L'article sur sur les événements d'Argentine que coici a été écrit après crise ministérielle relative à la
Tofficier de l'Air Krause. Depuis lors, d'autres crises ministérielles ont eu lieu. confirmant linstabilité du pouvoir en Argentine dont il est question dans cet article.
Le gouvernement argentin se trouve dans une situation caractérisée par une crise politique accentuée de la bourgeoisie ainsi que par l'instabilité économique. politique et sociale générale du pays.
Le pouvoir est exercé en réalité par l'équipe représentée par les ministres militaires. Cette junte militaire constamment menacée par d'éventuels coups d'Etat, gouverne en étant soumise à la pression de l'impérialisme américain et surtout à celle des masses.
Le clan militaire de la marine, qui représente plus directement les intérêts de l'oligarchie, est plus conséquent dans la résistance aux développements extérieurs.
L'équipe militaire gouvernante n'a pas de vues homogènes en ce qui concerne les problèmes économiques du pays, notamment le développement industriel de celui-ci. Par contre ses vues sont unanimes 1 vrier, s'opposer à rendre à la C.G.T. son pour s'attaquer au mouvement ouautonomie en tant que centrale ouvrière et en général nier tout droit politique aux travailleurs.
L'oligarchie argentine a réussi à imposer au gouvernement une ligne économique et financière, et une structure d'Etat répondant aux intérêts économiques et financiers de cette classe. Cependant elle n'est pas parvenue à se donner une politique capable de lui assurer une force propre au sein de l'équipe militaire. Sa seule et véritable force, c'est la force militaire. Cependant le développement économique du pays nécessite une certaine stabilité générale. Or la force militaire ne suffit pas à assurer cette stabilité, d'autant
L'oligarchie est consciente que si des élections avaient lieu elle parviendra difficilement à augmenter de quelques unités le nombre de ses députés et sénateurs. Pour pouvoir se maintenir au pouvoir sans pour autant le partager avec plus qu'elle doit faire face non seulement aux masses mais encore à l'opposition de la bourgeoisie industrielle.
Les très grands gains substantiels que l'oligarchie a obtenus aussi bien dans le domaine économique qu'étatique, financier et commercial, sont constamment menacés par la couche sociale qui exprime. d'une façon ou d'une autre, les inté. rêts de la bourgeoisie industrielle. Bien que cette couche sociale ne se montre pas homogène, elle ne fait pas moins pression sur l'équipe militaire.
Les mobilisations successives des masses sont un puissant facteur du déséquilibre politique et social; elles exercent leur pression sur la petite bourgeoisie, au sein de l'armée et même au sein de l'équipe militaire au pouvoir. La structure, le développement économique, industriel et politico-social acquis par l'Argentine ne peuvent être rejetés ou ignorés. On ne peut pas retourner en arrière dans ce domaine, même si les forces de la réaction parviennent par moments à arréter le progrès.
Les rapports et les compromis au sein de l'équipe militaire gouvernante sont de par de leur propre nature transitoires et instables. Ils sont exposés et soumis aux changements des rapports de forces, à de nouvelles combinaisons, au poids et à la pression de l'impérialisme (de l'impérialisme américain en particulier), à l'évolution de la situation internationale, aux luttes des masses. Périodiquement, le chef du gouvernement fait des déclarations concernant des tractations économiques passées avec des firmes impérialistes. yankees ou anglaises, pour le lendemain démentir de telles déclarations. couche militaire qui reflète la tendance à une politique de soutien industriel plus poussé, l'oligarchie s'oriente vers le soutien pour une période très longue du «gouvernement de la révolution ». Sinon, laelle devrait chercher une combinaison po-
PROMESSE D'ELECTIONS
PROMESSE D'ELECTIONS
Q UATRIE ME litique pour empêcher le triomphe de l'opposition de la bourgeoisie industrielle ou celui de la petite bourgeoisie anti-impérialiste.
La pression constante des forces économico-sociales de la bourgeoisie industrielle, de la petite bourgeoisie anti-impérialiste, mais avant tout et surtout les luttes et les mobilisations du prolétariat. ont obligé le gouvernement à promettre des élections et une passation de pouvoir.
Mais la déclaration gouvernementale sur la consultation électorale ne signifie pas que celle-ci aura lieu effectivement. Dans l'intention de l'oligarchie au pouvoir. la promesse des élections n'est qu'une soupape de sûreté. Si l'oligarchie a consenti à convoquer des élections,
Après que le secteur militaire oligarchique fut obligé de consentir à ces élections, il a agi pour que celles-ci soient « d'une façon légale » remises à une date ultérieure. En même temps il essaie d'imposer une série de procédures de nature à empêcher un triomphe électoral des forces dirigées par Frondizi. Déjà dans le passé l'oligarchie avait réussi à imposer « le statut des partis politiques ». qui signifiait pratiquement la liquidation « légale » de la tendance irondiziste.
Le remaniement récent et brusqué du gouvernement fut une opération destinée à empêcher que le secteur militaire. partisan des élections, n'exige la formation d'un nouveau gouvernement plus disposé à la consultation électorale. l s'agissait aussi d'un remaniement censé assurer un gouvernement jouissant d'un soutien populaire plus large par la participation au pouvoir des secteurs de
Balbin et de Sabattini. Quelles concessions sont intervenues de part et d'autre pour cette alliance avec les sabattinistes et les balbinistes ? On n'en sait rien jusqu'ici.
Avec ce nouveau soutien, le gouvernement veut exercer une pression sur le secteur Krausse-Orosio Arana de l'armée pour tâcher d'imposer à nouveau le statut des partis politiques et de compromettre ce secteur radical dans la ligne économique oligarchique du gouvernement. On remanie certes les gouvernements, mais la ligne économique pro-oligarchique se maintient toujours. Autrement dit, on cherche à liquider Frondizi.
Peu de jours apréc le remaniement ministériel, le nouveau ministre de l'Intérieur déclarait que des élections seraient convoquées et qu'il ne serait pas question de statut des partis politiques.
La manœuvre avait échoué. Mais cela ne signifie pas qu'il y aura des élections ou que celles-ci seront libres et démocratiques. On ne peut pas prédire, en ce qui concerne l'Argentine, ce qui se passera c'est pour accepter le moindre mal et parce qu'une partie de l'armée, plus intéressée au développement industriel du pays. donc moins liée à l'oligarchie, préconisait une consultation électorale. Ces militaires avaient exercé une pression sur le gouvernement pour qu'il promette des élections, ceci afin de parer à la menace d'un coup d'Etat et aussi de faire échec à l'évolution d'une situation objective où diz Detite bourgeoisie, dirigée par Fron petite bourgeoisie. dirigée par Fron-
Men viendrait. si elle se voyait ferfée la voie électorale, à soutenir les masses travailleuses mobilisees. La craite de l'action politique de la classe ouvrière a effectivement poussé un secteur de l'armée à préconiser la convocation des élections générales. Cependant sera « assurée l'interdiction » de toute action politique indépendante de la classe ouvrière. d'un mois à l'autre, vu la crise politique de la bourgeoisie, sa peur des mobilisations des masses, la faiblesse de l'armée et de tous les partis politiques de la bourgeoisie, l'absence de direction et d'organisation politique de classe du prolétariat argentin dont l'esprit combattif est toujours vivant.
Dans ces conditions, l'armée se croit le seul maitre, et agit comme attirée par le désir d'un pronunciamiento ouvrant la voie à l'instauration d'une dictature militaire toute nue. Cependant la crainte des masses est la raison fondamentale qui a empêché l'installation d'une telle dictature.
Dans la nouvelle équipe gouvernementale, il y a des ministres de toutes couleurs: pro-américains, pro-anglais. radicaux, sabattinistes. balbinistes. conservateurs. C'est un reflet d'une situation politique instable. de certains rapports de forces, de la tendance du gouvernement à s'accrocher à n'importe quoi en l'absence d'une force réelle sur laquelle il pourrait s'appuyer.
L'impérialisme anglais est le bénéficiaire le plus direct de la politique économique du gouvernement Aramburu-Rojas. Cependant. l'impérialisme américain accroit, jour après jour et sous diverses formes, sa pression sur ce gouvernement.
vertement. l'impérialisme américain se En meme temps. sans le soutenir ousert de Peron pour faire peur au gouvernement Aramburu-Rojas et lui arracher de nouvelles concessions en matiere d'investissements, d'exploitations de pétrole. d'électricité ou autres. En définitive, si les mobilisations des masses prenaient un caractère révolutionnaire et si le gouvernement se montrait impuissant à maitriser la situation, l'impérialisme américain pourrait se décider au retour de Peron, dans le but de controler l'action des masses d'une part et d'obtenir de lui des concessions de pétrole ou autres, d'autre part.
LE REMANIEMENT MINISTERIEL
INTERNATIONADB
LE REMANIEMENT MINISTERIEL
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PARTIS POLITIOUES BOURGEOIS ET FRONDIZISME
La bourgeoisie argentine est atteinte d'une crise politique profonde. Cette crise s'exprime par la division en sept tendances de l'Union Civique Radicale, l'existence de trois tendances chez les conservateurs. trois chez les démocrates progressistes. sept groupes democrates-chretiens. tandis que le Parti socialiste connait le mécontentement de sa base petite bourgeoise envers une direction elle-même divisée.
Ce qui est fondamentalement à la base de la crise politique, c'est le développement économico-industriel de l'Argentine: le grand poids social d'un prolétariat organisé dans une puissante centrale syhdicale. la C.G.T.; le développement des tendances nationalistes anti-impérialistes de la petite bourgeoisie. notamment la petite bourgeoisie dirigée par Frondizi. Cependant. la cause essentielle de la crise. c'est le développement du prolétariat alors qu'il manque d'une organisation politique de classe indépendante; la disproportion entre ce développement du prolétariat et l'impossibilité du développement social parallèle des forces sociales et politiques de la petite bourgeoisie nationale. Cette crise couvait déjà l'époque du gouvernement Peron. Elle aurait éclaté même avec celui-ci au pouVOIr. La chute et la fuite de Peron et l'installation d'un gouvernement oligarchique ne firent que précipiter l'éclatement de la crise.
La crise politique argentine ne trouvera pas une solution militaire, même moyennant l'instauration d'une dictature militaire ouverte. Cela ne serait d'ailleurs pas une solution durable. L'oligarchie avait été évincée du pouvoir politique. Le prolétariat lui avait infligé une défaite en 1945. Il l'écrasera définitivement dans un proche avenir quand il entrainera derrière lui la petite bourgeoisie de gauche et anti-impérialiste. L'oligarchie ne peut compter sur aucune combinaison polltique capable de lui permettre de se maintenir au pouvoir. La division du propre parti de l'oligarchie est l'expression la plus frappante de cette crise. Les jours d'Irigoyen ne reviendront plus. L'époque que nous vivons, c'est l'époque de la révolution permanente coloniale et semi-coloniale, de la révolution politique dans les Etats ouvriers, de la crise finale du stalinisme, de l'affaiblissement de l'impérialisme mondial, • du ageats de l'oligarchie, et il fait dépendre tout l'avenir du fait que sa tendance arrivera ou non au pouvoir. Il est vrai que les autres tendances du radicalisme (les Balbin, les Sabattini, les Zavala Ortiz) pactisent avec l'oligarchie contre Frondizi. Mais c'est une conséquence logique de la composition sociale du parti radical dont la direction est une direction petite bourgeoise soutenue par une base petite bourgeoise aux couleurs multiples. Frondizi s'appuie sur l'aile nationaliste, gauchiste, anti-impérialiste. Dans les. conditions de la crise nationale politique, la division du parti radical reflète la pression et l'influence des développements sociaux.
Le prolétariat est la force sociale la plus puissante. Mais il n'a oi organisation ni direction politique de classe. Après le prolétariat, la petite bourgeoisie est la force sociale la plus forte, mais elle se trouve organisée dans plusieurs partis. Le parti radical est le parti où se concentre la petite bourgeoisie, Les couches inférieures de la petite bourgeoisie (étudiants, jeunesse, artisans, intellectuels, techniciens, petits commerçants, etc.) suivent la tendance Frondizi. Le reste de la petite bourgeoisie, les couches supérieures et les couches moyennes, suivent les autres tendances du parti radical. C'est pourquol la crise du parti radical s'exprime dans la division en tant de tendances et de regroupements. Le parti radical a été toujours été un centre où, périodiquement, lors des situations de crises politiques, la bourgeoisie et l'oligarchie viennent chercher un soutien. Peron lui aussi avait cherché — et trouvé — le soutien de telle ou telle aile du radicalisme.
La tendance Frondizi s'adresse à la base petite bourgeoise gauchiste, anti-impérialiste pour qu'elle soutienne un programme « democratique, anti-impérialiste et d'industrialisation » du pays. Elle fait croire à sa base petite bourgeoise qu'elle (l'aile Frondizi) est appelée « à assumer les destinées du pays ». Frondizi met en vedette le soutien de cette base pour se présenter avec un programme capitaliste, de développement industriel. Il est l'agent idéologique petit bourgeois de la bourgeoisie industrielle. Une large couche de dirigeants et de militants du parti va plus à gauche que Frondizi. Les étudiants, les intellentiele lo iemecce radicale frondiintellectuels, la jeunesse radicale frondizistes étaient plus sensibles à la force et à la pression du prolétariat, à ses luttes et mobilisations, même avant la chute de Peron. Ils sont aussi plus sensi- Tle sont aussi nlus sensibles à l'influence de la révolution permanente des peuples coloniaux et semicoloniaux, de la révolution politique dams les Etats ouvriers, etc.
Si Frondizi arrivait au pouvoir, son parti risquerait de se désintégrer rapidement sous les coups combinés de l'armée, de l'oligarchie et de la base du parti sensible aux luttes révolutionnaires des masses argentines.
développement en tariat et de son organisé. Tout cela ment la petite du prolé-
Argentine syndical mouvement puissama influencé bourgeoisie la pour pousser à des positions gauchistes, nationalistes, anti-impérialistes.
L'oligarchie, après avoir été obligée de consentir aux élections generales. s'oriente dès maintenant vers la constitution d'un front avec les radicaux opposés à Frondizi afin d'empêcher le triomphe électoral de celui-ci. Ces opposants constituent une partie considérable du parti radical. Frondizi accuse ces secteurs d'être des transfuges,
Q UATRIEME LIN
PARTIS POLITIQUES
Visant à gagner la sympathie sinon le soutien du prolétariat. Frondizi a déclaré qu'il est pour que la C.G.T. et les syndicats soient restitués aux travailleurs. pour la libération de tous les prisonniers politiques et syndicaux qui doivent jouir de tous les droits de citoyens. Il a même déclaré que l'intervention de la classe ouvrière dans l'administration de certaines entreprises est nécessaire. Bien que les promesses de Frondizi soient en général démagogiques, elles ne sont pas dépourvues d'une certaine sincérité. Celle-ci n'exprime pas les véritables vœux de la direction bourgeoise du frondizisme mais les • concessions que celle-ci doit faire si elle veut donner satisfaction aux couches de la petite bourgeoisie les plus liées au prolétariat, dans le but, d'ailleurs illusoire. de concilier un programme capitaliste avec les aspirations propres du prolétariat. Au fond, tout cela reflète ce qu'est la petite bourgeoisie dans l'époque où vit l'Argentine. Cependant, si Frondizi arrivait au pouvoir, il oublierait vite ses promesses relatives aux libertés syndicales et autres. Car aujourd'hui. tout , en faisant de telles promesses. il continue à être un allié et un associé du gouvernement de l'oligarchie qui maintient le prolétariat privé de ses droits politiques.
Les déclarations de Frondizi sur la liberté et la démocratie pour tous ne doivent pas tromper. Les droits démocratiques pour le prolétariat, ce n'est pas que son droit à voter comme il le veut, c'est encore s'organiser politiquement en tant que classe indépendante, constituer son parti ouvrier de masse basé sur le syndicat.
Contre le prolétariat argentin, il existe un front unique groupant le peronisme. les radicaux de tout acabit. les socialistes. les conservateurs, les démocrates-chretiens, etc. Il est vrai que tous demandent que la C.G.T. soit libérée du controle gouvernemental. mais ces demandes sont démagogiques. En effet, aucun de ces gens n'est intéressé à rendre à la C.G.T. et au mouvement syndical, en général. la liberté dont il est question. car une telle liberté d'action de la part des travailleurs donnerait un puissant essor aux luttes des masses et ouvrirait la voie à la constitution d'un parti ouvrier basé sur les syndicats. Si les agents du peronisme sont
Le prolétariat argentin a montré qu'il veut lutter pour défendre ses droits démocratiques et participer aux luttes politiques en tant que classe indépendante.
Alors que tous les partis politiques de la bourgeoisie sont en pleine crise. la classe ouvrière, après la chute de Peron. a maintenu sa cohésion, son unité. sa solidarité de classe. Avec la chute de Peron, l'oligarchie espérait que la classe ouvrière se découragerait; avec la terreur
E RNATIONALE ET PROLETARIAT partisans de rendre aux travailleurs leur C.G.T. et leurs syndicats, ils le sont dans la mesure où ils espèrent reprendre leur controle sur ceux-ci, mais ils n'ont aucun intérêt à un mouvement syndical de clasce indépendant.
Tous ces gens cherchen: certainement le soutien électoral du prolétariat. mais ils songent toujours à empécher que celuici ne s'organise politiquement en un parti ouvrier de masse. L'organisation politique indépendante de classe du prolétariat argentin — la constitution d'un parti ouvrier basé sur les syndicats — rendrait impossible le mainties de la classe hors d'une politique indépendante de classe.
Pour le Parti communiste et les socialistes, l'indépendance politique du prolétariat argentin serait leur perte en tant que partis du moment qu'ils ne pourraient plus exercer une influence sur les masses.
Le droit le plus élémentaire pour la classe ouvrière consiste à pouvoir decider librement la voie et la forme de son organisation politique de classe. A l'heure actuelle, 70 % de la population ne peuvent jouir effectivement de leurs droits démocratiques, pas plus que de discuter ou de s'organiser syndicalement et politiquement comme ils l'entendent. conformément à leurs intérêts classe. Devant une telle situation, tous les partis se présentent dans un front unique avec le gouvernement contre les masses, tout en sollicitat du prolétariat un soutien électoral. Tous ces partis, mais surtout le parti de Frondizi, veulent gagner le soutien des travailleurs en leur parlant de la « défense de l'industrie» (capitaliste) et de celle des « droits démocratiques ». Cependant, les radicaux remettent la réalisation du développement industriel, de la démocratie, de la liberté syndicale, etc. à la date où ils parviendraient au pouvoir après les élections. Pour le moment. tous ces partis sont conscients du danger que représenterait un appel aux masses pour qu'elles luttent contre la répression gouvernementale, la terreur militaire et po licière, les emprisonnements, les deportaticus. les fusillades, etc. à l'encontre des masses. On présente ces faits comme « des excès » des autorités. alors qu'ils sont. en réalité, inséparables de la politique du gouvernement que ces partis ont jusqu'ici soutenu et soutiendront encore:
policière et militaire. elle espérait abattre l'esprit combatif des travailleurs; avec l'assaut et l'intervention dans les syndicats. elle espérait disloquer l'organisation masses travailleuses. Après quoi, se disait l'oligarchie, on pourrait s'attaquer à la petite bourgeoisie. Les socialistes, les communistes et les radicaux s'associèrent à cette politique, d'abord avec avec le gouvernement Lonardi-Rojas, puis avec le gouvernement Aramburu-Rojas. Ces gens
COMBATS PROLETARIENS SANS DIRECTION
COMBATS PROLETARIENS SANS DIRECTION
Q UATRIE M E IN espéraient « capitaliser » les mesures prises par l'oligarchie contre le prolétariat. Ils croyaient que, dans conditions. Peron étant renverse, le prolétariat ne songerait plus ses syndicats. à la C.G.T.. et qu'il voudrait changer de «maitre ». La direction politique bourgeoise du prolétariat — le peronisme avait pris la fuite et livré le prolétariat à la répression de l'oligarchie. La direction syndicale du prolétariat. de la C.G.T. d'alors et des syndicats désertait, capitulait, mais le prolétariat ne capitulait pas. ne reculait pas. ne se décourageait pas devant la fuite de Peron. Son esprit de lutte, sa décision combative ne furent pas entames. Il sortit dans la rue pour montrer son esprit de lutte. Il repoussa les assauts contre les syndicats et la C.G.T qu'il réorganisa. Le 17 octobre 1955, il déclencha une grève qui fut presque générale dans le pays. En novembre 1955. sans direction réelle, il déclencha deux grèves générales. trahies par des dirigeants alors qu'elles étaient proches de la victoire. A partir de ce moment-là, gouvernement déchaina une répression brutale contre les masses: ce furent des arrestations, des déportations en masse, des attaques contre leurs droits démocratiques. A chaque coup répressif de l'oligarchie. la direction des ouvriers capitulait et fuyait. Mais le prolétariat sut maintenir et maintient toujours, son esprit combatif ainsi qu'une haute compréhension politique du sens de ses luttes.
L'oligarchie a réussi à imposer une série de couos contre le prolétariat (supervision de la C.G.T. et des syndicats, arrestations et emprisonnements, déportations de militants et de dirigeants ouvriers. cherté de vie. répression patronale et gouvernementale contre les droits démocratiques des masses). Mais les masses ne se sont pas considérées battues. Tandis que leurs dirigeants lachaient, elles se sont maintenues et se maintiennent dans une mobilisation permanente qui a exercé une influence sur la petite bourgeoisie et obligé le gouvernement réactionnaire à ne pas faire de nouveaux pas en avant dans sa subordination à l'oligarchie et à l'impérialisme. Or, la classe ouvrière n'a ni direction ni parti politique. pas plus qu'elle ne voit d'organisations syndicales véritables où pourrait se concentrer pour les utiliser dans son action de classe. Cependant, elle montre toujours sa décision à arracher au contrôle du gouvernement la C.G.T. et les syndicats, et elle lutte politiquement.
Depuis février 1956. la classe ouvrière s'est constamment mobilisée. Des grèves générales et des débrayages se sont succédé et développés continuellement. La répression gouveraementale n'a pas intimide la classe ouvrière. Au contraire. celle-ci a déclenché des grèves pour le relèvement des salaires, contre les licenciements des grévistes, pour la libération des prisonniers ouvriers. En même temps. les ouvriers ont imposé des élections de délégués syndicaux, ont récupéré certains syndicats et fait réintégrer par le patronat des grévistes congédiés.
TERNATIONAL E Après les fusillades du 10 juin 1956, classe ouvrière a poursuivi sa lutte dans toutes les branches et partout. Novembre 1956 marque le point culminant de mobilisations ouvrières. Pour faire échec à la répression, les ouvriers ont eu des milliers d'initiatives, déployé un grand dynamisme, une grande audace et donné à leurs actions un sens organisationnel et politique. Toute la population s'est rangée aux côtés des grévistes pendant cette période. Les quartiers ouvriers étaient des parties integrantes des mobilisations ouvrières. centaines de nouveaux dirigeants, de cadres moyens, de délégués ouvriers se sont développés et continuent à se développer comme une nouvelle direction. arrestations se comptèrent par milliers. la répression gouvernementale fut grande, mais le mouvement ne céda point. Des secteurs ouvriers considérables montrèrent le sens politique élevé de leur action. Quand on les appela à déclencher une grève pour « le retour de Peron », les travailleurs se refusèrent aux grèves aventurières. Peu de jours après, ces mêmes ouvriers déclenchaient un mouvement gréviste en solidarité avec des ouvriers qui faisaient grève.
La grève des métallos qui clôtura toute une série de mouvements grévistes. dura pres de 40 jours. Quand elle fut a son point culminant, la direction — peroniste dans sa majorité - déserta la grève et laissa le mouvement à son propre sort. Cependant, les grévistes reprirent le travail sans être découragés.
La vague de grèves qui s'est poursuivie jusqu'en janvier de cette année s'est soldée par une semi-défaite ou une semivictoire. Les ouvriers ont obligé le patronat à augmenter de 36 % les salaires, sans conditionner cette augmentation à une augmentation de la productivité. Selon le plan élaboré contre l'inflation, le relèvement de salaires ne devait pas dépasser 10 %. Mais ces mobilisations ouvrières ne purent ni arracher la G.G.T au contrôle du gouvernement, ni imposer la libération de tous les ouvriers prisonniers. (Depuis lors, beaucoup ont été libérés.)
L'analyse générale de la grève montre les conditions qui existaient pour une mobilisation générale de toute la classe ouvrière dans le but de récupérer la C.G.T. et les syndicats. La grève générale était sentie et voulue par l'ensemble de la classe ouvrière. Quand les métallos débrayèrent, le gouvernement actuel intervint pour que les salaires des ouvriers du textile soient relevés de 36 %, tant la oeur de la grève des métallos était grande ! Auparavant, les travailleurs des abattoirs, du bois, de la chaussure avaient déclenché des grèves et obtenu une augmentation générale de salaires. Il y avait donc les meilleures conditions pour préparer un mouvement de toute la classe. Les communistes, les socialistes et surtout les peronistes avaient dans l'ensemble la direction du mouvement ouvrier. étaient donc appelés à organiser l'action de la classe en vue d'une grève générale. Cependant, ils atomisèrent l'action des
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UATRIEME ouvriers dans une série de grèves partielles et réussirent ainsi à contenir et à dévier le courant allant vers une grève générale.
Chacune des directions (communistes. peronistes, radicaux, socialistes), agit conformément à son propre intéret mesquin, sectaire, contre l'intérêt de la classe ouvrière. Leurs préoccupations étaient de contrôler ces mobilisations. Elles n'étaient pas Intéressées à développer l'action de la classe sur une voie indépendante. Pour les communistes, il s'agissait surtout de canaliser ces mobilisations vers leur parti, nullement dans l'intérêt général de la classe ouvrière, en empruntant une politique de conciliation envers la bourgeoisie. Quant aux peronistes qui détenaient direction des métallos en grève. ils s'allièrent aux catholiques. aux communistes et aux nationalistes pour mener le combat contre les militants du P.O.R. (trotskyste qui étaient aux premiers rangs dans la grève.
Toute grève d'importance est dirigée
Au cours des dernières mobilisations se sont formes des milliers de nouveaux dirigeants de la classe ouvrière qui ont une grande confiance en eux-mêmes et dans la force de la classe. Dans les mobilisations qui viennent, ils seront reconnus par les masses comme leurs dirigeants.
La classe ouvrière n'a pas de direction politique orgamisée. L'ancienne direction a éclaté en plusieurs fractions et est entrée dans la voie de la faillite politique. La direction peroniste dépendante de l'appareil peroniste tend à s'assujettir le mouvement ouvrier. Elle le freine pour empécher tout développement indépendant.
Malgré la baaqueroute de la direction peroniste, le Parti communiste ne s'est pas développé comme direction de la classe ouvrière. Il a certes gagné quelques effectifs, mais il est entré dans la voie de la crise qui désintègre le stalinisme partout dans le monde.
Le bilan des mobilisations ouvrières se solde par une grande expérience syndicale et politique de la classe. Celle-ci a repris le travail trahie et abandonnée par sa direction. Elle se voit sans direction et sans parti politique de classe. Mais elle ne se considère ni vaincue ni découragée.
Le bilan général des mobilisations, c'est le manque d'un parti ouvrier de masse et d'une direction politique du prolétariat. Une autre conclusion à tirer, c'est que pour récupérer la C.G.T. et les syndicats, il faut une mobilisation générale. La classe ouvrière se prépare pour ces 28 avec une orientation politique. Ces grèves-la ne furent pas dirigées dans un but de classe mais en visant à une conciliation avec la bourgeoisie nationale pour aboutir à la capitulation devant le gouvernement et le patronat. en pleme greve, la direction des metallos adressa un tract à la bourgeoisie industrielle et aux militaires pour qu'ils s'intéressent au développement industriel du pays et s'unissent aux ouvriers contre le gouvernement. Autrement dit. cette direction orientait ainsi le prolétariat vers une alliance avec le patronat (1).
La direction peroniste de la grève, liée aux hautes sphères peronistes non pas les peronistes qui sont liés à la classe et répondent aux intérets de celle-ci) n'avait aucun latérêt à ce que la classe ouvrière développe sa force et son action indépendante. Elle continue à se servir du mouvement ouvrier au profit de la bourgeoisie industrielle. C'est pourquoi, cette direction peroniste ne s'était pas orientée à préparer une grève générale. deux taches. Pour l'instant, elle refléchit, fait un bilan de son action et en tire les leçons.
Capitalisant la politique capitularde des directions dans les dernières grèves, et se refusant à ce que les ouvriers utilisent comme ils le veulent la C.G.T. et les syndicats, le gouvernement a arrêté une serie de mesures réactionnaires, tel le blocage des salaires, tandis qu'il prépare un statut des grèves et un nouveau réglement concernant la fonction des délégués et des commissions d'usines. En même temps, la hausse des prix ne s'arrête point.
Dans les prochains mois se reproduiront les conditions d'il y a six mois permettant une mobilisation générale de la classe ouvrière. Aux cadres dirigeants responsables du prolétariat appartient la tâche d'orienter et de diriger l'action de la classe ouvrière dans la période prochaine. Les partis politiques de la bourgeoisie essayent d'enfermer la classe ouvrière dans les affaires électorales.
Le prolétariat doit certes intervenir dans ces questions électorales, mais il doit le faire avec sa propre politique et un programme d'action. Les questions les plus fondamentales pour les masses. ce sont la récupération de la C.G.T. et des syndicats et l'organisation politique indépendante de la classe, le Parti ouvrier de masse basé sur les syndicats.
Des militants du Parti Ouvrier Révolutionnaire (trotskystes) ont été emprisonnés lors des dernières mobilisations pour avoir orienté la classe vers une action indépendante. Ils ont lutté contre la politique capitularde, conciliatrice des directions des mouvements de masse. Le P.O.R. appelle de nouveau le prolétariat argentin à se mobiliser pour récupérer la C.G.T. et les syndicats et pour organiser un Parti ouvrier basé sur les syndicats. Il les appelle pour que chaque syndicat organise sa participation aux élections, exiger une représentation ouvrière indépendante par représentation de l'usine et du quartier; aborder la discussion d'un programme comportant :
L'expropriation sans indemnisation de toutes les entreprises impérialistes qui passeront à l'Etat sous le contrôle et l'administration de la classe ouvrière: 38 l'expropriation sans indemnisation de toutes les entreprises et usines d'intérêt public et national; leur étatisation et jeur administration par les ouvriers:
la publication des livres de comptes des entreprises. et le controle ouvrier de la. production:
l'échelle mobile des salaires, la constitution de comités ouvriers dans les entreprises et les quartiers pour le contrôle des prix et l'application de l'échelle mobile des salaires; la défense des conquêtes et des droits démocratiques de la classe ouvrière. Pour son droit à organiser son parti ouvrier basé sur les syndicats. Pleins droits démocratiques pour tous les partis ouvriers et liberté de presse pour la classe ouvrière :
la réforme agraire; l'expropriation sans indemnisation des grands domaines et leur transfert gratuit aux paysans.
Que la classe ouvrière pose devant l'Assemblée constituante comme seule issue à la crise sociale et politique du pays la constitution d'un Gouvernement Ouvrier et Paysan doté du programme ouvrier ci-dessus.
Février 1957.
(1) La bourgeoisie industrielle fait front commun avec le gouvernement contre les masses. Pour eux, de leur point de vue de classe, les masses constituent l'ennemi principal. La bourgeoisie industrielle a besoin de se servir des masses pour exercer une pression sur le gourernement. Cette direction a laissé de côte une des initiatives les plus efficaces des masses : appeler celles-e à s'unir et à manifester aux côtés des métallos par une grève générale. Au cours de la grève et spontanément, des milliers de familles ouvrières ont agi ainsi.