Documents de la IVe Internationale

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La revue › vol. 15, n° 1-3

Dictature bonapartiste ou dictature prolétarienne en Indonésie

Tjokro · Quatrième Internationale, vol. 15, n° 1-3 · mars 1957 · p. 42-45 · 3 142 mots

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Peu après son retour de Moscou, Sukarno a tenu une conférence très importante au cours de laquelle il :a proposé la suppression des partis politiques. Ce plan ne fût approuvé que par deux partis, le P. N. I. parti de Sukarno et le parti stalinien P. K. I.

Dans les mois qui suivirent, d'autres fragments du plan Sukarno furent reveles. Le 17 janvier 1957 Sukarno déclara devant des journalistes étrangers : « L'Indonésie ne remplit pas encore les conditions pour une introduction fructueuse de la démocratie parlementaire à l'occidentale. Celle-ci exige un certain degré de culture et de prospérité ». Il communiqua également son intention de créer un « conseil consultatif » qui rendrait impossible les conflits entre le parlement. le cabinet et les leaders politiques. Il déclara par la même occasion qu'il n'avait pas l'intention d'enterrer la démocratie en faisant appel aux leaders politiques pour qu'ils se réunissent et enterrent TOUS LES PARTIS POLITIQUES. « Le but de la démocratie est d'abord de servir les intérêts du peuple et pas seulement de faire étalage de liberté politique pour les bonzes des partis » (Algemen Handelsblad, 17 janvier 1957).

Le journal « Pedoman » (Partai Socialis Indonesia) du 16 janvier nous apprit que le plan de Sukarno ne consiste pas seulement à former un « conseil consultatif » mais aussi « un nouveau cabinet sur la base de la représentation parlementaire ». D'après ce journal, le Masjumi (Musulmans nationalistes de droite) et le P. N. I. auraient le même nombre de sièges dans ce cabinet. Le Nadahtul Ulama (Parti des petites gens de religion islamique) et le P. K. I. auraient également un même nombre de sièges, quoique légèrement inférieur à celui des partis précédents. Les autres partis pourraient seulement désigner des vice-ministres. Le conseil consultatif comprendrait les trois chefs d'état-major, cinq ministres et des représentants des chefs religieux islamiques, des paysans, des travailleurs, des organisations de jeunesse et des organisations féminines.

Un jour plus tôt, le journal " Merdeka » (P. N. I.) avait fait mention du plan de Sukarno de constituer un « conseil révolutionnaire » après avoir proclamé l'état de guerre et l'état de siège pour toute l'Indonésie.

On voit donc que ces prémices indiquent une tentative d'instauration d'une dictature bonapartiste. La participation éventuelle des staliniens au gouvernement et au « conseil révolutionnaire » n'est qu'une manœuvre de diversion pour tromper les masses du P. K. I. sur le véritable caractère de la « démocratie dirigée », (expression utilisée par Sukarno pour désigner ce plan).

La participation du P. K. I. n'est cependant nullement assurée, étant donné que les grands partis islamiques, P. S. I. et l'aile droite du P. N. I. Y sont opposés. De leur côté les dirigeants staliniens sont tout à , fait décidés à faire partie du conseil et du gouvernement. Comme dans les années 1925-1926 où le stalinisme naissant sema la confusion et la démoralisation parmi les dirigeants communistes d'Indonésie et prépara ainsi la défaite, c'est toujours la mentalité stalinienne de leaders comme Lukman, Aidit, etc... qui favorise les ennemis de la classe ouvrière.

La politique du P. K. I. est actuellement stalinienne, comme elle l'a été depuis la deuxième guerre mondiale lorsque Sardjono devint président en février 1946. Depuis lors, elle fut alternativement « droitière » ou « gauchiste ». A certains moments elle était putschiste comme du temps de Musso et couta la vie à toute une génération de dirigeants communistes; à d'autres moments elle était à nouveau droitière comme du temps de Sjarifuddin, avant Musso, et comme maintenant. La politique du P. K. I. correspondait toujours aux impératifs de la politique étrangère russe et les intérêts des masses indonésiennes ne comptaient presque pas.

La bourgeoisie indonésienne armée préparent la dictature. Le P. &. 1 ne sy oppose pas. Au contraire il a préalablement écarté les obstacles. En voici un exemple : Les 20 et 27 janvier. deux réunions du Sarbupri (syndicat des ouvriers des plantations comprenant un million et demi de membres) furent dispersées par la police à Penataran (Java Est); il s'agissait de réunions où des problèmes d'organisation interne étaient discutés. Plusieurs leaders furent arrêtés. La direction du Sarbupri a protesté et exigé que de pareils faits ne se reproduisent plus. Pourquoi la police a-t-elle osé agir de cette façon contre les dirigeants du Sarbupri? Parce qu'elle sait que les meilleurs leaders révolutionnaires fondateurs du Sarbupri comme Cordian. ont été exclus de l'organisation par les staliniens; parce qu'elle sait que les leaders actuels sont pour la plupart des staliniens qui appuient la politique gouvernementale et qu'ils n'organiseront pas d'actions de masse contre le gouvernement et la police.

La façon dont les dirigeants staliniens indonésiens traduisent la coexistence pacifique en Bahaso Indonesia apparait dans le communiqué suivant, publié le 6 février par le Comité central du P. K. I., après discussion avec les dirigeants du Partai

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Sarekat Islam Indonesia : « Si le cabinet actuel était dissous ou si un remaniement important intervenait, ce qui signifierait en fait la formation d'un nouveau cabinet, le P. K. I. demande de prendre en considération la formation d'un cabinet avec participation des communistes, dans l'intérêt de L'UNION NATIONALE. Un tel cabinet renforce l'union nationale et donne des garanties pour une opposition puissante du peuple contre toute intervention étrangère ». (Souligné par nous). Pendant que la bourgeoisie internationale, ou plutôt les impérialistes américains, préparent la guerre contre l'Union Soviétique et les organisations ouvrières du monde entier (aussi en Indonésie !) les staliniens d'Indonésie proclament l'UNITE NATIONALE avec la

Cette espérance est d'ailleurs basée sur une illusion, étant donné qu'une dictature bonapartiste signifierait le commencement de la fin pour une politique étrangère neutraliste. Au fur et à mesure que la pression de l'aile droite (Masjumi, P. S. I. et une partie importante des officiers supérieurs) s'accroit, et étant donné qu'il n'existe pas d'opposition organisée de la part de la classe ouvrière, les dirigeants du centre (P. N. I.) sont de plus en plus entrainés.

En même temps il existe une grande inquiétude aussi bien dans l'aile droite que chez les dirigeants du centre devant les actions de plus en plus nombreuses et politiquement conscientes de la classe ouvrière. Les travailleurs montrent actuellement leur mécontentement en exerçant une pression énorme sur la direction syndicale. Ils obligent de ce fait la bourgeoisie à prendre des mesures de plus en plus brutales comme par exemple la promulgation de la loi d'urgence n° 1/1956 contre l'occupation illégale des terres, le soulèvement des militaires à Sumatra, la dissolution de réunions syndicales et l'arrestation de dirigeants syndicaux. Sumatra central. Le Sud de Sumatra est autorisé à utiliser provisoirement les impôts et les droits de douane pour sa reconstruction.

Aucune mesure ne fut prise pour arréter les rebelles. Le chef de l'état-major général, Nasution, a tenu à Sumatra une conférence avec eux, après qu'ils aient refusés de venir à Djakarta. A Java un groupe important d'officiers liés à Lubis ont été consignés à domicile mais on n'a toujours pas réussi à arrêter Lubis. En réalité le gouvernement n'ose pas prendre de mesures contre lui qui a une grande influence parmi les officiers de l'Est de Java.

Le correspondant du journal catholique « Volkskrant » a Djakarta donna le 3 Janvier une caractérisation claire de la situation : « La situation est complètement paradoxale. Simbolon et Hussein, qui ont rompu leur serment d'officier, reconnaissent Sukarno comme commandant en chef et comme président mais refusent d'exécuter ses ordres. Sukarno de son côté leur donne des ordres qui reviennent à dire : « Venez mes amis, vous avez commis une erreur, reconcilions-nous ». Ceci aussi montre qu'il n'existe pas de désaccord de principe entre les diverses fractions de la bourgeoisie au sujet de l'instauration d'une dictature militaire, mais seulement des désaccords tactiques.

Plusieurs raisons expliquent que la bourgeoisie nationale et la fraction de l'armée qui lui est fidèle tentèrent d'abord l'instauration d'une dictature militaire et l'écrasement du mouvement ouvrier à Sumatra. En premier lieu, Sumatra est l'ile la plus riche de l'archipel, qui rapporte 70% des devises (tandis que seulement 7% des subventions gouvernementales sont destinées à Sumatra). De plus, Sumatra produit des articles re- bourgeoisie. Avec Natsir et Nasution et Simbolon, avec Daud Beureuh, avec les Musso et de Sjarifuddin !

Les dirigeants staliniens vendre la classe ouvrière d'une politique neutraliste des nationalistes bourgeois

Sjahrir, avec Muzakkar et assassins de sont prêts à en échange de la part du P. N. I.

Le 20 décembre 1956, un conseil d'autorités civiles et militaires, sous la direction du lieutenant-colonel A. Hussein, proclama l'autonomie de la partie centrale de Sumatra. Le 22 décembre, le colonel Simbolon prit le pouvoir dans le Nord de Sumatra. Le pouvoir central le démit de ses fonctions et désigna comme successeur le lieutenant-colonel Ginting. Ce dernier ne réussit pas a arreter simbolon, fuyant vers sa région natale Tapanuli. Seul Medan et ses environs sont aux mains de Ginting. Le reste du Nord de Sumatra est pratiquement contrôlé par Simbolon. Quelques jours plus tard les autorités du Sud de Sumatra déclarèrent qu'elles ne paieraient plus d'impôts à Djakarta.

Ces événements ont eu lieu après le coup d'état manqué du colonel Lubis qui tenta de renverser le gouvernement en novembre 1956. Ils eurent pour conséquence le retrait du Masjumi du gouvernement pour éviter la responsabilité d'éventuelles mesures contre les rebelles.

La plupart des adhérents du Masjumi sont de Sumatra, contrairement au P.M.I. et au P. K. I. qui ont la plupart de leurs adhérents à Java. C'est aussi une des raisons qui explique le succès de la révolte des colonels à Sumatra et l'échec de celle du colonel Lubis à Java. Une autre raison réside dans la grande distance entre le territoire en révolte et le pouvoir central et son appareil militaire. Une troisième raison importante est l'attitude irrésolue des dirigeants staliniens qui négligèrent de mobiliser les masses contre le danger.

Peu après la révolte, le gouvernement a donné satisfaction dans une large mesure aux revendications des insurgés. 20 millions de roupies ont été mises à la disposition du conseil militaire de

LA REVOLTE DES COLONELS

LA REVOLTE DES COLONELS

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INTERNATIONALE cherchés comme l'étain, le caoutchouc, le café, le thé, le tabac et l'huile de palme. Un esprit fédéraliste, dirigé contre les Javanais et utilisé par les leaders rebelles contre le parlement et le cabinet siégeant à Java, est encouragé. Le mécontentement de la classe ouvrière, principalement des centaines de travailleurs de plantations, est très grand. Il s'exprima principalement ces derniers temps par 1952 1953 1954 1955 1956 (9 mois) Octobre 1956 8 Novembre 1956 22 22

(Les grèves légales sont celles qui sont annoncées 3 semaines à l'avance aux commissions de conciliation gouvernementales).

La conscience de classe des travailleurs a atteint à Sumatra un niveau très élevé après la deuxième guerre mondiale. C'est là que l'influence de la révolution a été la plus profonde au point de vue politique et social. C'est pourquoi la bourgeoisie nationale réagit maintenant brutalement. Elle veut éviter la répétition des événements qui se sont produits après 1945. C'est entre la mi-décembre 1945 et la mi-janvier 1946 qu'une révolte populaire eut lieu dans le Nord de Sumatra. Ce mouvement, dirigé par des leaders religieux liés au Masjumi (qui •était encore la grande fédération des mouvements musulmans) était dirigé contre les pouvoirs autonomes de 102 aristocrates. Ces souverains locaux avaient été les serviteurs dociles des oppresseurs néerlandais et japonais après que le sultan ait été déposé par les Néerlandais, en 1901, après l'action militaire contre Atjeh. Plus de la moitié de ces souverains ont été tués en décembre 1945 lorsqu'ils s'opposèrent au mouvement révolutionnaire.

Le mouvement qui éclata quelques mois plus tard dans l'Est de Sumatra et s'étendit rapidement à Tapanuli et Menangkabau consistait en occupation des plantations abandonnées par les Japonais par environ 350.000 travailleurs et paysans sans terre, remplacement des chefs de village et élimination des aristocrates pro-néerlandais, sous la direction du Persatuan Perdjuangan (le front populaire de Tan Malakka).

Il n'est donc pas étonnant que Simbolon et ses commanditaires, instruits par ce qui précède, ont fraudé du caoutchouc pour 20 millions, dans la période où ils étaient encore « loyaux » envers le pouvoir central, pour se constituer un appareil militaire.

Sumatra n'est pas seulement d'une grande importance pour la bourgeoisie indonésienne, mais aussi pour les impé44 l'opposition destinée illégales de à la loi d'urgence n° 1/1956 combattre les « occupations terres ». qui prévoit des peines très sévères pour l'occupation des terres appartenant aux grandes entreprises étrangères. Le tableau suivant des grèves montre non seulement le degré de mécontentement de la classe ouvrière mais constitue en même temps une preuve de la puissance de cette classe.

Grèves illégales Heures perdues

1.357.930 2.390.367 2.498.062 3.119.900 3.263.601 9 92.314 66 66 321.168 321.168 rialistes. Sachant que l'Amérique est un acheteur très important de caoutchouc et que le stanvac possède de tres grands interets a Sumatra, on ne doit pas s'étonner le moins du monde de lire dans le journal « Suluh Indonésia » (P. N. I.) du 26 décembre que Washington apporte une aide aux officiers rebelles de l'armée indonésienne. Le bureau de presse Antara communiqua à la même époque que l'ambassadeur américain Hugh Cummings avait rendu visite au premier ministre Ali Sastroamidjojo et communiqué que les Etats-Unis, considérant les intérêts importants qu'ils ont dans le Nord de Sumatra, sont obligés de reconnaitre de facto le régime de Simbolon. Le « New-York Times » du 23 décembre nous apprend que l'Amérique possède d'importants investissements à Sumatra, où résident 500 citoyens américains. Un porte-parole des compagnies pétrolières Caltex et Standard a affirmé que ces compagnies n'avaient aucune inquiétude au sujet de la situation et qu'elles ne croyaient pas qu'il arriverait quelque chose a leurs possessions. Il communiqua également que S.C. Waugh, président de l'United-States Export and Import Bank et J.C. Baird. chef d'une mission administrative, se trouvaient à Sumatra pendant l'insurrection pour l'étude de la construction d'une fabrique d'engrais artificiels pour laquelle l'Indonésie avait demandé un prêt de 20 millions de dollars.

Le premier ministre Ali Sastroamidjojo communiqua le 7 février au parlement que 500 citoyens américains seront autorisés à venir en Indonésie aux mois de janvier et février 1957 pour le développement des champs pétrolifères de Duri et Bekasap, qui rapporteront au gouvernement 200 millions de dollars entre 1957 et 1963.

La seule conclusion que l'on puisse tirer de ce qui précède est que la révolte des militaires de Sumatra est destinée à donner des garanties à une partie de la bourgeoisie indonésienne qui veut essayer d'améliorer l'état déplorable de l'écono-

Grèves dans l'Est de Sumatra.

Grèves légales

Grèves dans le Nord de Sumatra.

Grèves dans l'Est de Sumatra.

Grèves dans le Nord de Sumatra.

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Q mie indonésienne au moyen d'investissements étrangers. Elle doit constituer une preuve de puissance pour la bourgeoisie américaine qui investit de plus en plus en Indonésie et veut que ses capitaux et profits soient protégés par un pouvoir ferme contre les grèves des travallleurs mécontents et contre l'occupation des terres par les travailleurs agricoles.

Actions

Batavia Veem ..... Java Veem

... Stroohoedenveem Ver. Prauwenveren Basilam Bodjong Dalar Gedeh 4.Malabar Pandjie en Tandjongsarie

... Banjoemas Elec. Mij. .... G. E. B. E.

Le fait que le soulèvement de Sumatra a signifié un soulagement réel des impérialistes néerlandais est prouvé par le texte suivant du journal de 3 janvier 1957 « De Volkskrant » : «Il s'agit, de plus, d'une révolution ayant un caractère anticommuniste très net. Les communistes

Au début de cet article nous posions la question « Dictature bonapartiste ou dictature prolétarienne en Indonésie ? » Telle est l'alternative devant laquelle se trouvent la classe ouvrière et la bourgeoisie en Indonésie.

Si la bourgeoisie doit recourir à la dictature bonapartiste c'est qu'il y a à cela d'importantes raisons. En premier lieu, l'élévation considérable de la conscience de classe du prolétariat et la menace d'une révolution prolétarienne. Deuxièmement, le chaos règnant dans l'économie et le gouvernement du pays et notamment une corruption qui a pris un développement tel qu'elle constitue un danger pour la bourgeoisie elle-même.

Troisièmement, le capital américain désire des garanties avant d'effectuer de nouveaux investissements importants. Des garanties contre les grèves et l'occupation des entreprises; des garanties contre la classe ouvrière qui peut leur mettre des bâtons dans les roues au moyen des organisations syndicales SOBSI et Sarbupri et de l'association paysanne BTI (Barisan Tani Indonesia). Quatrièmement, la bourgeoisie ose poser le problème de la « démocratie dirigée » parce que le P.K.I. soutient la politique gouvernementale envers et contre tout et trompe les travailleurs par des phrases sur l'union nationale au lieu de mobiliser la classe ouvrière contre la menace de dictature militaire. Pour ces raisons, la classe ouvrière et les paysans pauvres d'Indonésie sont menacés d'un grave danger, qui peut cependant être écarté pourvu que les forces révolutionnaires intactes du prolétariat soient guidées par une direction prolétarienne révolutionnaire mar-

En Indonésie aussi, nous pouvons parler d'une relève des Européens par les Américains, bien que les impérialistes néerlandais aient encore des positions solides au point de vue économique. On a cependant eu quelques craintes ces derniers temps en Hollande au sujet du développement de la situation en Indonésie comme en témoigne le tableau suivant :

Cours fin 1955 Fin 1956

400 110 250 175 485 265 490 255 900 475 425 270 600 180 800 130 165 155 630 280 865 425 passent actuellement par _ une période difficile, surtout dans le Nord de Sumatra. Simbolon attaqua fermement ses compatriotes « russes » dès le premier jour, en interdisant notamment à la puissante association rouge des paysans toute appropriation de terre ». xiste-léniniste et non stalinienne.

La première étape pour écarter le danger, est la formation d'une nouvelle direction révolutionnaire par les communistes non staliniens et par les organisations syndicales et l'éviction de dirigeants comme Lukman et Aidit du P.K.I.

Pour cela, il est indispensable que se forme au sein du P. K. I. une aile guche opposant le programme de la révolution prolétarienne à la collaboration de classe de la direction stalinienne actuelle, qui n'a en vue que les intérêts de la bureaucratie du Kremlin.

A la dictature bonapartiste de Sukarno et des chefs militaires, les marxistes-révolut.onnaires d'Indonésie opposent la dietacu e du prolé triat.

Pour la défense des droits démocratiques, de réunion, d'association et de liberté de presse.

Dissolution immédiate de l'armée de métier et formation de milices ouvrières et paysannes par l'armement des syndicats et des associations paysannes.

Expropriation de toutes les industriesclefs sans indemnisation.

Expropriation des banques et des transports et annulation des dettes envers l'étranger.

Monopole d'Etat du commerce extérieur.

Partage du sol entre ceux qui le travaillent.

Collectivisation des plantations appartenant aux étrangers.

Reconquête de l'Iriam.

Tout cela, basé sur les conseils élus par les ouvriers, les soldats et les paysans pauvres.

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