L'issue momentanée des récents événements de Jordanie, qui est politiquement et économiquement le plus faible des pays arabes, montra plus clairement que Jamais mon seulement les contradictions internes des Etats arabes. mais aussi le rôle de l'impérialisme américain et l'éviction de l'impérialisme anglais dans cette partie du monde si sensible aujourd'hui. C'est précisément parce que ce petit pays est si arriéré et si dépendant dans tous les domaines, que le caractère très limité de la direction des mouvements nationaux de tous les pays arabes y apparait si clairement. Le manque d'énergie de la bourgeoisie arabe pour realiser effectivement son mot d'ordre propagandiste de l'unité de l'Orient arabe, sa liaison avec les féodaux, avec les marchands d'esclaves, avec les seigneurs serviteurs des Américains en Arabie Séoudite et le passage de l'impérialisme américain (sous le camouflage de la « doctrine Eisenhower ») à l'offensive générale contre la révolution coloniale au Moyen-Orient et contre l'influence du Kremlin, provoquent l'accumulation de lourds nuages dans le ciel des mouvements nationaux et sociaux des pays arabes.
Examinons le développement des événements en Jordanie et comment les autres pays arabes ont réagi, afin de comprendre les perspectives de l'ensemble de l'Orient arabe et de chacune de ses composantes.
Le 6 décembre 1955 arriva en Jordanie le général anglais Templer en vue de négocier avec le gouvernement son adhésion au pacte de Bagdad. Le president la République turque. Baier. avait déjà préparé le terrain. Templer proposa comme contre-partie de cette adhésion de
Jordanie: de l'armement lourd, différents avantages économiques et politiques, la transformation du traité anglojordanien en un traité dans le cadre du pacte de Bagdad valable pendant 12 ou 4 ans, au gré de la Jordanie. Le gouvernement jordanien présenta une contreproposition demandant en plus que l'aide militaire, d'un minimum de 14 millions de livres sterling, soit versée directement au ministre des Finances jordanien. C'était d'une grande importance car jusque-là les subsides anglais étaient versés directement à l'armée, à la direction de laquelle se trouvait le général anglais Glubb avec d'autres Anglais et des militaires arabes réactionnaires. Par ce moyen l'Angleterre pouvait se soumettre tous les rouages de l'Etat. La contre-proposition demandait aussi que les engagements soient pris uniquement avec le gouvernement et non plus, comme jusque-là, avec différents organismes et que les autres membres du pacte de Bagdad prennent des engagements concernant la situation palestinienne.
Le général Templer et les autres pays membres du pacte de Bagdad se déclarèrent d'accord. Cependant la voix des masses s'éleva déjà très clairement contre toute transaction avec Templer et contre le pacte de Bagdad. Sous cette pression, quatre ministres réclamèrent des discussions préalables avec le gouvernement égyptien et, lorsque le cabinet repoussa cette demande, ils démissionnèrent. Mais quand les masses commencèrent à manifester, c'est tout le gouvernement elMufti qui dut démissionner et le général Templer quitta le pays le 14 décembre d'une façon qui ressemblait à une fuite.
Le 15, el-Mdjali constitua un gouvernement encore plus reactionnaire qui était pour l'adhésion sans condition au pacte de Bagdad. De grands troubles éclatèrent. Les revend cations des manifestants allèrent si lon que des mots d'ordre de fusion directe avec la Syrie apparurent ainsi que d'autres réclamant .la complète unification avec l'Egypte et la Syrie. Le gouvernement n'osa pas prendre des mesures de répression sur une grande échelle; néanmoins il y eut 40 tués, des centaines de blessés et de nombreuses arrestations. Les manifestants attaquèrent les ambassades turques et occidentales. Les écoles furent fermées. Le roi ordonna la dissolution du Parlement et le 20 le gouvernement el-Madjali dut lui aussi démissionner, ce qui amena un apaisement des manifestations. Un gouvernement de transition fut constitué avec Ibrahim Haschem dont la táche était de faire de nouvelles élections. La presse jordanienne, pour qui la censure fut supprimée, triompha dans ses informations sur « la victoire du peuple contre les alliances étrangères ». Les emprisonnés furent, en partie. libérés. Les partis de gauche envoyèrent des délégués à un rassemblement d'unité à Amman dont les décisions furent: contre le pacte de Bagdad, élections libres sans participation de l'armée, condamnation des responsables des fusillades des manifestants, évacuation des villes par les militaires, libération de tous les emprisonnes politiques.
Q
L«Organisation des officiers libres » tract demandant l'éloignediffusa ment du chef anglais de l'armée. Glubb, et le rejet du pacte de Bagdad.
après que Glubb eut été chassé. Hussein déclara que les bonnes relations avec l'Angleterre seraient maintenues. Durant les troubles sanglants de décembre, le roi, afin de calmer les masses. avait dissous le Parlement et promis de nouvelles élections. Mais lorsque la situation s'apaisa, il retira le décret de dissolution de la Chambre en janvier 1956 en arguant de mauvaises raisons constitutionnelles. L'ancien Parlement avait une majorité fidèle au roi; de nouvelles élections auraient donné une majorité de gauche.
Avec le retrait du dicret de dissolution éclatèrent de nouvelles manifestations sanglantes et des grèves. Même l'affichage d'une interdiction générale de sortir de chez soi à Amman et dans la partie jordanienne de Jérusalem ne calma pas les esprits. A nouveau ca trouva comme revendication au centre des manifestations la non-adhesion au pacte de Bagdad, l'adhésion au pacte égyptosyrien, le renvoi des officiers anglais restants et lannulation du traite anglojordanien. Lors de ces manifestations. non seulement les consulats anglais, français et turcs. mais aussi cette fois les consulats américains furent attaqués.
La tentative du gouvernement d'écraser les partis de gauche eut seulement un effet inverse Leurs forces numériques et leur popularité croissaient chaque jour. Le Parti national-socialiste commença la publication d'un hebdomadaire. Un nouveau parti, le Parti constitutionnel, fut créé avec le programme suivant: action pour l'unité des Etats arabes, limitation de la propriété terrienne, liquidation du féodalisme. Ce nouveau parti n'eut aucun succès auprès des masses. Mais les revendications qu'il mit en avant, montrent l'esprit qui régnait aussi bien dans les masses que parmi les intellectuels. Les staliniens, dont les dirigeants furent arrêtés. mais relachés pour la plupart. développerent une grosse activité malgré leur statut de parti illégal.
Le roi essaya de toutes ses forces de préserver les relations avec l'Angleterre.
A l'offre d'une aide du bloc égyptien durant 10 ans. afin de rendre superflus les subsides anglais. Hussein répondit que le renvoi de Glubb n'était qu'une affaire intérieure à la Jordanie, et que le traité anglo-jordanien restait en vigueur. Hussein fut obligé de déclarer qu'il restait neutraliste et que la Jordanie n'adhérerait pas au pacte de Bagdad, afin de ne pas provoquer un nouvel assaut des masses qui aurait mis son règne et la monarchie elle-même en question. Mais en même temps il commença une propagande anti-égyptienne. Dans ce but fut construite à Amman une station de radio spéci le. Elle fut dirigée par Jonas el-
Bachri, qui organisa à Berlin les émissions en arabe des nazis. Mais de nouveau, après une courte période, il fallut fermer la station et el-Bachri s'enfuit à
Beyrouth pour sauver sa vie. Ces fluctuations de la situation démontrent que, même dans la première moitié de l'année
1956. la réaction n'avait en réalité pas encore perdu entièrement le pouvoir, mais
C'est le était numériquement le plus direction se trouve Suleiman son programme est libéral que. En dehors du nom, il aucune tendance socialiste.
qui fort. A
.sa el-Nabulsi ; démocratine contient
Les staliniens qui ont gagné des adhérents dans cette période et qui formulaient quelques revendications sociales à côté des revendications nationales marchaient ses côtés. Le troisième parti de ce Front unique était le parti « el-Bath ». un parti petit bourgeois teinté de socialisme. Son parti frère en Syrie (le parti dirigé par Chaurani y est le plus important organisateur de la résistance anti-impérialiste. En Irak également existe une organisation illégale qui a le même caractère et le même nom.
Lors de cette défaite de l'impérialisme anglais et des politiciens réactionnaires. le « bloc égyptien » (Egypte, Syrie, Arabie séoudite) décida d'apporter une aide financière à la Jordanie, en remplacement de celle des Anglais. Nous verrons dans la suite des événements que la participation du dirigeant de l'Arabie séoudite n'a rien de commun avec la volonté d'aboutir à l'unité et à l'indépendance des pays arabes. C'est le produit d'une vieille haine contre la dynastie hachémite qui gouverne en Irak et en Jordanie. combinée à une haine contre l'Angleterre qui soutient les hachémites, et aussi le produit du fait qu'il est un agent direct des intérêts pétroliers américains dont lui et ses amis reçoivent des millions de dollars chaque année.
Le 1*r mars 1956, le chef d'état-major de l'armée jordanienne. Glubb, et les officiers indigènes qui lui étaient fidèles. furent relevés de leurs postes. Dans l'armée elle-même, la force principale qui provoqua le renvoi de Glubb était l'Organisation des officiers libres, dirigee par le colonel Abu-Navar. La force de la pression et l'impuissance du vernemeat à lui résister sont montrées par le fait suivant: le premier ministre d'alors. Samir ar-Rafi, déclara en mai que le gouvernement se trouva mis devant le renvoi de Glubb sans en avoir rien su jusque-là. La grande signification de ce renvoi ne résidait pas seulement dans le fait que Glubb était le symbole de la domination anglaise
Jordanie, mais aussi parce qu'avec lui furent brisées deux positions extrêmement importantes de l'impérialisme anglais et de la réaction intérieure: 1) comme on la déjà dit, Glubb recevait l'argent de l'aide anglaise et le transmettait aux organismes gouvernementaux suivant son bon plaisir et selon les circonstances; 2)
l'unique soutien de la réaction dans le pays était constitué par les unités militaires des Bédouins nomades qui étaient privilégiées par Glubb et dans les camps desquels on trouvait de grands portraits de Glubb et de beaucoup plus petits portraits du roi Hussein. Pourtant, meme
Parti national-socialiste
Q UATRIEME que les masses et les partis de gauche devenaient de pius en plus catégoriques dans leurs revendications. Les masses apprirent dans les événements que dans le cadre étriqué de la Jordanie, elles me pouvaient resoudre leurs problèmes, quels que soient les mots d'ordre mis en avant par les manifestations.
En mai 1956 le roi fut forcé de faire un pas de plus qui montre l'enthousiasme révolutionnaire à la base et l'influence du mouvement pour l'indépendance de la Syrie et de l'Egypte. Il nomma à la tête de l'armée le chef des «officiers libres », correspondant à peu près à la tendance du groupe rassemblé autour de Nasser. Les officiers des unités bédouines se dressèrent contre cette nomination. Ils voyaient leur situation particulière leurs privilèges disparaitre de plus plus et ils préparaient une révolte. mais elle fut paralysée à temps. Le gouvernement ultra-réactionnaire de Samir arRafai dut être remercié sous la pression des « officiers libres ». A la tête du nouveau gouvernement fut placé Said elMufti, un Tcherkesse. en réalité non moins réactionnaire, mais qui, à ce moment, était moins discrédité. Pour sauver la situation, el-Mufti essaya même d'obtenir la participation du Parti nationalsocialiste au gouvernement. Mais ce parti se recusa, pour aussi longtemps que de nouvelles élections exprimant mieux la nouvelle situation jordanienne. n'auraient pas lieu. La seule réponse de elMufti fut que son gouvernement étudierait à nouveau le traité anglo-jordanien afin de le modifier si besoin était Mais ce gouvernement là non plus n'eut guère de chance. Avant même qu'il ne se présente devant le Parlement, il dut se rendre compte que les députés qui, jusque-la. semblaient sûrs et fidèles au roi, n'auraient pas le courage. devant la pression des masses, de donner leurs voix au nouveau gouvernement. Et le Parlement dut étre dissous.
Les nouvelles élections donnèrent une écrasante majorité au bloc du Parti national-socialiste, du Parti socialiste « elBath » et du Front national, influencé par les staliniens, bloc qui en outre eut le soutien de quelques indépendants. Un gouvernement fut constitué, comprenant les trois partis et ayant Nabulsi, leadu Parti national-socialiste. à sa tête.
Pour la première fois dans l'histoire de la Jordanie, un gouvernement ayant une base de masses était au pouvoir. Mais tout comme les dirigeants syriens et égyptiens, il s'avança d'une façon empirique sur les questions brûlantes : l'unité de l'Orient arabe, la résistance à l'ingérence impérialiste et au pacte de Bagdad, les réformes économiques et politiques, etc... Devant lui se posait le problème qui était déjà le problème central pour tous les gouvernement précédents: comment couvrir l'énorme déficit du commerce extérieur ? En 1955, les importations s'élevaient à 27.058.453 dinars jordaniens alors que les exportations s'élevaient à 2.868.175 dinars (Annuaire de
RN ATIONAL statistique jordanien pour 1955). Pour resoudre ce problème, quand on refuse les dons anglais ou américains, il n'y a qu'une seule voie, celle de l'unité des pays arabes. Mais si cette unité est dans le « programme » des dirigeants syriens et égyptiens, elle n'avança pas d'un pas car les hommes politiques bourgeois ont peur de franchir pratiquement ce pas. D'une part, parce qu'il existe maintes contradictions entre eux: d'autre part, parce que cette unité peut mener à des déveLoppements révolutionnaires. Cette tâche vitale pour l'Orient arabe reste dans le cadre de la phraséologie et de la propagande. C'est cette carence qui créa la base pour un développement défavorable à l'ensemble du mouvement social et national de l'Orient arabe.
Le roi Hussein, qui tremblait pour sa couronne. et ses courtisans, ne se ris quèrent oas durant toute une période à attaquer le nouveau régime. Ils avançaient seulement de temps en temps la revendication de l'écrasement des communistes, qu'ils n'obtinrent d'ailleurs pas. Mais quand l'impérialisme américain passa à l'offensive dans cette partie du monde avec la « doctrine Eisenhower pour le Moyen-Orient », Hussein et les siens sentirent que le moment était venu d'attaquer.
En avril 1957, le roi obligea le gouvernement Nabulsi a se retirer et retira le poste de chef d'état-major au dirigeant des « officiers libres », le lieutenant-général Navar. Plusieurs personnages de la cour essayerent en vain de constituer des gouvernements parlementaires. en en ecartant les partis de gauche. Le roi ceda: Nabulsi fut inclus dans le gouvernement. Mais ce compromis ne pouvait durer. A partir de ce moment, un des camps ne pouvait rester au pouvoir qu'en liquidant l'autre. Les partis de gauche, imprégnés d'esprit de compromis, se révélèrent incapables de faire ce pas, bien que tout le peuple, sauf les courtisans et les tribus de Bédouins, se tenait debout derrière eux. Cet esprit de compromis et le manque de programme clair des trois partis de gauche (y compris les staliniens) permirent à Hussein de frapper le 25 avril. Il renvoya le gouvernement de compromis Chaldis, décréta l'état de siège dans tout le pays. prononça la dissolution du Parlement dans lequel la gauche avait la majorite, instaura un gouvernement de gens de la cour, interdit les syndicats d'ouvriers et d'employés, ferma la frontière jordano-syrienne. Une vague de terreur commença par des centaines d'arrestations.
Hussein ne proclama pas son intention d'adhérer au pacte de Bagdad, mais il s'allia avec l'Arabie Séoudite, ce qui signifiait qu'il se tournait vers l'impérialisme américain. Ainsi éclata la contradiction interne du bloc égyptien. D'un côté, l'Arabie Séoudite et la Jordanie, alliées aux U.S.A., et de l'autre côté l'Egypte et la Syrie, qui luttent durement pour l'indépendance à l'égard des impérialismes occidentaux, même s'ils le font d'une façon opportuniste et empirique
INT
QUATRIEME Hussein n'invita pas Richards, l'acheteur américain des Etats arabes; mais les Américains lui offrirent comme acompte 10 millions de dollars qu'il accepta immédiatement. Il espère maintenant recevoir assez pour pouvoir se passer des subsides anglais du passé, ainsi que de l'aide du « bloc égyptien ». L'imperialisme ame ricain réussit ainsi à introduire un coir profond entre la Jordanie et l'Egypte. Il ne vise pas à construire, au moins pour le moment, une organisation des États du Moyen-Orient, mais il cherche à les acheter un par un, grâce à quoi il veut se constituer une base et liquider le danger d'une unité des pays arabes.
Mais l'impérialisme ne se contente pas seulement de cela. Les U.S.A. envoyèrent leur 6° flotte en Méditerranée orientale; elle menaça la Syrie en la prévenant qu'elle ne laisserait pas s'installer de domination communiste. En même temps des troupes turques furent concentrées sur la frontière nord de la Syrie. Les événements jordaniens ne sont donc pas du tout une affaire politique locale. L'impérialisme américain et la réaction intérieure veulent y asséner un coup aux aspirations progressives de l'ensemble de l'Orient arabe.
Il serait faux de dire que les événements jordaniens ont liquidé le mouvement national et le mouvement ouvrier arabe. Jusqu'a maintenant, on ne peut voir aucun recul du mouvement des masses en Syrie. Il a encore toute sa force. Mais la pression du dehors le menace d'isolement, et la bourgeoisie peut se décourager devant les difficultes et, en de postione composant avec les U.S.A., forger des plans de renversement de position.
Un ébranlement du régime de Nasser n'est pas pour l'immédiat, malgré les grosses difficultés économiques dues à l'affaire de Suez. Il n'existe aucune fraction discernable qui soit disposée à céder à la pression impérialiste et, de toute façon, aucune qui soit pour la capitulation. Bien au contraire, on peut plutot voir que la revendication extrême de l'unité de TOrient arabe se renforce sans cesse. D'un autre côté. l'affaiblissement de ce qui a été appelé le « bloc égyptien » (à cause des événements que nous avons décrit) menace de créer parmi les dirigeants une tendance à céder. Pour le moment c'est le but des Américains, avec comme objectif fiaal le renversement du régime de Nasser.
Le tyrannique régime de Nuri es-Saïd en Irak tient depuis des années à un
TERNATION FAL E fil. Non seulement les masses des villes et des campagnes le haïssent, mais même la bourgeoisie ne le soutient qu'avec beaucoup de réticences. Derrière lui ne se tiennent que tiennent que les gros propriétaires terpropriétaires officiers bourgeoisie compradore. Mais même dans l'armée il y a, comme dans tous les pays arabes, une aspiration a l'indépendance et à l'unité arabe. A cela s'ajoute que le gouvernement est obligé de maintenir en permanence environ un tiers de l'armée dans la région des Kurdes, au nord du pays, qui sont en révolte permanente. Ces faits sont la cause de ce que l'Irak, malgré ses menaces, ne risque pas d'envoyer des troupes à l'aide de son cousin hachémite. même quand des troupes syriennes au nord et séoudite au sud pénétrèrent en Jordanie. Néanmoins les plus récents événement constituent un renforcement politique et moral pour le régime de es-Said. Le rapprochement ouvertement reconnu de son ancien ennemi héréditaire. l'Arabie Séoudite, qui a trahi con « amitié » aver l'Egypte, agit dans le même sens.
En résumé, on peut dire que la défaite actuelle du mouvement national l'Orient arabe constitue un danger pour la Révolution coloniale dans le MoyenOrient, un renforcement de l'impérialisme américain et une presque complète liquidation de l'impérialisme anglais dans cette brêche dans l'encerclement l'Union Soviétique. D'un autre côté, bien que le mouvement national et le mouvement des masses arabes ne pourront se relever de cet échec qu'avec de grandes difficultés, ils ont encore suffisamment de réserves politiques et morales pour qu'après une certaine période de retraite, ils passent à une nouvelle offensive.
Il est vraisemblable que, dans une nouvelle offensive, les éléments les plus extrémistes qui défendent l'unité arabe prendront la direction et qu'ils mettront à l'ordre du jour un programme plus clair où se trouveront liées les revendications sociales. Car la marge entre l'indépendance complète et l'unité, d'une part, et la capitulation devant l'impérialisme américain, d'autre part, se rétrécit sans cesse. En d'autres termes: les derniers événements de l'Orient arabe mettent les antagonistes devant la question de choisir entre la complète indépendance ou la même s'il y aura complete capitulation: des periodes transitoires plus ou moins longues. avant tout en Egypte.
9 mai 1957.