d'autre solution.

Quand le gouvernement hollandais. transmis la souveraineté à l'Indonésie,

Men 1949, il a fait une exception pour l'irian occidental. Ce n'était pas par hasard. L'odeur du pétrole a joué un rôle, bien sûr. Mais ce qui a été plus essentiel là côté des rêves d'une nouvel empire pour l'avenir), c'était la nécessité de maintenir une forte position pour veiller aux intérêts impérialistes conservés en Indonésie.

C'est la peur de perdre ce « gendarme », cette « garantie » contre la perte de tout, qui a inspiré l'attitude « ferme » de l'impérialisme hollandais, malgré les rapports de forces complètement en faveur de l'Indonésie. O, ironie splendide de l'Histoire ! Grâce à 14 journal - de former une force armée afin de soutenir leurs demandes et aspirations politiques »

Il serait possible d'ajouter à toutes ces informations des informations sur des mouvements à Célèbes et dans d'autres iles. Il est clair, en tout cas, que l'Indonésie tout entière est en mouvement. La marche des masses est devenue irréversible — quoique le processus en reste contradictoire - et est déjà arrivée A LA DUALITE DE POUVOIR DANS UNE BONNE PARTIE DE L'INDONESIE, SURTOUT A JAVA. L'occupation des entreprises, des plantations, de la flotte et des banques par les masses n'a qu'une signification : IL S'AGIT DU DEBUT CLASSIQUE DE LA REVOLUTION PROLETARIENNE. LA REVOLUTION INDONESIENNE EST EN TRAIN DE ROMPRE LES LIMITES DE LA REVOLUTION NATIONALE SOUS UNE DIRECTION NATIONALISTE BOURGEOISE. ELLE SE DEVELOPPE SELON LES LOIS DE LA REVOLUTION PERMANENTE. IL N'Y A PAS D'AUTRE SOLUTION A L'IMPASSE COMPLETE DANS LAQUELLE SE TROUVAIT LA REVOLUTION INDONESIENNE DEPUIS LONGTEMPS. leur « prévoyance » de ne pas « donner » l'Irian occidental, grâce à leur peur pour leurs possessions, les malheureux sont en frain de tout perdre, tandis qu'ils se maintiennent encore (pour combien de temps?) dans l'Irian occidental..

Dans cette impasse où se trouve l'impérialisme hollandais, « l'honneur » est revenu à un « socialiste ». le Premier ministre Drees, ce digne collègue de Guy Mollet, de s'adresser à K'OTAN pour obtenir de l'aide. « Les conséquences économiques dont la Hollande fait l'expérience dans les événements en Indonésie pourraient influencer la contribution hollandaise à l'OTAN», a déclaré ce M. Drees le 17 décembre (Het Vrije Vilk, 18 décembre). Et ces gentlemen parlent de « chantage » de la part de |'Indonésie...

La tragi-comédie ne serait pas complète si, dans cette situation, les staliniens hollandais ne se proclamaient pas les sauveurs des intérêts « nationaux ». Ils se sont déclorés il est vrai pour la liberté de l'Irian occidental. Mais avec quelle argumentation ? « Il s'agit du fait que les relations avec l'Indonésie, qui sont indispensables pour notre pays, et bien plus encore se trouvent mises en jeu en raison de la politique de Luns : conserver l'Irian occidental ». (De Waarheid 12 décembre).

Mais ne nous occupons plus, pour le moment, de ces misérables qui ne savent que souiller la lutte libératrice des peuples indonésiens et la solidarité socialiste du prolétariat hollandais. Ils ne sont eux aussi qu'une expression de l'impasse

L'ATTITUDE DE L'IMPERIALISME HOLLANDAIS

L'ATTITUDE DE L'IMPERIALISME HOLLANDAIS

Q complète dans laquelle se trouve l'impérialisme hollandais. La perte de ses possessions en Indonésie, ce serait vraiment un coup mortel pour lui. La Révolution indo-

L'impasse pour la direction nationaliste bourgeoise d'Indonésie n'était pas moins complète. Placée devant le fait que presque toute l'économie se trouvait aux mains des impérialistes, elle jouait un rôle de caractère complètement parasitaire. Sa corruption était proverbiale. Sans racines profondes dans l'économie nationale, elle n'a pu se maintenir que grâce à un jeu bonapartiste de grande envergure, d'une part en s'appuyant sur les forces semi-féodales proimpérialistes (entre autres par la coalition avec le Masjumi) pour pouvoir opprimer les masses, d'autre part en s'appuyant sur les masses (surtout à travers le PKI) pour ne pas être battue par les forces réactionnaires du Masjumi et se maintenir contre l'impérialisme. Ce jeu bonapartiste a pu prendre, en outre, des proportions extraordinaires et si l'on veut - d'une nouvelle « qualité », grâce à situation internationale, la bourgeoisie nationale pouvant profiter de la tension grandissante entre les deux « blocs » et → surtout - de l'aide des Etats ouvriers pour pouvoir être plus « ferme » contre l'impérialisme.

Cependant, dominée par la peur devant les masses, sa conduite a été d'une lâcheté sans comparaison, vue la faiblesse de l'impérialisme hollandais. Elle n'a pas eu le courage dans le passé de toucher aux propriétés hollandaises et si elle le fait maintenant c'est pour paralyser l'initiative des masses. Elle a laissé l'Irian occidental aux mains des Hollandais. Elle a toujours tâché de se concilier avec les forces semi-féodales, et leur a confié des postes dirigeants dans l'armée. Elle a compromis l'unité de la République par sa politique envers les divers peuples d'Indonésie, elle a encouragé les forces centrifuges en capitulant devant leurs rébellions inspirées par l'impérialisme et les semi-féodaux. Elle a opprimé les masses, déjà exploitées par les entreprises impérialistes, et elle a laissé les paysans sans terre. En respectant la propriété impérialiste, elle a été incapable de développer une économie indonésienne autonome d'aucune envergure.

Si, enfin, elle a perdu la confiance des masses, qui - - surtout à Java - se sont

Saved Ulenspiegel, qu'elle l'a bien mérité

Pour les masses la situation était intenable -depuis longtemps, la misère les accompagnant chaque jour. Mais il faut comprendre que pour les masses indonésiennes la misère ne possède aucun secret. Elles la connaissent •depuis des siècles. Les chiffres sur leur ninésienne menace maintenant directement l'existence d'un impérialisme qui, malgré sa petite taille, s'est toujours rangé parmi les impérialismes les plus « solides

Placées devant la haine des masses, les classes dirigeantes de l'Indonésie se sont rapidement développées à droite. Il faut ajouter que Sukarno, représentant le plus conscient de la bourgeoisie nationale, habile comme toujours, a continué ses efforts pour utiliser le mouvement de masses dans son jeu multiple : envers l'impérialisme, envers les forces militaires semi-féodales et envers... les masses mêmes qui, à travers la politique du stalinisme, ont été prisonnières de lui.

Mais la situation s'avère intenable, les masses d'un côté passant à l'offensive - leur situation étant des plus misérable, les militaires de l'autre côté menaçant la position de Sukarno.

C'est dans cette situation que le gouvernement indonésien a mis la question de MIrian occidental à l'ordre du jour. Par son action il espérait pouvoir unifier les forces centrifuges des classes dirigeantes, surtout les militaires, autour de son programme pour la libération de l'Irian occidental. En même temps il en espérait pouvoir donner quelque satisfaction au mouvement des masses sans faire face aux problèmes propres, réels, des masses. Il n'y a aucun doute à ce sujet. Dans une interview à « Het Vrije Volk > du 14 novembre 1957, Subandrio, ministre des affaires étrangères, a encore souligné expressivement :

NOTRE POLITIQUE INTERIEURE NE TOLERE PLUS LONGTEMPS CETTE IMPASSE. NOTRE ISOLATION SPIRITUELLE DE L'OCCIDENT DEVIENT TOUJOURS PLUS GRANDE.»

Le développement a montré qu'il ne s'agissait pas seulement d'une menace pour impressionner l'assemblée des Nations Unies où l'affaire de l'Irian occidental avait été mise à l'ordre du jour par le gouvernement indonésien. La requête indonésienne de fixer des négociations entre l'Indonésie et la Hollande sur l'Irian occidental étant rejetée, l'impasse était complète pour le gouvernementi Djuanda. Ne voyant en outre aucune solution, il donna la parole à Sukarno, qui lança un appel pour chasser les Hollandais, avec comme dernier espoir de les mettre à la raison par la pression des masses. veau de vie durant la domination impérialiste hollandaise révèlent une horreur permanente.

Dans une autre situation, elles l'auraient tolérée à nouveau, comme elles l'ont tolérée dans le passé. Si elles sont devenues cons-

LA BOURGEOISIE NATIONALE

LES MASSES ET LES RAPPORTS DE FORCE INTERNATIONAUX

LA BOURGEOISIE NATIONALE

LES MASSES ET LES RAPPORTS DE FORCE INTERNATIONAUX

U ATRIE ME I N cientes de l'impasse dans laquelle elles se trouvaient, c'est surtout grâce aux changements dans les rapports de force internatiofaveur de la révolution. Et voici ce qui naux, au détriment de l'impérialisme, en

Best un facteur nouveau dans la lutte révolutionnaire internationale: LES MASSES INDONESIENNES MARCHENT SURTOUT ET AVANT TOUT PARCE QU'ELLES SONT DEVENUES CONSCIENTES DES RAPPORTS DE FORCE INTERNATIONAUX EN LEUR FAVEUR.

Avant tout il y a la Révolution chinoise avec ses progrès permanents qui les inspira dès son début. Elles comparent et se demandent sans cesse : Pourquoi notre Parti Communiste ne suit-il pas l'exemple du Parti Communiste Chinois? Le PKI leur a demandé de soutenir Sukarno, en propageant la formation d'un gouvernement de coalition des « Quatre Grands » (partis). Elles n'ont pas bien compris, mais elles ont eu patience, pour voir ce qui se passerait. Et elles ont fait l'expérience que cette politique du Parti les a amenées à une impasse. Les autres « Trois Grands » les ont attaquées, se sont tournés contre elles. Le Masiumi a été l'inspirateur des coups militaires: le Parti National de Sukarno a fait des concessions aux militaires, sans faire aucune concession aux masses ; le Nahdatul Ulama, des petits paysans, a soutenu la formation d'un bloc anti-communiste.

il y a eu la défaite de l'impérialisme en Corée, au Vietnam, mais surtout il y eu la défaite des impérialistes anglais et français en Egypte, la nationalisation du Canal de Suez devenant un fait. Et les masses ont compris la lâcheté de leur propre bourgeoisie nationale, qui n'a même pas eu le courage de chasser les faibles impérialistes hollandais de l'Irian occidental. Elles ont compris que les rapports de force internationaux NE TOLERENT PLUS la présence de l'impérialisme hollandais en Irian occidental. Cette compréhension a augmenté leur sentiment que la Révolution se trouvait dans une impasse dont correctement elles ont rejeté la faute sur le gouvernement.

Last but not least, il y a eu la présence des exploiteurs hollandais en Indonésie même, se maintenant dans « leurs » entreprises malgré l'indépendance nationale de l'Indonésie et bloquant chaque progrès de la Révolution et toute amélioration du niveau de vie des masses. Cependant, chaque effort pour mener la lutte contre cet obstacle a été paralysé par le P.K.I. Dans une période où les masses se sont tournées vers le P.K.I., où les succès électoraux du P.K.I. et les grèves massives, où la polarisation des forces révolutionnaires et des forces contrerévolutionnaires ont révélé la présence d'une situation prérévolutionnaire, Aidit, secrétaire général du P.K.I., a encore défendu (De Waarheid, 17 août 1957) * les méthodes porlementaires », pour arriver à « l'achèvement de la Révolution d'août (1945) > et, 16

TERNATIONALE malgré l'expérience amère des masses avec les partis bourgeois et semi-féodaux (P.N.I., Mosjumi et Nahdatul Ulama), Aidit propose « la formation d'un gouvernement de coalition nationale dans lequel les « Quatre Grands » et d'autres partis participent ». En Indonésie aussi, les « voies pacifiques " la coexistence pacifique » ont été tout ce que le stalinisme a offert aux masses.

Aussi et surtout de ce point de vue, l'inipasse pour les masses était complète. Il était clair pour tout ouvrier, la vie même le lui montrait, qu'aucun pas en avant de la Révolution, qu'aucune amélioration du niveau de vie n'était possible aussi longtemps que les entreprises, les plantations, se trouvalent dans les mains des impérialistes. Si les masses toléraient cette situation, c'est parce qu'elles traduisirent les thèses de la « coexistence pacifique » à leur propre manière : l'expropriation des entreprises impérialistes pourrait provaquer l'intervention militaire des impérialistes coalisés.

Encore une fois, ce sont les nouveaux rapports de force internationaux qui ont brisé cette peur. Les défaites de l'impérialisme américain à l'échelle mondiale (pour ne pas parler des impérialistes anglais et français) ont laissé leurs traces dans la conscience des masses indonésiennes.

Ainsi, le correspondant Walter L. Briggs s'est senti obligé d'écrire dans le « New York Herald Tribune » du 18 décembre :

« Le prestige américain, autrefois plus grand que celui de toute autre nation, parmi les Indonésiens a décru dans les récentes semaines et est maintenant au plus bas depuis que la République a obtenu son indé. pendance, selon l'opinion d'observateurs informés ici.

Même les meilleurs amis des EtatsUnis parmi les Indonésiens il y en avait beaucoup dans les cercles influents ont exprimé la désillusion et le désappointement.

Les observateurs qui suivent de près l'opinion publique indonésienne attribuent la perte de prestige des Etats-Unis aux événements suivants : la segrégation scolaire, les incidents de Little Rock, le succès de l'U.R.S.S. dans la question du spoutnik et la neutralité américaine dans le conflit de l'Indonésie et de la Hollande sur la Nouvelle-Guinée hollandaise (Irian occidental) ».

Il est bien compréhensible que, dans cette nouvelle situation, les masses aient perdu leur respect pour la « coexistence pacifique qu'elles aient obligé le gouvernement à agir et, ce qui est plus important, qu'elles aient poussé leur propre parti, le P.K.I., et leurs syndicats, le SOBSI, à déborder rapidement les limites de l'action du gouvernement. Ce sont aux masses même, et à personne d'autre, que revient sans partage l'honneur d'avoir rompu l'impasse complète dans laquelle se trouvait toute la situation.

LE P.K.I. ET LA LUTTE DES MASSES

Selon Selon toutes les informations, c'est surtoutes tout le SOBSI, la forte Centrale syndicale contrôlée par le P.K.I., qui s'est solidarisée avec initiative des masses pour occuper les entreprises, les plantations, les banques et la flotte. Le SOBSI, d'est le mouvement de masses le plus authentique en Indonésie En ce qui concerne le P.K.I., il n'y a pas de doute qu'il s'est fait pousser par les masses, en propageant les occupations. Cependant, fidèle à sa politique opportuniste du passé il n'élabore aucune perspective socialiste pour les masses en marche et ne défend les occupations que comme partie de la lutte pour • la libération de l'Irian occidental ». En même temps, il soumet cette action à celle du gouvernement. Nous traduisons de « De Waarheid », du 12 décembre :

* Le Bureau Politique du P.K.I. a déclaré dans une résolution que, depuis l'échec des efforts indonésiens pour arriver, à travers rO.N.U., à une solution pour la question de l'irian occidental, le peuple indonésien est entré dans une nouvelle phase dans sa lutte pour l'irian occidental.

Cette nouvelle phase selon le P.K.I. • n'est rien d'autre que ce qui a été indiqué par le guuvernement comme « l'autre chemin » pour la solution de la question de lIrian occidental, en dehors de l'O.N.U. Notre action n'a pas pour but de nuire aux Hollandais en personne, mais de frapper le grand capital hollandais auquel le gouvernement hollandais permet de mener une politique colonialiste envers l'irian occidental.

« Le P.K.I. souligne expressément que les ouvriers, les paysans et la jeunesse ont salué avec une grande sympathie l'appel du gouvernement à suivre « l'autre chemin ».

«Partout ils développent de grandes actions pour suivre le chemin indiqué par le gouvernement. Plusieurs entreprises du grand capital hollandais ont déjà été prises en régie par les ouvriers et parmi ces entreprises plusieurs ont déjà été officiellement prises en régie par le gouvernement. »

Ces mots ambigus révèlent assez clairement le rôle du P.K.i. D'une part il se solidarise avec l'action des masses, d'autre part l la soumet au contrôle du gouvernement et accepte implicitement l'intervention du gouvernement pour terminer l'occupation des entreprises par les ouvriers.

«De Waarheid » poursuit

« Le P.K.I. déclare que, de cette manière, le gouvernement agit en accord avec sa propre position. Le gouvernement n'a pas encore fixé si ces mesures finiront avec la nationalisation ou bien la confiscation.

«Cela signifie que le gouvernement indonésien donne toujours l'opportunité aux Hollandais de réfléchir plus profondément sur la demando indonésienne envers l'irian occidental, selon le P.K.I. Il ajoute que maintenant deux chemins sont ouverts pour la Hollande :

1. Si la Hollande est prête à mener des négociations sur le transfert de l'irian occidental sous les auspices de l'O.N.U., une indemnisation pourrait être donnée aux entreprises hollandaises qui ont été prises en régie, en accord avec les possibilités de l'Indonésie.

2. Si la Hollande refuse opiniâtrement de céder l'Irian occidental, cette attitude nuira aux capitalistes hollandais eux-mêmes, parce que, dans ce cas-là, les entreprises prises seront considérées comme confisquées, et aucune indemnisation ne sera payée.

« Tout cela dépend maintenant de la Hollande. Le peuple indonésien est prêt à suivre un des deux chemins, dit le P.K.I.

« Le P.K.I. fait un appel au peuple, pour diriger toute sa force vers la réalisation de « l'autre chemin », indiqué par le gouvernement. Il souligne expressément la nécessité d'un commandement unique dans les actions contre le capital hollandais. Ce commandement unique existe sous la forme d'un Comité d'Action pour la libération de l'Irian occidental, nationalement ainsi que dans les diverses régions. »

Ce Comité d'Action s'est trouvé sous la direction du ministre de l'information, Sudibio, et a eu le caractère d'un « front populaire ». Sous la pression du mouvement de masses, surtout du SOBSI qui y a participé, son activité cependant, a débordé les limites de l'action gouvernementale. Entre temps ce Comité d'Action a été dissous.

« Désormais toutes les actions dans la cadre de la lutte pour la libération de Vrian occidental seront dirigées par conseil de la sécurité nationale sous la direction du Premier ministre même. Les membres de ce conseil sont trois vice-présidents, les chefs d'état-major des trois forces armées, le procureur général Suprapto et l• chef de la police d'Etat, Sukanto. » (Alg. Handelsbl., 21 décembre).

Mais suivons à nouveau le texte, publié par « De Waarheid » :

« Le P.K.I. fait un appel urgent au peuple pour résoudre vite les divergences d'opinion sur les méthodes de lutte contre le colonialisme hollandais par des négociations, pour que de cette manière l'unité dans le peuple ef entre le peuple, le gouvernement et l'armée se renforce (sic).

« En même temps le P.K.I. fait un appel aux travailleurs, non seulement pour faire marcher les entreprises occupées, mais pour les faire fonctionner de manière encore plus disciplinée et meilleure et pour augmenter la production.

« LE GOUVERNEMENT DOIT NOMMER UNE DIRECTION CAPABLE ET PATRIOTIQUE POUR

N CES ENTREPRISES ET LES OUVRIERS DOIVENT SOUTENIR DE TOUTE LEUR FORCE CETTE DIRECTION, suivant le P.K.I.» C'est dans cet appel final que la direction stalinienne du P.K.I. s'oriente directement contre les masses en action et contre la révolution même, en tâchant de remplacer le contrôle ouvrier des usines par le contrôle gouvernemental. Selon le bureau de presse A.N.P. (Volkskrant, 10 décembre), la déclaration du P.K.I. contient encore le passage suivant:

* Toutes les actions des ouvriers, des paysans et des organisations de jeunesse sont dirigées contre les capitalistes hollandais. Les autres pays capitalistes ne prennent pas une attitude hostile dans le conflit entre la Hollande et l'indonésie sur l'irian. occidental. C'est pourquoi aucune action ne ne sera engagée contre les entreprises des capitalistes des autres pays. » Impressionné par les efforts du P.K.l. pour freiner le mouvement des masses, Tillman Durdin écrit dans le « New York Times » du 16 décembre :

* Les éditoriaux dans le quotidien communiste « Hrian Rakjat » et des déclarations de leaders communistes ont exprimé l'approbation et le soutien pour la saisie des entreprises hollandaises et pour les autres mesures anti-hollandaises. Cependant les communistes ne semblent pas avoir joué un rôle dirigeant dans les mesures anti-hollandaises.»

Et il ajoute ensuite:

« Des membres d'orientation communiste du Conseil Consultatif National sont connus pour s'être prononcés effectivement avec force contre les saisies par les ouvriers et ont appelé de tels mouvements de « l'anarcho-syndicalisme » mal discipliné. Les communistes défendent un programme de prise ordonnée par le gouvernement telle que celui qu'il a maintenant mis en application.

« Des observateurs disent que la tactique communiste dans le mouvement anti-hollandais concorde avec la politique communiste actuelle de coopération avec des groupes et des individus non communistes. Les communistes indonésiens préfèrent laisser d'autres se trouver en avant aussi longtemps que les choses vont dans le sens qu'ils désirent.

« En outre, les communistes ont d'impor-

TERNATIONALE d'entreprises, début classique de la révolution, les masses en action se sont tournées vers le P.K.l., surtout à travers le SOBSI. Une victoire rapide et presque « pacifique » de la révolution jusqu'au pouvoir ouvrier et paysan surtout à Java) était possible, si le P.K.I., au premier moment poussé lui-même par l'élan des masses, n'avait pas tout fait pour châtrer l'action des masses en la subordonnant au contrôle du gouvernement. Si ce gouvernement en panique a été « sauvé », il le doit en premier lieu et surtout au P.K.I.

Placé devant la menace des masses, ce gouvernement a montré tout de suite les limites de son rôle « progressif » dans sa lutte contre l'impérialisme hollandais. Au moment même où la propriété privée fut menacée par les ouvriers (même s'il s'était agi des propriétés impérialistes hollandaises), les classes dirigeantes et le gouvernement prononcés surtout et avant tout se sont CONTRE L'ACTION DES MASSES. On a pu observer une polarisation immédiate de toutes les forces bourgeoises et semi-féodales. Sukarno, en tant que représentant de la bourgeoisie nationale, prêt à aider une telle polarisation CONTRE-REVOLUTIONNAIRE, en préparant ses propres « vacances » en Inde. Comme Peron, it préféra « se sacrifier » lau moment même de sa lutte contre l'impérialisme !) que de contribuer à une victoire des masses autonomes.

Le même phénomène s'est produit sur l'échelle internationale, où les Nehru au lieu de se prononcer contre l'impérialisme hollandais dans la dernière phase de la révolution indonésienne se sont adressés du gouvernement indonésien avec des avertissements pour freiner le développement.

C'est seulement après la première phase de la révolution, après que le P.K.I. ait été capable de soumettre les masses au contrôle du gouvernement, que nous pouvons observer des changements importants dans l'attitude du gouvernement. En exploitant maintenant la peur que l'initiative des masses indonésiennes a causée auprès des impérialistes (et vraiment pas seulement auprès des impérialistes hollandais !) le gouvernement montre envers l'impérialisme un « courage » inconnu jusqu'ici. Il « nationalise les eaux entre les iles de l'Archipel, il « occupe » lui-même des entreprises, il se dirige vers les Etats ouvriers pour l'achat d'armes. En même temps existent des symptômes que Sukarno d'une manière ou d'autre sera maintenu.

Il faut dire, que la bourgeoisie nationale a habilement profité de l'aide que le P.K. lui a accordée, en subordonnant les masses lui a accordée en subordonnant les massas à nouveau à son contrôle: Si la concentration des forces contre-révolutionnaires, première réaction aux occupations des entreprises, avait continué de la manière initiale, c'està-dire si Diuanda ou Hatta ou Nasution au tantes raisons pour d prudent à cette étape. ailleurs dans l'Asie non munistes susciteraieni réactions s'ils tentaient tique indonésienne.

ésirer jouer un rôle

En Indonésie comme communiste, les comde fortes peurs et de dominer la poli-

Ces longues cirations ont été inévitables pour faire comprendre le rôle du P.K.I., qui a influencé grandement le développement après les premiers jours.

Dans la première phase des occupations 18

VATRIE ME

E nom de l'armée (ou une combinaison de ces hommes), en éliminant Sukarno, s'était dirigé directement et avec force contre le P.K.l., le Parti Communiste aurait été placé dans une situation semblable à celle du P.C. Chinois dans la période où, d'un côté sous la pression des masses, de l'autre forcé par l'intransigeance de Tchang Kai Chek, il fut obligé de continuer la lutte jusqu'à la victaire.

Il faut dire, en même temps, que toutes ces tendances restent encore présentes. La situation reste fluide et il serait ridicule de parler d'une certaine stabilisation sur une nouvelle base. Toute aggravation de la situation, soit de la part des masses qui

Notre 5 Congrès Mondial, en discutant les progrès et la marche de la révolution coloniale mondiale, a donné une attention très sérieuse aux développements en Indonésie. En reconnaissant la situation indonésienne comme pré-révolutionnaire, il s'attendait a une explosion révolutionnaire dans des délais très courts (1).

Nous avons été les premiers et nous resterons les premiers à reconnaître les dangers du stalinisme pour le développement de la Révolution. Dans la situation actuelle en Indonésie, la politique opportuniste, empirique, du stalinisme contient mille dangers pour la marche de la Révolution. Les faits le prouvent à nouveau.

En même temps, à chaque aggravation de la situation, les masses auront la tendance à pousser le SOBSI et le P.K.I. plus loin. Beaucoup dépendra maintenant de l'audace, de la compréhension marxiste révolutionnaire des militants, des cadres moyens communistes. Nous nous sentons complètement solidaires d'eux, inspirés et enthousiasmés par leurs initiatives, par leur audace qui - nous l'espérons avec passion ne feront pas s'opposent à la « désoccupation » des entreprises, soit de la part de l'armée, soit de la part du gouvernement, soit de la part de l'impérialisme, pourra mener immédiatement à des luttes massives.

Mais même si la bourgeoisie nationale, grâce à l'aide du P.K.I. peut « stabiliser » sa position pour le moment, et arriver à des succès dans la lutte contre l'impérialisme hollandais, tandis qu'elle réussit à subordonner les masses à nouveau, même dans ce cas imaginaire elle ne pourra résoudre aucun des problèmes qui ont conduit à l'impasse complète. Autrement dit, toutes les conditions pour un nouvel éclatement des luttes restent présentes. halte devant les « tabous » des Aidit. Nous saluons les cadres trotskystes indonésiens qui se sont intégrés dans le P.K.I. avec la perspective correcte que la radicalisation des masses se réalisera surtout à travers le P.K.l. et le SOBSI. Que leurs succès soient en accord avec la grandeur des tâches à accomplir! Que les masses communistes s'orientent rapidement envers ceux qui, dans leurs rangs, lèvent le drapeau du trotskysme, de la révolution permanente, fidèles à leur passé de révolutionnaires intransigeants, POUR LA VICTOIRE COMPLETE DE LA REVOLUTION INDONESIENNE.

(1) Contrairement à certains « orthodoxes * sectaires, l'Internationale ne s'est pas laissée fasciner par le caractère réactionnaire de la politique stalinienne, mais s'est orientée, avant tout, sur le dynamisme de la situation même, un dynamisme qui pousserait pousserait les masses, et à travers les les masses le P.K.I. même, en contradiction avec l'ordre actuel en Indonésie. C'est ce qui s'est passé

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