La Conférence Economique Inter-américaine de Buenos-Aires s'est terminée. comme prévu, par l'échec le plus complet. Si les Journaux et la majorite des delegues (particulièrement ceux de l'Argentine) ont déclaré que la Conférence avait été un succès, une autre partie souligna que la Conférence a été un échec, pour pouvoir faire pression sur l'impérialisme et obtenir des prêts et des investissements financiers. Ils espèrent aussi ne pas se compromettre devant la clientèle électorale petite bourgeoise de leurs pays et continuer à exploiter ses sentiments antiimpérialistes.
Les questions fondamentales à cette Conférence étaient : l'investissement de capitaux, la Banque Interaméricaine, la politique à suivre sur les excédents agricoles et leurs prix, le rapport entre les prix des matières premières latino-américaines et ceux des produits industriels et des matières premières importées. L'impérialisme n'a rien cédé. Le président de la délégation des U.S.A. s'est adressé à la Conférence dans un discours
ET LES BOURGEOISIES
La Conférence avait été ajournée plusieurs tois depuis 1948, A cette date, toute une série de pays latino-américains se développaient industriellement et économiquement, en s'appuyant sur un c un marché mondial acheteur. Les prix des matières premières étaient élevés et les marchés étaient avides de recevoir des marchandises. La situation de beaucoup de pays latino-américains était encore celle d'une expension économique et d'une amélioration du niveau de vie des masses (Brésil, Mexique, Chili, Argentine).
A la Conférence de Bogota, en 1948, l'impérialisme yankee chercha à obtenir l'appui des gouvernements latino-américains derrière sa politique de guerre froide contre l'U.R.S.S. Il dût faire quelques concessions, dont la réunion d'une Conférence économique. Les gouvernements de l'Amérique Latine faisaient pression sur l'impérialisme yankee pour qu'il verse à violent et s'en est allé en claquant les portes.
L'impérialisme yankee craint tout particulièrement - avec raison - que l'écho de la Conférence pousse les tendances petites bourgeoises ou bourgeoises nationalistes à chercher à augmenter le commerce avec les Etats ouvriers. L'impérialisme a besoin de maintenir le climat mensonger de l'unité latino-américaine derrière lui.
La Conférence a surtout mis à nu des problèmes économiques et sociaux qui, même exprimés sous une forme capitaliste et bourgeoise, démontrent la nécessité de l'unification planifiée de l'Amérique Latine. Le développement inégal, mixte et combiné de l'Amérique Latine. même s'il s'appuie sur un retard général d'ensemble très considérable, pose la question de la nécessité de son unification que seul le prolétariat, assumant son rôle dirigeant, peut réaliser dans une Fédération de Républiques socialistes soviétiques de l'Amérique Latine. LATINO-AMERICAINES cette dernière une partie des capitaux qu'il destinait à l'Europe.
Même aux moments les plus aigus de la politique « nationaliste » de Peron en Argentine, ou dans les cas de la Bollvie, du Guatemala, etc., ces gouvernements n'ont cessé de faire appel à l'impérialisme yankee, lui demandant une participation plus grande dans le développement économique. Mais il n'avait aucun intérêt à s'engager dans une politique du type de Plan Marshall dans l'Amérique Latine. Acceptant la Conférence, il en fit ajourner la tenue jusqu'en 1957.
Depuis 1948, la situation du marché mondial s'est particulièrement empirée pour l'Amérique Latine. Le marché mondial s'est rétréci, les prix des matières premières baissent de plus en plus. On manque de capitaux pour soutenir le
L'IMPERIALISME
L'IMPERIALISME
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EME développement économique. L'inflation et le coût de la vie augmentent. Le chômage croit, et crée de graves problèmes sociaux. L'impérialisme yankee possède des excédents agricoles en concurrence ouverte avec les faibles économies latinoaméricaines.
La pression du développement économique, bien que limitée, l'inflation, les déficits dans les échanges commerciaux, la concurrence économique de l'Afrique, etc., obligent les bourgeoisies latino-américaines à essayer une défense commune contre l'impérialisme. L'impérialisme yankee ne put obtenir une déclaration dans laquelle on reconnait aux capitaux yankees le droit d'extraterritorialité; au début beaucoup de délégués étaient prêts à l'approuver dans l'espoir d'obtenir en échange une aide ou une concession quelconque. Mais quand il devint clair que l'impérialisme ne céderait en rien,. prétention yankee fut, sous la pression des délégués du Mexique, repoussée presque à l'unanimité.
Le développement historique de l'Amérique Latine agit dans le sens de poser la question d'unifier, donc de décider des
MARCHE COMMUN
La plaintes et les reproches, tout c mm les propositions de quelques délégations (Uruguay. Mexique et, à un certain moment, Chili sont de veritables réclamations adressées à l'impérialisme au nom des besoins de ces bourgeoisies. Mais l'impérialisme n'est pas intéressé à servir les besoins et les intérêts des bourgeoisies latino-américaines. Il n'y a aucune possibilité d'un marché commun capitaliste latino-américain. La seule façon d'unir l'Amérique Latine, c'est la planification de ces économies dans l'intérêt des peuples, sous la forme d'une Fédération Républiques Socialistes Soviétiques de l'Amérique Latine.
Dans les conditions actuelles, le rythme du développement industriel et commercial s'est ralenti grandement, le coût de la vie et l'inflation montent continuellement. Les pays latino-américains dépendent de plus en plus de capitaux étrangers pour la poursuite de leur développement industriel.
En Amérique Latine il existe une forte conc.rrence entre l'impérialisme yankee, le Japon, l'Allemagne, TItalle, l'Angleterre it les Etats ouvriers pour l'investissement de capitaux, le commerce et le dcrel pement des industries.
LE COMMERCE AVEC
Les gouvernements présentent leurs doléances à l'impérialisme yankee en agitant le danger du communisme soviétique et l'énorme pression qu'il exerce sur ces pays. Le commerce avec l'U.R.S.S. et les autres Etats ouvriers est apparu comme 46 mesures d'expansion des marchés ou des accords financiers, commerciaux et douaniers facilitant l'expansion commerciale. Mais les intérêts contradictoires nationaux, locaux, sont très puissants ainsi que la peur des masses et des represalles financières, économiques, commerciales, militaires de l'imperialisme yankee.
L'impérialisme domine les bourgeoisies latino-américaines de par son contrôle financier, industriel, commercial, politique, militaire, en utilisant les uns contre les autres les intérêts contradictoires de chaque secteur.
Plusieurs délégués ont demandé la discussion d'un marché commun ou régional latino-américain et proposé un tel marché avec des accords précis tenant compte de la défense du commerce interaméricain; ces propositions ont été ac compagnées de la proposition de la for mation d'une Banque Latino-américaine. L'impérialisme américain a appuyé l'idée de marché régional avec l'élimination des barr •rı; douanières pour les marchandises et les capitaux; il veut avo. la porte ouverte pour lui. LATINO-AMERICAIN
Chacun des gouvernements avait fait pression pour la tenue de la Conférence. comme moyen de compromettre l'impérialisme devant « l'opinion publique », et en obtenir quelques concessions. A la Conférence, l'impérialisme a repousse toute proposition d'une convention économique commune, mais a effectué une série de négociations avec chaque gouvernement.
Le marché commun européen et le développement de l'Afrique en tant que producteurs concurrents de matières premières, ou en tant que marchés concurrents pour l'investissements de capitaux. sont de véritables motifs de crainte pour les bourgeoisies latino-américaines. Les gouvernements latino-américains demandent à l'impérialisme qu'il réoriente la masse des capitaux et les investissements en Amérique Latine, prétendant qu'il y a des énormes possibilités d'exploitation.
L'impérialisme yankee n'a pas pour l'Amérique Latine le même intérêt que pour l'Afrique. Pour lui la chose la plus fondamentale en Amérique Latine, c'est d'exploiter le pétrole, le minerai de fer, le cuivre, l'étain, l'argent, le wolfram, l'uranium et les autres matériaux radioactifs. LES ETATS OUVRIERS une nécessité concrète et vivante qui pousse ces gouvernements à ne pas s'en détourner complètement. Il ne s'agit pas d'un simple chantage contre l'impérialisme. L'invitation faite à l'U.R.S.S. etaux autres Etats ouvriers pour qu'ils
Q UATRIEME assistent à la Conférence Inter-américaine fut imposée par quelques gouvernements latino-americains, qui ont dû vaincre l'opposition de l'impérialisme yankee. Cette invitation montre par elle-même que les gouvernements latino-américains n'excluent pas le commerce et les rapports avec les Etats ouvriers, conséquence de la nécessité du développement économique, social et politique de l'Amérique Latine.
Ce commerce réel a une forme très limitée. Jusqu'en 1952, l'impérialisme yankee a pu controler le commerce de l'Amérique Latine avec U.R.S.s.. Mamtenant, même sous la forme limitée sous laquelle il se présente, l'impérialisme yankee ne peut y maintenir son contrôle comme auparavant. L'impérialisme a augmenté sa domination militaire et politique sur les bourgeoisies latino-américaines par des pactes militaires et politiques. Mais en ne pouvant pas empêcher le commerce avec les Etats ouvriers, 1l montre que son pouvoir ne s'étend pas proportionnellement dans tous les sens. C'est un autre signe révélateur d'un recul de l'impérialisme dans le rapport de forces
LES PARTIS
Etant au service des intérêts de la bureaucratie sovietique, la ligne politique des Partis Communistes de l'Amérique Latine consiste à faire pression sur les bourgeoisies de tous les secteurs (depuis les secteurs industriels jusqu'aux propriétaires terriens) pour réaliser des accords commerciaux et entretenir des rapports diplomatiques avec les Etats ouvriers, ports diplomatiques avec les Etats ouvriers. essentiellement avec IU. R. S. S. Quelques Partis communistes mettent l'accent sur des propositions de traités avec la Chine populaire. Ceci paraitrait indiquer quelque inclination plus accentuée vers la sphère de la Chine. Les Partis communistes s'offrent comme médiateurs entre le mouvement ouvrier aux fins des accords commerciaux ou des reconnaissances diplomatiques.
Les directions des Partis communistes tentent de soumettre les mouvements de la classe ouvrière, de la paysannerie et de la petite bourgeoisie pauvre aux perspectives de resultats des conventions commerciales et des reconnaissances diplomatiques en Amérique Latine, et ainsi de faire croire aux masses que tout peut être résolu par les échanges commerciaux avec les : Etats ouvriers. Les Partis communistes n'omettent pas de mentionner le problème agraire, les augmentations des salaires, les revendications démocratiques et économiques des masses, mais leur ligne générale c'est de soumettre ces positions aux perspectives d'échanges commerciaux et des reconnaissances diplomatiques. La politique des P. C. se soumet au cours fondamental de cette ligne, en tant que partie de sa ligne de coexistence pacifique et du « maintien » de la paix, et ainsi ces partis trompent les masses avec une
RNATIONAL E avec la révolution mondiale et les Etats ouvriers.
Les économies de quelques pays de l'Amérique Latine, dont le développement est encore limité, sont poussées vers la recherche du commerce soviétique. C'est suffisant pour révéler que, bien que le développement économique de l'Amérique Latine soit encore restreint, même dans le cadre du capitalisme il doit chercher en dehors de l'impérialisme une solution commerciale réduite. En outre, ce commerce avec les Etats ouvriers révèle la pression sociale de la petite bourgeoisie et de la classe ouvrière.
ce commerce, imite et restreint, est loin de révéler tout ce que l'Amérique Latine peut échanger avec les Etats ouvriers. Les gouvernements latino-américains ne peuvent pas aller très loin sur ce chemin. L'impérialisme mène d'une manière permanente une campagne d'intimidation. L'opposition de l'impérialisme yankee à Batista par exemple, est due, dans une grande partie, au fait que Batista vend du sucre à l'U.R.S.S., la Pologne, la Tchécoslovaquie, etc. COMMUNISTES perspective bourgeoise, fausse et capitularde. Au Brésil, en Argentine, au Chili, au Mexique, en Uruguay, etc., les P.C. mènent une politique destinée à « pousser » les bourgeoisies nationales et les oligarchies de ces pays à commercer « en grand » avec les Etats ouvriers et à les reconnaître diplomatiquement.
Du point et concrets nécessaire.
l'Amérique vriers, de de vue des intérêts historiques des peuples il est tout a lait aussi bien pour les pays de
Latine que pour les Etats ouprofiter au maximum des contradictions inter-impérialistes et des contradictions entre les bourgeoisies coloniales et l'impérialisme, pour l'établissement de rapports diplomatiques et d'échanges commerciaux sans entrave avec tous les Etats ouvriers. Cet objectif doit être dans le programme de tout le mouvement ouvrier et révolutionnaire, syndical et politique. Mais cela doit être fait sans soumettre le mouvement ouvrier et révolutionnaire à cet objectif. Cette lutte est une partie importante de la lutte du mouvement ouvrier mais non son but.
Le commerce le plus ample, la reconnaissance diplomatique des Etats ouvriers, ce sera un coup contre l'impérialisme, ça l'affaiblira; mais cela ne résoudra aucun des problèmes fondamentaux, généraux et historiques de la révolution permanente en Amérique latine. Les rapports économiques et diplomatiques avec les Etats ouvriers peuvent acquérir une importance considérable si en même temps les masses luttent pour un programme indépendant et révolutionnaire de classe, vers le gouvernement ouvrier et paysan.
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Les rapports commerciaux avec les Etats ouvriers aideraient au développement économique et contribueraient ainsi a l'amélioration des conditions de vie et de lutte des masses de l'Amérique latine. Et, plus particulièrement, à l'augmentation du poids spécifique du prolétariat.
Les échanges commerciaux avec les Etats ouvriers sont toujours partiels, à cause des possibilités économiques propres des deux côtés. Du côté soviétique et des autres Etats ouvriers, parce qu'ils ne peuvent pas remplacer l'industrie et les investissements totaux de l'impérialisme yankee; et du côté des Etats capitalistes de l'Amérique latine, les possibilités s'appuient sur des structures économiques limitées, sous-développées et arriérées, sur le complexe des intérêts et de la production de matières premières, sur la structure capitaliste de ces pays.
L'impérialisme yankee n'est pas tout puissant; sa force mondiale diminue et s'affaiblit. Les bourgeoisies nationales de l'Amérique Latine tentent d'en profiter. L'échec de la Conférence Inter-américaine démontre clairement que les possibilités dans ce sens sont limitées. Les bourgeoisies latino-américaines, les courants nationalistes petits bourgeois et bourgeois n'ont pas la force historique pour profiter de toutes les possibilités. Le prolétariat 48 doit lutter pour développer dans toute sa vigueur ses organes indépendants de classe ; il doit réaliser une politique révolutionnaire d'expropriation et d'expulsion de l'impérialisme, de nationalisation sans rachat des grandes entreprises, d'expropriation des grandes propriétés terriennes et la distribution des terres aux paysans. Contrôle et administration ouvrière, planification de l'économie nationalement et sur toute l'Amérique Latine.
Aucun degré d'échanges commerciaux, aucune reconnaissance diplomatique n'assurera la « coexistence pacifique » entre le monde capitaliste et les Etats ouvriers et la révolution coloniale et semi-coloniale.
Tout doit être situé dans le contexte de l'impossibilité de la « coexistence pacifique », de la « continuation prolongée de la paix » et du développement mondial et permanent des révolutions coloniales et des révolutions politiques dans les Etats ouvriers, de l'éclatement de la guerre mondiale contre-révolutionnaire et de l'extension mondiale de la révolution. Planification de la production en Amérique Latine. Pour l'alliance ouvrière et paysanne, pour des gouvernements ouvriers et paysans, pour les Etats-Unis socialistes soviétiques de l'Amérique Latine.