Aussi bien le congrès des Trade-Unions qu'ensuite celui du Labour Party à Brighton se sont termines par une note d'unanimité dans la direction, obtenue grace a des compromis savants entre la « gauche » et la « droite » sur des positions centristes, a « mi-chemin » ou du « juste milieu ».
Ainsi le congrès des Trade-Unions. s'il a recommandé le rejet de la loi sur les loyers passé par le gouvernement conservateur et de la politique du blocage des salaires, n'a rien entrepris de sérieux pour organiser la lutte effective des légions du Labour afin d'améliorer leur pouvoir d'achat détérioré par les progrès de l'inflation en Angleterre.
Son attitude est simplement défensive et ne correspond ni au désir des masses de lutter pour l'amélioration de leurs conditions de intentions offensives du patronat. La préoccupation majeure des directions réformistes du Labour, syndicats et du Parti est manifestement d'aider la bourgeoisie éviter que « boom » des dernières années ne dégénère actuellement en « récession» et en crise.
Car le programme « gouvernemental » élaboré plus spécialement à la Conférence du Labour Party est calculé sur la base de conditions d'une prospérité capitaliste continue, et non pour faire face à une situation de « crise ».
Malheureusement pour les stratèges du Labour Party, qui n'ont pas manqué, en commençant par leurs «théoriciens» à la Strachey, d'être fortement impressionnés par la « prospérité » du capitalisme depuis 1953, la conjoncture économique semble s'empirer brusquement, particulièrement en Angleterre. Les réserves en or et dollars de la zone sterling. en diminution constante depuis des mois, ont subi une perte nette de quelque 550 millions de dollars en sept semaines et ont atteint fin septembre le chiffre de 1.850.000.000 dollars, soit le point le plus bas depuis à 150 millions de dollars environ du niveau considéré comme « le minimum irréductible », en dessous duquel les opérations financières de la zone sterling deviennent difficiles sinon problématiques.
Cette crise financière qui reflète le decalage grandissant entre les importations et les exportations du pays survient dans le cadre d'une situation économique nationale et internationale difficile. La production industrielle du pays dans son ensemble, pour cette annee, ne depasserait, selon les estimations de « lEconomist » (6 octobre) que de 1,5 % celle de l'année 1956. L'élévation du taux d'intérêt de 5 à 7% décidée 16 par la Banque d'Angleterre risque de donner un coup d'arrêt brusque à l'expansion et de provoqler sinon le déclin du moins la stagnation de la production aux niveaux de 1956. Ce qui ne manquera pas d'accentuer le chômage actuellement en développement, surtout dans l'industrie.
D'autre part la conjoneture internationale, celle des Etats-Unis en particulier, risque de diminuer les importations anglaises dans ce pays, également vitales pour Pequilibre financier de l'Angleterre.
Dans ces conditions, le patronat sera obligé d'accentuer son offensive contre le niveau de vie des masses anglaises, qui se détériore rapidement par suite des progrès de l'inflation et de la hausse constante des prix, y compris dernièrement les loyers.
Le mécontentement profond des masses anglaises s'est exprimé clairement aussi bien dans les grands mouvements revendicatifs du prolétariat de ces derniers mois que dans les résultats des élections partielles. La toute dernière d'entre elles, celle de Gloucester a clairement indiqué la position largement minoritaire gouvernement actuel dans le elections generales donneraient une grande majorité aul Labour Party. La direction travailliste est ces faits prochaine « ministrabilite » inévitable. Son comportement au congres de Brighton était imprégné du souci majeur de se montrer « pondérée », « responsable en prévision ses futures fonctions gouvernementales. Cette vague de conformisme « ministériel » a emporté Bevan qui seulement a contresigné le document « Industrie et Société » programme économique scanmodéré du futur gouvernement mais s'est chargé de à la tribune du Congrès la nécessité pour l'Angleterre de persister la voie du réarmement atomique. Ce fut un vrai scandale qui a divisé l'état-major bevaniste, Tribune, avec Jennie Lee se voyant obligés de « désavouer » au moins en paroles leur idole de leader !
Il est clair que la direction travailliste, de Bevan à Gaitskell, en passant par le nouvel homme « fort » du Labour, F. Cousins, dirigeant du puissant syndicat des ouvriers du transport, vole actuellement au secours du capitalisme anglais menacé. Son souci majeur est de lui épargner qu'il ne sombre brusquement dans la crise. Mais dirigeants risquent de se bouleversés de fond en comble precisement par de la situation économique qui mettra les puissantes legions du Labour exigeant cette fois non un retour à 1951 mais un nouveau départ au delà des conquêtes de 1945.
De grands combats de classe se préparent en Angleterre et qui auront leurs répercussions sur l'ensemble du mouvement ouvrier européen. La tendance marxiste revolutionnaire anglaise, persévérant dans travail méthodique longue haleine dans le Labour Larty. saura trouver les moyens de faire entendre voix par toute lavant-garde ouvrière anglaise, y compris par les ex-membres et les membres actuels du et les militants avancés des syndicats.
l'est de l'élargissement de sa base dans la classe que dépend pour beaucoup l'avenir des luttes en Angleterre. Dans cette voie ses chances sont maintenant plus grandes que jamais.