Le prolétariat international et son avant-garde révolutionnaire commémoreront jour-ci le premier anniversaire de Phéroïque révolution hongroise 23 octobre au 4 novembre, puis des semaines durant, opposa l'ensemble des travailhongrois à la petite clique stalinienne hongroise et aux forces armées Kremlin. une rapidité et une conscience sans pareilles dans lhistoire, revolution, née de conditions pourtant des plus défavorables. s'engagea dans la voie classique des soulèvements prolétariens: la République des Conseils Ouvriers, la voie de la démocratie soviétique, la et de Trotsky. Le danger de contagion d'une telle évolution pour l'ensemble de la ou influencée par la bureaucratie soviétique était trop evidente pour que celle-ci ne bouge pas. Détruisant lui-même les légendes d'une « auto-réforme » de la bureaucratie ou d'une « démocratisation par en haut », le Kremlin écrasa avec ses tanks le soulèvement des prolétaires hongrois, révélant ainsi une fois de plus sa propre au prolétariat international. momentanément battue, ses effets court et à long terme sont encore incalculables, et on peut déjà certitude que les travailleurs de Czepel et d'Ujpest auront influencé l'histoire plus directement que les Rakosi et les Gerc, les Kadar et les Marosan, les Thorez et les Togliatti n'ont pu le faire depuis 12 ans.
En Hongrie même, contre-révolution politique triomphante n'a liquider l'ensemble des d'octobre. conseils ouvriers subsistent, souvent sous forme embryonnaire. Les modifications dans la législation ouvrière et la législation générale ont été maintenues. Les proportions du plan ont été radicalement modifiées. La collectivisation forcée a été stoppée. Des lambeaux de liberté de pensée restent visibles au publie — un hebdomadaire hongrois pouvant un an apres la victoire de la réaction indiquer en passant le rôle brillant, de premier plan, joué par Léon Trotsky dans la Révolution russe d'Octobre
Ce qui subsiste surtout c'est la nouvelle conscience acquise par la partie la plus avancée de la classe ouvrière, des intellectuels, des jeunes de Hongrie : conscience faite d'une compréhension à la fois de la nature méprisable des laquais du genre Kadar, après les forbans du type Rakosi, et des insuffisances de l'équipe dirigeante d'octobre 1956. De cette nouvelle conscience, incarnée dans les milliers de communistes qui dirigérent la révolution et la résistance armée, sortiront les éléments du sortiront les éléments du Parti révolutionnaire hongrois de demain. dans les démocraties populaires, toute une génération d'oppositionnels s'est dressée à la lumière de l'incendie hongrois.
Car si Kadar et ses comparses s'efforcent désespérément de salir leurs victimes et la révolution qu'ils ont eux-mêmes acclamée, quand elle semblait toute-puissante; si la bourgeoisie internationale s'efforce de son côté par tous les moyens d'exploiter son profit la révolution hongroise et l'intervention sanglante Kremlin, notamment en faisant « condamner » P'U.R.S.S. par I'O.N.U., le fait reste — et est confirmé par de moralité de la bourgeoisie elle-même — que cette révolution était essentiellement une révolution prolétarienne, que ses acteurs dirigeants étaient essentiellement des communistes, que son but n'était ni la restauration du capitalisme ni même le retour au pouvoir des partis petits bourgeois avec lesquels les staliniens avaient conclu pendant des années des pactes d'alliance durables. Le fait reste que cette révolution voulait, sur la base propriété nationalisée des moyens de production, ériger une démocratie ouvrière rendre aux travailleurs le contrôle et la gestion des entreprises et de l'Etat, contrôle usurpé par la bureaucratie indigène chétive à la solde du Kremlin.
qu'il s'agit la d'un premier exemple classique d'une révolution politique du prolétariat contre la bureaucratie, révolution provoquée par la dégénérescence bureaucratique des Etats ouvriers, et qui se répètera partout où le pouvoir a été usurpé par une caste bureaucratique rapace et oppresseuse.
Malgré la répression sanglante que Kadar a fait régner sur la Hongrie, malgré les condamnations de dizaines de révolutionnaires à l'échafaud, la révolution hongroise relèvera la tête, invincible, et parmi les forces qui lui assureront la victoire finale agiront ces masses soviétiques en pleine montée, pour lesquelles la vérité sur les événements de Hongrie, transmise par des soldats soviétiques, reprise et répandue par les premiers groupes d'opposition au sein du parti et des jeunesses, aura éte un élément décisif de rupture avec les successeurs « libéraux » de Staline.
Si la révolution hongroise a été momentanément défaite, la révolution polonaise a été momentanément arrêtée. Les forces prolétariennes, révolutionnaires, n'avaient pas la direction et la clarté de vue suffisante pour pousser jusqu'à la victoire finale sur la bureaucratie. Les forces de la bureaucratie étaient, de leur côté, infiniment trop faibles pour imposer la « kadarisation » de la Pologne. Il en est résulté cette situation d'équilibre situation d'équilibre instable, la révolution instable, dans laquelle le groupe centriste de Gomulka, luimeme porte au pouvoir par d'octobre 1956, s'efforce de neutraliser les pressions antagonistes de la gauche prolétarienne et de la droite bureaucratique.
de l'agriculture polonaise forcée, l'amélioration générale du fonctionnement de l'industrie, l'augmentation réelle du
QUATRIEMEINTERNATIONALE niveau de vie, semblaient donner une certaine base de stabilité à ce jeu d'équilibre de Gomulka. Mais il apparut bientôt que les masses, réveillées par la révolution de 1956, ne pouvaient se satisfaire de réformes partielles. Les grèves de Lodz d'abord, les manifestations puissantes des étudiants de Varsovie contre l'interdiction de l'hebdomadaire Po Prostu ensuite, indiquaient moins la volonté des masses sauvegarder des conquêtes partielles d'octobre 1956 (droit de grève et liberté critique pour le mouvement ouvrier) que la méfiance croissante de la base envers l'équipe Gomulka. Celle-ci rapidement son crédit auprès des masses. prépare de ce fait la riposte inévitable des « natoliniens », pour lesquels elle reste de toute façon suspecte par son programme centriste, et par le cordon ombilical qui la relie aux événements d'octobre Mais le prolétariat polonais n'acceptera jamais sans combat le retour à l'époque stalinienne. En prétendant défendre « la stabilité » du régime comme une solution programmatique « moindre mal », Gomulka prépare en réalité des collisions beaucoup plus violentes pour l'avenir.
En Hongrie comme en Pologne, il existe sans doute des forces bourgeoises et petites bourgeoises qui cherchent à exploiter à leur profit les conflits entre la bureaucratie et le proletariat. Dans les deux pays, l'Eglise semble plus que jamais le point névralgique de ces forees contre-révolutionnaires. puissance politique de ces forces, et leur influence sur une partie des masses sont cependant le résultat de la dictature bureaucratique qui, loin de diminuer, risque d'augmenter pendant de nombreuses années encore si cette dictature se maintient.
Opérer la relève du règne bureaucratique par la démocratie prolétarienne signifie également créer les conditions les plus propices pour assurer la défaite de la contre-révolution bourgeoise. Eviter les situations delicates, voire dangereuses, pendant la phase transitoire de dualité de pouvoir, on ne pourra y arriver en définitive sans une nouvelle direction révolutionnaire du prolétariat. Mais cette direction ne pourra se forger par des dissertations sur l'importance du danger contre-révolutionnaire. Elle ne se forgera, et ne sera acceptée par les masses, que dans l'action que celles-ci déclenchent contre la bureaucratie. Aider les communistes de gauche les pius avances de Pologne et de Hongrie à retrouver la voie de Lénine, la voie du programme de la IV• Internationale, est aujourd'hui une des tâches les plus brûlantes pour tout le mouvement révolutionnaire international.