Quelque peu ralentie pendant la piriode préélectorale, la vague révolutionnaire qui entraine aujourd'hui une partie importante de la classe ouvrière polonaise, a de nouveau franchi un obstacle important sur la voie de la démocratie socialiste, en déclenchant une riposte vigoureuse contre la tentative des éléments réactionnaires (staliniens) et ceniristes de freiner ou de saborder la gestion ouvrière.
Les 11 et 12 février se sont réunies, à Varsovie et à Chrzanow, dans deux importantes usines, l'usine Kasprzak (appareils de radio) et l'usine Fablok (construction de locomotives), des conférences régionales des conseils ouvriers des provinces de Varsovie et de Cracovie. A la deuxième conférence assistaient des délégations des usines les plus importantes de tout le pays.
Dans les deux cas, de nombreux orateurs ont, au cours de discussions passionnées et souvent orageuses. violemment dénoncé le maintien de l'appareil bureaucratique qui continue à saboter l'extension des droits des conseils ouvriers. Ils ont exigé:
1. La convocation d'une conférence nationale des conseils ouvriers qui élirait une direction nationale des conseils et la doterait d'une presse à elle, symbolisant le transfert du pouvoir dans les usines aux conseils et permettant un échange d'expérience qui faciliterait la mise au point du fonctionnement pratique des conseils ;
2. Le transfert des prérogatives des administrations centrales de branches d'industrie à des conférences de conseils d'ouvriers, et la dissolution de ces administrations ;
3. La mise en application immédiate et obligatoire du décret sur les conseils ouvriers dans toutes les entreprises et l'élaboration de nouvelles mesures législatives élargissant considérablement la compétence des conseils.
Deux faits significatifs méritent d'être soulignés. D'abord, le fait que des journaux polonais avaient spontanément pris l'initiative de convoquer la conférence de Chrzanow, rétablissant ainsi cette unité d'action entre les éléments de la gauche intellectuelle et l'avant-garde ouvrière, qui avait fait la victoire de la Révolution d'octobre et qui semblait menacée au cours des derniers mois par une certaine désorientation dans les milieux intellectuels.
Ensuite, les représentants les plus qualifies hésité à rappeler à l'ordre le Parti et a de la classe ouvrière n'ont pas le placer devant ses responsabilités. Ainsi à la conférence des conseils ouvriers de Varsovie, des délégués ont attiré l'attention de l'auditoire sur le fait que les éléments bureaucratiques qui sabotent l'essor des conseils ouvriers, c'est-à-dire qui sabotent les directives du VIII Plénum (d'octobre) du Parti, sont tous des membres du Parti habitant surtout deux quartiers de Varsovie. Ils ont exigé que l'organisation du Parti se mobilise dans ces deux quartiers pour amener à la raison ces éléments bureaucratiques. Ces suggestions ont été approuvées avec enthousiasme par la conférence qui s'est tenue sous le signe des deux mots d'ordre que voici :
- Tout le pouvoir dans les usines aux conseils ouvriers!
-- Lutte résolue contre les bureaucrates, sans égards pour les postes qu'ils occupent ni pour les mots d'ordre avec lesquels ils se camouflent.