Arec Tapplication de Ténergie atomigue, l'automation est un des deux facteurs tecliques qui entraînent un bouleversement extraordinaire de
Téconomie mondiale, et dont les répercussions sur le déreloppement social s'annoncent gigantesques.
• De nombreuses études paraissent sur cette question de l'automation.
Les rédacteurs de Quatrième Internationale en ont relevé deux, de premier plan. qui leur ont servi de base pour faire connaître une question sur laquelle le mouvement ouvrier et son avant-garde maraiste-révolutionnaire doivent se prononcer, tant pour la conduite des luttes immédiates que pour les perspectives d'avenir de la société.
D'article du camarade Livio Maitan, qui paraît ci-après, a paru dans le numéro de février de Bandiera Rossa. Nous en avons retiré les références qui se rapportaient
Le livre de Friedrich Pollock sur l'automation (Automation. Materialien zur Beurteilung der œkonomischen und sozialen Folgen, Frankfurt am Main), bien qu'il exige désormais d'être complété par des études parues plus récemment, fournit une documentation assez importante qui peut constituer le point de départ pour un examen, ne fut-ce que rapide, de la portée actuelle et des tendances d'un phénomène destiné à changer profondément la structure de la société moderne.
Pour commencer, voyons ou en est arrivé ce développement.
Il est notoire que l'automation n'est plus un phénomène purement américain, mais qu'il s'est diffusé, bien que dans une mesure plus limitée - sauf en Union Soviétique qui semble avoir également accompli des progrès très importants dans ce domaine - dans les principaux pays
De façon générale. l'hypothèse selon laquelle l'aulomation ne serait encore que peu généralisée par rapport à l'économie dans son ensemble, semblerait plausible. Mais il est certain - et, au fond. r'pct là l'élément le plus important - que le rythme de développement est entré dans une phase d'accroissement continue et vertigineuse. Les hypothèses avancées il y a quelques années sur les limites de la sphère d'opération de l'automation (un calcul, par exemple, évaluait le rayonnement possible à 8% de la main-d'œuvre globale), sont vite tombées et les nouveaux processus de production gagnent constamment des secteurs nouveaux. En 1955, on a enregistré des progrès probablement l'avenir ? dentes mises ensemble.
Quelles sont donc les perspectives pour à lédition italienne du livre de F. Pollock. de l'Europe occidentale. Mais les éléments les plus significatifs doivent, au moins pour le moment, être dégagés de l'expérience des Etats-Unis dont le capitalisme peut, a juste titre, être considéré comme le capitalisme-type en ce milieu du vingtième siècle.
Pollock souligne à maintes reprises qu'il n'existe pas encore de données générales ni de statistiques précises sur le développement de l'automation aux Etats-Unis. Cependant, les éléments fournis par une enquête sur l'industrie métallurgique en 1955, selon lesquels sur les 1.754 entreprises etudiees 21% disposeraient de moyens automatisés ou, sur un plan particulier, ceux relatifs aux usines Ford où l'automation aurait atteint 6% des entreprises et ne devrait pas dépasser 30% « dans un futur prévisible 2. peuvent servir d'indication générale.
L'avis de Pollock est que ce développement progressif ne connaîtra ni interruption ni pause. A notre avis, c'est là une hypothèse plus que justifiée. Il est vrai qu'il existe des obstacles sérieux - par exemple, la portée considérable des lavestissements nécessaires. le coût très élevé des machines, spécialement les plus colossales, le fait que les projets de construction et l'installation d'usines automatiques peuvent prendre de nombreuses années avec le risque qu'entre temps ils soient dépassés par de nouvelles découvertes, etc., - mais les facteurs stimulant ce processus sont irrésistibles et ne pourront manquer de prévaloir.
Les investissements. bien que considérables, rentrent en fait dans les possibilités de l'industrie américaine et sont largement compensés, souvent dans un délai relativement court, par tous les avantages
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UN DEVELOPPEMENT VERTIGINEUX
UN DEVELOPPEMENT VERTIGINEUX
UA TRIEME économiques dérivant de la production automatisée. Bien plus, ces avantages sont tellement évidents qu'ils acquièrent une force d'attraction irrésistible pour ceux qui doivent affronter la concurrence dans les secteurs que l'automation a déjà gagnés.
La question des besoins de la concurrence — pas seulement à l'intérieur des Etats-Unis — est l'un des facteurs qui permet de penser qu'il y aura effectivement un développement impétueux des nouveaux processus de production. Celle des exigences militaires qui ont eu un grand poids dans les premières applications de ces processus, contribuent de façon déterminante, surtout dans les Etats-Unis, à leur ultérieure affirmation. Comme nous avons déjà eu lieu de le dire, l'existence d'un pays industriellement avancé et de nature sociale différente, tel que T'U.R.s.s., qul ne manquera pas d utiliser lautomation, comme elle est déjà en train de le faire, agit dans le même sens, tant sur le plan économique que sur le plan militaire. Le fait que les Etats-Unis ne peuvent pas courir le risque de se trouver dans une situation désavantageuse éliminera ou réduira sensiblement les possibilités d'application d'une politique « malthusienne » dans le sens d'une tentative de stériliser ou de limiter au maximum les effets productifs de l'automation. De plus, il est clair que, dans le cas d'une nouvelle guerre, outre les exigences militaires, le manque de main-d'œuvre sera un stimulant puissant pour d'ultérieurs progrès.
Nous avons parlé d'avantages économiques assurés par l'automation. Quels sont ou quels peuvent être ces avantages ?
Ainsi l'automation a déjà assuré des avantages étonnants aux secteurs où il a été possible de l'introduire. Elle a donc contribué dans une mesure difficilement déterminable, mais incontestablement importante, aux progrès de la production. aux Etats-Unis, surtout dans l'année exceptionnelle de 1955. Mais, sous un autre aspect, elle a également exercé une fonction positive au point de vue de l'équilibre actuel de la machine économique : en absorbant des investissements considérables et en favorisant le développement de secteurs industriels nouveaux, l'automation a contribué à éviter jusqu'à maintenant le développement de tendances à la dépression.
Si l'on y ajoute que l'automation a incontestablement apporté, au moins sous certains aspects, des améliorations aux conditions de travail (hygiène et propreté, travail plus léger, etc.), que même les 50
Il n'est guère besoin de rappeler qu'ils s'expriment tout d'abord dans une extraordinaire augmentation du niveau de la productivité. Le livre de Pollock cite à ce propos de nombreux exemples qui éliminent tout doute à ce sujet, si doute il pouvait y avoir. La production d'une industrie automatisée est incomparablement supérieure, tant globalement que par ouvrier. Outre une quantité supérieure, une qualité nettement supérieure est d'ailleurs garantie, et il est possible de réaliser à des rythmes que l'on considérait invraisemblables jusqu'ici, non seulement la grande production en série, mais même la production d'une gamme variée de produits de types différents.
Un élément encore plus significatif et sûrement moins connu est qu'en certains cas — qui ne regardent cependant pas, en général, les grandes installations, - les frais pour l'introduction d'installations automatisées sont modres que ceux pour une installation d'ancien type, sans compter qu'une installation automatisée permet des économies considérables en ce qui concerne l'étendue des terrains nécessaires. D'autre part, compte teu de tous les facteurs qui entrent en jeu (salaires, capital circulant, capital fixe, superncies occupées, et.), les prix de revient de la production automatisée sont en général incomparablement interieurs, surtout Si l'on tient compte de l'augmentation de la productivité, dans tous les secteurs où l'automation a été introduite, y compris dans celui de l'administration.
L'amortissement des frais d'investissement se fait d'autre part bien plus rapidement, même en ce qui concerne les appareils les plus coûteux.
D'autre part, la conjoncture exceptionnelle a fait que jusqu'à maintenant, les conséquences négatives de l'automation sur le marché de la main-d'œuvre ont été réduites au minimum. Bien que même à ce sujet on se plaigne de l'absence quasitotale de données statistiques et qu'en de nombreux cas il soit difficile de préciser l'origine spécifique de certaines zones de chômage, l'hypothèse que, jusqu'à la fin de 1955, les répercussions sur le marché de la main-d'œuvre n'aient pas été graves paraît plausible. (En 1956, du moins pour certains secteurs de l'industrie automobile qui est en régression, il paraitrait que la situation a changé). ouvriers qui au début étaient plutôt contre l'automation, selon certains témoignages, semblent maintenant préférer les nouvelles méthodes et que les accidents du travail semblent destinés à une sensi-
LES CONSEQUENCES ACTUELLES
ET LES PERSPECTIVES D'UNE CRISE ECONOMIQUE
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LES CONSEQUENCES ACTUELLES
ET LES PERSPECTIVES D'UNE CRISE ECONOMIQUE
Q UAT R 1 EME ble diminution (jusqu'a 60% chez Ford). cela suffit a renforcer les theses des opti mistes. Ceux-ci, en effet, soulignent tout ce qui a été dit et contestent le danger d'un grave chomage technologique qui. selon eux, ne serait du reste que transitoire, et ils en arrivent ainsi à la conclusion que le « libre jeu des forces économiques », du moins aux Etats-Unis. assurera, de la meilleure façon possible, le passage à l'ère de l'automation.
Mais les optimistes - qui tres souvent cherchent à cacher derrière leur optimisme la tendance à faire payer aux travailleurs le prix de l'opération et à détourner de la sorte la vigilance des organisations syndicales - se basent sur des arguments unilatéraux, ne tenant compte avant tout que de la situation de haute conjoncture atteinte par l'économie américaine dans ces dernières années. Si l'on examine les choses un peu plus à fond, surtout du point de vue des travailleurs qui ne peuvent pas se résigner, par exemple, à dix ou quinze années de misère avec l'espoir d'une éventuelle restauration « en dernière analyse » de l'équilibre économique rompu, on arrive à des conclusions tres différentes. Sans contester les énormes avantages technico-économiques de l'automation et les perspectives révolutionnaires qu'ouvre celle-ci — ce sur quoi il nous faudra revenir - et sans d'autre part nier les éléments de stabilité qui se sont mamifestés dans l'économie américaine au cours des dernières années, nous ne devons pas fermer les yeux devant les futurs développements possibles. Nous pouvons même dire que ce sont ces développements qui nous intéressent plus spécialement.
Du point de vue de l'équilibre économique général, on a avancé des arguments diamètralement opposés au sujet des conséquences de l'automation. D'une part on a affirmé - par exemple à la Conférence de Margate — qu'une économie automatisée serait plus sensible aux crises parce qu'elle aurait une élasticité moindre et moindre capacité d'adaptation (nécessité d'une pleine utilisation des capacités productives, coûts élevés d'éventuelles reconversions qui pourraient d'ailleurs exiger beaucoup de temps, nécessité d'une planification des commandes longue échéance, flexibflité moindre vis-à-vis des oscillations de la demande. ete.). De l'autre, on a souligné le fait que, étant donné P'incidence diverse des facteurs de production, une usine automatisée n'aurait pas tendance à faire face à une crise en maintenant les prix et en limitant la production et l'emploi : ceci aurait comme conséquence qu'une diminution de la demande provoquerait des répercussions « sur les prix bien avant que sur la production et l'occupation ». La planification à longue échéance elle-même, selon ces
La classe qui a enregistré à son actif les exploits de l'accumulation primitive peut envisager avec un certain détachement et un optimisme cynique l'éven-
E RNATIONALE « optimistes », agirait comme facteur de stabilisation en ce sens qu'elle serait moins exposée aux fluctuations de la conjoncture.
Disons tout de suite que les thèses des « optimistes » ne sont pas très convaincantes. L'automation, en développant considérablement les forces de production, hatera la précipitation d'une situation où la demande solvable proportionnée à la production fera défaut.
Nous ne voyons pas comment cette contradiction typique de la société capitaliste pourra être résolue grace à l'automation / contraire, tout porte à croire qu'elle n'en sera qu'ultérieurement accentuée. Examinons l'hypothèse d'un développement impétueux de l'automation aux Etats-Unis pendant plusieurs années. Afin de survivre, le capitalisme europeen, lui-aussi, serait obligé d'automatiser dans une large mesure son industrie. Par conséquent les niveaux de production augmenteraient d'une façon extraordinaire il se créerait les conditions d'une concurrence féroce, alors que la capacité d'absorption du marché n'augmenterait pas proportionnellement; au contraire. elle pourrait se contracter, du moins relativement. dans le cas d'un chômage technologique étendu. La crise serait donc inévitable. Laissons de côté la question des éventuelles solutions d'une telle crise : ce qu'il importe de noter ici est que celle-ci serait le point d'arrivée du développement économique par lui-même. L'automation n'assurerait en aucune façon, répétons-le, le dépassement de la vieille antinomie, mais au contraire ne ferait que l'accentuer.
Du point de vue des conséquences que l'extension de l'automation comporterait pour le prolétariat, le problème numéro un est celui du chômage. Nous avons deja vu ce qu'en disent les « optimistes » qui, sur ce point egalement, s appuient sur des généralisations trop rapides et arbitrairement déduites de l'expérience d'une conJoncture favorable.
Sur un plan général, abstrait, nous ne doutons aucunement que la crise déterminée par la révolution de l'automation sera surmoatée, tôt ou tard, avec le rétablissement d'un équilibre à un niveau supérieur. Nous n'en doutons pas, entre autre. parce que se développeront des secteurs industriels jusqu'a maintenant relativement limités et que se formeront ex novo des secteurs correspondant à des exigences que pour instant nous ne pouvons qu'imaginer ou entrevoir à distance. Mais le problème qui se pose n'est pas un théorème économique académique C'est une question sociale assez concrète : qui fera les frais de cette opération ? Par quelles voies arrivera-t-on à cet équilibre supérieur? tualité d'un nouvel holocauste épouvantable conçu comme une nécessité inévitable de l'histoire universelle. Mais le prolétariat a un point de vue très différent et,
LE CAUCHEMAR DU CHOMAGE
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LE CAUCHEMAR DU CHOMAGE
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Q heureusement, nous en sommes maintenant arrivés à un point tel qu'il n'existe aucune force au monde qui puisse imposer aux masses, comme s'il s'agissait d'un destin inéluctable, les frais généraux tragiques qui s'avéreraient inévitables si l'automatisation se généralisait dans le cadre de la société actuelle.
Nous avons dit : frais généraux tragiques car, en fait, à notre avis on ne peut pas sérieusement soutenir que l'automation n'entrainera pas comme conséquence une réduction drastique de la main-d'œuvre employée. Le livre de Pollock fournit toute une série d'exemples des plus éloquents sur « l'économie » de main-d'œuvre que permet dans tous les domaines l'introduction de machines automatisées. Le fait qu'en général les ouvriers « libérés » aient été jusqu'à présent réabsorbés ailleurs (nous parlons toujours des EtatsUnis), dépend dans une large mesure de la conjoncture économique favorable et. en outre, des proportions encore relativement limitées du phénomène. Mais la tendance qui s'est manifestée est vers une extension de l'automation à des secteurs toujours nouveaux, aussi bien directement qu indirectement productifs. La maind'œuvre « superflue » ne pourra, par conséquent, qu'augmenter et augmenter à un rythme progressivement accéléré. ce qui comportera des conséquences néfastes non seulement pour les victimes directes, mais aussi pour le délicat engrenage d'une économie dont tous les éléments sont étroitement liés. Ce n'est d'ailleurs pas un fait sans importance que les syndicats. depuis quelque temps déjà, aient manifesté des inquiétudes sérieuses et aient revendiqué de vigoureuses mesures de protestation alors que se développaient les premières luttes sous le signe de l'automation.
Considérons maintenant les conséquences de l'automation sur un autre plan. Comme il est d'usage en pareilles circonstances, on discute pour savoir si les nouveaux systèmes de production favoriseront le développement ultérieur de la concentration monopoleuse ou si, au contraire, ils permettront la reprise d'une petite ou moyenne entreprise. De nombreux apologistes du capitalisme non-monopoleur se sont prononcés pour la seconde hypothèse. L'argument principal en faveur de cette thèse serait que, du moins dans certains secteurs industriels. des machines correspondant à des exigences limitées et à des coûts pas très élevés ont été créées. En outre la production des éléments accessoires qu'il ne serait pas dans l'intérêt
Quant à l'entrainement aux nouvelles taches de surveillance et de manutention, il n'exigerait qu'un temps limité, même dans le cas de machines assez complexes et de tâches qui ne sont pas purement exécutives. 52 des grandes usines de produire. reviendrait toujours aux entreprises secondaires.
Il ne s'agit pas. au fond d'arguments nouveaux mais bien de la réédition d'arguments avancés en des occasions analogues. En fait la vérité est que la grande entreprise sera ultérieurement favorisée parce qu'elle seule sera en mesure d'atfronter les dépenses nécessaires pour une introduction de l'automation sur une vaste échelle et parce qu'elle seule pourra disposer de tout l'appareil nécessaire pour assurer les débouchés adéquats à une production en continuelle augmentation. Le fait que certains éléments accessoires puissent être encore produits par les entreprises moyennes ou petites ne contredit pas la tendance fondamentale à la concentration parce qu'il s'agirait toujours d'un role subordonne et d'etroite dépendance. La tendance à la concentration ne pourra que se renforcer à condition que l'on tienne compte, bien sür. des facteurs determinants et non des facteurs secondaires.
Une autre conséquence de l'automation qui, d'un point de vue économique général sera positive, sera la probable reduction des frais de distribution qui aujourd'hui, représentent un pourcentage considérable du prix payé par les consommateurs. A ce propos il existe déjà des expériences pratiques dont Pollock fournit quelques exemples.
Une autre question débattue sur laquelle se heurtent des affirmations divergentes pour ne pas dire opposées, est celle des conséquences de l'automation sur la qualification ouvrière. Il est indiscutable que le role des ingénieurs est destiné à s'accentuer; on admet également en genéral que la tendance qui s'est manifestée depuis le début de la rationalisation, c'est-à-dire la diminutic de l'importance des ouvriers spécialisés dans le processus productif, sera renforcée. D'autre part, des catégories nouvelles ou partiellement nouvelles, composées de spécialistes hautement qualifiés, attaches à la surveillance et à la manutention des machines automatisées, auront tendance à se créer. Pour la partie de la main-d'œuvre qui restera occupée il devrait somme toute, se vérifier un « upgrading », c'est-à-dire une amélioration des qualifications et des conditions des travailleurs. Des statistiques partielles de 1955, que nous avons déjà citées, dé. montreraient que dans 40% des usines automatisées on aurait vérifié une qualification supérieure et seulement dans 5%. des cas une qualification inférieure. ET LES GREVES
Dans l'hypothèse limite (à notre avis: abstraite) d'une société très avancée dans. l'automation et encore organisée sur des bases capitalistes. il est évident que se poseraient des problèmes nouveaux en ce qui concerne les luttes des masses. La.
Q
INTERNATIONALE tendance serait à la création de catégories de travailleurs assez différenciées avec, comme conséquence. la formation d'une aristocratie de l'automation, alors qu'à la base de la pyramide il y aurait une armée de réserve de chômeurs de proportions imposantes. Et en dernière analyse, la présence de ces chômeurs ne manquerait pas d'avoir des répercussions également sur les conditions des « privilégiés », d'autant plus grandes dans le cas où se confirmerait la tendance à la réduction de la période nécessaire pour l'apprentissage.
Mais, en nous limitant aux questions plus immédiates. quelles conséquences pourrait avoir lautomation, par exemple. sur les grèves? Conserveraient-elles ou non leur efficacité en tant qu'instrument de lutte des travailleurs? Sur ce point également - et c'est là un autre symptôme indicatif du fait que l'on se trouve à peine au début d'un processus — des positions opposées ont été soutenues. Mais nous devons dire que les arguments de ceux qui avancent la deuxième thèse sont peu convaincants parce qu'ils reposent sur l'hypothèse qu'une partie des travailleurs deviendrait des briseurs de grèves et de plus parlent d'une efficacité éventuelle d'une situation pareille pour une période de temps limitée. En fait, l'argumentation de ceux qui disent qu'une usine automatisée serait encore plus sensible aux grèves. parce qu'il suffirait de l'arrêt d'un petit secteur pour bloquer tout le cycle productif, nous parait bien plus vraisemblable.
LE DEVELOPPEMENT DES
L'automation se place dans la ligne de développement de la société moderne, qui est justement caractérisée par un progrès constant des forces de production. Mais les progrès qu'elle est en mesure de garantir seront incomparablement supérieurs à toutes les conquêtes des dizaines d'annees précédentes. Ceci aura pour résultat d'exacerber la tendance fondamentale de la société capitaliste dans la phase de déclin, c'est-à-dire la tendance des forces de production à briser le cadre des rapports de production constitués et à exiger objectivement un cadre économicosocial nouveau. Laissons de côté la question que d'aucuns pourraient soulever de la possibilité que l'automation puisse assurer une nouvelle phase de reprise du capitalisme. Sur la base de toute une série de considérations d'ordre non seulement économique mais aussi et surtout politicosocial, nous tenons cette hypothèse pour improbable. Mais, même s'il en était ainsi, c'est-à-dire si l'automation assurait temporairement cette reprise, les contradictions fondamentales se poseraient dans une phase ultérieure en des termes encore plus aigus. Limitons-nous à ceci, en laissant de côté la question, historiquement parlant secondaire, du rythme de développement.
L'automation, en donnant, comme nous avons vu. une impulsion gigantesque aux
II
Venons-en maintenant à la question du point de vue des perspectives plus amples. Dans quel sens l'automation influerat-elle sur les structures et les formes de la société ? Quelles répercussions aurat-elle sur les méthodes et les conditions de travail? Quelles transformations déterminera-t-elle dans la vie des hommes ?
Il est à peine besoin de dire qu'il n'est pas possible de donner des réponses précises. Quand nous nous posons ces questions, nous avons l'impression d'avancer dans des sphères jusqu'ici inexplorées, de plonger le regard dans un avenir encore voilé d'une brume épaisse. Et cependant il s'agit du destin de la société humaine, de cet avenir révolutionnaire qui est la raison d'être de la lutte du mouvement communiste. C'est pour cette raison que. tout en étant parfaitement conscients de la relativité de tout pronostic et de toute sorte d induction et de déduction nous cherchons à nous rendre compte également de ce qui pourra advenir — d'autant plus que, si les rythmes de développement seront ceux que l'on peut prévoir. deux ou trois des générations présentes en seront probablement témoins.
Le point de départ ne peut être que la constatation que l'automation implique la possibilité d'un gigaatesque saut en avant des forces de production. C'est là un point essentiel d'où découle, en dernière analyse. tout le reste. FORCES DE PRODUCTION forces de production, stimulerait un heurt encore plus violent entre ces mêmes forces et les structures de la société capitaliste déjà fortement ébranlée par le niveau productif atteint dans le passé. D'autre part. elle assurerait - ici encore, sensiblement plus que par le passé — les prémisses objectives élémentaires d'une nouvelle organisation économico-sociale dont la précondition ne peut être, comme tout marxiste le sait, qu'un accroissement substantiel des forces de production.
Que l'on considère le problème de tous les côtés, on verra que le capitalisme se trouve en face de contradictions inextricables. S'il voudra limiter l'application des nouvelles techniques de production parce qu'il en craint, à échéance plus ou moins longue, les conséquences dépressives, d'un côté il confirmera qu'il est désormais un obstacle à l'utilisation des possibilités objectivement offertes par la technique, et de l'autre, il s'exposera à tous les risques dont nous avons déjà parlé, dans la compétition militaire et économique avec les pays à structure noncapitaliste. Si, au contraire, il rejettera toute forme de limitation malthusienne. il sera débordé par une marée de produits que l'industrie automatisée sera en mesure de fournir mais qui, étant dormé les rapports sociaux existants et les conditions de vie des masses, ne pourront être
SINTERNATIONALE absorbés par la demande solvable qui serait théoriquement nécessaire. D'autre part, du point de vue strictement technique, et comme en conviennent. paraitil, tous les savants qui posent le problème en termes non point « idéologiques » mais scientifiques. l'automation postule une économie planifiée parce que les développements productifs qu'elle détermine échappent nécessairement quelque forme que ce soit d'organisation privée. fondée sur les critères de la « libre initiative » et du « marché libre »; et en même temps, la participation active du travailleur apparait comme un élément nécessaire et non supprimable du rendement même de l'usine automatisée, que les rapports de propriété capitalistes-bourgeois. étant donné leur nature, ne pourront jamais assurer.
Si, par contre, on considère les possibilités et les conséquences de l'automation
UNE REVOLUTION DANS
En ce qul regarde un element dela mentionné, c'est-à-dire la participation active du travailleur ou mieux du producteur direct. au processus de production. elle apparait en même temps comme une exigence de l'industrie automatisée - qui en a besoin étant donné l'extrême sensibilité du système dans son ensemble - et une condition essentielle de l'organisation collectiviste. De sorte que la pleine valorisation du potentiel créatif total des masses. qui a été comprimé et réduit à sa moindre expression, par la nature même de la société capitaliste, deviendra non seulement possible, mais nécessaire.
Nous en sommes ainsi arrivés à un autre point capital, c'est-à-dire à celui des effets de l'automation sur les conditions et la nature du travail humain. Les sociétés divisées en classes, et en particulier la société capitaliste, ont déterminé une sorte d'aliénation du travail, c'est-à-dire qu'elles ont réduit cette activité humaine primordiale à une espèce de nécessité tragique que l'homme subit comme une chose qui lui est imposée, qui lui est étrangère et indifférente. comme une répétition mécanique (qui dure bien souvent la vie entière) de fonctions qui le renferment dans un secteur très limité en mutilant substantiellement sa personnalité. « Propter vitam vivendi perdere causas ». pour vivre perdre toute raison de vivre. voilà la phrase qui pourrait résumer le destin de l'écrasante majorité des hommes dans la société divisée en classes.
Mais les forces de production développées par l'automation et par l'utilisation des nouvelles formes d'énergie pourront fournir la base matérielle nécessaire pour le dépassement d'une telle condition. En premier lieu, toute une série de travaux qui jusqu'à présent ont été effectués par l'intervention directe de l'homme, pourront se faire sans intervention humaine. Comme l'expérience le prouve déjà, presque tous les travaux qui impliquent une du point de vue d'une structure économique socialiste, on ne peut y trouver que des éléments positifs. Le développement• des forces de production et tous les problèmes de coordination et d'organisation qu'un tel développement suppose, exigent la planification comme une nécessité absolue et par conséquent ils en constituent la base la plus solide. D'un autre côté. les nouveaux moyens exceptionneis, déja parfaitement utilisables à échéance non courte, mais immediate, tournissent des elements techniques précieux pour le fonctionnement eflectif d'une économie planifiée. « Le plus grand obstacle à une direction rationnelle de l'économie, écrit Pollock, a été jusqu'à maintenant le problème de mettre toutes les informations nécessaires très rapidement à la disposition des autorités responsables des décisions... La capacité de prestation des calculateurs électroniques a fait tomber cet obstacle ». LES FORMES DE TRAVAIL stupide routine, la répétition mécanique d'opérations purement matérielles dont les conséquences sur le physique et le moral du travailleur ont fait l'objet de trop de dénonciations et de satires pour qu'il y ait lieu d'y retourner, seront effectués automatiquement.
En second lieu, le fait que l'automation porte au dépassement des processus production discontinue, par un processus de production caractérisé par la continuité ne pourra pas manquer d'avoir des conséquences favorables sur les ouvriers eux-mêmes. Et nous avons déjà évoqué une autre conséquence, a savoir le fait que le travailleur devra avoir dans l'usine automatisée un rapport avec son travail - pour répéter une expression de Pollock - plus « positif », c'est-à-dire qu'il sera moins passif vis-à-vis de ses instruments et du processus productif dans son ensemble. Il a eté révélé, en outre - et c'est une chose dont l'importance ne peut échapper à l'attention - que, « tandis que dans ie choix de la main-d'œuvre pour le travail à la chaine. l'intelligence la vivacité et l'intérêt au travail sont évalués négativement, ces qualités sont précisément demandées dans les usines automatisées ». Ensuite nous avons déjà souligné comment les conditions de travail dans les usines de type nouveau sont pour le travailleur de loin meilleures à celles dans les usines traditionnelles.
Mais l'automation contribuera • également, et d'une façon puissante, à créer les prémisses pour le dépassement de la division entre travail manuel et travail intellectuel, qui est une condition essentielle pour l'instauration effective d'un régime social communiste. Il n'est pas difficile de comprendre que, dans la perspective, cela pourra arriver dans la mesure où d'un côté les fonctions purement matérielles seront réduites au minimum et ne demanderont que des actes mécaniques — semblables, par exemple, au geste qui con-
VATRIEME siste à tourner l'interrupteur électrique — et de l'autre, le niveau général culturel s'élèvera jusqu'à un point jamais connu dans l'histoire. Les expériences pratiques faites jusqu'ici ont permis déjà de constater que, par suite de l'automation, la séparation entre le bureau et l'usine tend à disparaitre, ceci étant la prémisse d'un processus qui, quand les classiques du marxisme en ont parlé, avait suscité l'ironie sceptique des personnes de « bon sens » et des « réalistes » traditionnels, mais qui aujourd'hui a pris l'apparence d'une possibilité historiquement, c'est-à-dire concrètement, réalisable.
Toutes les transformations rendues possibles par l'automation dans le cadre d'une nouvelle société, peuvent se synthétiser en une seule, à savoir la radicale réduction du temps consacré au travail dans le sens du terme qui jusqu'à présent est commun. On pourrait parler d'une diminution de l'horaire de travail, si cette expression n'était pas inadéquate pour une condition entièrement nouvelle
Une dernière indication positive. Une application de l'automation et une exploitation adéquate des nouvelles sources d'énergie faciliteront d'une façon décisive la solution du problème des pays qui se trouvent encore dans des conditions gravement arriérées. Le potentiel productif formidable et la facilité même de la formation d'une nouvelle main-d'œuvre spécialisée permettront à ces pays de faire un véritable saut par-dessus toute une série de phases historiques intermédiaires et feront en sorte que l'homogénéisation des conditions de la planète se réalisera en un laps de temps considérablement inférieur à celui que l'on pouvait raisonnablement prévoir jusqu'à maintenant.
L'automation ouvrirait donc à l'humanité des perspectives lumineuses et il ne resterait qu'à la saluer comme une étape décisive sur le chemin du progrès et du total renouvellement de la société. Mais il n'est pas possible d'ignorer le revers de la médaille, d'ignorer qu'étant donné que dans le monde prédominent encore les structures bourgeoises, capitalistes, cette conquête qui serait nécessairement fé-conde d'éléments positifs dans une société organisée sur d'autres bases, renferme en elle des germes meurtriers de misère et de ruine.
Rappelons, avant tout, ce que nous avons dit en ce qui concerne les possibles conséquences de l'automation sur le niveau de l'emploi. Dans l'hypothèse où la société actuelle resterait debout, un véritable fléau s'abattrait sur les masses prolétariennes et pas seulement sur celles-ci, et alors une période de privations, souffrances et de tragédies commencerait, qui ferait pâlir les pires souvenirs de la crise des années 1930. Il se produirait ce paradoxe qu'une société qui verrait s'accroître énormément ses possibilités verrait
TERNATIONALE et aucunement mesurable selon les critères traditionels. Le fait que se soient déjà manifestées des inquiétudes quant à l'emploi du temps rendu disponible de cette façon et qu'un prêtre bien prevoyant, inquiet de ce que les heures de liberte puissent faciliter recrutement du Diable, ait déja avancé l'idée de l'institution d'une seconde messe hebdomadaire, est caractéristique de l'habitude et de la résignatio aux conditions actuelles de travail. Mais l'erreur consiste en ce que l'on estime que l'homme de la société nouvelle sera le même que dans la présente société, alors qu'en réalité il aura des besoins et des exigences completement diverses qu'il nous est difficile même de concevoir. Nous pouvons supposer toutefois que l homme de la societe future, loin de sentir l'exigence d'une messe supplémentaire, ne se souviendra de la messe qu'en étudiant l'histoire de la même façon qu'aujourd'hui, nous nous souvenons de certains rites propres à des formes d'organisation sociale désormais enterrées. ET LA GUERRE tif un pourcentage imposatt de ses forces de travail.
En second lieu, on ne peut oublier que les nouveaux procédés ont eu leurs premières applications. et les ont encore maintenant dans une large mesure dans le domaine de l'industrie de guerre. Les machines automatiques, la technique électronique et les nouvelles sources d'énergie, voilà des conquêtes qui, dans le cas d'un conflit, pourraient se transformer en des instruments de mort, de destruction et de ruine. Dans un monde qui a connu une série ininterrompue de guerres et de conflits depuis 1914, dans lequel la poussee vers une autre guerre conunue a laire partie de la nature meme au capitalisme, en dépit des désinvoltes théorisations révisionnistes du XX• Congrès, la perspective de destructions sans commune mesure avec celles des conflits précédents reste ouverte dans toute sa realte tragique. Pour s'exprimer dans les termes du jeune Marx. l'humanité semble étre arrivée au bord de l'abime de la suprême aliénation : les moyens et les instruments que l'homme a construits et qui pourraient lui assurer une domination illimitée sur les forces de la nature, risquent de se transformer en une puissance qui lui est étrangère, qui, en échappant a son contrôle, pourrait marquer la destruction de toutes les œuvres des hommes et le bouleversement même de leur propre milieu naturel.
Un autre cauchemar inquiétant s'est posé à ceux qui ont étudié les conséquences d'un plein développement de l'automation. L'expulsion du procès productif ou la rélégation à des fonctions subordonnées de la majorité de la population, en même temps que s'accentue le rôle de couches relativement restreintes de dirigeants économiques, d'ingénieurs, de techen même temps expulsé du procès producniciens spécialisés, poseraient les prémis-
QUATRIEME ses matérielles d'une structure politicosociale autoritaire, dans laquelle les couches supérieures, en se servant des nouveaux instruments de la technique et des nouvelles méthodes de manipulation des cerveaux, imposeraient une dictature de fer. : Si on examine la question aussi de ce point de vue. le dilemme parait plausible
L'hypothèse d'une société autoritaire de techniciens et d'ingénieurs est certes la moins sérieuse. En fait, une société ainsi constituée ne pourrait subsister d'aucune façon. parce que, en admettant que techniciens et ingénieurs réussissent à imposer leur hégémonie, ils ne sauraient pas par la suite trouver une solution aux problèmes économiques qui dériveraient d'une augmentation sans précédent de la production d'une part, et de la subsistance d'un marché incapable d'absorber la production de l'autre, et qui pourrait même se contracter. Une société ainsi faite ne réussirait en aucune façon à trouver un équilibre quelconque, meme relatif.
L'hypothèse d'une société dévastée par l'expulsion de masses imposantes de travailleurs du processus de production, dans le sens dont on a déja parlé, est-elle plus réaliste ? Outre les difficultés d'ordre purement économique - un large chômage technologique marquerait necessairement une restriction de la consommation c'est surtout sur le plan politique et social que l'hypothèse ne parait guère plausible. en auteur de pare sur lequel nol nous sommes basé et qui, pourtant, semble être un socialiste à tendances très modérées, arrive à une conclusion nette : les masses ne seraient plus disposées aujourd'hui à accepter les sacrifices liés à une perspective semblable, même si ces sacrifices ne dépassaient pas ceux des années critiques de la période 1929-33 (et nous savons qu'en réalité ils les dépassera ent de loin), Etant donné la situation mondiale actuelle, les rapports entre les classes et le niveau atteint par les masses ouvrières dans le monde entier, une crise politico-sociale sans précédent éclaterait inévitablement dès que se manifesteraient les conséquences concrètes d'un développement impétueux de l'automation.
Ce n'est pas ici le lieu de donner une réponse à la dernière question, à savoir et imprégné d'une inquiétude angoissée qui se traduit dans le titre même d'une étude sur l'automation, que Pollok a repris pour le dernier chapitre de son livre: automation, bénédiction ou fléau ?
De ce dilemme il n'existe aucune solution abstraite. Il existe de concrets termes d'alternative qui dépendent de tout un enchainement de facteurs. si l'application des nouvelles techniques automatiques et l'utilisation des nouvelles sources d'énergie seront ou non liées aux catastrophes d'une guerre. La réponse dépend de facteurs d'ordre politique et n'est pas, par conséquent, une question spécifique relative à l'automation.
Il nous reste à dire quelques mots sur les taches du mouvement ouvrier face aux développements qui se préparent. Sur le plan des revendications économiques partielles, si l'on veut des revendications • de transition, à part les questions de la méthode de lutte et d'insertion dans une action prolétarienne générale, il n'y a pas grand chose à ajouter, à l'étape actuelle, aux conclusions auxquelles sont arrivés certains syndicats aux Etats-Unis et en
Angleterre. Les travailleurs devront Se battre pour une introduction rationnelle et progressive des nouveaux procédés, en considérant comme donné que cette introduction ne doit pas se faire à leurs frais. L'augmentation de la productivité devra être liée soit à la réduction des heures de travail, soit a une augmentation de salaires, et devra introduire des formes de protection du type du salaire annuel garanti.
Mais les ouvriers du monde entier devront comprendre. surtout que plus que jamais se dessine en des termes péremptoires et concrets, l'exigence de détruire les bases actuelles de la société et de poser les prémisses d'une société nouvelle avec la conquête du pouvoir par le prolétariat.
Si nous regardons vers un avenir tout autre que loiatain, sur la route ouverte par l'automation. nous apercevons une subtile ligne de démarcation, pour répéter encore les termes de Marx, entre une totale aliénation et une possible appropriation de l'humanité. Cette ligne est à peine perceptible, mais un saut qualitatif est la condition pour la dépasser.
Ce saut qualitatif, c'est la révolution prolétarienne sur l'échelle internationale.