(Résolution adoptée par la 6° Contérence nationate des Groupes Communistes Révolutionnaires
Section Italienne de
1) Le déroulement de la dernière crise gouvernementale et la situation qui en est découlée ont remis sur le tapis le problème de la crise de la direction politique de la bourgeoisie.
Il n'est peut-être pas inutile de rappeler l'élément caractéristique de cet après-guerre, élément qui a influé sur les développements de la situation et qui constitue par lui-même un symptôme d'un tableau pius général de la réalité italienne dernières années. En général, lorsque la - et pas seulement italienne — de ces bourgeoisie a eu à sa disposition une direction politique relativement stable et homogène, elle a du faire face à une
Deja vers la fin de la période de Gasperi, la direction politique de la bourgeoisie était entrée en crise par suite de l'effet convergent de trois facteurs: la volonté de la classe dominante de renforcer ultérieurement l'appareil et l'action de l'Etat pour permettre une consolidation du rapport de force en sa faveur; la résistance des gros propriétaires fonciers, en particulier de ceux du Sud, à la réforme agraire; l'inquiétude de larges secteurs de la petite bourgeoisie qui, selon les résulats des élections administratives de 1951-1952, semblaient s'orienter alors vers les partis de droite.
La crise qui s'était alors dessinée atteignit son paroxysme en juin 1953 et dans les mois suivants, au moment où la formule « centriste » semblait sérieusement compromise par le résultat des élections, alors que toute autre solution demeurait
Ceci d'ailleurs a été rendu possible par le fait que les problèmes qui avaient été posés en 1952 ou bien avaient trouvé une solution, ou bien se posaient de façon différente. Ainsi la nécessité d'un renforcement de l'Etat, et en général du pouvoir de classe de la bourgeoisie, bien que l'on n'ait pas eu recours à des lois d'exception ou d'autres du même type, a été largement satisfaite (renforcement du contrôle policier, complet rétablissement de l'hégémonie patronale dans les usines et dans les campagnes, etc.). Pour cette raison, la bourgeoisie industrielle a en définitive accepté la formule « centriste », se contentant d'exercer des pressions (par exemple à l'aide d'organismes du type Confiindustria) ou de stimuler et de critiquer de l'intérieur (surtout par l'intermédiaire des libéraux). 36 la le Internationale) situation économique difficile (période 1948-1951-52). Par contre lorsque la situation économique lui était favorable, elle a rencontré sur le plan politique de sérieuses difficultés (période autour de 1953). D'un côté ce fait a limité, au cours de ses deux phases, la portée de la « néostabilisation » de l'ensemble du régime; d'un autre côté, cependant, l'équilibre politique relatif à la première phase a facilité la reprise économique pendant la seconde et cette reprise économique, à son tour, a atténué sensiblement le déséquilibre politique qui a fait suite aux années 1952-1953. plus que problématique, pour les raisons que nous avions indiquées à l'époque.
L'incapacité des directions prolétariennes traditionnelles à exploiter une situation favorable; les répercussions internes de ce que l'on a appelé la « détente » (même sur le plan de ces directions); les défaites subies par le mouvement ouvrier dans certaines luttes revendicatives d'une grande portée; l'amélioration nette et progressive de la situation économique : voilà les facteurs qui ont permis à la classe dirigeante de surmonter le moment critique représenté par la fin de 1953 et le début de 1954, et de rétablir un équilibre, bien que relatif, même sur le plan de la direction gouvernementale (formation des gouvernements Scelba et Segni, qui se sont révélés, l'un comme l'autre, plus stables de ce que l'on pouvait prévoir au moment de leur constitution). mais ne recherchant pas la formation d'une direction différente. D'autre part, lorsque les limites de la réforme agraire furent fixées et la phase des expropriations conclue, l'opposition des propriétaires fonciers perdit beaucoup de son agressivité, d'autant plus que la Démo. cratie-Chrétienne décida d'enterrer la «juste cause», que les progres du P. C. italien dans le Sud semblèrent enrayes et que les groupements de droite firent preuve d'une stérilité maladive. Enfin les masses de la petite bourgeoisie, après la crise et les oscillations des années 19521953, se détournaient des positions de droite et subissaient de moins en moins l'attraction de la gauche, retournant à une stagnation qui ne pouvait que renforcer le conservatisme « centriste ».
L'action de tous ces facteurs a rendu
LA CRISE DE 1953
LES EVENEMENTS PLUS RECENTS
ET LE GOUVERNEMENT ZOLI
LA CRISE DE 1953
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UAT RIEME I N possible, depuis la moitié de 1954 jusqu'au début 1957, un certain équilibre même sur le plan politique, équilibre qui correspondait à une situation économique favorable dans ses grandes lignes.
2) Cet équilibre avait cependant toujours des limites. Bien que la situation ait évolué de façon largement favorable à la bourgeoisie en ce qui concerne les rapports de force en 1954-55-56, les rapports sur le plan parlementaire, restaient ceux de juin 1953. Ceci représentait pour la classe dirigeante un obstacle important, qui pouvait revenir au premier plan dès que les facteurs en présence agiraient de façon différente ou dès que d'autres problèmes se poseraient. La proximité de nouvelles élections et la nécessité pour Le ceteret en e, ditalier sa base emole centre, et en particulier pour la Démotorale ne pouvaient que rendre plus aigus tous ces problèmes et rendre plus difficiles les rapports à l'intérieur même du front de la bourgeoisie.
En particulier, la persistance des graves faiblesses dans la structure économicosociale du pays et d'une large influence des partis ouvriers, malgré les reculs de
TERNATIONALE afin d'attirer vers la Démocratie-Chrétienne un plus grand nombre de suffrages, ce qui aurait rendu possible une plus large unité et une plus grande homogénéité du front de la bourgeoisie, tout en laissant intactes, ou presque, les positions des partis ouvriers. L'ensemble de cette situation était en outre compliqué par le tait que, dans les courants de la Démocratie-Chrétienne et même parmi les dierentes personnalites representatives, des fragments de l'une et l'autre tendance se melangeaient, et par le tait que lon essayait de réaliser alors une politique de compensation : un coup à droite, un coup à gauche. Si l'on ajoute à cela les difficultés auxquelles devaient faire face les alliés mineurs du «Centre démocratique » — difficultés à cause desquelles, d'un côté le Parti social démocrate (Saragat) et le Parti Républicain devaient se préoccuper de ne pas perdre de positions à gauche, alors que le PLI, de l'autre côté, défendait systématiquement les solutions les plus ouvertement conservatrices - on aura alors un tableau complet de la situation qui a déterminé la chute du gouvernement Segni.
La manière dont s'est déroulée la longue crise gouvernementale, avec la formation, puis la disparition et la réapparition d'un gouvernement appuyé sur la droite mais qui ne cache pas des velléités de manœuvre vers la gauche, a mis en lumière à nouveau les difficultés que rencontre la classe dominante pour rétablir son équilibre sur le plan gouvernemental, c'est-à-dire pour définir une ligne de conduite claire sur les questions les plus importantes qui doivent être affrontées. que l'on appelle les « entrées invisibles » (tourisme, rentrée de devises par les émigrants, etc.). Il faut pourtant noter que les possibilités de l'Italie dans la concurrence internationale sont devenues plus importantes et que, pour la première fois dans l'histoire économique, l'industrie mécanique a pris la première place dans les exportations. En outre il ne faut pas négliger le fait que l'industrie italienne a subi les répercussions de l'affaire de Suez dans une mesure bien moindre que celle des autres pays importants d'Europe Occidentale.
Le seul élément d'une certaine importance qui n'avait pas été souligné dans nos prévisions est le suivant : l'année 1956 a marqué un arrêt de la tendance à de plus grands investissements.
Si nous reprenons les termes de la résolution de l'an passé, on peut de toutes façons dire que l'année 1956, dans le cadre d'une « stabilisation » persistante relative, s'est montrée moins favorable moins que l'année qui l'a précédée.
l'on considère les perspectives à échéance brève ou relativement brève, dans le cadre de l'évolution générale tracée dans la résolution internationale, tous les éléments qui peuvent être actuellement évalués portent à la conclusion que des renversements imprévus ou des dernières années ces
1956, continuait de tendance bourgeoise c'est-à-dire chisante, et les événements à alimenter une
« réformiste », gaudisposée soit développer, grâce à des interventions touJours plus importantes de l'Etat, une politique économique du type « Plan Vanoni », soit à rechercher un élargissement de la base de masse du regime grace à une « ouverture » vers le parti socialiste. Pour d'autres tendances, au contraire, il s'agissait plutôt d'établir une ligne plus orientée vers les exigences de la droite,
3) Une ciarification au sujet des tendances alternatives de la direction bourgeoise ne pourra se dessiner maintenant qu'avec les élections qui préciseront les réels rapports de force dans le pays. Mais les développements, sur un plan plus général, seront, en dernière analyse, conditionnes par deux facteurs fondamentaux: le développement de la situation économique et le développement du mouvement des masses.
Les perspectives économiques tracées en 1956 dans la résolution de notre 5º Conférence Nationale ont été en substance correctes, ainsi qu'il n'était d'ailleurs pas difficile de le prévoir. Effectivement l'année 1956 a été marquée par un nouvel accroissement du revenu national, mais le rythme de cet accroissement a été inférieur à celui de l'année précédente : la contraction de la production agricole - due dans une large mesure à des facteurs saisonniers — a surtout contribué à cette diminution. Mais le rythme d'accroissement de la production industrielle - dont la montée a continué — a subi aussi un ralentissement, la tendance a l'augmentation des prix. bien que contenue, s'est cependant confirmée alors que l'on a constaté une détérioration de la balance commerciale, même si elle a pu etre compense encore me ton, par être compensée, encore une fois, par ce
LES PERSPECTIVES ECONOMIQUES
LES PERSPECTIVES ECONOMIQUES
Q VATRIEME I N modifications brutales ne sont pas probables. Il est plus probable que l'équilibre relatif, qui s'est réalisé pendant ces dernières années, se prolongera encore pendant un certain temps, aucune des difficultés de l'année 1956 n'étant appelée à s'aggraver ou à se consolider, tout au moins pour le moment, de laçon veritablement regressive (agriculture, investissements). Pour certains des secteurs qui ont contribué de façon importante à la reprise des années passées (par exemple, les biens de consommation durables) il existe encore de larges marges de développement (il n'y a pas saturation du
DES DIFFICULTES
En tous les cas il ne faudra jamais perdre de vue que le progrès relatif de ces dernières années ou bien a été caractérisé, entre autres, par l'expansion de secteurs non essentiellement productifs comme ceux des activités dites « tertiaires » (services, etc.), ou bien n'a même pas pu mettre sur la voie d'une solution des problèmes économico-sociaux chroniques comme celui du chômage et de la condition arriérée de toute une partie du pays ainsi que celui de la « libération » de l'agriculture du poids d'une importante masse de travailleurs toujours « sous employés ». Dans ce sens il n'existe aucune sérieuse possibilité d'amélioration; au contraire, on peut prévoir une nouvelle aggravation liée aux progrès de la mécanisation de l'agriculture, alors que d'autre part il n'est pas exclu - en particulier si le développement des nouvelles techniques est rapide - qu'une crise de la petite et moyenne industrie ne vienne augmenter le nombre des chômeurs même dans l'industrie, n'empêche, pour le moins une réduction de leur nombre.
On doit tenir compte de l'ensemble de ces facteurs pour, d'une part, bien comprendre la nature de la phase économique que nous vivons encore actuellement et d'autre part éviter de surestimer la portée de la « stabilisation » et d'en déduire un développement sans difficulté et contraste aiEl sur la base de ces perspectives économiques et en considérant les facteurs d'ordre interne, quelles perspectives peut-on tracer pour le développement du mouvement des masses ?
Nous croyons qu'il est superflu d'insister sur des phénomènes — sur le plan politique et syndical - que nous avons signalés dans les documents de notre dernière Conférence et qui sont encore vrais (absentéisme, différentes manifestations de méfiance envers les dirigeants, etc...). Il suffira de rappeler que, dans les 12 mois qui viennent de s'écouler. le despotisme patronal a encore marqué des points en sa faveur et qu'il s'est vérifié un nouvel affaiblissement du mouvement ouvrier sur le plan des rapports de force qui, en dernière analyse, sont les plus importants. D'un autre côté, les premiers mois de 1957 ont été marqués par un nouveau recul de la C.G.I.L. aux élections des Comités d'Usine, ce qui s'est traduit par une amélioration des positions de la C.I.S.L. et de la U.I.L. 38
TERNATIONALB marche), alors que pour certains autres secteurs (par exemple le bâtiment) le ralentissement qui est à prévoir dans certaines branches pourra probablement être compensé par une nouvelle progression dans d'autres.
Si nous avons tracé là, probablement, la tendance essentielle, il n'en reste pas moins - en rapport aussi avec une tendance analogue prévisible pour l'Europe occidentale dans son ensemble - que ce processus sera moins rapide et moins vaste et que certaines difficultés continueront à exister, et se feront même sentir dans une plus grande mesure. QUI PERSISTENT Et ceci, dans des usines importantes dans lesquelles on avait déjà perdu beaucoup de terrain.
Au cours des deux derniers mois on a pu noter une incontestable reprise de l'agitation et des grèves. Des catégories déterminées sont tout d'abord entrées dans la lutte, mais petit à petit d'autres catégories - plus importantes - se sont jointes à la lutte et, avec la grève des métallos, même des secteurs ouvriers de pointe se sont trouvés à nouveau mobilisés. En général cette agitation et ces grèves ont trouvé un écho très favorable dans les masses dont la pression, cependant, ne pouvait laisser indifférents les dirigeants. A tel point que même la C.I.S.L, et la U.I.L. ont presque toujours dû participer à ces manifestations. D'un autre côté, c'est justement cette participation qui a stimulé des secteurs plus arriérés, contribuant ainsi au succès des grèves.
Il reste cependant - et c'est un facteur qui est loin d'être négligeable — que cette mobilisation de secteurs ouvriers et paysans a été contenue sur un plan économique, revendicatif. Sur le plan politique, la stagnation continue et, pour donner un exemple et quoi qu'ai prétendu démagogiquement Togliatti, masses n'ont pris aucune part active dans la crise gouvernementale des mois de maijuin.
dira que les résultats d'une partie des élections administratives de 1957 devraient constituer une indication en sens contraire. Mais ce phénomène ne doit pas être surestimé ; tout d'abord parce qu'il s'agit toujours de changements relativement modestes, ensuite parce que l'on a le plus souvent assisté à des renversements de position par rapport au mois de mai 1956, le P.C. italien récupérant les voix qui avaient été alors gagnées par le P.S.I. (Nenni). Ceci est sans doute du aussi bien à la confusion politique actuelle du P.S.I. qu'à la nouvelle tension internationale mais cela ne correspond aucunement à une mobilisation ou radicalisation réelle des masses. Le vote en faveur du P.C. italien continue à représenter pour les électeurs ouvriers et paysans un vote de classe et, quand la situation devient plus aiguë, on observe toujours un regroupement autour parti qui se présente comme le pôle d'attraction le plus solide.
En conclusion: la situation pendant le premier semestre 1957 est caractérisée par
U AT R EME le maintien des rapports de forces fondamentaux en faveur de la classe dominante, par une reprise des mouvements des masses sur le plan économique et revendicatif, mais aussi par une stagnation continue sur le plan plus spécifiquement politique.
En ce qui concerne les perspectives : l'évolution de la situation économique et politique ne devrait pas pouvoir — toujours pour une échéance relativement brève — provoquer de véritables renversements, ou modifications essentielles dans les rapports de force, des mouvements explosifs de la part des masses. La « stabilisation » relative a de grandes chances de continuer encore pendant un certain temps et la classe dominante a done la possibilité de sauvegarder l'équilibre relatif qui a caractérisé ces dernières années.
Ceci ne signifie absolument pas qu'il n'y aura pas de luttes dans des secteurs importants de la classe ouvrières, même dans ceux considérés comme « privilégiés ». Des revendications comme la réduction des heures de travail l'extension des jours fériés, les augmentations de salaire, ete., seront toujours plus « senties » et, sur cette base : la mobilisation de larges couches ouvrières pourra toujours se vérifier. Il s'agira toutefois de luttes à caractère « réformiste », qui seront conduites par les masses dans le but d'améliorer partiellement leur niveau de vie dans le cadre des conditions actuelles et non dans la perspective d'aboutir à un choe décisif avee l'adversaire de elasse. Ce qui a surtout manqué aux masses au cours des années passées,
Il faut considérer tous ces éléments pour se rendre compte que, méme dans l'éventualité d'un développement moins «accidente », il y aura des conflits et des déséquilibres répétés, parfois graves, et qui feront que la «stabilisation » continuera à être relative. Plus encore : en fonction du ralentissement du rythme de développement de l'économie, ceci impliquera malgré tout, pour la classe dominante des difficultés plus grandes que celles connues pendant les années passées.
5) Sur le plan de la direction politique, de sérieuses difficultés pourraient être créées à la bourgeoisie si les résultats des prochaines élections n'étaient pas plus favorables (de son point de vue) et plus clairs que ceux du 7 Juin. La formule « centriste » apparait désormais passablement usée et la Démocratie-Chrétienne se fixe assez ouvertement comme objectif un nouveau 18 avril qui lui permette de gouverner sans l'appui de ses alliés. Cette perspective, même si elle est loin d'être certaine, est cependant
NI LE P.C. NI LE P.S. N'ONT
De toutes façons le résultat de la partie sera décidé par l'attitude de certaines couches de la petite bourgeoisie, lesquelles, nar leurs oscillations, ont
E RNATIONAL E c'est la conviction qu'il était possible de renverser le régime bourgeois : et cette situation n'est pas destinée à se trans former radicalement dans un avenir proche.
Cependant il n'est pas exclu, en plus de ce que nous venons de dire, que dans des secteurs particuliers puissent se créer des conditions de tension telles que se développent des luttes particulièrement âpres. Nous avons signalé la possibilité d'une réduction de l'emploi de maind'œuvre dans certaines branches de l'industrie. Si ce phénomène prenait des proportions alarmantes, on pourrait arriver à la répétition d'épisodes de résistance ouvrière désespérée comme ceux qui se sont produits en 1948-50. Si les progrès de l'automation dépassaient les prévisions actuelles, ce phénomène pourrait même avoir une portée encore plus grande.
D'un autre côté, il est probable que des situations tendues se créeront dans les campagnes où le développement de la mécanisation tendra à augmenter inévitablement l'importance de la population en chômage ou ne travaillant que partiellement. En particulier dans les régions de salariat agricole ce fait provoquera des luttes acharnées et désespérées (en dernière analyse, les récentes grèves de Polesine ont été déterminées aussi par la nécessité de combattre des dangers de cette espèce). Plus particulièrement, dans certaines régions du Sud, le développement de situations de ce genre - dans une conjoncture saisonnière déterminée - pourrait provoquer à tout instant des épisodes comme ceux des années 19491950. du domaine du possible et, si elle se réalisait, elle marquerait de toute évidence un point en faveur de la classe dominante qui pourrait s'en servir comme d'un facteur dominant, même si elle devait éventuellement faire face à des difficultés d'ordre économique.
En ce qui concerne les résultats des élections il ne faut pas ardemment exclure a priori une nouvelle édition du « centrisme», comme il n'est pas exclu non plus qu'après la première expérience tentée par Zoli on assiste à une nouvelle tentative de compromis avec les partis de droite. D'autre part il est hors de doute que certains secteurs absolument pas négligeables de la Démocratie chrétienne soutiennent dans certaines conditions une alliance avec le P.S.I., alliance qui aurait évidemment pour but de faire rentrer dans le cadre du régime des forces qui étaient jusqu'à présent restées dans l'opposition, ce qui amènerait la division des partis ouvriers et l'isolement du P.C. italien. DE PERSPECTIVES RELLES toujours contribué à déterminer certains équilibres et déséquilibres politiques en cet après-guerre. Après la flambée « socialiste » des années 1945-46, ces secteurs
L'ALTERNATIVE POSSIBLE
IN T
L'ALTERNATIVE POSSIBLE
Q VATRIEME I N ont été un élément de la victoire de la Démocratie chrétienne du 18 avril, pour subir ensuite une régression vers la droite à la fin de la période de Gasperi. Mais la courbe ascendante de la droite atteignit vite son sommet et depuis des années on assiste à un affaiblissement progressif des partis de droite.
Aujourd'hui les masses de la petite bourgeoisie sont plutôt caractérisées par leur apathie et leur passivité. Les secteurs qui se séparent de la droite ne sont pas attires par la gauche : cest plutot le centre démochrétien qui parait profiter de cette situation et, si les choses ne changent pas au cours de la campagne électorale la Démocratie chrétienne aura la partie belle pour exercer les pressions, menaces, chantages, etc... qui avaient eu tant d'importance le 18 avril.
Si une telle situation se dessinait -et d'autant plus si en même temps la tension internationale s'accentuait — elle pourrait favoriser encore une fois une polarisation autour du P.C. italien des forces d'opposition, réduisant ainsi les possibilités de manœuvre du P.R.I. du P.S.D.I., mais aussi celles du P.S.I. lui-même. Toutefois une semblable éventualité, si elle avait des répercussions sur les rapports de forces internes dans le front ouvrier et paysan, ne modifierait pas beaucoup les rapports entre les deux camps fondamentaux.
6) Une conclusion peut être formulée en ces termes :
Puisqu'il n'y a pas de perspective d'une crise économique ou même de difficultés graves dans des secteurs fondamentaux à échéance relativement brève; étant donnée aussi l'incapacité des partis ouvriers majoritaires à exploiter les possibilités xistantes dans le sens d'un approfondissement progressif des conflits de classe; les facteurs « autonomes » de la situation tendent à opter dans le sens d'une prolongation de la « stabilisation » relative aussi bien économique que politique, ceci n'excluant pas des fluctuations de types divers et un accroissement progressif des difficultés d'ordre économique.
Une transformation radicale de la situation - dans l'espace de temps envisagé (une période d'une ou deux années) — ne pourrait être que le fait d'incidences de facteur d'ordre international. Dans quelle mesure cela peut-il se produire et dans quel sens : voilà qui peut être déduit du document relatif à la situation international, document déjà discuté.
7) La ligne fondamentalement opportuniste du P.C. italien a été de nouveau accentuée et approuvée par le 8° Congrès. Toutefois, ainsi que nous l'avons souligné dans notre document sur la tactique, la direction Togliatti s'est bien gardée
8) La plateforme d'agitation et de propagande des G.C.R., puisque la situation n'a pas subi de changements notables, 07
TERNATIONALE d'épouser les positions déclarées et — de point de vue - conséquentes de la droite. Elle a préféré créer un « centre» plus ou moins factice qui se déclare opposé aussi bien au « maximalisme» qu'au « revisionisme ». Dans ce but Togliatti et ses amis n'ont pas craint d'utiliser une certaine intransigeance verbale pas plus qu'un retour à la politique ainsi dite « double » sur la question des
« voles italiennes vers le socialisme ». Le but de cette attitude était aussi bien d'assurer une reprise du contrôle sur la base prolétarienne que de garantir une espèce de défense par rapport au P.S.I.
Si, à l'intérieur du parti, cette manœuvre a incontestablement donné quelques resultats et si, d'autre part, la polémique du P.C. italien a créé des difficultés évidentes au P.S.I., par contre, du point de vue politique generale, cette attitude n'a fait que confirmer l'absence réelle de perspectives du parti lui-même. D'une part, en effet, la perspective révolutionnaire a été délibérément rejetée; d'autre part une lutte sur le plan d'un réformisme cohérent est interdite au P.C. italien aussi bien par les liens que ses dirigeants maintiennent avec la bureaucratie de l'U.R.S.S., que par le « maximalisme » (qui est un réel « maximalisme ») auquel Togliatti se trouve contraint pour conserver son contrôle sur les secteurs les plus progressifs de la base.
Le P.S.I. avait espéré que son heure était sonnée en particulier après les élections de 1956 et après les événements de Pologne et de Hongrie. Mais les espoirs de Nenni et de ses amis pour un renversement en leur faveur avant tout, du rapport de force interne du mouvement ouvrier, se sont rapidement révélés dénués de réalité. Evidemment le P.S.I. est apparu comme compromis, même si c'est dans une mesure moindre que le P.C. italien, par la démolition du stalinisme ; d'autre part ses tergiversations ses incertitudes aussi bien que son évidente évolution vers la droite, ont fait naitre la méfiance à son égard, provoquant ainsi le retour vers le P.C. italien d'une partie au moins de la base électorale qui en 1956 s'était orientée vers les socialistes (certains résultats en sens contraire ne semblent être pour le moment que des exceptions). Ainsi, bien qu'ayant opté pour une politique fondamentalement social-démocrate plus conséquente et organique que celle du P.C. italien, le P.S.I. se trouve placé hors du jeu pour ne pas avoir à sa disposition la base de masse qui lui serait nécessaire. D'un autre côté, par sa tradition, par l'influence de sa base prolétarienne et par la formation même d'une partie de ses cadres, le P.S.I. ne peut pas se décomposer jusqu'au niveau de Saragat, sans se transformer en une mesquine fonction de couverture absolument subalterne. restera basée sur les critères fixés par la Ve Conférence. Au premier plan doit se placer évidemment la polémique de cla-
LA PLATE-FORME DES GROUPES COMMUNISTES
REVOLUTIONNAIRES
LA PLATE-FORME DES GROUPES COMMUNISTES
REVOLUTIONNAIRES
Q UATRIEME IIN rification envers les militants du P.C. italien, polémique qui portera toujours plus, non sur des questions secondaires ou partielles, mais sur les problèmes fondamentaux posés devant le mouvement ouvrier italien et international.
Sur un plan plus décidément politique on devra souligner la nécessité que la reprise du mouvement des masses se
TERNATIONAL geoisie, collaboration qui, ont demontrés ainsi que toutes les experiences passées est destinee a se resoudre fatalement a l'avantage de la classe dominante. La perspective du mouvement ouvrier dois être celle d'un gouvernement ouvrier et paysan sans ministres capitalistes, même s'il faut lutter longtemps pour que ce mot d'ordre puisse passer du plan de la propagande à celui de l'agitation, pronagande à celui de l'aritation
En ce qui concerne la politique syndicale, les G.C.R. doivent souligner:
a) Que la reprise syndicale a été rendue possible dans certains secteurs justement par l'abandon pratique de la tactique d'usine, alors que là où cette tactique a persisté la reprise ne s'amorce pas encore; b) Que pour une reprise des luttes il peut être nécessaire de partir même d'une base limitée, avec des revendications bien définies, avec des manifestations d' « essai » en ce qui concerne l'état d'esprit des masses ; c) Que le passage à des «liaisons» nationales de catégories ou de secteurs semble parfaitement possible même dans cette phase et doit être réalisé ; d) Que, si les méthodes adoptées ces derniers mois ont rendu possible une mobilisation notable de secteurs importants, ces méthodes sont insuffisantes pour atteindre les objectifs fixés. Si l'on insistait avec les méthodes passées et si cela devait amener de nouveaux échees (ce qui serait inévitable), la reprise pourrait être annulée et l'on pourrait se retrouver au point de départ.
Dans le cas d'agitations et de grèves de comede minderes degioation dont la il faudra demander l'élection par la base tâche sera de diriger la lutte en conservant un contact constant avec la base.
g) Les revendications de catégorie devront être déterminées chaque fois sur la base des exigences des catégories ellesmêmes et avec la participation directe de la base. Des mots d'ordre de caraetère général pourront être encore valables; réduction des heures de travail sans réduction de salaire (36 heures dans les monopoles, 40 neures pour tous) - augmentation des salaires en fonction de l'augmentation du coût de la vie -revision de la structure des salaires (salaires mensuels), etc.
Si les syndicats ne peuvent pas ne pas tenir compte des différences qui se créent dans chaque secteur et dans les différentes usines, ils doivent toutefois tendre à mettre en relief les éléments unitaires qui peuvent être à la base d'une mobilisation des ouvriers et ils doivent se battre pour une réduction des différenciations de différentes espèces (zones, catégories, qualifications, etc.).
L'expérience a suffisamment démontré la faillite de la tactique « par usine » et tous les militants doivent lutter pour qu'elle soit éliminée de la plateforme de la C.G.I.L.
traduise aussi sur le plan faudra démontrer que ceci tion fondamentale pour sérieuse et durable.
Dans la critique de la P.C. italien et du P.S.I., politique. Il est la condiune reprise politique du il faudra en particulier préciser qu'un travail d'agitation et de propagande révolutionnaire est toujours une nécessité même lorsque la situation objective n'est pas révolutionnaire. Il s'agit, en effet, de conserver au mouvement ouvrier ses perspectives fondamentales et de donner aux cadres les plus avancés du monde ouvrier la formation révolutionnaire faute de lalaquelle ils seraient condamnés à une irrémédiable dégénérescence opportuniste et incapables d'exploiter avantageusement les conditions révolutionnaires qui se présenteraient.
Il faudra aussi démontrer le caractère abselument abstrait de la politique du P.C. italien et du P.S.I., dont le réalisme est purement velléitaire. Sur le plan de la direction politique il faudra réaffirmer l'opposition à toute collaboration gouvernementale avec les partis de la bour-
A cause de cela les militants des G.C.R. doivent lutter pour que, dans les secteurs actuellement les plus engagés, la base exerce une forte pression sur les dirigeants pour l'adoption de méthodes de lutte plus résolues. Des exemples récents démontrent que cela est possible, au moins entre certaines limites, même si la possibilité d'une reprise généralisée semble problématique à moins d'un renouvellement de la direction syndicale.
e) Les G.C.R. devront lutter pour une profonde démocratisation des syndicats, exigeant en particulier que la base soit conviée à se prononcer sur toutes les question ; f) Les G.C.R. s'opposeront à toute unification syndicale sur une base opportuniste, qui aurait comme consequence de « chatrer » completement le syndicat. Ils ne devront pourtant pas oublier que, dans la phase actuelle, l'unité syndicale est souvent un élément déterminant pour la réussite des agitations. Dans ce but ils soutiendront la nécessité que l'unité soit recherchée à l'occasion des différentes agitations aussi bien a la base qu'au sommet. Mais en aucun cas ceci ne devra signifier un renoncement à une éventuelle liberté d'action, à la liberté permanente de critique ou constituer un prétexte pour renoncer aux luttes ou arriver à des compromis désastreux dans le cas où les syndicats scissionnistes décideraient de capituler.