Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › vol. 15, n° 4-6

Manifestations et grèves au Chili

Emilio Prado · Quatrième Internationale, vol. 15, n° 4-6 · juin-juillet 1957 · p. 29-31 · 3 450 mots

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Le plan Klein Sacks pour le Chili comme le plan Eder pour la Bolivie et le plan Prebisch pour l'Argentine, sont des expédients avec lesquels la bourgeoisie pour chacun de ces pays et l'impérialisme essalent de donner une issue, la leur, aux problèmes économiques et financiers que connait chacun de ces pays. Ces plans de «stabilisation » visant à freiner l'inflation s'attaquent essentiellement au pouvoir d'achat des grandes masses,

Men meme temps qu'ils cherchent à créer des «conditions sociales » permettant des investissements et des prets impérialistes pour combler les déficits financiers. Ces « conditions sociales » ne sont, en l'occurrence que la répression du mouvement ouvrier et des masses pour faire échec à leur lutte contre la cherté de la vie et le chomage.

Depuis la fin de 1955, les masses chiliennes ont réagi contre le plan Klein Sacks et ont réussi à empêcher que celuic1 soit appliqué dans toute son étendue. Malgré l'incapacité évidente des directions ouvrières à organiser une large mobilisation de masses contre ce plan. et en dépit des mesures répressives adoptées par le gouvernement envers le mouvement ouvrier. les travailleurs et les classes moyennes ont maintes fois manifesté leur opposition résolue à ce plan.

Comme cela s'est montré en avril dernier, lors de la révolte des masses contre une nouvelle hausse des prix, la force apparente du gouvernement ne réside

Les radicaux et la Falange obtinrent aux dernières élections un grand nombre des voix des classes moyennes, tandis que les partis coalisés dans le FRAP de PC. le P.S.Ch.H. et le P.D.) perdireat des voix, notamment le P.S.P. qui obtint cependant 150.000 voix, la plupart ouvrières, grace à l'influence dont ce parti jouit encore auprès des ouvriers et de leur avant-garde, sans pour autant parvenir à gagner les grandes masses. Quant au Parti agraire laboriste, le seul soutien d'Ibanez à l'heure présente, les élections ont montré qu'il est en voie de désagrégation, par désaffection des classes moyennes à son égard.

Le fait le plus symptômatique, c'est le grand pourcentage d'abstentions (40%) dans ces élections comme dans les précédentes, qui témoigne de la méfiance des grandes masses ouvrières, paysannes et petites bourgeoises surtout envers les partis ouvriers qui se sont, par leur politique opportuniste, montrés incapables de les gagner.

pas tant en lui-même que dans la faiblesse de la direction ouvrière. Ceci a été prouvé par le fait qu'après la répression contre les ouvriers et les étudiants qui manifestaient contre la hausse des tarifs de transport (500 personnes environ furent emprisonnées ou déportées), le gouvernement se vit contraint d'annuler la hausse. La taiblesse du gouvernement s'est encore révélée lors de la crise ministérielle intervenue cependant après que des pouvoirs spéciaux lui avaient été octroyés. Le scandale provoqué par la destruction de l'imprimerie Horizontes. où s'imprimaient les journaux El Siglo et Ultima Hora, puis par l'arrestation des avocats de l'imprimerie, poussa quelques ministres, dont ceux du Parti agraire laboriste. à exprimer leur mécontentement qui détermina à son tour la démission collective du gouvernement et le retrait des pouvoirs spéciaux.

Ces faits montrent en eux-mêmes l'instabilité du gouvernement Ibanez. accentuée par le fait que le président, ces dernières années, a perdu le soutien que lui accordaient les couches ouvrières et petites bourgeoises. Cette instabilité n'a pas pu être évitée par le soutien que Ibanez a trouvé lors des derniers événements de la part de la droite, y compris la Falange qui a une base petite bourgeoise.

C'est la résistance des masses qui a mis en échec l'exécution du plan de « stabilisation » économique.

Les gains électoraux des radicaux et phalangistes sont dûs au fait que ces formations ont réussi à canaliser la radicalisation qui se développe dans des grandes couches petites bourgeoises en lutte contre le plan Klein-Sacks. Radicaux et phalangistes ont pu parvenir à ce résultat grâce à une propagande certes démagogique mais centrée dans une opposition au plan Klein-Sacks. Aussi bien le parti radical à travers son aile Bossay et la Falange expriment actuellement les intérêts des secteurs de la bourgeoisie industrielle menacés par le plan, et qui s'opposent donc à celui-ci. Cependant le triomphe électoral de ces parus est moins du a leur démagogie et à leur opposition au plan qu'à l'incapacité de la direction ouvrière à présenter une issue révolutionnaire à la situation, ainsi qu'a son incapacité de regrouper les classes moyennes derrière le prolétariat pour les diriger tous deux vers une telle issue.

Le F.R.A.P. apparaissait non comme un véritable front unique ouvrier avec un programme politique de classe, mois

LES DERNIERES ELECTIONS

LES DERNIERES ELECTIONS

ATRIE ME IN comme un organisme de manœuvres et d'alliances électorales avec des partis bourgeois, muni d'un programme réformiste, de collaboration de classe et démocratique (« Pour un parlement démocratique ») qui ne se différencierait guère du programme des radicaux et des phalangistes. Le P.S.P. même s'allia électoralement avec le Parti libéral.

Les 150.000 voix obtenues par le F.R. A.P. ont été présentées comme un triomphe par les directions socialistes et stalinienne, tandis que la droite s'efforce de présenter ce résultat électoral (notamment la perte des sièges parlementaires du P.S.P.) comme une preuve de la désagrégation des partis ouvriers. Sans se faire l'écho de la réaction qui veut sciemment exagérer la portée de la défaite, du désarroi parmi les travailleurs, on doit apprécier les résultats électoraux en fonction de l'état de conscience et de la combativité des masses opprimées et de la classe ouvrière. Autrement dit, par rapport à la situation objective et au rapport des forces entre la bourgeoisie et les les masses. A ce propos, certains dirigeants ouvriers ont voulu présenter le vote enregistré par les partis ouvriers, et le F.R.A.P. comme le résultat de l'état politique arriéré des masses, de leur «léthargie », de leur manque d'esprit combatif. Ces vues sont uniquement destinées à servir de paravent à l'incapacité de la direction ouvrière ainsi qu'à celle de la C.U.T. (Centrale unifiée) à organiser, en tant que centrale ouvrière, une grande mobilisation de masses anticapitalistes et anti-impérialistes.

Cependant les masses n'ont à aucun moment cessé d'exprimer une volonté de combat anticapitaliste et anti-impérialiste depuis qu'elles portèrent Ibanez au pou-

La mobilisation des étudiants, contre la hausse des tarifs de transport, soutenue par de nombreux secteurs ouvriers. fut l'expression claire de la décision des masses de mettre en échec les plans de misère d'une classe au service de l'impérialisme. L'action des étudiants, qui manifestèrent dans toutes les grandes villes du pays. était un reflet de l'état d'esprit toute la population travailleuse! C'était l'écho du désir des grandes masses de résister à la cherté de la vie et à toute nouvelle détérioration de leurs conditions d'existence. Encore une fois, et à travers les développements intervenus en Santiago, l'incapacité de la direction ouvrière à organiser et à diriger le mouvement des masses, se manifesta tout entière.

Aussi bien la C.U.T. que les partis groupés autour du F.R.A.P. se montrèrent incapables de voir et de sentir ce qui se passait à la base. Ces directions étaient préoccupées de manœuvres électorales et autres avec des partis bourgeois. Aussi, furent-elles incapables de se mettre à la tête de ces mobilisations pour en faire un grand mouvement organisé. C'est pourquoi l'action des étudiants ne fut accom30

TERNATIONALE voir. Mais après avoir rompu avec Ibanez qui s'est montré incapable de satisfaire leurs aspirations les plus élémentaires. elles n'ont pas trouvé le parti qui aurait pu les diriger dans leurs luttes. La création de la C.U.T. avait été un grand pas en avant pour le mouvement ouvrier et éveillé les espoirs des couches qui avaient soutenu Ibanez mais sentaient la nécessité d'une direction ouvrière. d'une centrale ouvrière de masses comme l'étaient la C.G.T. argentine et la C.O.B. bolivienne. Depuis lors. les masses à maintes reprises ont montré leur volonté et leur décision de lutte anticapitaliste et anti-impérialiste. Elles les ont exprimées lors de la grève générale de Juin 1955 et à l'occasion de tous les mouvements grévistes et des manifestations de protestation populaire qui se sont succédé. A chacune de ces mobilisations, comme ceci a été prouvé en avril dernier, la classe ouvrière ainsi que d'autres secteurs opprimés ont montré leur volonté de combat. Mais leur combattivité n'a pu jusqu'ici trouver un nouveau centre a travers lequel elle aurait été orgamisée en une mobilisation de masses puissante avec une direction marxiste révolutionnaire. La C.U.T. et les partis ouvriers, avec leur politique opportuniste et capitularde, comme cela a été prouvé à chaque instant et notamment aux dernières élections. loin de consolider comme centres de polarisation et d'organisation des masses qui veulent une véritable direction révolutionnaire, se sont aliéné de plus en plus la confiance de celles-ci. L'échec des grèves de septembre 1956 et de janvier 1957 ne fut nullement l'échec des grévistes mais celui de la politique des directions. Et la défaite des partis ouvriers dans les dernières élections n'est due qu'à la méfiance des masses envers ces directions. pagnée d'aucune mobilisation de la part de la grande masse ouvrière et petite bourgeoise. Au Sénat, le président du F.R.A.P., Allendo, prouvait à la bourgeoisie combien « étaient honnetes et démocratiques les aspirations du F.R.A.P. et les siennes propres » du moment que lui. président du F.R.A.P. s'était, dans la soirée du 2 avril, refusé à écouter une délégation d'étudiants qui demandait au F.R.A.P. de soutenir le mouvement contre la hausse des tarifs, car il rejetait « toute action barbare, de force ». Sur ce. il s'unit aux président des partis politiques, y compris de ceux de droite, pour rédiger et diffuser une déclaration faisant appel au calme dans le pays, etc. Aucune des directions ouvrières n'a jusqu'ici condamné publiquement les agissements de Allendo. Cependant, les dirigeants de la C.U.T. voyant l'ampleur que prenaient les développements, donnaient l'ordre d'une grève de 48 neures, le 2 avril, quand il était déja trop tard.

La mobilisation des étudiants fut sabc tée et laissée à son propre sort, notam ment par la direction du P.C. et celle du P.s. Chilien de Allendo. Les nom-

LES EVENEMENTS D'AVRIL

LES EVENEMENTS D'AVRIL

Q VATRIE ME I IN breux militants communistes et socialistes populaires qui ont manifesté, aux côtés des étudiants et des ouvriers en lutte, l'ont fait soit en passant outre aux ordres des dirigeants. dans le cas du P.C.. soit sans ordre d'aucune sorte, dans le cas du P.S.P.

Dans ces conditions, le gouvernement réussit avec la police à organiser et à réaliser quelques provocations (pillages. etc.), afin de pouvoir justifier devant la bourgeoisie la répression sanglante qui suivit.

La mobilisation des étudiants avait non seulement gagné la sympathie de la popilation en général, mais encore le seutien d'importants secteurs ouvriers. C'est ainsi que les tr vailleurs des chantiers de San Bernardo se mirent en grève. suivis

Les resultats electoraux, tout comme les développements d'avril, ont eu de grandes répercussions au sein des partis ouvriers. Le P.C. et le P.S.P. ont vu s'approfondir leur crise interne.

L'attitude traitresse de la direction du P.C. envers les mobilisations d'avril a contrasté avec celle de la jeunesse communiste. Alors que celle-ci faisait acte de présence aux côtés des ouvriers et des etudiants, et. à Santiago, diffusait un tract appelant à soutenir le mouvement, la direction du parti déclarait publiquement qu'elle avait des intentions démocratiques, ne se fixait aucunement des buts révolutionnaires, mais de renforcer les institutions démocratiques, etc.... se solidarisant ainsi avec l'attitude traitresse de Allendo. Cela souleva la protestation d'une partie de la jeunesse du P.C. Des militants de celle-ci ont ultérieurement approuvé un tract du P.S.P. appelant à la lutte et ont critiqué la direction du P.C. Ces jeunes se sont vus infliger un blame de la part de la direction pour avoir approuvé le tract du P.S.P. Le mécontentement des militants du parti à l'égard de la politique capitularde de la direction est criant. Devant la destruction de l'imprimerie Horizontes, la direction du P.C . s'est contentée de condamner le fait devant le parlement et de mobiliser les avocats; elle n'a point fait appel aux masses contre la terreur de la réaction.

Dans le P.S.P. on constate après les élections qu'une partie de la direction évoLue vers des positions droitières, rejette le front de classe et rêve d'un nouveau Front Populaire. Le représentant de cette tendance, Oscar Waiss, l'a exprimée dans deux articles parus dans El Siglo des 12 et 13 mars. où, analysant le résultat des élections, il écrit : « Le mouvement populaire ne trouve plus son chemin, tandis que des forces sociales provenant des couches intermédiaires, derrières lesquelles l'impérialisme et l'oligarchie financières sont aux aguets, s'accroissent et se développent ». Waiss n'en dégage cependant aucune responsabilité en ce qui concerne les directions ouvrières, mais parle d'une « inévitable étape d'actions communes avec les partis bourgeois de gauche » pour con-

TERNATIONALE dans cette aciion par les quatre mille ouvriers de Mademsa et Madeco. A Valparaiso. les manifestations des étudiants furent épaulées par la grève des ouvriers des transports, cheminots y compris. Le prolétariat de cette ville comme celui de Vina del Mar se jeta pratiquement dans la lutte. La participation des femmes à ces manifestations a été notable. Une grève générale, à l'échelle nationale. si elle avait été déclenchée immédiatement après la mobilisation des étudiants, aurait fait échec aux mesures réactionnaires du gouvernement. Car la protestation des étudiants survenait à un moment où d'autres luttes étaient en marche, par exemple la grève des mineurs de la mine El Teniente, qui demandaient une augmentation de salaires. clure que « cette étape impliquera nécessairement des rectifications de la part des gens qui jonglent de manière infantile avee des formules étrangères à la vie réelle et des sectaires si friands de recettes. » Ces articles de Waiss esquissant un tournant à droite reflètent la pensée centriste de la direction du P.S.P. qui s'est montrée incapable de diriger la classe ouvriere, de se mettre a la hauteur de l'esprit revolutionnaire des masses et de tirer des conclusions de la méfiance de celles-ci envers les partis ouvriers pratiquant unepolitique opportuniste et capitularde. Ces directions s'étant ainsi comportées, elles tombent dans le scepticisme envers les masses, nient leur esprit révolutionnaire et parlent par contre de leur passivité et de leur «léthargie ».

Cependant, à la base du P.S.P. se fait jour une tendance tout opposée, qui condamne l'absence d'une politique de classe. révolutionnaire, et qui critique le fait que le parti a été politiquement à la remorque du F.R.A.P. et de la direction de la C.U.T. influencée essentiellement par le stalinisme. Les développements d'avril ont accentué au sein du P.S.P. les divergences entre la base et la direction. Pendant ces développements, la direction du P.S.P. fit un appel général à la lutte, mais elle le fit sous la pression de la base qui demandait à ses dirigeants de se mettre à la tête des masses. Les dirigeants du P.S.P. étaient bien loin d'y acquiescer. Aussi. quand à la Chambre des Députés et au Sénat le Ministre de l'Intérieur dénonça l'appel « subversif » du P.S.P., les parlementaires de ce parti ne défendirent pas cet appel mais s'efforcèrent de l'ignorer.

La direction du P.S.P. n'a pas signalé l'issue ouvrière comme alternative à l'issue bourgeoise implicite dans le plan Klein-Sacks ; par contre, elle s'est trainée derrière le stalinisme avec sa politique d'alliance avec les partis bourgeois.

L'instabilité économique, sociale et politique que connait actuellement le Chili ne peut avoir d'autre issue progressive que l'issue ouvrière, à travers un plan ouvrier de stabilisation. Ni les Bossay ni les Frei ne peuvent, en raison de leur politi-

LA CRISE DES DIRECTIONS OUVRIERES

LA CRISE DES DIRECTIONS OUVRIERES

Q VATRIE ME IN que nationale-bourgeoise « démocratique » apporter une issue à la situation économique du pays qui exige des mesures révolutionnaires s'attaquant aux bases mêmes du régime capitaliste. C'est pourquoi le soutien de masses dont radicaux et phalangistes ont joui aux élections est un soutien relatif et transitoire, car ces partis ne pourront donner satisfaction aux couches petites bourgeoises qui ont voté pour eux. Nous avons déja vu Frei voter les pouvoirs spéciaux au gouvernement pour calmer la panique dont la bourgeoisie avait été saisie en avril.

La direction du P.S.P. n'a pas œuvré à la perspective ouvrière. elle a hésité chaque fois que les événements exigeaient

VERS LA REORGANISATION

Au sein des partis ouvriers les plus imposants - le P.C. et le P.S.P. - sont apparus des éléments et des tendances qui deviendront une base pour la réorganisation du mouvement ouvrier et révolutionnaire, qui traverse aujourd'hui une crise du haut en bas, sous la pression du mouvement ouvrier et des masses chiliennes ainsi que de la crise ultime du stalinisme à l'échelle mondiale.

Ces éléments et ces tendances sont déjà l'expression de la nécessité du Parti marxiste révolutionnaire de masses. C'est ce que Ampuero a exprimé, bien que d'une façon opportuniste car il n'a pas avancé un programme marxiste révolutionnaire, quand il a posé la question de former le Parti unique des travailleurs.

La construction du Parti marxiste révolutionnaire de masse, c'est-à-dire la fusion des forces révolutionnaires des partis ouvriers avec les militants trotskystes comme force révolutionnaire consciente. voilà l'issue pour la crise de la direction ouvrière du Chili. La construction d'un tel parti doit et peut être impulsée au sein des partis ouvriers en crise, au moyen d'une politique et d'un programme marxiste révolutionnaire autour duquel se polarisent et se développent les tendances marxistes révolutionnaires. Ce programme et cette politique doivent comporter la réalisation des tâches nécessaires au développement du mouvement ouvrier et des masses chiliens, à savoir :

1. - Transformation de la C.U.T. en une véritable Centrale ouvrière de masses, à commencer par une transformation de la structure du mouvement syndical en des syndicats uniques d'industrie à la place des syndicats par usine. Evincement de la direction actuelle dominée par des tendances bourgeoises et sa substitution par une direction ouvrière représentant les branches industrielles du pays couvriers des mines, cheminots, métallurgistes, textile, dockers, etc.), Pour la syndicalisation en masse des ouvriers et des paysans.

2. - Pour un véritable Front unique prolétarien dont le but sera d'ouvrir la perspective d'une transformation révolutionnaire du pays et pour répondre à l 31

TERNATIO NALE la prárence d'une direction de classe résolue et ferme.

La politique de front de classe que le P.S.P. avait acceptée sur le papier, implique le front unique des partis ouvriers sur la base d'une politique de classe. Dans la situation actuelle, tout front unique des partis ouvriers doit avoir comme objectif d'ouvrir la perspective ouvrière et révolutionnaire comme la seule issue à la crise du pays. Le F.R.A.P. a été très loin de remplir ce rôle. Par contre, il a été un organisme de manœuvres électorales et autres avec les partis bourgeois. A aucun moment, le P.S.P. ne s'est différencie de cette politique, au contre, il s'est identifié avec elle. DU MOUVEMENT OUVRIER crise économique, sociale et politique par la constitution d'un Gouvernement ouvrier et paysan.

3. - Pour un Plan ouvrier de stabilisation économique qui chasse le plan réactionnaire Klein-Sacks et serve les intérêts des grandes masses. Un tel plan doit inclure comme tâches à réaliser: a) la nationalisation sans indemnisation ni rachat des entreprises impérialistes et nationales d'intérêt public; leur administration et leur gestion par la classe ouvrière ; b) la réforme agraire; la nationalisation sans indemaisation des grands domaines en vue de leur cession gratuite aux paysans qui auront l'aide économique de l'Etat; e) le monopole du commerce extérieur : d) la nationalisation des banques avec la création d'une seule banque d'Etat: e) la planification de l'économie par l Etat, par l'intermédiaire des conseils d'ouvriers, de paysans et d'employés qui auront en vue la satisfaction des besoins populaires; f) le contrôle ouvrier de la production ; g) l'échelle mobile des salaires et des heures de travail; h) confiscation par l'Etat de toute entreprise en arrêt de travail et sa remise en marche sous le contrôle et l'administration d'un comité ouvrier; i) la suppression des trontières douanières avec l'Argentine, le Pe rou et la Bolivie. Pour l'unification des ressources économiques de ces pays en conformité avec les intérêts nationaux et des grandes masses de ces pays.

Telle est le programme pour lequel luttent les militants du P.O.R. (section chilienne de la IV Internationale) afin d'impulser les courants révolutionnaires qui se développent au sein des partis ouvriers, et dans la perspective de la construction d'un Parti marxiste révolutionnaire de masses. L'unité des partis socialistes ne peut se poser que dans cette perspective. , Sinon, on ajouterait au désarroi du mouvement ouvrier révolutionnaire et on abaisserait son niveau politique.

Voilà la perspective que les militants aussi bien du P.S.P. que du P.C. doivent poser et discuter dans leur propre parti à l'occasion de prochains congrès dont ils doivent demander la convocation.

Avril 1957.

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