Nous publions ci-après la résolution adoptée par les Conseils ouvriers du 11° arrondissement de Budapest, au cours de leur lutte contre la seconde intercention des armées sociétiques. Daus sa brièveté, ce document expose le programme de la révolution hongroise. Aujourd'hui nombre de leaders de ces conseils — et notamment loutilleur de 23 ans, Sandor Race, représentant de ce 11° arrondissement et président du Conseil central de Budapest -- sont en prison.
Les représentants des ouvriers des fabriques du 11° arrondissement ont unanimement décidé que, dans les intérêts de la construction socialiste de la Hongrie et de l'avenir du peuple hongrois, ils sont prêts à reprendre le travail aux conditions suivantes :
1. Nous soulignons expressément que la classe ouvrière révolutionnaire considère que les usines et la terre sont propriété du peuple travailleur.
2. Le Parlement ouvrier reconnaît le gouvernement Kadar comme parlie négociante à la condition préalable qu'il se réorganise dans un but d'assurer sa légalité, pour correspondre ainsi à la volonté du peuple.
3. Le peuple a accordé sa confiance aux conseils ouvriers pour s'assurer que la volonté du peuple sera ultérieurement exécutée. Nous exigeons l'élargissement des attributions des conseils ouvriers ainsi que leur confirmation de la part du gouvernement dans les domaines économique, culturel et social.
4. Dans l'intérêt du maintien de l'ordre et du rétablissement de la paix, nous exigeons que soit fixé un délai pour des élections libres. Ne pourront y participer que les partis qui reconnaissent et ont toujours reconnu l'ordre socialiste. Cet ordre repose sur le principe que les moyens de production appartiennent à la société.
5. Nous exigeons la libération immé52 diate des membres du gouvernement imre Nagy qui ont été choisis par la révolution; de même nous exigeons la libération de tous les combattants de la liberté.
6. Nous exigeons l'établissement immédiat d'un cessez-le-feu ainsi que le refrait des troupes soviétiques de Budapest, étant donné que les autorités hongroises peuvent assurer l'ordre au moyen du pouvoir ouvrier. Nous exigeons en outre que le gouvernement hongrois commence des négociations pour le retrait graduel et ordonné des troupes soviétiques hors du territoire hongrois, aussitôt que les travailleurs auront repris le travail et que l'opinion publique soit informée de la marche de ces négociations.
7. La police doit être recrutée parmi les ouvriers d'usine sincères et les unités de l'armée qui sont loyales envers le peuple.
8. Il est demandé que les points cidessus soient rendus publics par le gouvernement au moyen de la radio et de la presse.
Conclusion : Nous commencerons aussitôt à travailler à la reconstruction ainsi qu'à assurer l'approvisionnement du peuple et à rétablir les moyens de transport; mais d'autres tâches ne seront prises en considération qu'après reconnaissance de nos revendications et leur mise à exécution.
Budapest, le 12 novembre 1956.